Le Mouvement populaire calédonien (MPC) est un parti politique néo-calédonien de droite anti-indépendantiste créé par l'ancien député UMP Gaël Yanno et ses partisans au sein du Rassemblement-UMP le , en désaccord de plus en plus marqué avec le président de ce dernier parti Pierre Frogier à la suite des échecs des élections législatives de . Son congrès fondateur se tient à Nouméa le , lors duquel Gaël Yanno, seul candidat, est élu président du parti, tandis que Jean-François Copé y prononce un message vidéo de soutien, indiquant vouloir faire en sorte que le MPC soit associé directement à l'Union pour un mouvement populaire (UMP), ce qui est chose faite en . Le mouvement participe au vote qui amène le changement de statuts, de direction et de nom de l'UMP pour devenir Les Républicains le . Il est allié localement au sein de l'Union pour la Calédonie dans la France (UCF) avec le Rassemblement pour la Calédonie (RPC, fondé en 2006 par les fidèles de Jacques Lafleur) d'Isabelle Lafleur jusqu'en et avec le Mouvement républicain calédonien (MRC, créé en 2011 par des opposants à la proposition de Pierre Frogier de lever les deux drapeaux sur les édifices publics) du conseiller municipal de Nouméa Philippe Blaise jusqu'en . Il est par la suite allié à Calédonie ensemble et au Rassemblement dans un « intergroupe » jusqu'en , puis uniquement au Rassemblement jusqu'en . Il participe à la création de l'alliance non-indépendantiste L'Avenir en confiance qui l'unit toujours au Rassemblement mais aussi aux Républicains calédoniens (parti créé en par des dissidents de tous les autres partis loyalistes, dont le MPC) de Sonia Backès, ainsi qu'à la coalition Les Loyalistes qui élargit cette coopération à l'ensemble du camp non-indépendantiste (excepté Calédonie ensemble) pour mener des campagnes communes pour le « non » lors des référenda sur l'indépendance de l'archipel de 2020 et 2021.
Du courant interne au Rassemblement-UMP à la dissidence Le MPC a été créé sur la base de ce que les médias locaux ont progressivement appeléPh. FRÉDIÈRE, « Fracture au Rassemblement », Les Nouvelles Calédoniennes, 09/11/2012F. THÉRIAUX, « L’implosion du Rassemblement UMP est-elle proche ? », Calédosphère, 09/11/2012 le « clan nouméen » ou « tendance Yanno » ou des « Yannistes » au sein du Rassemblement-UMP, né au lendemain de l'échec des deux candidats du parti aux élections législatives de 2012 (Éric Gay dès le premier tour dans la , le sortant Gaël Yanno au second tour dans la circonscription). Ce courant interne se regroupe alors autour de Gaël Yanno qui avait à l'origine montré des réticences à l'égard des propositions et choix stratégiques de Pierre Frogier de rapprochement avec les indépendantistes depuis 2010 (surtout à l'égard des deux drapeaux, tout en soutenant cette idée par la suite et présidant à la cérémonie de leur levée à l'hôtel de ville de Nouméa). Il ne s'est fait battre aux législatives qu'au second tour, obtenant de plus le meilleur score au , et avait fait campagne en prenant ses distances avec la « démarche Frogier », en la basant sur son bilan et sur un discours résolument anti-indépendantiste et de droite (mettant l'accent sur la lutte contre la délinquance juvénile, la remise en cause du gel du corps électoral avec l'organisation le d'une réunion avec des exclus de la liste électorale spéciale à l'hippodrome Henri Milliard de l'Anse Vata à NouméaActualités de la campagne de Gaël Yanno aux élections législatives de 2012 sur son site officiel, consulté le 22 août 2012 , mais aussi en ne faisant afficher dans ses réunions et meetings que le drapeau tricolore, alors que Éric Gay utilisait également le drapeau dit « Kanaky » au côté de l'étendard national).
Il est entouré après les élections législatives par plusieurs représentants de la jeune garde, essentiellement habitants ou implantés électoralement dans le chef-lieu (Sonia Backès, Gil Brial, Isabelle Champmoreau), mais aussi des figures de la « vieille garde » qui n'ont jamais caché leurs critiques à l'égard de Pierre Frogier depuis son arrivée à la tête du parti en 2005, notamment Pierre Bretegnier (qui n'a pas rejoint le MPC à sa création, mais qui le fait plus tard, en ). Pour eux, la défaite est bien un vote sanction à l'égard de la ligne choisie à partir de 2009 et, s'ils reconnaissent que les gestes de Pierre Frogier étaient « forts et symboliques », ils n'ont été finalement que des « concessions unilatérales » sans contrepartie ni geste réciproque du côté indépendantiste. Pour eux, le Rassemblement-UMP doit abandonner sa collaboration institutionnelle (mais pas le dialogue) avec les indépendantistes et se concentrer sur une nouvelle « entente républicaine », incluant même Calédonie ensemble (que les membres de l'entourage de Gaël Yanno critiquent toutefois tout aussi durement que les proches de Pierre Frogier)G. YANNO, entretien avec Ph. FRÉDIÈRE, « "Les décisions ne peuvent plus être prises par un seul homme" », Les Nouvelles Calédoniennes, 16/11/2012. Leur clivage avec les partisans de Pierre Frogier (Éric Gay, Cynthia Ligeard surtout mais aussi Jean-Claude Briault), surnommés pour leur part le « clan du Mont-Dore », « tendance Frogier », les « Frogieristes » ou les « Mont-Doriens », se déplace aussi peu à peu au niveau de l'organisation interne du parti, les « Yannistes » se présentant bientôt comme des « rénovateurs » défendant plus de démocratie au sein du mouvement, demandant tout particulièrement un vote à bulletin secret sur la ligne politique au congrès du , la reconnaissance de plusieurs courants (sur le modèle des courants de l'UMP sur le plan national) et l'organisation de primaires pour désigner les têtes de liste aux élections municipales et provinciales de 2014.
Le , dans un entretien accordé à la web TV Koodji, Sonia Backès, secrétaire générale par intérim du Rassemblement-UMP et soutien de Gaël Yanno, relaie et résume un certain nombre de positions des partisans de ce dernier. Sur les « constats » à faire des élections législatives : « le premier constat, c'est que les électeurs ont sanctionné la politique menée par le Rassemblement depuis deux ans, et le deuxième c'est que les indépendantistes ne nous ont renvoyé aucun des gestes que nous avons fait ». Et sur la « ligne politique » à « infléchir », elle demande d'une part « revoir notre lien avec les partis indépendantistes : on peut tout à fait discuter et négocier avec les indépendantistes sans pour ça faire alliance et continuer à faire des concessions systématiquement et céder à chaque fois qu'ils font une demande » ; et d'autre part, « travailler avec l'ensemble des partis loyalistes ». Enfin sur le « désaccord de fonds sur la ligne politique » avec « un Pierre Frogier, un Éric Gay, Cynthia Ligeard » et la manière de le « trancher », elle rappelle que « avec Gaël Yanno et un certain nombre d'autres élus », ces « rénovateurs » veulent « un vote à bulletin secret, pas un plébiscite à l'applaudimètre [...] de manière à ce que les militants puissent enfin s'exprimer sur ces sujets qui sont essentiels pour l'avenir du Rassemblement mais surtout pour l'avenir de la Nouvelle-Calédonie », pour « clarifier les choses » sur la « solution dans la France » et ne « pas continuer à s'entretuer entre loyalistes »« Sonia Backès : confessions d'une femme engagée... », Koodji.tv, sur viadeo.com, 15/02/2013.
Après une conférence de presse des représentants de cette tendance tenue le , lors de laquelle ils menacent : « si dans trois semaines, [les partisans de Pierre Frogier] continuent de nous dire "si ça ne vous plaît pas, dégagez", nous prendrons nos responsabilités »M. PIGNON, « L’ultimatum des « yannistes », Les Nouvelles Calédoniennes, 18/02/2013, Gaël Yanno et Sonia Backès sont suspendus par Pierre Frogier le suivant de leurs fonctions au sein la direction du parti au motif que « votre ligne politique incarne tous les conservatismes et tous les archaïsmes en nous ramenant 25 ans en arrière, loin du projet audacieux et novateur que porte aujourd'hui le Rassemblement, pour enraciner durablement la Calédonie dans la France », pour avoir « choisi de mettre vos différends sur la place publique et de faire la promotion de votre seule analyse politique au détriment du projet porté majoritairement par le Rassemblement » et « directement porté atteinte à l'intégrité de notre parti ». Sonia Backès réagit à cette décision en déclarant : « Après nous être fait menacés, insultés, nous voilà désormais suspendus de nos fonctions au Rassemblement. Il ne fait pas bon demander de la démocratie... Pas de commission disciplinaire, pas de comité directeur, pas de vote, le fait du prince »« Rump : Frogier suspend Yanno et Backes de leurs fonctions », Les Nouvelles Calédoniennes, 22/02/2011.
La rupture est consommée le , lorsque Gaël Yanno et ses partisans font dissidence pour créer le Mouvement populaire calédonien (MPC), avec le soutien sur le plan national de Jean-François Copé. Une direction provisoire de huit porte-paroles est constituée en l'attente de son congrès fondateur. Dans le même temps, le nouveau parti lance un appel à l'ensemble des forces opposées à l'indépendance à se regrouper dans une « Union pour la France »« Le Mouvement populaire calédonien est né », Les Nouvelles calédoniennes, 28/03/2013.
Prises de position principales Charte des valeurs Dès sa création, le MPC indique vouloir adopter rapidement un charte des valeurs devant reposer sur deux points principauxPrésentation du MPC sur son site officiel : l'anti-indépendantisme : « En ce qui concerne l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie : incarner le rempart contre l’indépendance tout en étant en mesure de négocier avec les indépendantistes une solution durable dans la France ». « En ce qui concerne le quotidien des calédoniens : apporter des réponses concrètes à leurs préoccupations en matière de vie chère, sécurité, protection sociale, logement, emploi, etc. »
Cette charte, très proche de celle de l'UMP, est rendue publique le . Outre un préambule qui confirme l'orientation anti-indépendantiste du parti ainsi que certaines positions déjà affirmées par les dirigeants du parti (opposition au gel du corps électoral), il affirmeCharte des valeurs du MPC sur son site internet : une méthode se voulant basée sur deux slogans : d'abord « écouter ; comprendre, faire participer, respecter » (mettant en avant une forme de démocratie participative et militante, ce qu'il appelle « proximité, démocratie directe, dialogue social » ainsi qu'une reconnaissance implicite des courants internes sur le modèle de l'UMP depuis 2012, en indiquant qu'« aucun point de vue n’est négligeable »), mais aussi « anticiper, décider, agir » ; ses valeurs clairement affirmées dans le cadre de principes libéraux-conservateurs : « Nous respectons [la] liberté [de la personne humaine] et tenons chacun pour responsable de ses actes, en refusant le déterminisme social. Nous rejetons les systèmes, les idéologies qui étouffent la liberté en cherchant à tout encadrer. » La charte met en avant les notions et concepts de libertés et responsabilités individuelles, de travail, de « mérite », de libéralisme économique basé sur « l’innovation, la recherche, l’imagination, la compétitivité, l’envie de créer et l’esprit d’entreprise », de sécurité, d'autorité, de « réussite individuelle et réussite collective », de famille, de solidarité intergénérationnelle, d'un modèle de sécurité sociale rejetant « l'assistanat » et « la fraude » et de ce qu'il appelle un « juste effort de solidarité [qui] ne doit pas être confiscatoire et décourager la prise de risque ».
Position sur l'avenir institutionnel