La Machine est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
La commune est connue pour son passé de cinq siècles d'exploitation charbonnière (du à 1974), elle tire par ailleurs son nom d'un baritel installé par des ouvriers liégeois en 1689 pour remonter la houille.
Ses habitants sont les Machinois et les Machinoises.
Géographie gauche|vignette|Carte de la Nièvre.
À d'altitude, La Machine se situe au nord de Decize, dans la partie sud du département de la Nièvre.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Marzy à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , La Machine est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de La MachineUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Decize, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (65,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (65,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (62,5 %), zones urbanisées (15,4 %), prairies (11,2 %), zones agricoles hétérogènes (6,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|redresse|droite|Un Baritel de mine en 1650.
Du français « la machine », devenu nom de lieu au début du siècle..
Bourg industriel fondé au siècle ; La commune tient son nom d'un lourd manège à chevaux, un baritel, appelé « la machine », qui permettait la remontée des mineurs, mais aussi la circulation du matériel et de la houille ; il s'agit bien sûr d'une référence aux appareils utilisés pour extraire la houille et traiter les métaux..
Histoire
La Machine est connue pour ses mines de charbon, qui lui permirent jusqu'aux années 1970 (le dernier puits, dit « des Minimes », fut fermé en 1974) d'être une commune prospère. Elle fut un moteur économique pour la région. De 1869 à 1946, la houillère de La Machine, sous le contrôle de la compagnie Schneider, jouit d'une grande prospérité et le développement de la ville s'accélère.
Au moment de la nationalisation, la ville compte plus de dont un quart est employé dans la mine. Ces derniers sont logés, pour la plupart, dans des cités ouvrières construites par la Compagnie à proximité des puits : Cité Sainte-Marie (1856-1857) ; Cité Sainte-Eudoxie (1878) ; Cité des Zagots (1917-1918) ; Cité des Minimes (1922-1938).
Le , les mineurs en révolte conduisent une émeute de la faim. Environ 700 mineurs attaquent les péniches transportant des céréales sur le canal latéral à la Loire, pillent les boulangeries et d'autres commerces et saccagent les bureaux de la compagnie minière. Ils obtiennent une baisse du prix du bléDiana Cooper-Richet, [www.persee.fr/doc/r1848_1265-1354_1998_num_17_2_2342 La foule en colère : les mineurs et la grève au XIXe siècle], Revue d'histoire du XIXe siècle, Tome 17, 1998/2. Numéro thématique : Les foules au XIXe siècle, 60..
L'histoire locale a été marquée par la catastrophe minière du , où un coup de grisou fait 43 morts: Le , un coup de poussier ravage le puits Marguerite. Deux coups de mine trop rapprochés faisaient long feu l'un et l'autre. Le premier avait soulevé un nuage de poussières de charbon ; le second avait embrasé ces poussières et l'incendie de ces poussières en suspension se propagea comme l'éclair dans les galeries. Tous les ouvriers de la galerie d'où était parti le coup furent brûlés plus ou moins grièvement ou asphyxiés. Quinze ouvriers en furent retirés morts. Trois autres cadavres restés sous un éboulement furent découverts ensuite. Huit hommes qu'on avait pu remonter vivants devaient mourir le soir même ou le lendemain. Malheureusement, le puits des Zagots étant aéré en partie par le puits Marguerite, les gaz toxiques s'y propagèrent faisant dix-sept victimes. Au total, on dénombrera donc 43 morts dans la catastrophe, la plus grave de ce bassin minierArticle du Journal du Centre du 20/2/2015 "La catastrophe minière de 1890 avait fait quarante-trois victimes".
Entre 1917 et 1927, environ 300 Chinois seront employés à La Machine« Gueules noires venues de Chine », article d'Élise Vincent, Le Monde, 7 janvier 2010.. Ils font partie des Chinois que la France et la Grande-Bretagne avaient fait venir pour travailler à l'arrière du front pendant la Première Guerre mondiale. Certains travaillaient avant leur arrivée dans les usines d'armement Schneider également propriétaires de la mine. Mais seule une vingtaine reste dans les années 1930. Ils seront suivis par les Polonais, les Italiens, les Yougoslaves et les Maghrébins. 30 % de la population est d'origine étrangère en 1936 (dont : , 231 Yougoslaves, 43 Tchécoslovaques, 60 Italiens, 22 Allemands, 26 Espagnols, 21 Chinois, 15 Nord-Africains, 5 Belges).
La ville atteint son maximum de population dans les années 1950 et devient la agglomération du département, derrière Nevers, Cosne-sur-Loire et Decize.
Après une modernisation des mines, et la centralisation de l'extraction du charbon au puits des Minimes (dernier puits en date), La Machine a dû cesser son activité en raison de la crise du charbon en France. Les dernières années, le charbon machinois était destiné uniquement aux entreprises de proximité où il était encore plus ou moins rentable grâce au faible coût du transport. Malgré tout, le dernier mineur remonta en 1975, après trois siècles d'exploitation du charbon.
Politique et administration Tendances politiques et résultats La commune est dirigée par Daniel Barbier depuis 2001 sous l'étiquette PS puis LREM.
Liste des maires vignette|La mairie.
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Démographie
Économie L'activité industrielle est maintenue par quelques entreprises : Bongard Bazot et Fils SA (scierie) ; Mécamachine SAS (usinage) ; Samsoud Applications (fournisseurs d'équipements industriels).
Lieux et monuments L'étang Grenetier, qui dispose d'un terrain de camping permettant l'accueil de touristes et d'une guinguette. Ce site a été nommé Espace Paulette-Lavergne le , en présence de Daniel Barbier, maire et conseiller départemental, Noël Fumat adjoint, et Christian Paul, député de la Nièvre. Le château de Barbarie, situé derrière l'étang Neuf. L'église Notre-Dame-de-la-Nativité. Le Pavillon des Bois, ancien rendez-vous de chasse.
Le musée de la mine, exposant divers outils et représentation de mineurs, proposant la visite d'un circuit retraçant les chemins empruntés par le charbon, ainsi qu'une exposition de minéraux. De 1841 à 1876, avant l'utilisation de machines à vapeur locomotives, le chemin de fer hippomobile présentait la rarissime particularité de comporter cinq écluses sèches ou ascenseurs à wagons pour descendre en direction du canal du Nivernais.
Les autres vestiges miniers.
Personnalités liées à la commune Alexis Lemaître (1864-1939), vicaire à La Machine en 1888 à 1892. Jules Pravieux (1866-1926), romancier. Louis Lanoizelée (1896-1990), bouquiniste, auteur d'études sur des écrivains régionaux (Émile Guillaumin, Charles-Louis Philippe, Marguerite Audoux, Gaston Couté) et d'un ouvrage sur La Machine et ses houillères. Maurice Rousseau (1906-1977), gymnaste. Roger Laurence, chauffeur du président François Mitterrand. Milan Grobarcik (1933-2024), footballeur, y est né.
Jumelages .
Notes et références Notes
Cartes
Références
Voir aussi Bibliographie Louis Lanoizelée, La Machine et sa houillère ; Daniel Peycéré, Les mineurs étrangers en France, l'exemple de La Machine ; André Lavergne, Paulette et Mouton, nos engagements, notre vie ; André Lavergne, Les grèves de 1948 à La Machine (brochure) ; André Lavergne, La Nièvre et 1968 ; André Lavergne, Le nom des rues de La Machine, origine et signification Jean-Pierre Devignes, Catastrophes à La Machine, Cercle généalogique et historique Nivernais-Morvan, Blanc-Cassis, n° 138, 2015 ; Émilie Boguet, Une enfance machinoise. Roger Boguet, Édilivre, 2018 .
Articles connexes Houillères de Decize Liste des communes de la Nièvre
Liens externes
Site officiel de la Mairie de La Machine La Machine sur le site de l'Institut géographique national . Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Machine, La Catégorie:Ancienne commune minière en France Catégorie:Aire d'attraction de Decize