Umaro Sissoco Embaló, né le à Bissau en république de Guinée-Bissau, est un politologue, officier supérieur et homme d'État bissao-guinéen. Il est collaborateur du Blaise Compaoré, de 2005 au 2009 et porteur d'un passeport diplomatique Burkina bé. Il est Premier ministre du au et président de la République du au .
Du au , il est président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest.
Le , quelques jours après l'élection présidentielle bissau-guinéenne de 2025, au cours de laquelle il affrontait l'opposant Fernando Dias, il est renversé par un coup d'État.
Biographie Origines Du côté de sa mère, son grand-père maternel est un Malinké. malien ; sa grand-mère était peule de Labé, dans le Fouta-Djalon en Guinée. Son père est bissao-guinéen d'origine burkinabé. Umaro Sissoco Embaló est par ailleurs musulman sunnite.
Formation Umaro Sissoco Embaló est titulaire, d'une licence en relations internationales, obtenue à l'Institut supérieur des sciences sociales et politiques à l'université technique de Lisbonne, puis d'une maîtrise en sciences politiques à l'Institut d'étude internationale de Madrid en Espagne et d'un doctorat en relations internationales à l'université complutense de Madrid. Puis il se rend en Israël, où il rejoint le Centre d’études stratégiques internationales de Tel-Aviv.
Le président Blaise Compaoré lui délivre un passeport diplomatique du Burkina Faso..
Carrière professionnelle Général des armées de réserve (il a quitté l'armée dans les années 2005), Umaro Sissoco Embaló est un spécialiste des questions de défense et des relations stratégiques. Il dispose d'un réseau à l'international, ayant été représentant en Afrique de l’Ouest d’un fonds d’investissement libyen du régime de Kadhafi, la Libyan African Investment Company (Laico), conseiller du président Nino Vieira.
Parcours politique Umaro Sissoco Embaló a commencé en tant que ministre chargé de la Coopération auprès du Premier ministre de 2005 en 2007 puis ministre d'État à la présidence de la république de Guinée-Bissau jusqu'en 2012 après la mort de Malam Bacai Sanhá.
Premier ministre Il a été Premier ministre du président José Mário Vaz, du au , date à laquelle il démissionne. Nommé par consensus à la suite de l'accord de Conakry., sa nomination est cependant contestée par le PAIGC., ce qui mène à sa démission à la demande de la Cédéao..
Élection présidentielle de 2019
vignette|Umaro Sissoco Embaló en keffieh. Umaro Sissoco Embaló est vice-président du Madem-15.. Il est candidat à l'élection présidentielle de 2019.. Durant la campagne, il porte un keffieh, qui devient l'une de ses marques.. Durant la campagne, il estime que les forces armées nationales peuvent se substituer aux forces de la CEDEAO. Il arrive deuxième du premier tour, derrière Domingos Simões Pereira, le dirigeant du parti longtemps au pouvoir à partir de l'indépendance, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).. Il réussit à rallier plusieurs prétendants à lui pour le second tour, notamment le président sortant José Mário Vaz, l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Júnior. et Nuno Gomes Nabiam.. Embaló revendique sa victoire le lendemain du scrutin. et l'emporte finalement..
Son rival conteste cependant les résultats auprès de la Cour suprême, sans avoir toutefois déposé de réclamation auprès de la Commission nationale des électorales (CNE), ce qu'impose la loi électorale.. La Cour suprême a alors sept jours pour s'exprimer.. Le recours du candidat du PAIGC est rejeté le , la Cour suprême relevant d’office un vice de forme, à savoir l’inexistence du procès-verbal de la session de la CNE ayant statué sur les résultats définitifs, ce qui ne lui permet pas de se prononcer sur le fond du litige.. Elle enjoint par conséquent à la CNE de produire ce document dans les formes prévues par la loi électorale.
La CNE établit le , a posteriori, ledit procès-verbal. Peu après, le , un nouvel arrêt de la Cour suprême appelle à ce qui apparait dans un premier temps comme un recomptage des voix..
Le , il est procédé par la CNE à une vérification des procès-verbaux du second tour des sessions des commissions régionales électorales sur demande de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), afin de tenter de sortir le pays de l'impasse politique.. À l'issue de cette opération, la commission nationale électorale donne de nouveau Umaro Sissoco Embaló vainqueur du scrutin le .. Ce dernier annonce qu'il prendra ses fonctions en toute hypothèse le ..
Le , la Cédéao donne à la Cour suprême jusqu'au pour trancher de la question.. Cinq jours plus tard, la Cour suprême rejette la demande du PAIGC d'annuler la nouvelle décision de la CNE du qui confirmait ses précédentes proclamations, quant aux résultats du second tour.. Rejetant par principe l’intervention et la médiation de la CEDEAO, la Cour suprême considère en effet la vérification opérée par la CNE sous pression de la CEDEAO comme inexistante et extraprocessuelle. Elle appelle de nouveau la commission nationale électorale à se conformer à l’intégralité de ses arrêts précédents.. Tout en prenant acte des résultats définitifs établis par la CNE, la CEDEAO appelle le la Cour suprême et la commission nationale électorale à régler leur contentieux.. La CNE établit le un nouveau procès-verbal, cette fois exhaustif, et donnant toujours avec les mêmes résultats Embaló gagnant..
Président de la République Investiture L'investiture d'Umaro Sissoco Embaló, non approuvée par la majorité des membres du Parlement, a lieu le à du matin dans un hôtel de Bissau.. Il prête serment en présence du président sortant José Mário Vaz, du premier vice-président de l'Assemblée nationale populaire, Nuno Nabiam, du président de la commission électorale, du procureur général, du chef d'état-major. et des députés membres du Parti du renouveau social et du Mouvement pour l'alternance démocratique G-15.
La cérémonie se déroule sous protection militaire, et en l'absence de tout chef d'État ou représentant de la communauté internationale, à l'exception des ambassadeurs de Gambie et du Sénégal... Elle est suivie par la passation de pouvoir au palais présidentiel..
Premières mesures Le Premier ministre Aristides Gomes, nommé par le prédécesseur d'Umaro Sissoco Embaló, dénonce une .. Il est alors limogé dès le lendemain de l'investiture.. Umaro Sissoco Embaló nomme comme Premier ministre Nuno Gomes Nabiam, un des candidats malheureux du premier tour de la présidentielle, qui l'avait rallié lors du second tour. Le nouveau président justifie cette décision par l'impossible cohabitation avec Aristide Gomes..
En réaction, 54 députés sur les 102 que compte l'Assemblée nationale investissent. le au soir, le président de cette dernière, Cipriano Cassamá, comme président de la République par intérim, alors qu'Embaló réside déjà au palais présidentiel.. L'armée prend ensuite le contrôle du siège de la télévision et de la radio., ainsi que du siège du Gouvernement, de l'Assemblée nationale et du palais de justice qui abrite la Cour suprême..
La Force militaire Ecomib, forte alors d'environ 700 hommes, que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) maintient en Guinée-Bissau depuis le coup d’État de 2012, pour protéger les institutions et maintenir la stabilité du pays, placée dans une situation difficile, n'intervient pas, bien que cette hypothèse ait été évoquée plusieurs fois dans le passé par la Cédéao, pour des situations à risques élevés similaires.. Le , Cassamá annonce renoncer à la présidence par intérim, évoquant des menaces de mort..
Le nouveau gouvernement est investi le ..
Politique intérieure Le 2020, il refuse l'entrée sur le territoire national de la mission d'experts constitutionnalistes de la CEDEAO et annonce la fin de la mission militaire ouest-africaine d'ici la fin du mois..
Le , face à la pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020, il ordonne la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes.. Un confinement partiel est décrété le .. Le , l'état d'urgence est décrété. Par la suite, le Premier ministre, le ministre de la Santé et celui de l'Intérieur ont été contaminés, alors que le commissaire principal du pays est décédé..
Le , conformément à ses engagements électoraux, il forme une commission d'expert sur une révision de la Constitution. Le panel dispose de 90 jours pour proposer les amendements qui seront soumis à référendum..
Le , il mène des consultations parlementaires et déclare caduc l'accord de coalition de 2019. Il estime par ailleurs détenir la majorité, alors que 4 des 5 députés de l'APU refusent de soutenir le gouvernement. Il menace alors de dissoudre l'Assemblée.. Le , cinq députés du PAIGC rejoignent la coalition au pouvoir., et le gouvernement obtient la confiance du Parlement le ..
Des hommes armés ont encerclé le palais du gouvernement le , où le Umaro Sissoco Embaló et le Premier ministre Nuno Gomes Nabiam se seraient rendus pour assister à une réunion du cabinet. Le radiodiffuseur d'État a rapporté que la fusillade avait endommagé le palais du gouvernement, situé à proximité de l'aéroport, et que des « envahisseurs » retenaient des représentants du gouvernement. Le président a déclaré à l'agence de presse AFP lors d'un appel téléphonique : « Tout va bien » et a ajouté que la situation « était sous contrôle »..
Le , le président Umaro Sissoco Embaló annonce la dissolution de l'Assemblée nationale populaire et annonce des élections anticipées pour le ... Deux mois avant la date prévue, un report est envisagé pour des raisons logistiques et financières.. La veille du , Embaló annonce le report du scrutin au à la suite d'un accord entre les partis politiques et la commission électorale..
Les législatives de 2023 sont remportées par la coalition de la Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka (PAI-Terra Ranka) menée par le PAIGC qui arrive en tête et décroche la majorité absolue des sièges. Le Mouvement pour l'alternance démocratique G-15 (Madem G15) arrive loin derrière en deuxième position. Le Madem G15 aurait souffert des luttes internes au parti ainsi que de l'incapacité du président à résoudre la chute des prix dans le secteur de la noix de cajou, dont la population tire une large part de ses revenus... Le , Domingos Simões Pereira est élu président de l'Assemblée nationale populaire.. Geraldo Martins est nommé Premier ministre le ..
Dans la nuit du au , de nombreux troubles éclatent entre l'armée et des forces de sécurité qui font deux morts, troubles qu'il qualifie de , le .. En réponse, il dissout le parlement le , ce dernier étant dominé par l'opposition.. Le gouvernement est remanié et il prend à sa charge les portefeuilles de l'Intérieur et de la DéfenseGuinée-Bissau : le président dissout le Parlement après des affrontements qu’il qualifie de « tentative de putsch », Le Monde, 5 décembre 2023. et confie celui des Finances au Premier ministre Geraldo Martins. Le , Rui Duarte de Barros est nommée Premier ministre..
Ces événements ont été alors perçus comme un prétexte pour le président pour dissoudre inconstitutionnellement l’Assemblée et le gouvernement. En effet, les hommes armées qui ont attaqué le siège de la justice militaire, ont été jugés pour et non pour .. Par ailleurs, la Constitution prévoit l'organisation de nouvelles élections législatives sous trois mois et le maintien en poste des commissions permanentes et des députés. En outre, le président de l'Assemblée, Domingos Simões Pereira, a été remplacé par le deuxième vice-président.
Droits humains En 2021, le journaliste António Aly Silva, alors rédacteur du blog Ditadura do Consenso, est enlevé et agressé par des individus en civil. Silva affirme que son agression fait suite à un appel téléphonique d'Umaro Sissoco Embaló, qui lui a reproché d'avoir publié au sujet de la somme payée par le gouvernement bissau-guinéen pour l'avion du président de la république du Cap-Vert.