Le Suzon est une rivière française du département de la Côte-d'Or, dans la région Bourgogne-Franche-Comté et un affluent de l'Ouche, donc un sous-affluent du Rhône, par la Saône.
Géographie Le Suzon prend sa source entre Panges et Trouhaut, reçoit à Pasques les eaux d'un unique tout petit affluent de , le Ru blancLe Ru blanc (U1321000) sur le site Le Sandre, et se jette dans l'Ouche à Longvic, à l'aval de la rue Jules Guesde. Il arrive à Dijon en suivant le parcours de la route d'Ahuy puis son cours est couvert sur un peu plus de à partir du boulevard des Allobroges. Il débouche à l'air libre place Roger Salengro.
Au Haut Moyen Âge, une partie du Suzon a été dérivée pour alimenter les fossés qui ceinturaient le Castrum, cœur du Dijon antique. Une légende populaire locale précise d'ailleurs que « Dijon périra par le Suzon ».
La haute vallée du Suzon est classée Natura 2000Site Natura 2000..
Depuis le , le Val-Suzon est classé réserve naturelle régionale sur réserve naturelle régionale..
Communes traversées
Par ordre alphabétique : Ahuy Dijon Étaules Longvic Messigny-et-Vantoux Panges Pasques Prenois Saint-Martin-du-Mont Trouhaut Val-Suzon
Hydronymie Attesté sous les formes suzio ou Segusio au haut Moyen-Âge, Sisunnus flumen en 836 (dans les textes médiévaux), Susciones fluvius en 837 et Susione en 1066. (marquant la transformation progressive de la prononciation vers le groupe moderne « Suz- »).
La grande majorité des rivières et des localités nommées Suze, Suize ou Suzon tirent leur nom de l'archétype celtique (gaulois) *Segontia ou de la racine *segu-, qui signifie « force » ou « victoire ».. Ce terme qualifiait à l'origine la puissance d'un cours d'eau (torrent, rivière rapide) ou la robustesse d'un site fortifié (oppidum, hauteur). Au fil des siècles, les évolutions phonétiques en gallo-romain ont transformé les formes anciennes (Segusia, Segusio, Sisunnus) pour donner les variantes actuelles...
Interprétation populaire ou littéraire : Des auteurs anciens, comme François de Belleforest au siècle, rattachaient suzio à l'idée d'un cours d'eau « caché », en raison de la particularité du Suzon dont les eaux se perdent par endroits dans des pertes ou gouffres karstiques du sous-sol calcaire. Les eaux du torrent du Suzon, alimentées par les fontaines du Val-Suzon, ont toujours été absorbées par le sol, tout au long de son cours, dans des « bétouers » ou conduits souterrains et principalement dans un gouffre entre les villages de Vantoux et Ahuy. La dépression entre Sainte-Foy, Messigny et Vantoux a été couverte pendant plusieurs siècles d’eaux stagnantes jusqu’à l’obstruction par effondrement du gouffre d’accès au lit souterrain près d’Ahuy et plus tard l’ouverture par l’homme d’une fosse pour amener l’eau jusqu’au château de Dijon et lui permettre de s’évacuer dans l’Ouche..
Origine hydronymique ancienne : Certains spécialistes suggèrent un lien avec des racines pré-latines ou celtiques indiquant un torrent ou un cours d'eau dont le débit varie selon les saisons et la fonte des neiges, de la racine sus ou le terme sisunus (composé de si pour l'eau et sun pour la neige) signifiant « eau de la contrée des neiges » , en référence aux hivers rigoureux et enneigés du plateau calcaire..
L'hydronyme a inversé la logique habituelle : c'est la vallée (Vallis) qui a nommé le cours d'eau, ou le nom du val qui s'est fixé sur le torrent.
Suzon serait dérivé hydronymique de la rivière Suze, formé par l'ajout du suffixe diminutif gallo-romain -on, qui prend sa source dans le canton de Liernais et se jetant dans l'Arroux sur la commune de Voudenay dans la même région..
Hydrologie Le Suzon est une rivière très irrégulière. Son débit a été observé durant une période de 13 ans (1990-2002), à Ahuy, localité du département de la Côte-d'Or située peu avant son confluent avec l'Ouche Banque Hydro - Station U1329020 - Le Suzon à Ahuy (option Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service"). La surface ainsi étudiée est de 140 km, soit la presque totalité du bassin versant de la rivière.
Le module de la rivière à Ahuy est de 0,619 mètre cube par seconde.
Le Suzon présente des fluctuations saisonnières de débit fort marquées, comme très souvent en Bourgogne séquanaise. Les hautes eaux se déroulent en hiver et se caractérisent par des débits mensuels moyens allant de 0,97 à 1,48 m/s, de décembre à mars inclus (avec un maximum très net en décembre et surtout janvier). À partir de la seconde partie du mois de mars, le débit baisse rapidement jusqu'aux basses eaux d'été qui ont lieu de juin à septembre inclus, entraînant une baisse du débit mensuel moyen jusqu'à 0,0 m/s au mois d'août, le cours d'eau tombant ainsi régulièrement à sec ce mois-là. Mais ces valeurs mensuelles ne sont que des moyennes et cachent des fluctuations bien plus prononcées sur de courtes périodes ou selon les années.
Aux étiages, le VCN3 chute jusque 0 à 0,001 m/s (un litre par seconde), en cas de période quinquennale sèche, ce qui est très sévère.
Les crues peuvent être assez importantes, compte tenu de la taille de son bassin versant. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 15 et 21 m/s. Le QIX 10 est de 24 m/s, le QIX 20 de 28 m/s, tandis que le QIX 50 n'a pas été calculé faute d'une période d'observation suffisamment longue pour le déterminer valablement.
Le débit instantané maximal enregistré à Ahuy a été de 29,2 m/s le 1996, tandis que la valeur journalière maximale était de 24,2 m/s le lendemain . Si l'on compare la première de ces valeurs à l'échelle des QIX de la rivière, l'on constate que cette crue était d'ordre vicennal, et donc destinée à se répéter tous les 20-25 ans en moyenne.
Le Suzon est une rivière peu abondante. La lame d'eau écoulée dans son bassin versant est de 140 millimètres annuellement, ce qui est plus de deux fois inférieur à la moyenne d'ensemble de la France tous bassins confondus (320 millimètres). C'est très inférieur également à la moyenne du bassin de la Saône (501 millimètres à Lyon) et de l'Ouche (312 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint le chiffre très faible de 4,4 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.
Patrimoine - Curiosités - Tourisme
Au détour d'une promenade, en traversant le gué en direction de la combe de Vaux de Roche, vous aurez peut-être la chance d'observer le cincle plongeur, Cinclus cinclus, ce passereau de la famille des cinclidés apprécie les cours d’eau rapides, généralement en tête de bassin. Il se nourrit principalement de larves aquatiques, qu’il pêche en marchant sous l’eau. Une étude réalisée par le Groupe Naturaliste Universitaire de Bourgognehttps://www.asso-gnub.fr/actions/projet-cincle/ entre 2009 et 2010 montre qu'il est présent sur le Suzon en amont du hameau de Sainte-Foy (commune de Val-Suzon).
Le Suzon a connu deux grandes crues en 1910 et . Ses caprices sont probablement à l'origine du dicton local « Dijon périra par le Suzon ».
Annexes Voir aussi
La liste des rivières de France La Saône La Haute vallée du Suzon, site Natura 2000.
Liens externes Site du SANDRE Ruisseau le Suzon (U1320900) sur le site du Sandre Banque Hydro - Station U1329020 - Le Suzon à Ahuy (option Synthèse) (ne pas cocher la case "Station en service")
Notes et références
Catégorie:Système hydrologique de la Saône Catégorie:Cours d'eau dans la Côte-d'Or