Adrien Mouton, né le à Molières-sur-Cèze (Gard) et mort le à Arles (Bouches-du-Rhône), est un homme politique français.
Biographie
Jeunesse
Mouton naît avec un frère jumeau, Marius, dans une famille modeste d'origine cévenole. Il est le fils d’Auguste Mouton, rouleur de houille, et d’Ernestine Leyrauth. Son père décède dix-huit mois après sa mort, contraignant sa mère à s'occuper de ses quatre enfants simultanément, avec son salaire de laveuse de linge. Il est reçu au Certificat d'études.
Parcours professionnel
Dès l’âge de douze ans, il est employé aux mines de Bessèges dans le Gard. Il est militant communiste et devient secrétaire de la section jeune. À ce titre, il mène les grèves de 1919 dans la mine. Il entre ensuite à la compagnie de Chemins de fer PLM, tout en ayant une activité syndicale. En 1924, il est envoyé à Marseille, au service de la voie, à la Gare de Marseille-Blancarde, près de laquelle réside son oncle paternel.
Installé à Marseille avec sa femme, il est ensuite embauché par l'entreprise métallurgique Roberty, dans le 10e arrondissement de Marseille, à la Capelette. Nommé secrétaire du syndicat des Métaux, il remplaça à ce poste Henri Rivière en qui le PC n’avait plus confiance depuis quelques mois. L’arrivée de Mouton à Marseille est signalée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Parcours militant Très bien intégré dans les milieux syndicalistes et ouvriers marseillais, il en devient un personnage incontournable. Il critique sévèrement l'incapacité du bureau régional du Parti communiste à la suite de l'échec de ce qui devait être un grand meeting à Marseille, le , où étaient venus Marcel Cachin, André Marty et Julien Racamond, et qui n'avait attiré qu'entre et .
Il s'engage notamment à partir de 1927 dans la lutte contre le chômage aux côtés de Simon Sabiani, dans le cinquième canton de Marseille, qui englobait le quartier très populaire de la Belle de Mai. En 1927, il organise la célébration du premier Noël rouge à Marseille.
Parcours politique Mouton essaie d'utiliser son engagement militant comme tremplin politique pour défendre ses idées au niveau national. Il échoue à une élection législative en 1928. En 1930, il fait campagne pour Gabriel Péri, lors de l’élection législative partielle de la circonscription de Marseille. Aux élections pour le conseil général d’, il est lui-même le candidat du Parti communiste dans le canton. Il s'oppose alors à Simon Sabiani, qui avait entre-temps viré à droite, et qu'il affronte dans une joute verbale le à la Belle-de-Mai.
L’année 1936 marque un tournant dans la carrière de Mouton. Du fait d'une conjoncture politique favorable et grâce à sa campagne, il déplace son activité politique de Marseille à Arles et engrange des voix aux élections législatives. Il arrive en tête au premier tour devant le député-maire SFIO Anatole Sixte-Quenin, du fait de l’apport de voix radicales et modérées destinées à éliminer ce dernier. Mouton obtint 7 240 voix sur 31 584 inscrits et est élu au second tour, après le désistement de Sixte Quenin, avec , dans la foulée du Front populaire, contre un adversaire d’extrême droite.
Il est ainsi député communiste des Bouches-du-Rhône de 1936 à 1940. Il est très actif à la Chambre. Il est notamment le rapporteur d’une proposition de loi de Félix Gouin tendant à accorder des avantages spéciaux aux veuves et aux orphelins des ouvriers poudriers tués lors de l’explosion de la poudrerie nationale de Saint-Chamas.
Mouton est, avec Étienne Fajon, le seul député du « groupe ouvrier et paysan » présent à la Chambre, le , lors de la dernière séance du débat consacré à la déchéance des députés communistes. Ils y sont molestés. Il est déchu de son mandat le , en même temps que les autres députés communistes.
Mobilisé en 1940, il est prisonnier de guerre en Allemagne de 1940 à 1945. Dès son retour en France, il retrouve un mandat parlementaire, dans la première assemblée constituante. Il est reste député sans interruption jusqu'en 1958. Il est aussi conseiller municipal d'Arles de 1947 à 1959 et de 1971 à 1977. Il est président de l'ARAC de 1980 à 1982 . Il préside par ailleurs l'Association France-URSS des Bouches du Rhône, et se rend souvent à ce titre en Union soviétique.
Vie privée Il survit à sa femme, qui meurt en 1979. Sans enfants, il décède à l'âge de 86 ans. Il est titulaire de la Croix du combattant et de la médaille des évadés. À sa mort, La Marseillaise souligna « la résonance nationale » du décès de « cette figure illustre du mouvement ouvrier, grand ami du peuple soviétique ». Il fut inhumé au cimetière de Trinquetailles, en présence d’une foule nombreuse.
Source
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Préfet des Bouches-du-Rhône Catégorie:Député des Bouches-du-Rhône Catégorie:Député des Bouches-du-Rhône (Troisième République) Catégorie:Député de la seizième législature de la Troisième République Catégorie:Parlementaire communiste déchu de son mandat en 1940 Catégorie:Membre de l'Assemblée consultative provisoire Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1945 Catégorie:Membre de l'Assemblée constituante de 1946 Catégorie:Député de la première législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la deuxième législature de la Quatrième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Quatrième République Catégorie:Député membre du groupe communiste (Assemblée nationale) Catégorie:Député membre du Parti communiste français Catégorie:Candidat aux élections législatives françaises de 1928 Catégorie:Candidat aux élections législatives françaises de 1932 Catégorie:Candidat aux élections législatives françaises de 1958 Catégorie:Candidat aux élections législatives françaises de 1962 Catégorie:Personnalité de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Titulaire de la croix du combattant Catégorie:Titulaire de la médaille des évadés Catégorie:Prisonnier de guerre français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Naissance en février 1902 Catégorie:Naissance à Molières-sur-Cèze Catégorie:Décès en juin 1988 Catégorie:Décès à Arles Catégorie:Décès à 86 ans