vignette|220px|Ines Schwerdtner et Jan van Aken, coprésidents du parti élus en 2024.

Die Linke, en français « La Gauche », est un parti politique allemand né de la fusion le du Parti du socialisme démocratique (ex-Parti socialiste unifié d'Allemagne, qui était le parti officiel de la République démocratique allemande) et de l'Alternative électorale travail et justice sociale.

Depuis 2026, ses dirigeants sont Ines Schwerdtner et Luigi Pantisano. Die Linke se différencie des autres partis de gauche siégeant au Bundestag (le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) et l'Alliance 90/Les Verts) par sa ligne politique antilibérale et prônant un socialisme démocratique.

En , le parti revendique « Mitgliederzahlen September 2009 » sur le site de Die Linke, dont 39,2 % de femmesFrauenanteil, sur le site de Die Linke. Après une percée aux élections fédérales de septembre 2009, il porte sa représentation au Bundestag à sur 614, contre 53 précédemment. Les bastions électoraux du parti sont plutôt situés dans les régions orientales de l'Allemagne, qui formaient la République démocratique allemande (RDA), mais il trouve aussi suffisamment d'électeurs dans l'ex-Allemagne de l'Ouest pour siéger dans les parlements régionaux de ses Länder. Après sa montée en puissance à la fin des , le parti essuie plusieurs revers électoraux depuis 2010.Élections: la CDU en tête, recul de Die Linke en Sarre, humanite.fr, 26 mars 2012.

Au niveau international, Die Linke est membre du Parti de la gauche européenne et du Forum pour une nouvelle gauche européenne (NELF)Thomas Landwehrlen, « Die Linke. L’émergence du nouveau parti de la gauche antilibérale allemande : une menace pour le SPD, un défi pour la gouvernabilité de la République fédérale », in Institut de Ciències Polítiques i Socials, Working Paper , Barcelone, 2010, exemplaire en ligne et siège au Parlement européen dans le Groupe de la Gauche au Parlement européen, dont Martin Schirdewan et Manon Aubry sont co-présidents.

Die Linke promeut l'anticapitalisme, l'antifascisme et l'antimilitarisme. Il est neutre sur l'intégration européenne et il est le parti le plus à gauche représenté au Bundestag.

Histoire Alliance PDS-WASG 220px|thumb|Oskar Lafontaine quitte le SPD pour diriger le Linkspartei en 2005. Die Linke procède au départ d'un accord de non-concurrence entre le PDS, successeur du Parti socialiste unifié d'Allemagne de l'ex-RDA et la WASG, scission du SPD, en vue des élections fédérales allemandes de 2005 Falk Heunemann : Die Kooperation der PDS und der WASG zur Bundestagswahl 2005.

En , cet accord se concrétise en alliance et reçoit le renfort d'Oskar Lafontaine, qui quitte le SPD, ainsi que l'appui de plusieurs syndicalistes (IG Metall et ver.di). Pour symboliser la nouvelle relation, le PDS changea son nom en Parti de gauche (Linkspartei) avec l'usage optionnel des lettres « PDS » laissé à la discrétion des fédérations régionales. La nouvelle coalition permanente ainsi formée prend le nom de Die Linke.PDS. Cette stratégie permettra à ses listes de rassembler 8,7 % des suffrages exprimés lors des élections fédérales allemandes de 2005, et de pourvoir 54 des du Bundestag, juste devant l'Alliance 90/Les Verts mais derrière le FDP. Ces bons résultats valent à Die Linke des commentaires généralement très hostiles de la presse allemande. Les activités du parti sont placées sous surveillance policière..

L'irruption de cette nouvelle force au sein de l'échiquier politique allemand sème le trouble durant les jours suivant l'élection, le SPD du chancelier fédéral sortant Gerhard Schröder et l'Union chrétienne-démocrate (CDU, droite) d'Angela Merkel se retrouvant au coude à coude, sans qu'aucune des deux coalitions traditionnelles noire-jaune ou rouge-verte ne puisse être formée. Techniquement parlant, la configuration théorique Verts + sociaux-démocrates + Die Linke possède une majorité absolue. Mais l'idée même de cette alliance de toute la gauche allemande est balayée d'un revers de la main par le SPD, qui voit Die Linke comme un parti contestataire et populiste, successeur direct du SED, le parti d'État de la RDA, vis-à-vis duquel Die Linke se montre pourtant très critique.. Les dirigeants de la CDU et du SPD finissent par se mettre d'accord pour former une grande coalition dirigée par Merkel le temps de la législature, alors même que le Bundestag est majoritairement à gauche.

Aux élections du Land de Brême le , l'alliance Die Linke.PDS a passé pour la première fois la barre des 5 % dans une élection régionale en Allemagne de l’Ouest avec 8,4 % (+6,7 %), profitant de la défiance envers les deux partis de la coalition gouvernementaleLibération, 14 mai 2007. Il confirme ainsi son implantation électorale dans l'ouest de l'Allemagne, où le PDS a toujours été marginal.

La formation de Die Linke est analogue à l'alliance politique française le Front de Gauche fondée à l'origine par le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche créé par des déçus de la libéralisation du Parti socialiste (PS), et la Gauche unitaire (GU) créé par d'anciens militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

Fondation thumb|Gregor Gysi, dirigeant historique du PDS (2005). Du au , les membres des deux formations (soit environ ) étaient invités à se prononcer pour ou contre la dissolution du Linkspartei (ex-PDS) et de la WASG dans un seul et même parti. Les résultats furent sans appel : 83,9 % des membres de la WASG se prononcent en faveur de la fusion (15,1 % contre), avec un taux de participation de 49,8 %. 96,9 % des membres du Linkspartei sont favorables à la fusion (3,1 % contre), avec un taux de participation de 82,6 %.

Le , Die Linke voit réellement le jour en tant que parti politique au terme d'un grand congrès fondateur (la fusion est définitivement entérinée par les délégués des deux partis) organisé à Berlin tagesschau.de : Der lange Weg zur Gründung der „Linken“ et auxquels prirent part de nombreux invités en provenance de toute l'Europe (et notamment les Français Jean-Luc Mélenchon et Clémentine Autain). Lothar Bisky et Oskar Lafontaine en sont désignés coprésidents. D'après son coprésident Lothar Bisky, environ du nouveau parti étaient membres du Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED) avant la réunificationEstimation de Lothar Bisky au moment de la fusion en 2007, reprise par le rapport 2007 de la Verfassungsschutz, ..

thumb|Gesine Lötzsch et Klaus Ernst, coprésidents du parti entre 2010 et 2012.

De 2005 à 2009, le parti dispose d'un groupe de au Bundestag (54 avant que ne quitte le groupe en à la suite de sa mise en cause dans une affaire de corruption Spiegel Online : Alwin Schröder: Rotlicht statt rote Fahne), des parlements régionaux, 179 maires, environ élus municipaux.. Il obtient aussi 8 députés européens aux élections européennes de 2009.

Durant la campagne pour les élections fédérales de 2009, les sondages relatifs vont lui donner jusqu'à environ 10 à 14 % d'intentions de vote election.de, Umfragen/Prognosen, alors même que le SPD est en chute libre, mis en difficulté par son alliance avec la CDU de la chancelière Angela Merkel.. Die Linke semble percer dans les territoires d'Allemagne de l'Ouest jusque-là hostiles au PDS, comme le confirme par la suite les résultats des élections régionales de Basse-Saxe et de Hesse, le : Die Linke obtient respectivement 7,1 % et 5,1 % des voix, ce qui lui permet d'entrer dans les parlements régionaux (Landtag) des deux Länder. Cette tendance se confirme le avec l'entrée réussie de Die Linke dans le parlement du Land de Hambourg, avec 6,5 % des voix. En revanche, le , le parti rate son entrée dans le Landtag de Bavière, avec 4,3 % des suffrages exprimés dans ce Land historiquement dominé par les chrétiens-démocrates de la CSU. Alors même que les députés régionaux de Die Linke et ceux du Parti social-démocrate sont majoritaires dans le Landtag de Hesse, les membres les plus à droite du SPD refusent de s'allier à Die Linke, qui y est pourtant favorable, et laissent s'installer un gouvernement minoritaire dominé par la CDU. Les sociaux-démocrates ne parvenant pas à définir leur position, le Landtag est dissous et des élections anticipées ont lieu le . Die Linke maintient ses positions avec 5,4 % des suffrages exprimés et conserve ses six sièges, tandis que le SPD s'effondre en perdant treize points : la majorité bascule à droite et une coalition noire-jaune est formée. L'absence de clarté dans la stratégie d'alliance du SPD aura été la principale cause de ce nouvel échec de retour de la gauche allemande aux affaires. Le SPD rechigne en effet à s'allier avec un parti dont l'attitude à l'égard du régime de la RDA reste équivoque. Ainsi lors des commémorations pour la construction du mur de Berlin qui ont lieu en 2011, un journal de jeunes du parti Die Linke titre sur une apologie du mur, saluant sa contribution à la paix et aux droits sociaux, le tout illustré par des soldats faisant la garde lors de la construction du mur. Linke Zeitung sagt "Danke" für die Mauer, Welt online, 14 août 2011.

Régionales de 2009 Lors des élections régionales du , Die Linke réalise une percée dans le Land de la Sarre, où Oskar Lafontaine en personne mène la liste de son parti. Profitant de son statut d'ancien ministre-président de ce Land de l'ouest, il rassemble 21,3 % des suffrages exprimés, soit de plus que la liste PDS en 2004. Cette percée phénoménale relance la campagne de Die Linke à un mois des élections fédérales. En Saxe et en Thuringe, deux de ses principaux fiefs d'Allemagne de l'est, Die Linke reste la deuxième force politique après la CDU, avec respectivement 20,6 % (-3) et 27,4 % (+1,3) des suffrages exprimés.

Élections fédérales : au-dessus des 10 % En rassemblant 11,9 % des suffrages exprimés et 76 élus à l'issue des élections fédérales de 2009, Die Linke bat de nouveaux records. Avec un million d'électeurs supplémentaires, le parti confirme et devient la quatrième force politique nationale, distancé par le FDP mais distançant lui-même nettement les Verts. Die Linke obtient également seize mandats directs, ce qui constitue un nouveau record : jamais un parti autre que le SPD et la CDU-CSU n'avait obtenu autant de sièges au scrutin majoritaire jusqu'à maintenant. Lors des élections régionales organisées le même jour, Die Linke fait son entrée dans le Landtag du Schleswig-Holstein avec 6 % des voix (+5,2) et maintient sa position de seconde force politique dans celui du Brandebourg avec 27,2 % (-0,8).

Il participe actuellement à une coalitions régionales : dans le Brandebourg avec les sociaux-démocrates de Matthias Platzeck. Il a également longtemps été le partenaire de coalition du SPD à Berlin, avant que le tandem formé par les deux partis ne perde la majorité, entrainant la formation d'une grande coalition (SPD-CDU). Cette alliance avec le SPD à Berlin a entrainé des critiques d'une partie de la gauche radicale. La direction du parti défend au contraire les succès obtenus : la mise en place d’un grand secteur d’emplois financés par les fonds publics ; le fait que la ville ne fait travailler que des entreprises payant un salaire horaire minimal de ; l’insertion dans la Constitution de la possibilité d’organiser des référendums, y compris d’initiative populaire ; la gratuité des places en jardin d’enfants ; la non-privatisation de la Caisse d’épargne de Berlin, comme de toute autre caisse publique de prévoyance.

Lors de son congrès fédéral du , tenu à Rostock, le parti élit Gesine Lötzsch, ancienne du PDS, et Klaus Ernst, fondateur de la WASG, comme nouveaux coprésidents, avec respectivement 92,8 % et 74,9 % des voix des délégués Gesine Lötzsch und Klaus Ernst gewählt, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le ..

Régionales partielles 2011 : amorce d'un recul électoral