Keir Starmer (prononcé : ), né le à Londres, est un homme d'État britannique, membre du Parti travailliste. Chef de son parti du au , il est Premier ministre du Royaume-Uni du au 20 juillet 2026.

Haut responsable du ministère public de 2008 à 2013 puis élu en 2015 député travailliste dans la circonscription de Holborn and St Pancras, il siège au sein du cabinet fantôme de Jeremy Corbyn, d'abord comme ministre de l'Immigration, puis en tant que secrétaire d'État au Brexit. En 2020, il est élu chef du Parti travailliste, à la suite des élections générales de 2019 et devient également chef de l'opposition officielle. Après la très large victoire du Parti travailliste aux élections générales de 2024 en nombre de sièges pour seulement 33,70 % des suffrages exprimés, il prend la direction du gouvernement britannique.

Son mandat est rapidement marqué par des émeutes anti-immigration en 2024, suivies par des manifestations en 2025 avec des revendications similaires. Parallèlement, le parti Reform UK opère une percée inédite dans les sondages. Starmer amorce un durcissement de la politique migratoire britannique. Le mandat de Starmer est également marqué par des revirements idéologiques, diverses controverses dont notamment un scandale lié à l'affaire Epstein concernant la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, et par une forte impopularité. Le parti subit ainsi des défaites électorales majeures, notamment aux élections locales de 2025 et 2026, ainsi qu'aux élections législatives galloises de la même année, qui voient les travaillistes subir de lourdes pertes en nombre de sièges, dans le cadre d'une remise en cause inédite du bipartisme dans le pays.

Starmer doit alors faire face à de nombreux appels à démissionner de la part de membres de son propre parti. Keir Starmer annonce finalement sa démission de la direction du Parti travailliste le , et à terme de celle du gouvernement.

Biographie Vie privée gauche|vignette|redresse|Keir Starmer et sa femme Victoria Alexander en 2024. Keir Rodney Starmer naît le à Southwark, à Londres. Il grandit à Oxted, dans le Surrey. Il est le fils d'un ouvrier d'usine et d'une infirmière qui l'ont prénommé Keir en hommage à Keir Hardie, premier député britannique élu sous l'étiquette travailliste..

En 2007, Keir Starmer épouse Victoria Alexander, une juriste qui fut avocate avant de rejoindre le National Health Service. Le couple a deux enfants, un garçon né en 2008 et une fille née en 2009. Il se déclare athée mais ses enfants sont éduqués dans la foi juive, religion de leur mère Meet Keir Starmer's Jewish wife, bringing Shabbat to No. 10 Downing Street. jpost.com. July 5, 2024. Beth Harpaz. UK’s new prime minister, Keir Starmer, observes Shabbat, supports Israel and vows to fight antisemitism. forward.com..

Passionné de football, il joue à Kentish Town et est supporter du club londonien d'Arsenal« Législatives britanniques : Keir Starmer, l'ancien avocat favori pour devenir Premier ministre », AFP, 4 juillet 2024.. Dans sa jeunesse, il étudie à la Guildhall School of Music et pratique la flûte, le piano et le violon... Il est pesco-végétarien tandis que son épouse est végétarienne..

Parcours professionnel Diplômé de l'université de Leeds en et du St Edmund Hall à Oxford en , Keir Starmer est avocat. Spécialisé dans les droits de l’Homme, il travaille notamment dans les Antilles britanniques. Proche d'Amnesty International, il combat la peine de mort aux Caraïbes, s'oppose à la fermeture des mines de charbon en Grande-Bretagne et affronte la multinationale McDonald's..

En , il est découvert par le grand public dans tout le Royaume-Uni et les pays du Commonwealth en raison du documentaire de Ken Loach qui est consacré au cas McLibel, relatant la façon dont Keir Starmer défend des écologistes.

Il prend part, entre 2003 et 2008, à l’élaboration des nouvelles forces de police en Irlande du Nord, le Police Service of Northern Ireland (PSNI). Ce projet, né de l’accord du Vendredi saint signé le qui a mis fin à trente ans de guerre civile, devait intégrer aussi bien des catholiques que des protestants dans un corps de police alors discrédité après des années de violence sectaire. Il devient en 2008 directeur des poursuites judiciaires, ce qui lui vaut d’être promu au grade de chevalier commandeur de l'ordre du Bain par la reine Élisabeth II en 2014. Bien qu'il bénéficie depuis du prédicat honorifique de « Sir », il refuse de se faire appeler « Sir Keir ».. En tant que procureur général de 2008 à 2013, son image de juriste progressiste évolue ; il bloque des poursuites engagées à la suite de violences policières, propose des sanctions plus sévères contre ceux qui auraient abusé de l’aide sociale (jusqu’à dix années de prison) et facilite la persécution de Julian Assange par le gouvernement américain..

Premiers engagements politiques Keir Starmer s'engage à gauche en réaction aux années Thatcher. Il fournit en 1990 une aide juridique gratuite aux manifestants arrêtés par la police après les émeutes contre la Poll tax. Il est également opposé au gouvernement de Tony Blair, lui reprochant en particulier la guerre en Irak, puis attaque en justice le gouvernement, celui-ci refusant d’accorder des prestations aux demandeurs d’asile.

Député En 2015, Keir Starmer est élu député à la Chambre des communes pour la circonscription de Holborn and St Pancras. Il est impliqué en 2016 dans une fronde menée par l'aile droite du Parti travailliste visant à obtenir la démission de Jeremy Corbyn. Celui-ci est toutefois largement reconduit à la tête du parti par le vote des militants.

Le , il est nommé par le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, en tant que secrétaire fantôme du Brexit au sein du cabinet fantôme travailliste, remplaçant Emily Thornberry. Keir Starmer démissionne d'un poste de conseil auprès du cabinet d'avocats (Mishcon de Reya LLPwww.mishcon.com) qui agit pour Gina Miller lorsque cette citoyenne britannique intente une action en justice pour obtenir un débat et un vote au Parlement sur l'utilisation de l'article 50 du traité sur l'Union européenne, interpellant la Première ministre Theresa May sur sa stratégie de négociation.

Résolument favorable à l'intégration du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, il est celui « qui a infligé les plus gros revers au gouvernement sur le Brexit ». Il a notamment contraint l'exécutif à révéler des documents compromettants sur la stratégie britannique. Il échoue toutefois à amener le Parti travailliste à revendiquer l'organisation d'un second référendum sur la sortie de l'UE, s'opposant sur ce point à Jeremy Corbyn. Le Brexit devenu effectif en , il entend depuis lors militer pour un accord commercial rapproché avec l'UE et le maintien de protections sociales, économiques et environnementales que certains conservateurs aimeraient démanteler.

Candidature à la direction du Parti travailliste redresse|vignette|gauche|Keir Starmer à Bristol en 2020. Le , au terme d'une élection interne, à la suite de l'échec du Parti travailliste lors des élections générales de 2019, Keir Starmer succède à Jeremy Corbyn comme chef du parti et devient du même coup le nouveau chef de l'opposition officielle. Bien qu'il n'appartienne pas à l'aile gauche du Labour, il défend la renationalisation de certains pans de l’industrie britannique et l’augmentation des impôts pour les plus fortunés. Il bénéficie de l’image d’un rassembleur, à même de réunir toutes les tendances politiques du Labour. Il entend néanmoins repositionner plus à droite le parti sur certaines questions économiques et sociales, notamment en abandonnant le projet de modifier les statuts des écoles privées, très favorables aux élites britanniques, et en défendant un programme de nationalisation moins ambitieux. Il abandonne également l'orientation anti-atlantiste qu'avait défendue Corbyn (opposition aux guerres au Moyen-Orient et à l'OTAN, dénonciation du soutien de Londres aux monarchies du Golfe, désarmement nucléaire). Porté à la tête du plus grand parti d’Europe (), il explique vouloir « un Labour qui gagne une élection. On peut dire ce que l’on veut sur vouloir sauver le monde, mais si nous ne gagnons pas d’élections, il n’y a rien que nous puissions faire ».

Sa victoire est prononcée par les médias britanniques comme un retour à la normalité.. Keir Starmer présente immédiatement ses excuses pour l'antisémitisme au sein du parti... Le Figaro note qu'il a écarté du parti les auteurs de propos antisémites que son prédécesseur Jeremy Corbyn n'avait pas sanctionnés, ce qui avait entaché l'image du Labour..

Chef du Parti travailliste Tournant centriste Keir Starmer entreprend après son élection comme nouveau chef du Parti travailliste un tournant plus à droite. Les « dix promesses » sur lesquelles il avait fait campagne et qui s'inscrivaient pour l’essentiel dans la continuité du programme de Jeremy Corbyn sont effacées du site internet du parti. Un groupe de socialistes membres du cabinet fantôme est rapidement exclu pour avoir voté contre deux projets de loi du gouvernement Johnson visant à garantir l’impunité aux militaires et aux agents de renseignement s'ils commettaient des actes criminels au cours de leurs opérations. Rebecca Long Bailey, sa principale rivale lors du scrutin, est à son tour évincée du cabinet fantôme en . Jeremy Corbyn est suspendu du parti en octobre et exclu de son groupe parlementaire pour avoir nuancé les conclusions d'un rapport sur l'attitude du Labour face à l'antisémitisme. En janvier, c'est au tour du dirigeant écossais du parti, Richard Leonard, proche de Corbyn, d’être écarté. Concernant l'actualité du pays, le Labour de Starmer surprend en refusant de soutenir la mobilisation de dizaines de milliers d’étudiants qui demandaient une baisse des frais de scolarité et des loyers des résidences universitaires.

Cette mutation est considérée comme un retour au New Labour de Tony Blair, bien que Keir Starmer prenne soin de ne pas s'afficher aux côtés de l’ex-Premier ministre travailliste, toujours très impopulaire.

Difficultés au sein du Labour Les purges visant l'aile gauche du parti et le réalignement idéologique plus au centre conduisent plusieurs syndicats à envisager de se désaffilier du Labour tandis que le nombre de militants du parti chute de à la fin de l'année 2020 alors que la tendance était à la hausse depuis des années. Keir Starmer ne parvient pas à capitaliser sur les erreurs et la relative impopularité du Premier ministre Boris Johnson, le Labour restant au plus bas dans les sondages et enregistrant une série de défaites lors d’élections législatives partielles.

Il est mis en difficulté lors de la conférence annuelle du Labour, en , le parti ayant perdu plus de depuis qu'il en a pris la tête. Il échoue à faire adopter une réforme de la désignation des dirigeants du parti qui visait à supprimer la règle du « une voix, un vote » et ainsi donner plus de poids aux voix des députés et moins à celles des adhérents, réputés plus à gauche.

Durant le Partygate, il demande la démission de Boris Johnson pour avoir participé à des fêtes durant les confinements de 2020 et 2021. Le Premier ministre l'accuse en retour d’être responsable de l'affaire Jimmy Savile, un présentateur de télévision accusé de pédophilie par des dizaines de personnes et mort sans avoir été poursuivi, en raison de sa position d'ancien haut responsable du ministère public. Il est ensuite pris à partie par des manifestants.

En 2022, il refuse de soutenir les grèves au cours de « l’été du mécontentement », provoquée par la forte inflation touchant le pays, et interdit aux membres de son cabinet fantôme de s'afficher avec les grévistes. L'un d'eux, Sam Tarry, ministre fantôme des transports, est même limogé après être apparu aux côtés des cheminots grévistes.