Marie Léonie de Bazelaire de Ruppierre née à Sainte-Marguerite (Vosges)Table décennale des naissances à Sainte-Marguerite consultable en ligne sur le site vosges-archives. le et morte au Cannet (Alpes-Maritimes) le est une femme de lettres et peintre française.
Famille Issue d'une ancienne famille lorraine venue au du comté de Chiny s'établir dans les Vosges, Léonie de Bazelaire est la fille de Marie-Charles Sigisbert de Bazelaire de Saulcy (1812-1867) et de Marie Anne Victoire Louise Florentin (1814-1903)Louis de La Roque (dir.), Bulletin héraldique de France, Volume X, Paris, 1891, p.18 (lire en ligne). En 1866, les enfants de Marie-Charles Sigisbert de Bazelaire furent autorisés à ajouter à leur nom patronymique celui de Ruppierre, du nom de sa mère Adélaïde Aurore, comtesse de Ruppierre, dernière du nom (cf. Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France, , Paris, 1867 (lire en ligne)). Sous le nom d'Hippolyte de Bazelaire, Marie-Charles Sigisbert de Bazelaire publia un Manuel du Planteur, Vagner, Libraire-éditeur, Nancy, 1846 (lire en ligne). Elle a sept frères et sœurs aînésLouis de La Roque (dir.), Bulletin héraldique de France, Volume X, Paris, 1891, p.18. Parmi ceux-ci, Gonzalve (né en 1836) et Gabriel (né en 1842) seront capitaines au long cours; Maurice de Bazelaire (né en 1840) sera prêtre, secrétaire général de l'évêché de Saint-Dié; sa sœur, Clotilde de Bazelaire (née en 1845), sera religieuse carmélite. Elle grandit à Saulcy-sur-Meurthe puis étudie à Saint-Dié avant que son père ne soit nommé juge de paix à Ligny-en-Barrois.
Son oncle, Édouard de Bazelaire (1819-1853), homme de lettres, membre de l'Académie de StanislasArchives de l'Académie de Stanislas. Voir également : Mémoires de l'Académie de Stanislas - 1853, Grimblot et Veuve Raybois, Imprimeurs-Libraires, Nancy, 1854, p.104 (lire en ligne), chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, avait publié des Promenades dans les Vosges (1838)Édouard de Bazelaire, Promenades dans les Vosges, Paris, Debécourt, 1838 (extraits en ligne). et une biographie du bienheureux Pierre Fourier (1846)Édouard de Bazelaire, Le Bienheureux Pierre Fourier, Paris, Sagnier et Bray, Libraires-Éditeurs, 1846 (lire en ligne). Une nouvelle édition corrigée et augmentée, avec une préface de Léonie de Bazelaire, a été publiée en 1897, à l'occasion de la canonisation de Pierre Fourier. Compte-rendu, in : Études, Tome 73, , Paris, 1897, p. 282 (lire en ligne)..
Une femme écrivain-voyageur En , avec un groupe de pèlerins, Léonie de Bazelaire se rend en bateau en PalestineFrancoise Lapeyre, Le roman des voyageuses françaises (1800-1900), Paris, Payot, 2007, p.24.. Après une escale en Italie où elle visite Rome (elle raconte une audience auprès du pape Léon XIII), puis en Crète, le bateau qui amène les pèlerins jette l’ancre à Haïfa. Accompagnée de son frère Maurice (1840-1909), et de sa sœur Isabelle (1847-1889), Léonie parcourt à cheval, pendant un mois, le pays tout entier. , elle en tire un récit illustré par elle-même : Chevauchée en Palestine (1889). À la suite de ce voyage, elle publiera également Mois du Sacré-Cœur de Terre Sainte (1890)Compte-rendu dans La Croix, 16 avril 1890..
Deux ans plus tard, en 1890, elle se rend par chemin de fer en Haute-Bavière, pour assister au Jeu de la souffrance, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui se joue à Oberammergau depuis 1634 et, tous les dix ans, mobilise une grande partie de la population. Ce spectacle a été monté afin de rendre grâce à Dieu d’avoir épargné la ville de la peste lors de la guerre de Trente Ans. Avec un sens profond de la spiritualité dramatique qui le sous-tend, Léonie de Bazelaire décrit le Passionspiel en grand détail dans son ouvrage Le drame d’Oberammergau (1891).
Léonie de Bazelaire voyagera également en Égypte et publiera Jérusalem, cinq ans après. Une fuite en Égypte (1893). Dans un compte-rendu du journal La Croix, on peut lire : De retour de Khartoum, en 1907, elle rencontre l’écrivain Pierre Loti à LouxorAlain Quella-Villéger, La politique méditerranéenne de la France 1870-1923. Un témoin : Pierre Loti, L'Harmattan, 1992, p.81.. En 1912, elle publiera ses Croquis d'Égypte et de Nubie, dont un compte-rendu est publié dans Les Annales politiques et littéraires - Les Annales politiques et littéraires, n°1496, 25 février 1912, p.170..
Outre ces récits de voyages, Léonie de Bazelaire publiera un essai biographique sur Jeanne d’Arc, Figure Exquise (1895), selon l'auteurLéonie de Bazelaire, Figure Exquise, Paris, Victor Retaux, 1895, « Avis au lecteur », p.V., dans lequel , ainsi que trois pièces de théâtre : L’idée de Colette (1897), Os de Poulet (1897) et Trèfle à quatre feuilles.
Au tournant du siècle, une femme journaliste Léonie de Bazelaire a une activité journalistique : elle sera directrice de la publication de La Chevauchée, une revue littéraire bimensuelle destinée aux femmes qu'elle a fondée à Paris et qui publiera 78 numéros entre 1900 et 1903La Chevauchée, Organe littéraire des femmes. La revue avait son siège 45 rue Saint-Placide, à Paris. Dans le premier numéro, Léonie de Bazelaire écrit un article qui précise le programme de la revue : (cf. L'Est Républicain, 11 octobre 1900, sur le site Limédia Kiosque ).. La rédaction réunit des femmes écrivains ou artistes comme Jean Bertheroy, Virginie Demont-Breton (cf. )., la princesse Hélène Vacaresco ou Jean Bach-SisleyJean Bach-Sisley (1864-1949), poète, dramaturge, critique litteraire. Pseudonyme de Jeanne Sisley, de la famille du peintre Alfred Sisley. Voir : Données de la BnF. Sur la rédaction de la revue, voir : La Revue du Midi, , Nimes, janvier 1902, p.65.. Léonie de Bazelaire y publie notamment un article sur La femme au La Chevauchée, Revue littéraire des femmes, , pages 85 et suiv., où, ainsi que le rapporte Rotraud von Kulessa, elle rappelle la nécessaire professionnalisation des femmes auteurs, et souligne .
Dans un article sur La femme éducatriceLa Chevauchée, Revue littéraire des femmes, 15 février 1901, p.109., Léonie de Bazelaire écrit :
En , avec la fusion de La Chevauchée avec La Revue du bien dans la vie et dans l'art fondée par Marc Legrand, Léonie de Bazelaire rejoint cette dernière revue où elle assure la rubrique Pages FémininesSon premier article publié dans cette revue est intitulé Le Bien par la Femme (cf. La Revue du Bien dans la Vie et dans l'Art, janvier 1904, p.8 (en ligne sur Gallica).. Elle y publie un article sur L'Art et la Femme qu'elle conclut ainsi :
Elle collabore également au magazine Femina, lancé en 1901 par Pierre Lafitte. Selon Claire Blandin,
Une femme peintre Formée au dessin et à la peinture par Édouard de Mirbeck, à Saint-Dié, Léonie de Bazelaire sera l’élève des peintres Pierre-Eugène Grandsire, Carolus-Duran et Jean-Jacques Henner. Son atelier . Un visiteur qu'elle y reçoit en 1893 décrit
Elle illustre le plus souvent ses récits de croquis (personnages, situations et lieux) qui viennent stimuler l’imagination de ses lecteurs. Ainsi, dans son récit Chevauchée en Palestine, trouve-t-on une vue sur Haifa et le mont Carmel. Mais elle peint aussi pour les yeux, fortement influencée par les paysages des Vosges où elle passa son enfance, et saura également rendre la lumière à la lumière de l’Orient et de la mer, surtout à partir de 1908, lorsqu’elle s’installera à Cannes, dans la Villa Jeannette qu'elle a acquise quelques années auparavantLa Revue de Cannes et du Littoral, 10 novembre 1903..
Elle expose régulièrement dans sa région natale, à Épinal, Remiremont et Saint-Dié ou à Cannes. Ainsi présente-t-elle une intitulée Les Brouillards d'automne dans les Vosges à une exposition à Épinal, en 1881La Gazette des Femmes, Revue du Progrès des Femmes, 10 juillet 1881..
En , elle présente au palais des Champs-Élysées, à Paris, son œuvre Sous-bois dans les Vosges.
En 1887, elle peint les portraits de personnages historiques de Lorraine : Claude de Lorraine, duc de Guise , son épouse Antoinette de Bourbon, François de Guise et Henri Ier de Guise. Ces portraits sont exposés au Musée de Saint-Dizier depuis 1888 Présentation des tableaux en ligne. Pour l'historique du musée, fondé en 1881, et la description des tableaux, , voir également: Catalogue du Musée municipal de Saint-Dizier, Henriot et Godard, 1888 (lire en ligne BNF-Gallica).
En 1911, lors d'une exposition à Saint-Dié, on peut voir trois tableaux de cette : Tartanes au repos, Le Pont des Soupirs à Venise et Coucher de soleil à Cannes.
Parmi ses tableaux les plus connus, on citera : Paysages de montagne dans les Vosges, (musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg) ; Le Bouquet de fleurs (localisation inconnue) ; Bateaux de pêche quittant le port (localisation inconnue) ; Voiliers rentrant au port (localisation inconnue).
Morte au Cannet, Léonie de Bazelaire avait servi pendant la Première Guerre mondiale comme infirmière-major et reçut à ce titre la croix de guerreLe Gaulois, 29 juillet 1926.. Elle était chevalier de la Légion d'honneurLe Journal des débats - 30 juillet 1926.. Elle est inhumée à Saint-Dié le .
Œuvres littéraires Récits de voyages Chevauchée en Palestine, Alfred Mame, 1889 (7 rééditions). (lire en ligne) Mois du Sacré Cœur de Terre Sainte, Wagner, 1890. (lire en ligne) Le drame d’Oberammergau, P. Lethielleux, 1893. (lire en ligne - BNF Gallica) Jérusalem cinq ans après ! Une fuite en Égypte, Éd. de l’Assomption, 1893. Croquis d'Égypte et de Nubie, 1912.
Essais biographiques Figure exquise, Victor Retaux, 1895 (un triptyque sur Jeanne d’Arc : pastorale ; épopée ; le drame). Préface à : Édouard de Bazelaire, Saint Pierre Fourier, surnommé le Bon Père de Mattaincourt, Nancy, Crépin Leblond, 1897.
Théâtre Os de Poulet, comédie en deux actes, Librairie théâtrale, 1897. L’idée de Colette, comédie en un acte, Librairie théâtrale, 1897. Trèfle à quatre feuilles.
Notes et références
Annexes Bibliographie Guy Galazka, À la redécouverte de la Palestine : le regard sur l'Autre dans les récits de voyage français en Terre sainte au , thèse de doctorat, université Paris-Sorbonne (Paris IV), ( en ligne). . Albert Ronsin, « Léonie de Bazelaire de Rupierre », in: Les Vosgiens célèbres. Dictionnaire biographique illustré, Vagney, Éditions Gérard Louis, 1990, .(lire en ligne)
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