Léon Stynen, né à Anvers le et mort dans cette ville le , est un architecte, urbaniste, enseignant, pédagogue et directeur d’école belge.

Il a participé au mouvement Art déco durant les années 1920, au mouvement moderniste durant les années 1930 et aux mouvements fonctionnaliste et brutaliste durant les années 1950 et 1960.

Biographie Léon Martin Jean René Stynen, né à Anvers le , est le fils de Léonard Stynen, sculpteur, et de Marie-Émilie Clemen, d'origine française.

Léon Stynen fait ses études secondaires au Collège des Frères Joséphites à Melle. En 1921, Léon Stynen termine ses études d'architecte à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers et à l'Institut supérieur des Beaux-Arts d'Anvers. Pendant ses études, il a travaillé pour l'architecte Gerard de Ridder qui lui a fait découvrir la philosophie urbanistique de Camillo Sitte et d'Henry Van de Velde. Il était lié au niveau politique à des personnalités politiques telles Camille Huysmans (1871–1968) au cabinet duquel il a apporté sa collaboration alors qu'il était Premier ministre et bourgmestre d'Anvers. En 1923, il remporte le prix triennal d'architecture d'Anvers.

Lors de sa visite à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes de 1925 à Paris, il est impressionné par les pavillons de Le Corbusier, Robert Mallet-Stevens et d'autres architectes à l'avant-garde. Cette influence apparaît pour la première fois dans un projet de bungalow datant de 1926, puis peu après dans la maison Verstrepen à Boom (1927-1928) et la maison Wuyts à Brasschaat (1928), trois bâtiments à la volumétrie complexe. La volonté de Stynens de simplifier rationnellement les plans s'exprime ici par la disposition logique des pièces autour d'un espace central. Refusant toute ornementation, il opte pour le style moderniste, caractérisé par la simplification des formes.

Lors de l'Exposition internationale de 1930 à Anvers, il réalise plusieurs projets remarqués, dont le pavillon des Arts décoratifs, un ensemble de volumes purs aux allures de paquebot, et le pavillon De Beukelaer, d'une grande simplicité. En 1939, il construit avec Victor Bourgeois le Belgian Friendship Building (ou Belgian Pavilion) aux formes épurées pour la Foire internationale de New York 1939-1940. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, il construit ainsi dans ce style moderniste des villas, immeubles à appartement, à bureau, écoles et casinos.

Après la Seconde Guerre mondiale, le nombre de ses réalisations ne cessant de croître, il s'associe avec d'autres architectes dont Paul De Meyer. L'accent est mis sur la rationalité, des dimensions rigoureuses et une attention particulière portée à une exécution et une finition de qualité sur le plan de la physique du bâtiment. Il recourt aussi désormais aux styles architecturaux fonctionnalistes et brutalistes caractérisés l'adaptation stricte des bâtiments à leur destination ou en recourant pour les surfaces extérieures à la nudité primitive du béton. En 1958, il participe à l’Exposition universelle de Bruxelles de 1958 avec le Pavillon du Pétrole. Lors de cette exposition, il crée également la chaise SL 58, l'unique mobilier de sa carrière, avec 400 unités commandées pour le Centre culturel d'Uccle. vignette|Building British Petroleum à Anvers. Il a également une carrière académique de premier plan. En 1939, il est nommé professeur à l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers. Entre 1946 et 1950, il devient directeur de la nouvelle École d'architecture et d'urbanisme. En 1950, il est nommé directeur de l'École nationale supérieure d'architecte et des Beaux-Arts de La Cambre, où il professe jusqu'en 1964 une stricte application rationnelle des principes modernistes et fonctionnalistes. vignette|Immeuble de bureau E.B.E.S. Mechelsesteenweg 271-273 à Anvers. Il est le premier président de l'Ordre des architectes créé en 1963 et président de la classe des Beaux-Arts de l'Académie royale de Belgique.

Réalisations

Art déco 1924 Maison Art déco, rue des Aduatiques 65 à EtterbeekLa maison de la rue des Aduatiques sur le site officiel de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale.

Modernisme 1932 Ensemble de logements à Wilrijk, Elsdonck, 1932 1935 Cinéma Rex d'Anvers (détruit par un bombardement allemand en 1944, reconstruit en 1947 et démoli en 1995) 1937 Sanatorium Hof Ten Bos, Brasschaat 1938 Transformation de l'entrée du Cinéma Eldorado en style moderniste, place De Brouckère à BruxellesLe Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Volume 1A, Pentagone A-D, Pierre Mardaga éditeur, 1989, p.370Laure Eggericx, Les boulevards du centre, Collection Bruxelles, ville d'art et d'histoire, Région de Bruxelles-Capitale, 1997, p.39 1939 Casino de Chaudfontaine et Chaudfontaine-Palace Hôtel 1950 Casino-Kursaal d'Ostende 1956 Immeuble E.B.E.S., Anvers 1960 École primaire Heffel à Kessel-Lo 1963 BP Building, Anvers

Fonctionnalisme 1953 Casino-Kursaal d'Ostende 1958 Centre culturel d'Uccle

1959-1965 Centrale de la R.T.T., boulevard de l'Impératrice 17-19 à Bruxelles (Léon Stynen, Paul De Meyer)Le Patrimoine monumental de la Belgique, Bruxelles, Volume 1B, Pentagone E-M, Pierre Mardaga éditeur, 1993, p.234

1962-1967 École Peter Pan, rue de la Rhétorique 9-11-13 à Saint-Gilles (Léon Stynen, Paul De Meyer)Bruxelles)Rue_de_la_Rhétorique.9.html L'école Peter Pan sur le site officiel de l'inventaire du patrimoine architectural de la Région de Bruxelles-Capitale

1963 Transformation de la Galerie du Commerce, rue Neuve, Bruxelles vignette|Maison d'habitation Stynen, Huysmanslaan 85, Anvers.1969 Complexe commercial C&A , place de la Station, Namur. 1968-1983 Tour des Finances Botanique, Bruxelles Brutalisme 1955 De Zonnewijzer, Anvers Après-guerre Silver Building, docks de Londres. 1963-1968 Église Sainte-Rita, Harelbeke

Hommages et distinctions En 2018-2019, un festival lui est consacré à de Singel à Anvers.

En 2019, est organisée à la London Festival of Architecture l'exposition « Brutalism on a Human Scale. Post-war Architecture by Léon Stynen (1899-1990) ».

On trouve une « Léon Stynenstraat » (Rue Léon Stynen) à Anvers.

La distinction suivante lui a été attribuée en 1962 :

. Notes et références

Annexes Bibliographie

Tania Wolski et Luc Vincent, Léon Stynen, architecte, éd. Snoeck, 2023. Geert Bekaert, In memoriam Léon Stynen, 1899-1990, www.les-plats-pays.com. Léon Stynen, A life of architecture, éd. Flanders Architecture Institute, Bautier Books, 2019.

Articles connexes Architecture Art déco en Belgique Architecture moderniste en Belgique Architecture fonctionnaliste en Belgique Liste d'architectes belges

Liens externes

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