La famille de La Tour du Pin est une famille subsistante de la noblesse française originaire du Viennois où une commune porte ce nom (département de l’Isère).
Elle est à l'origine de plusieurs dauphins de Viennois à partir de Humbert de la Tour du Pin devenant Humbert de Viennois de 1282 à 1306, suivi de son fils Jean II de la Tour du Pin ou de Viennois de 1306 à 1319 né d'Anne d'Albon, sœur du dernier dauphin du Viennois et comte d'Albon Jean d'Albon, mort prématurément d'une chute de cheval.
Jean II aura deux fils dauphins de Viennois de Béatrice de Hongrie : Guigues VIII jusqu'en 1333, puis Humbert II de Viennois jusqu'en 1349.
Plusieurs branches en descendent : de Vinay, de Clelles, de Gouvernet, de Montauban, de Verclause, de La Charce de Chambly et de Forez.
La famille de La Tour du Pin est répertoriée A.N.F. comme d'ancienne extraction (1437), h. c.Régis Valette, Catalogue de la noblesse française contemporaine, Robert Laffont, 1977
Histoire Origines Plusieurs hypothèses ont été avancées sur les origines de la famille de La Tour-du Pin dont la dénomination ne remonte qu'au Raoul de Warren, Grand armorial de France, volume 6, Édition héraldique, 1952, page 333 ( présentation en ligne)..
D'après Étienne Baluze, Géraud de La Tour, (comte d'Auvergne de la maison de La Tour d'Auvergne ?), époux de Gausberge, aurait engendré Berlion, marié avec Leutgarde, mais selon le site de la Foundation for Medieval Genealogy. D'autant que les La Tour d'Auvergne n'existent pas à cette époque : les La Tour auvergnats sont d'abord des La Tour d'Olliergues. Et aucun Géraud/Giraud n'est alors comte d'Auvergne. Assimiler les La Tour du Pin aux La Tour d'Olliergues (dont une branche prendra bien après le nom de La Tour d'Auvergne) est une erreur manifeste, issue d'une confusion., les actes cités à Brioude n'ont pas été retrouvés. René Poupardin dit ne pas avoir connaissance de l'acte de Nicolas Chorier dans le Cartulaire de Saint-Maurice de Vienne en 1004 et n'intègre pas Géraud (de la Tour d'Auvergne) dans la généalogie, mais nomme Bérilon, descendant des vicomtes de Vienne, marié avec Leutgarde, à l'origine d'un autre Bérilon, marié avec Ildéardis en 1032.
Selon René Poupardin, Bérilon dit « Le Blanc » est le frère d'Hector qui a fait la guerre à l'archevêque de Romans, puis de Vienne, Léger avant 1030.
De Bérilon, deux branches vont se dissocier, l'une formera la seigneurie de Beauvoir de Marc, l'autre la seigneurie de La Tour.
Ainsi, vers 1083, le chanoine Rostaing de Beauvoir, du consentement de son frère Artaud, concède des biens qu'il avait à Reventin, avec la signature de l'archevêque. En 1080, le chevalier Bérilon, seigneur de Pressins et possiblement de La Tour, fils d'Artaud, son épouse Adalsendis, ses fils Arbert et Guillaume donnent au monastère de St-André-le-Bas, en présence de l'abbé Humbert, la chapelle du château de Pinet et l'église de St-Pierre à Eyzin. Ce sont ces biens à Pinet qui seront réclamés à Guillaume II de Beauvoir de Marc en 1203 par Albert II de La Tour du Pin en présence d'André Dauphin de Viennois et de sa mère Béatrice.
Vers 1083, le même Bérilon, sa femme et ses fils, donnent au monastère de St-André dans les murs de Vienne et à l'abbé Humbert la moitié de l'église de St-Eusèbe à Pressins au diocèse de Belley.
Vers 1100, Berlion et Amblard de la Tour, chevaliers, sont témoins d'une donation faite à l'église de Belley par Guy. Berlion de La Tour, en 1107, fait avec ses fils Girold et Walon, don de certains biens au prieuré bénédictin d'Innimont en Bugey.. En 1124, Girold de la Tour, mort après 1130, fils de Berlion, donne à la maison de Portes l'usage des pâturages, ce que confirme Amblard de la Tour en présence d'Humbald archevêque de Lyon et d'Humbert évêque de Genève. Il épouse la comtesse Marie de Saint-Rambert-en-Bugey, morte après 1130. Albert Ier, son fils, est cité en 1130 faisant une donation au chapitre St-Paul de Lyon pour le salut de l'âme de ses parents.. En 1161, il est en compagnie du dauphin Guigues, comte d'Albon, au sujet d'une querelle contre les chanoines de Romans pour la construction de murs pour clore leur ville. Il meurt après 1176 et est le père d'Albert II qui suit et de Berlion qui confirment en 1180 à la chartreuse de Portes les donations de leur père avant d'être chevalier, et de leur aïeul Girold. Berlion ou Bérilon fait avec son frère une donation en 1185 à Saint-Maurice de Vienne, il est possiblement à l'origine de la branche de Vinay.
L'incertitude a régné jusqu'à la fin du sur la façon dont la Maison de La Tour-du-Pin actuelle se rattachait aux Dauphins de Viennois, ce rattachement étant mentionné de 4 façons différentes dans les documents du Cabinet des Titres, et ce n'est qu'à la suite des travaux de Moulinet en 1787, et de la découverte des archives de la branche aînée de Ia famille, celle de La Tour de Clelles, qu'il est apparu que les La Tour-du-Pin-Gouvernet étaient un rameau cadet de la branche de Vinay.
Généalogie
Branche des barons de La Tour du Pin et dauphins de Viennois, éteinte en 1355 Au cours des , la maison de la Tour se tailla une importante baronnie sur la rive gauche du Rhône qui s'étendait approximativement des rives du Guiers jusqu'à Bourgoin (actuellement Bourgoin-Jallieu) et Crémieu ; et comptait, à l'époque d'Albert III, près de 80 bourgs et châteaux. Cet ensemble, connu sous le nom de « Terre de la Tour », était pour l'essentiel tenu en franc-alleu par les sires de la Tour qui ne reconnaissaient donc que l'autorité (assez théorique) des souverains du Saint-Empire Romain. L'historien Nicolas Chorier cite d'ailleurs les sires de la Tour parmi les principaux barons du Dauphiné et souligne leur rang et leur puissanceN. Chorier, Histoire générale de Dauphiné (2 volumes), chez Philippe Charvys à Grenoble (1661) et Jean Thioly à Lyon (1672), p.xx.. C'est cette famille qui donna quatre dauphins de Viennois de 1282 à 1349, date de la vente du dauphiné de Viennois à la couronne de France.
Branche de La Tour du Pin de Vinay Berlion, seigneur de La Tour de Vinay, présent en lors de la fondation de l'abbaye de Beaulieu près de Vinay en remplacement de l'abbaye d'Albeval inondée par le lac Saint-Laurent, en présence de sa mère Alaisia. Son frère Aynard est cité défunt en chassant les païens en Espagne. Deux frères de Berlion sont présents en 1219 : Géraud et Chabert. En , Berlion confirma la donation de la condamine de St Martin par son aïeul Arbert de la Tour, du champ de Gontard d'EchirolIes. Sont nommés Gontard, Gérold et Chabert, clercs, frères de Berlion. Il meurt après testament de 1256 ayant vendu ses différents biens à la Motte-Saint-Antoine.. Son fils Aynard est cité juge de paix dans un conflit en entre son père et Audebert de Châteauneuf concernant le château d'Armieu qui s'en remettent au jugement du dauphin Guigues VII, comte de Viennois et d'Albon. Il est seigneur de Vinay, d’Armieu et de Vatilieu. Il teste le , nommant sa première femme Béatrice, morte, mère de Berlion tué dans les guerres delphino-savoyardes, ainsi qu'un fils naturel Amblard. Il épouse avant cette date Agnès de Thoire et Villars (°1238-†1298), fille d'Étienne II (°1200 - †1248), sire de Thoire-Villars et de Béatrix de Faucigny (°v.1210-†ap. le ).
Aynard de la Tour de Vinay, mort après , et Agnès de Thoire et Villars ont comme enfants :
Guillaume, archidiacre de Viviers, mort après le ; Pierre, cité au testament de son père, coseigneur de Vinay en avec son fils Girard ; Béatrix morte avant le , citée au testament de sa mère ; Jean mort après le , cité au testament de sa mère ; Henri de La Tour, seigneur de Vinay, mort après le , marié après le avec Béatrice des Baux, morte après , fille de Bertrand des Baux, seigneur de Meyrargues, mort en 1266, et de sa seconde épouse Alix.
Henri de La Tour et Béatrice des Baux engendrent :
Bertrand de La Tour, mort après le ; Hénard de La Tour, prieur de Saint-Antoine, mort après le ; Raymond de La Tour, prieur de Beaulieu, mort après le ; Alix de La Tour, mariée vers le avec Humbert d'Illins, fille de Guillaume d'Illins ; Pierre dit Perronet, châtelain de Chatte, de Saint-Geoirs, Bardonnèche, de Veynes, d'Oulx, bailli delphinal, mort après 1345, époux d'Huguette de Granges, formant la branche cadette de Vinay ; Hugues de La Tour dit Turpin, seigneur de Vinay, mort après le , marié vers avec Aymare (Adémaria) de Tournon, fille de Guy II, seigneur de Tournon mort après , et d'Alix de la Roche qui teste le .
D'Hugues de la Tour de Vinay et d'Aymare de Tournon sont issus :
Guillaume de La Tour, mort après le ; Henri de La Tour, mort après le ; Huguette de La Tour, mariée le avec Henri Bérenger, seigneur de Pont-en-Royans et Baron de Sassenage en 1339, mort en 1351, fils d'Aymar Bérenger, seigneur de Pont-en-Royans, et de Béatrix de Sassenage ; Aynard III de La Tour, seigneur de Vinay, mort en 1371, marié après 1332 avec Artaude de Bressieux, morte après 1346, fille d'Aymar VI de Bressieux, baron de Bressieux, et de Béatrix de Roussillon, dont : Antoine de La Tour, seigneur de Vinay, coseigneur de la Tour-du-Pin, mort en 1394, marié avec Catherine de Chaste, morte après 1417, fille de Joffrey de Chaste et de Françoise de Saint-Quentin. Le couple n'a pas de descendance. Antoine de La Tour a un fils naturel : Aynard de La Tour, Hugues II dit Turpin, de La Tour, seigneur d'Illins, des Côtes-d'Arey et de Surieu, mort en 1392, marié vers 1383 avec Alix d'Uzès, dame d'Ay, et d'Iserand, veuve de Guillaume III de Tournon, fille de Decan III d'Uzès, vicomte d'Uzès (1320-1371), et d'Agathe des Baux (†1359/), sans descendance, Billette de La Tour, morte après le , mariée avec Archemand ou Archingaud de Grolée, seigneur de Vassalieu, d'où Eléonore ou Elmorge de Grolée qui épouse en 1396 Guillaume IV de Tournon, baron de Tournon, fils de Guillaume IIII et d'Alix d'Uzès alors veuve, mentionnés ci-dessus. Billette de La Tour aura ensuite comme époux Antoine de La Tour d'Illens, seigneur d'Arconciel et Attalens au Canton de Fribourg, puis Hardouin de Lavey sans autre descendance.
Aynard III hérita après le décès d'Humbert II de la Tour-du-Pin en 1355 de la maison de la Tour-du-Pin et nomma ses fils héritiers puis leur sœur, mais ces derniers désignèrent comme successeurs leurs cousins germains de la maison de Sassenage. François de Sassenage fils d'Henri Bérenger se qualifia seigneur de Sassenage et de Vinay. Après un long procès, en 1398, dans l'église de l'abbaye de Saint-Chef, François de Sassenage put conserver les terres et seigneuries de Vinay, Armieu et Vatillieu, mais Billette récupéra les biens de la Tour-du-Pin, avec ses villes, châteaux territoires et mandements, et toutes les possessions qu'avaient eues ses ancêtres et les transmit par sa fille à la famille de Tournon qui les conserva jusqu'au . Les possessions de Vinay allèrent au neveu de François de Sassenage, Albert, fils de son frère Aymar marié en 1373 avec Humilie Aynard, qui prit les noms et armes de La Tour de Vinay. Au cours du , la seigneurie de Vinay passa par mariages successifs entre les mains des familles d'Ancezune, de La Baume de Suze, de Maugiron en Viennois puis par procédure en 1586 à Gaspard de Montagny.
Branche de La Tour du Pin de Vinay à la Branche de La Tour du Pin Gouvernet Descendance de Pierre de La Tour de Vinay et d'Huguette de Granges:
Guigues de La Tour de Vinay, châtelain de Veynes, d'Oulx, bailli delphinal, qui prêta serment, au nom de son père, pour la châtellenie d'Oulx, lorsque le dauphin Humbert II fit la remise de ses places du Dauphiné au roi de France en 1343, mort en 1349, marié avec Béatrix de Bérenger de Morges, dame de Clelles et Darne, fille de Pierre Bérenger de Morges et de Gilette.. Leurs enfants sont :