Nianfo (chinois : , pinyin : niànfó ; japonais : , nenbutsu ou nembutsu ; coréen : , yeombul ; vietnamien : ) est un terme du bouddhisme Mahāyāna de la Terre pure, dérivé du terme sanskrit qui signifie littéralement , et . Dans les écoles de la Terre pure, le terme désigne souvent la récitation (ou répétition) du nom du bouddha Amitābha (en japonais, nenbutsu — également transcrit « Nembutsu » en français — expression qui signifie et désigne l’hommage à Amitābha).
Nianfo en Inde
Le nianfo sanscrit pratiqué en Inde n’est pas mentionné dans le corps des deux principaux sūtras de la Terre pure, mais apparaît dans l’introduction du Sukhāvatīvyūha Sūtra en sanskrit :
/ Namo’ mitābhāya.
L’apostrophe et l’omission du premier A de Amitābha s’explique par les transformations sandhi. Le premier A est implicite.
Cette phrase signifie littéralement (le mot « Amitābha » signifiant littéralement « Lumière Infinie »). La prononciation sanskrite est la suivante (dans l’alphabet phonétique international) :
[nɐmoːmit̪ɑːbʱɑːjɐ]
Formes du nianfo
La pratique du nianfo s’est diffusée en Asie de l’Est à partir de l’Inde, prenant diverses prononciations.
Langue Écriture Transcription Sanskrit Namo Amitābhāya Chinois Chinois traditionnel : Chinois simplifié : Nāmó Ēmítuófó Japonais Kanji : Hiragana : Namu Amida Butsu Coréen Hanja : Hangul : Namu Amita Bul Vietnamien Chữ Quốc ngữ : Chữ nôm : Nammo Ayida Fut ou Fan (sud)Nammo Azida Fat (nord)
En Chine, la pratique du nianfo a été codifiée avec l’établissement de l’école bouddhique de la Terre pure. La forme la plus commune de nianfo est le mantra de six syllabes (南無阿彌陀佛, Nāmó Ēmítuófó), parfois abrégé Āmítuó Fó.
Principe du nianfo
Dans la plupart des traditions de la Terre pure, chanter le nom du bouddha Amitābha l’esprit apaisé est vu comme un moyen d’atteindre la Terre pure occidentale d’Amitābha (Sukhāvatī), aidant le pratiquant à repousser le mauvais karma qui entrave la voie de la bouddhéité. La Sukhāvatī est un lieu où l'on échappe à la souffrance de l’existence, quelles que soient les transgressions passées.
En Chine, le nianfo est plus particulièrement conçu comme un type de mantra utilisé en méditation, récité par exemple en égrainant un nenju. Il est chanté doucement selon le vénérable Nan Huaijin. Lorsque des pensées troublantes surviennent, le nianfo est répété pour les chasser. Avec de la pratique, il permet à l’esprit d’atteindre le samādhi (pratique du nianfo samādhi).
Au Japon, les écoles de la Terre pure (Jōdo ou Nembutsu). ont différentes interprétations du nianfo (nenbutsu), qui est souvent basé sur la foi en Amitābha plutôt que la pratique de la méditation. Dans le Jōdo shinshū, le nianfo est réinterprété comme l’expression de sa gratitude envers le bouddha Amitābha: la foi seule permet d’atteindre le Sukhāvatī. Dans le Ji shū, le nianfo était associé à des danses extatiques nommées odori nenbutsu. Le nenbutsu (Nembutsu) est interdit au Japon de 1207 à 1211 après le bannissement et l’exil forcé de Hōnen et de ses disciples de la capitale impériale Kyōto : cet épisode est nommé nenbutsu-ban. Cette interdiction est due aux demandes de moines importants d’autres écoles bouddhiques plus anciennes.
Origine du nianfo
Le plus ancien sūtra connu décrivant le nianfo est le Pratyutpanna Sūtra (), peut-être originaire de Gandhāra. Le sūtra ne porte pas sur le vœu d’Amitābha ou la Sukhāvatī, mais décrit plutôt la récitation du nom d’Amitābha comme en moyen d’entrer dans son royaume par la méditation en fonction de la pureté du pratiquant. Ce n’est que plus tard que le nianfo devient une pratique purificatrice en soi.
Le Sukhāvatīvyūha Sūtra et le Sūtra d'Amitābha (abrégé) décrivent ensuite tous deux la pratique du nianfo. Il n’est cependant pas déterminé quel sūtra est le plus ancien, et jusqu’à quel point la pratique du nianfo était déjà répandue en Inde.
Le bouddhisme de la Terre pure et le nianfo deviennent suffisamment populaires en Inde pour permettre sa diffusion rapide en Chine puis dans toute l’Asie de l’Est.
Références
Bibliographie Lisa Grumbach, Nenbutsu and Meditation: Problems with the Categories of Contemplation, Devotion, Meditation, and Faith, Pacific World, vol. 7, 2005, p. 91-105 Hisao Inagaki, traduit par Harold Stewart, The Three Pure Land Sutras, ed., Berkeley, Numata Center for Buddhist Translation and Research, 2003, Charles B. Jones, Toward a Typology of Nien-fo: A Study in Methods of Buddha-Invocation in Chinese Pure Land Buddhism, Pacific World, vol. 3, 2001, p. 219-239 John P. Keenan, Nien-Fo (Buddha-Anusmrti): The Shifting Structure of Remembrance, Pacific World, 5, 1989, p. 40-52 Richard K. Payne, Seeing Buddhas, Hearing Buddhas: Cognitive Significance of Nenbutsu as Visualization and as Recitation, Pacific World, Third Series, vol. 7, 2005, p. 110-141 Wei-an Cheng, Taming the monkey mind: a guide to pure land practice, traduction et commentaire d'Elder Master Suddhisukha, New York, Sutra Translation Committee of the U.S. and Canada, 2000
Voir aussi Bouddhisme Mahāyāna Bouddhisme de Nichiren
Amidisme Ōjōyōshū'' Genshin Vocabulaire et concepts du bouddhisme
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