Chamaeleon gummifer ou Carlina gummifera, le chardon à glu ou carline à gomme, est une espèce de plantes à fleurs dicotylédones de la famille des Asteraceae, sous-famille des Carduoideae, originaire du bassin méditerranéen. Ce sont des plantes herbacées vivaces, épineuses, acaules, aux capitules de 30 à de diamètre, à fleurs tubulées. Elles exsudent à maturité un latex blanc jaunâtre. Les propriétés médicinales et toxiques de cette plante sont connues depuis l'Antiquité.
Description Appareil végétatif C'est une plante herbacée, vivace, de 5 à de haut, épineuse, à grosse racine lui permettant de se maintenir pendant de nombreuses années. Elle est acaule, c'est-à-dire que sa tige est réduite ou nulle ou non-apparente. Les feuilles forment une rosette à ras du sol. Les feuilles sèches et épineuses forment un tapis protecteur défensif. Elles sont prostrées à la base de la plante, oblongues, pennatipartites à pennatiséquées, à segments terminés en épine et à pétiole engainant à la base.
La racine est pivotante, volumineuse, qui classe cette plante dans les géophytes à rhizome.
Appareil reproducteur Les fleurs sont de couleur rose, pourpre mauves ou rosâtres, hermaphrodites. Ce sont des fleurons tous tubulés, subsistant assez longtemps après que les feuilles se sont desséchées Elles sont réunies en inflorescences ou capitules solitaires ou doubles 30 à de diamètre. Elles apparaissent en été, entre les mois de juin et juillet. Les bractées de l’involucre du capitule sont étalées, foliacées, les médianes à 3 pointes apicales, les internes à une seule épine brune.
L'ovaire est infère. Il devient, après fécondation, un akène surmonté d’une aigrette ou pappus de poils blancs.
Les fleurs sont entomogames. Elles sécrètent avec la racine une sorte de glu. Selon les pays, elles fleurissent de juillet à octobre. La diffusion des fruits peut se faire par le vent ou les insectes.
Confusions possibles L'appellation de « Carline » peut la faire confondre avec une Carline non toxique. En Crète, on consomme les jeunes feuilles en saladeCarlina gummifera cf. Atractylis gummifera. On cite des cas en Espagne de confusion avec Centaurea ornata WilldConfusion d'espèces en Espagne
Écologie et répartition Cette plante vit dans les friches arides (plante xérophile) des régions méditerranéennes, telles que les zones de broussailles ou les pâturages secs de plaine ou de basse montagne. On la trouve notamment au bord des chemins ou dans les cultures abandonnées. Elle se retrouve fréquemment dans la nature à l’état sauvage, sauf dans les régions trop sèches, entre 0 et d’altitude..
Le Chardon à glu se rencontre en Afrique du Nord (Maroc, Algérie et Tunisie), en Asie mineure et dans le sud de l'Europe (Espagne, Portugal, Italie, Grèce) et en Corse pour la France.
Témoin de la perte de biodiversité en France, cette espèce est éteinte en France métropolitaine..
Propriétés vignette|Carlina gummifera : capitule (inflorescence) et feuilles. C'est une plante toxique, la racine est potentiellement mortellehttp://www.pathexo.fr/documents/articles-bull/T95-4-2395.pdf Maroc : cas clinique. Cette toxicité est notamment due à des substances inhibitrices de la respiration cellulaire, dont l'atractyloside (et la carboxyatractyloside).
L'ingestion du chardon à glu, à la suite de méprises ou d'ignorance, détermine des accidents graves qui conduisent à une issue fatale dans un grand nombre de cas. C'est dans ce cadre que des médecins marocains de Rabat, Meknés et Nantes ont décidé de faire le point et d'analyser cette intoxication à partir d'un cas clinique, recueilli dans le service d'anesthésie-réanimation polyvalente de l'hôpital d'enfants de Rabat, CHU Ibn Sina, afin de mieux préciser ses caractéristiques cliniques et, par conséquent, sa prise en charge thérapeutique.
Une revue des cas survenu au Maroc de 1992 à 2008 a été présentée au congrès de toxicologie de FES en 2010 Abdelmajid SOULAYMANI Laboratoire de Génétique et Biométrie. Université Ibn Tofail Intoxication par Atractylis gummifera-L au Maroc (1992-2008).
D'une manière générale, toute la plante est toxique à des degrés divers, la racine concentre le poison. C'est une plante à éviter, ses aiguillons foliaires la rendent, heureusement, très malaisée à manipuler sans équipement adéquat.
Utilisations Cette plante est mal connue ; elle passe, à tort, pour une panacée. Au Maroc on la trouve chez des herboristes traditionnels qui semblent ignorer sa toxicité. Les jeunes bergers utilisent le latex visqueux comme glu pour capturer les oiseaux. Les victimes de l'intoxication sont souvent des fratries. Les jeunes enfants, généralement des fils de fermiers, affectés à la garde des troupeaux, mâchent la racine, croyant apaiser leur faim ou par jeu.
. Ils sont mis en évidence par les analyses qui montrent la présence de l’atractyloside.
Nomenclature et systématique Cette espèce a été décrite en premier par Linné et publiée en 1753 dans son Species plantarum 2: 829 sous le nom de Atractylis gummifera L. (basionyme)., nom encore souvent utilisé dans de nouvelles publications. Le botaniste français Henri Cassini l'a séparé du genre Atractylis en 1827 pour la reclasser dans le genre Chamaeleon sous le nom de Chamaeleon gummifer (L.) Cass.. Le botaniste allemand, Christian Friedrich Lessing, a ensuite reclassé, en 1832, le genre Chamaeleon comme sous-genre de Carlina et a renommé le chardon à glu, Carlina gummifera (L.) Less.. Cette classification systématique est étayée par les résultats d'études de génétique moléculaire..
Noms vernaculaires berbère : Addâd (ou Leddâd) arabe: choûk el-eulk (chardon à glu à masticatoire), chouk el alk (Algérie). français : atractyle., carline à gomme, chardon à glu.. grec : Αγκαθομάστικο — Αγριομαστιχιά — Ατρακλίδα — Ατρακτυλίς η κομμιοφόρος — αλάγγουρας — Καρλίνα — Κωλιά — Μαστιχάγκαθο — Φόνος. anglais : Pine Thistle, Stemless Atractylis. allemand : Gummi-Spindelkraut — Mastixdistel. italien : Masticogna laticifera.
Synonymes botaniques
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Carline
Bibliographie Davis, P. H., ed. 1965–1988. Flora of Turkey and the east Aegean islands. [accepts]. Pottier-Alapetite, G. 1979–1981. Flore de la Tunisie: Angiospermes-Dicotyledones. [accepts]. Quézel, P. & S. Santa. 1962–1963. Nouvelle flore de l'Algerie. [accepts]. Tutin, T. G. et al., eds. 1964–1980. Flora europaea. [accepts]. . . . . . .
Liens externes
Références taxinomiques Sous le nom Carlina gummifera
Sous le nom Atractylis gummifera
- basionyme
Sous le nom Chamaeleon gummifer
Autres liens externes Maroc : cas clinique, format PDF Annales de toxicologie analytique : Algérie - Atractylis gummifera : consulté le 30/04/2013. Maroc : Étude de l'intoxication par Atractylis gummifera : consulté le 30/04/2013. Université Ibn-Tofail (Kenitra, Maroc) : Atractylis gummifera L. : consulté le 30/04/2013.
Catégorie:Cardueae Catégorie:Espèce d'Asteraceae (nom scientifique) Catégorie:Espèce de plantes herbacées (nom scientifique) Catégorie:Dicotylédone d'Europe Catégorie:Dicotylédone de Corse Catégorie:Plante à fleurs d'Afrique du Nord Catégorie:Plante toxique