Le cimetière La Bouteillerie est un lieu d'inhumation situé à Nantes, en France, dans le quartier Malakoff - Saint-Donatien. Il est ouvert depuis 1774.

Description Le cimetière La Bouteillerie est situé à environ à l'est de la cathédrale. Il est longé, au nord, par la rue Gambetta et, à l'ouest, par la rue Frédéric-Cailliaud, qui le sépare du jardin des Plantes. À l'est, le cimetière est bordé par des propriétés privées bordant la rue de Coulmiers. Au sud, le site est également bordé par des propriétés, et des voies privées en cul-de-sac, perpendiculaires au mur d'enceinte du cimetière et débouchant sur la rue d'Allonville.

Deux entrées permettent l'accès à La Bouteillerie : l'entrée principale située au nord-ouest, sur la place de la Médaille-Militaire, à l'angle de la rue Gambetta et de la rue Frédéric-Cailliaud ; une autre, à l'angle nord-est, rue Gambetta.

Globalement, le cimetière forme un grand rectangle d'environ de long sur de large, orienté ouest-sud-ouest - est-nord-est.

Historique Origines Une étude géologique, menée avant des achats de terrains en 1929, permet de déterminer que le sol de La Bouteillerie est constitué d'anciennes alluvions de la Loire, dites « Terrasses moyennes », constituées d'argile sableuse avec lits de sables, graviers et cailloux roulés. Le toponyme a pour origine l'activité du lieu lorsqu'il était possession de l'évêque de Nantes, au Moyen Âge. Le prélat y disposait de vignes et de chais. Le vin y était mis en bouteille, d'où « La Bouteillerie ». Vendu par l'évêque Daniel Vigier, en 1320, le terrain a appartenu, en 1523, à la famille de la marquise de Sévigné, en 1554, à Christophe Vavasseur, puis à la famille de Coutances. Les Chartreux l'acquièrent au .

En 1774, sur arrêt du Conseil d'État du Roi Louis XVI, la propriété est achetée par les paroisses de Saint-Clément, Sainte-Croix, Saint-Denis, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Sainte-Radegonde, Saint-Vincent et de la collégiale Notre-Dame pour en faire leur cimetière commun..

C'est le qu'une Déclaration royale réglemente les inhumations à l'intérieur des églises. Celles-ci ne sont pas interdites, mais les nouvelles conditions les réservent de fait à une minorité de privilégiés. Deux ans avant cette promulgation, en avance sur son temps, la ville de Nantes achète la tenue de La Bouteillerie, y construit un cimetière. Il reçoit la bénédiction le et le premier enterrement, qui y a lieu le jour même, est celui de René Jannequin, environ treize ans, et le deuxième dont on a la trace est celui de Guillaume Grou, armateur nantais. Celui-ci avait émis pour dernière volonté d'être enterré en l'église Saint-Clément, mais les nouvelles règles concernant l'interdiction d'inhumation dans les édifices religieux contrarièrent ce souhait.

Face à l'église Saint-Clément se trouvait un cimetière datant, au moins, du , destiné aux familles catholiques de la paroisse. Un oratoire (la chapelle du Champ-Fleuri) y avait été élevé. Ce cimetière et cette chapelle sont abandonnés à la création du cimetière de La Bouteillerie, où la grille d'entrée du cimetière de Champ-Fleuri est transférée. Ce portail était surmonté d'une sculpture représentant un navire : un brigantinLa source écrit brigandin, sans doute par erreur. sculpté dans la pierre. Le cimetière en tire son nom originel, le Grand brigandin. Le portail a disparu, le nom est supplanté par « La Bouteillerie ».

Évolution vignette|gauche|Vu de la Tour Bretagne. Si, en 1809, une étude établit que les couverts par le cimetière sont suffisants pour satisfaire aux besoins des trois paroisses qui l'utilisent, ce n'est plus le cas en 1832, année au cours de laquelle la mairie déplore les cas habituels en cas de manque de place : pour inhumer de nouveaux défunts, on retourne des parcelles où les cadavres n'ont pas achevé leur décomposition. Par échange de terrain, la municipalité augmente la superficie de La Bouteillerie de . En 1890, ce sont qui sont acquis, le maire Ernest Guibourd de Luzinais faisant la prévision que cet agrandissement serait le dernier, car suffisant « pour cette partie de la ville ». En 1898, cependant, Nantes adjoint au cimetière afin de se permettre de procéder « dans l'avenir à l'agrandissement du cimetière ». vignette|Carré militaire de la Bouteillerie.

L'Histoire provoque une modification la structure de la Bouteillerie : le , l'administration fait ouvrir la section destinée à l'inhumation des soldats morts.. Il faut en effet, entre cette date et 1919, inhumer tous ceux qui succombent dans les hôpitaux militaires établis à Nantes durant la Première Guerre mondiale. En 1918, de la Bouteillerie sont consacrés à la création d'un cimetière militaire, où sont implantées. Seules 560 ont droit à la mention « Mort pour la France », et l'État verse une indemnité pour .. Dans ce carré reposent, au début du , anglais, belges, russes, polonais, allemands et français, ainsi que des combattants venus des colonies françaises (Algériens, Sénégalais, ou d'autres avec des noms aux consonances asiatiques).. Pour compenser l'espace utilisé, la ville achète de terrains voisins, dont une partie est dévolue au cimetière, qui compte désormais une superficie d'environ . En 2008, à l'occasion des de l'armistice de 1918, le carré militaire a été rénové par dix personnes dans le cadre d'un chantier d'insertion..

Le bateau à vapeur d'excursion le Saint-Philibert, effectuant la liaison depuis l'île de Noirmoutier vers le continent, fait naufrage en 1931. Ce drame entraîne la mort de près de . Ayant constaté que 54 des corps retrouvés n'ont pas de proches ou de famille pour leur donner une sépulture, la ville de Nantes décide de leur offrir des obsèques solennelles, et les fait enterrer à la Bouteillerie. Ils sont transférés à Saint-Jacques quelques annéesLa source ne précise pas quand. plus tard.

Hôtes célèbres ou remarquables

Dans le cimetière de la Bouteillerie figure sur une tombe l'épitaphe . Pour certains il s'agirait d'une descendante de Jacquemin d'Arc, le frère ainé de Jeanne d'Arc.

Parmi les tombes de personnalités, on remarque : Ange Guépin, René Guy Cadou, Camille Mellinet, Alphonse Bedeau, Évariste Colombel, Georges-Évariste Colombel, Serge Danothttps://www.presseocean.fr/actualite/l-image-du-jour-la-nouvelle-tombe-du-createur-de-pollux-25-10-2012-50214, Augustin Darbefeuille, César Jules Decré, Hippolyte Dubois, Théodore Auguste Dubigeon, Jules Grandjouan, Léa Papin, Armel de Wismes, Olivier de Wismes, Charles-André de La Jaille, Charles Édouard de La Jaille, Morin-Jean, Floresca Guépin, Henry Wilfrid Deville, Émile Dezaunay, Léon MaîtreRegistre des inhumations, cimetière La Bouteillerie, 1926, page 12, , archives municipales de Nantes, données numérisées consultables en ligne., André Lebois, Guillaume Grou et son épouse Anne O'Shiell, Mathurine FourchonDépliant du parcours de visite proposé par le cimetière de la Bouteillerie ; personnalités nantaises et grandes familles https://patrimonia.nantes.fr/files/live/sites/patrimonia/files/actu/Depliant_cimetiere_bouteillerie.pdf, Famille Cassegrain, Famille Sourdille, Michel Bassi, Anna Philip, Alain Le Bras, Félix Benoist, Charles Brunellière, l'artiste peintre Renéfrance Ladmirault.

D'ailleurs, un parcours de visite pour découvrir ces hôtes célèbres est proposé par l'accueil du cimetière.

Statuaire En 1839, Charles-Mathurin d'Haveloose, négociant nantais né à Angers, lègue une forte somme à la ville de Nantes. Pour honorer sa mémoire, l'architecte de la ville, Henri-Théodore Driollet, réalise un monument, la stèle Haveloose, sur laquelle est inscrit : . Cette œuvre est placée près de la conciergerie du cimetière.

À gauche de l'entrée historique du cimetière, un bas-relief intitulé Vers l'infini, œuvre de Blanche Moria est exposé depuis 1928.

Tournage Le cimetière sert de décor pour le tournage du téléfilm Meurtres à Guérande de la série Meurtres à... en , mais l'action est censée se dérouler au cimetière de Bayonne..

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie Ouvrages utilisés pour la rédaction de l'article

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Autres ouvrages

Articles connexes

Cimetières de Nantes Cimetière Miséricorde

Liens externes

Bouteillerie Nantes Catégorie:Quartier Malakoff - Saint-Donatien