Auguste Dejan, comte Dejean, est un général et entomologiste français, né le à Amiens et mort le à Paris. Il est aide de camp de mais doit s'exiler en Europe centrale après Waterloo, ce qui met un terme à sa carrière militaire. Il est autorisé à rentrer en France en 1818, puis siège en 1824 à la Chambre des pairs et devient un entomologiste de premier plan.

Biographie Guerres révolutionnaires Pierre François Marie Auguste Dejean est le fils aîné, issu du premier mariage, de Jean François Aimé Dejean (1749-1824) et d’Alexandrine-Marie-Elisabeth LeBoucher d’Ailly. Auguste suivit comme son père la carrière des armes, tout en montrant un goût prononcé pour l'ornithologie et l'entomologie.

Il entre au service en 1795, comme aide de camp provisoire de son père, et fait cette campagne et celles de 1796 et 1797 aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, celle de 1801 à l'armée de réserve en Italie, celle de 1804 et partie de celle de 1805 à l'armée des côtes de l'Océan.

Guerres napoléoniennes Passé à la Grande Armée, il combattit à Austerlitz le , et passa, le , du grade de chef d'escadron au de dragons, qu'il remplissait alors, au commandement, comme colonel du de la même arme.

Il devient officier de la Légion d'honneur le (après Eylau et Friedland). Il se trouve à la bataille d'Alba de Tormes le , à l'affaire de Buçaco le , et aux batailles de Fuentes de Onoro en 1811 et de la Moskowa en 1812. Il est général de brigade depuis le .

Le , le baron Dejean est présenté à Napoléon comme député du département de l'Aude : il est désigné comme candidat au Corps législatif par ce département mais n'y est pas nommé par le Sénat conservateur.

L'année suivante, il prête serment comme aide de camp de Napoléon, et se trouve à toutes les actions importantes de la campagne de cette année, notamment à celles de Lutzen, Wurschen, Wachau, Leipzig et Hanau— campagne après laquelle, le , il est créé commandeur de la Légion d'honneur —, et, en 1814, à celles de Brienne, Montmirail, Vauchamps, Craonne et Arcis-sur-Aube.

Le , Napoléon le nomme lieutenant général de cavalerie. Chargé par Napoléon de s'opposer à la capitulation de Paris, il n'y arrive qu'après la reddition, est confirmé dans son grade de lieutenant général par le roi le , et fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis le suivant. Au retour de Bonaparte de l'île d'Elbe, le baron Dejean reprend auprès de lui ses fonctions d'aide de camp, et est nommé commissaire extraordinaire dans les départements de la Somme et du Nord. Divers rapports qu'il fait pendant cette mission sont imprimés dans le pamphlet intitulé Portefeuille de Bonaparte saisi à Waterloo, dont, au reste, rien ne garantit l'authenticitéArnault, 1822.. Après avoir rempli cette mission, il rejoint l'armée et se trouve aux batailles de Ligny et de Waterloo (où Dejean est le premier aide de camp de Napoléon(Karargiris, 1996).).

Au second retour de Louis XVIII, le général Dejean se trouve compris dans la seconde liste de l'ordonnance royale du 24 juillet. Obligé de sortir du royaume par une autre ordonnance du , il se retire en Allemagne. Il parcourt alors la Styrie, la Croatie et le Dalmatie, au grand profit de sa collection d'insectes, la plus complète de son temps, et dans laquelle il a réuni treize mille espèces.

En 1818, son père obtient pour lui, de Louis XVIII, l'autorisation de rentrer en France.

À la chambre des pairs

Le , le lieutenant général Dejean fut admis a siéger dans la Chambre des pairs, à titre héréditaire, en remplacement de son père, mort le précédent : il était devenu comte et pair de France, ses titres d'hérédité ayant été vérifiés à la Chambre des pairs.

Il fait partie de la minorité libérale, prête serment au gouvernement de juillet, et prend fréquemment la parole à la Chambre haute, sur la loi électorale, sur la loi municipale, contre l'abolition de l'hérédité de la pairie, sur l'avancement dans l'armée de terre (1832), sur les pensions militaires, sur la remontre de la cavalerie (il avait été nommé membre du comité de cavalerie en 1840) et sur le projet de loi de recrutement de l'armée (1843).

Entre-temps, ayant repris le service actif, il commande la cavalerie lors de l'expédition d'Anvers de 1832.

L'entomologiste

Grand spécialiste des coléoptères et plus particulièrement des Carabidae, il assemble la plus grande collection privée jamais réalisée. Il reçoit des spécimens de tous les coins de la planète et son catalogue final dénombre identifiées. Il emploie Jean-Baptiste Alphonse Dechauffour de Boisduval (1799-1879) comme conservateur de sa collection. Une anecdote indiquait la ferveur de Dejean pour ces animaux : lors de la bataille d’Alcanizas en Espagne, Dejean était sur le point de donner l’ordre de l’attaque lorsqu’il remarqua un coléoptère posé sur une fleur. Il descendit alors de cheval, le ramassa et le piqua au fond de son chapeau. Il remonta sur son cheval, et remporta la bataille après un dur combat où il fit un grand nombre de prisonniers. Son chapeau avait été déchiqueté par des tirs ennemis, mais il eut la satisfaction de retrouver intact son insecte.

Son catalogue a soulevé de nombreuses polémiques car il ne respectait pas la règle linnéenne de l’antériorité : Je me suis fait une règle de toujours préserver le nom le plus généralement utilisé, et non pas nécessairement le plus ancien.

Il est l’auteur de nombreuses publications qui couvrent de très nombreuses espèces. Pourtant, le plan initial de son Species Général des Coléoptères de la Collection de M. le Comte Dejean esr encore plus ambitieux car il souhaitait couvrir la totalité des coléoptères connus alors qu’il dut se limiter à décrire ceux de sa collection. Les cinq premiers des six volumes sont de sa main.

Le comte Dejean présida la société entomologique de France en 1840.

Il demande pour sa collection, somme que le Muséum national d'histoire naturelle de Paris est incapable de réunir. Après avoir refusé une offre du roi de Prusse, la collection est mise en vente et dispersée. Elle est acquise par différents entomologistes comme Maximilien de Chaudoir (1816-1881) puis par Charles Oberthür (1845-1924). On trouve aujourd’hui, dans plusieurs muséums, dont celui de Paris, des parties de la collection originelle.

Le , le comte Dejean est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. Il meurt l'année suivante le Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français (1789-1891)., au 17 de la rue de l'Université, et est inhumé au côté de son père dans la du cimetière du Père-Lachaise.

Son fils Pierre Charles Dejean devient lui aussi général.

Hommage Une caserne à Amiens, située au 54, rue Jules-Barni, a porté son nom au cours du . Elle est désaffectée après 1993, puis a été revendue à un promoteur immobilier.

Liste partielle des publications Catalogue des Coléoptères de la collection de M. le Comte Dejean (1802, 1833 et 1836) Species générale des Coléoptères (sept volumes, 1825-1839, in-8), avec Pierre-André Latreille (1762-1833) et

Species général des coléoptères, en 3 volumes, 1825-1838Species général des coléoptères, de la collection de M. le comte Dejean : volume 1, volume 2, volume 3 (sur Gallica) Iconographie des Coléoptères d’Europe (1822), avec Charles Nicolas Aubé (1802-1869) et Jean-Baptiste Alphonse Dechauffour de Boisduval (1799-1879) Histoire naturelle et iconographie des Coléoptères (1829).

Observations sur l'ordonnance de 1829 relative à la cavalerie (1838), etc.

Titres Baron Dejean et de l'Empire (décret du , lettres patentes du (Bayonne)). comte Dejean (1824).

Décorations Légion d'honneurSource : Base LEONORE : légionnaire (au camp de Boulogne) ; officier () ; commandant () ; grand officier () ; grand-croix de la Légion d'honneur (). Chevalier de Saint-Louis ().

Vie familiale Fils de Jean François Aimé, comte Dejean (1749 † 1824) et d'Alexandrine Marie Élisabeth Le Boucher d'Ailly ( † 1782), Auguste épousa, le , Adèle Barthélémy ( † - Versailles), sœur d'Aurore Barthélémy ( † - Paris), seconde épouse de Jean François Aimé Dejean, fille de Jacques Barthélémy, échevin de Marseille, et de Claire Mélanie Roze, et petite-nièce du chevalier Roze). Auguste et Adèle eurent ensemble : Adèle Jeanne ( † 1860), mariée avec M. Ardène ; Benjamin (1804 † 1885), comte Dejean (1824), préfet de l'Aude (1830), préfet du Puy-de-Dôme (1832), conseiller d'État (1836), député de l'Aude (1837-1848), directeur de la police générale (1837), directeur général des Postes (1847) ; Pierre Charles (1807 † 1872), vicomte Dejean, général et homme politique français, marié, le , avec Mathilde (vers 1815 † - Amiens), sœur de Marie-Hippolyte Gueilly marquis de Rumigny, pair de France, et Marie-Théodore Gueilly, vicomte de Rumigny, ambassadeur. Pierre Charles et Mathilde eurent : Jeanne Claire (1835 † 1875 ou 1876), mariée avec Victor Alfred Rey (Tué en 1859 à Magenta), lieutenant-colonel, dont postérité ; Gabrielle (1837 † 1906), mariée avec Jean-Baptiste Alexandre Montaudon ( - La Souterraine (Creuse) † - Amiens (Somme)), général de division ; Charles Benjamin Dieudonné François ( - Arras † 1913), comte Dejean, officier de cavalerie, marié le avec Jeanne Gouhier de Petiteville (1842 † 1893), dont : Jeanne Marie Caroline (1868 † 1956), mariée en 1895 avec Robert de Sévelinges (1863 † 1932), dont postérité ; Pierre Charles Marie (1869 † 1889) François Marie Robert (1871 † 1949) Raymond Alexandre Marie (né en 1873) ; Lucie (1845 † ), mariée le avec Georges Gavard, officier, chevalier de la Légion d'honneur, entré dans les ordres ; Dieudonné Marie Louis ( † - Paris), baron Dejean, lieutenant-colonel, officier de la Légion d'honneur ; Stéphanie Élisabeth ( † 1878), mariée avec Jacques-Alphonse Mahul ( - Carcassonne † - Château de Villardonnel), député de l'Aude (1831-1834, 1846-1848), maître des requêtes au Conseil d'État (1835), préfet de la Haute-Loire (1835-1837), puis de Vaucluse (1837-1840) et de la Haute-Garonne (1841), directeur général de la police (1840), dont postérité.

Armoiries Figure Blasonnement Armes du baron Dejean et de l'Empire

D'argent au griffon essorant de sable au comble d'azur chargé à dextre de deux étoiles et d'un croissant d'or et à sénestre du quartier des barons sortis de l'armée.Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses ComplémentsClassement hiérarchique des personnages présentés sur napoleon-monuments.eu

Livrées : amarante clair, blanc et jaune PLEADE (C.H.A.N. : Centre historique des Archives nationales (France)).. Armes des comtes Dejean, (membres de la Chambre des pairs : barons-pairs héréditaires)

D'argent, au griffon de sable; au chef d'azur, chargé d'un croissant d'or, accosté de 2 étoiles du même.

Annexes Bibliographie Jean Gouillard (2004). Histoire des entomologistes français, 1750-1950. Édition entièrement revue et augmentée. Boubée (Paris) : 287 p. Peter Karargiris (1996). Australian Entomology: P.F.M.A. Dejean (1780-1845), Victorian entomologist, 26 (3) : 45-46.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes de dragons ; de dragons (France) ; Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire ; Liste de titrés sous l'Empire ; Armorial des barons de l'Empire ; Ordonnance du 24 juillet 1815 ; Liste des grands-croix de la Légion d'honneur ; Chronologie de l'entomologie ; Liste des présidents de la Société entomologique de France ;

Liens externes

www.napoleon.org Dejean sur gw0.geneanet.org

Catégorie:Naissance en août 1780 Catégorie:Naissance à Amiens Catégorie:Général du Premier Empire promu en 1811 Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes Catégorie:Baron de l'Empire Catégorie:Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis Catégorie:Comte français du XIXe siècle Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Membre de la Chambre des pairs à titre héréditaire Catégorie:Pair de France (monarchie de Juillet) Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Entomologiste français Catégorie:Décès en mars 1845