Le Haras d'Annecy est un complexe culturel situé dans le centre-ville d’Annecy, en Haute-Savoie. Autrefois Haras national, fermé en 2005, puis réhabilité en 2025, le site accueille depuis des espaces culturels, créatifs, et gastronomiques, ouverts au public. Il est composé de bâtiments du et d’un parc arboré.
Le Haras d'Annecy est inscrit depuis 2007 comme monument historique..
Histoire Le Haras national d’Annecy est fondé au , dans un contexte marqué par la nécessité d’organiser et d'améliorer l’élevage équin en France. À l’époque du Premier Empire, il fait partie des 4 dépôts français rattachés au Haras impérial de la Mandria, créé par Napoléon à côté de Turin. Il est institué en 1806 dans un ancien couvent dominicain. Sa capacité est alors à l'époque de 24 étalons. Durant cette période, la ville d'Annecy accueille ainsi des chevaux de race de Savoie et fonctionne comme un établissement spécialisé regroupant des fonctions d’élevage, d’insémination et de contrôle sanitaire.
La Savoie revient définitivement à la maison de Savoie en 1815. Le dépôt d'Annecy devient dès lors un Haras royal avec une nouvelle capacité de 80 étalons. Lorsque le duché de Savoie est uni à la France, en 1860, le Haras devient impérial.
Entre 1815 et 1880, le dépôt d’Annecy connaît une forte croissance. L’ancien site, installé dans la caserne Saint-Dominique (insérée dans l’ancien couvent des Dominicains), devient progressivement saturé : les installations initiales ne suffisent plus à héberger les effectifs croissants des étalons. Pour y remédier, la municipalité d’Annecy envisage dès 1863 de construire un nouveau dépôt sur l’avenue d’Albigny, à la villa Bourdillon. Des travaux d’aménagement sont parallèlement menés sur la caserne Saint-Dominique à partir de 1864, avec une nouvelle façade et des extensions des bâtiments d’élevage. Cependant, le projet de l’avenue d’Albigny est finalement abandonné en 1876, après qu'un an plus tôt, en 1875, un nouveau site rue Guillaume Fichet soit proposé pour établir les Haras.
Les travaux de ce nouveau bâti qui occupe aujourd’hui le site est validé et édifié entre 1880 et 1885. L’opération est conduite selon des plans de l’architecte Louis-Joseph Ruphy. Ce nouveau site répond à des exigences fonctionnelles : écuries, manège couvert, carrière extérieure, forge, logement du directeur, logements pour le personnel et locaux vétérinaires.
Dès sont ouverture, et pendant 75 ans, le Haras assure un rôle essentiel dans l’approvisionnement en chevaux destinés aux besoins militaires. Avec la diminution progressive de l’usage du cheval dans l’armée, son activité nationale est finalement abandonnée. À partir de 1960, le site est repris et utilisé comme club d’équitation privé. Avec l'urbanisation grandissante d'Annecy, le Haras autrefois situé en périphérie se retrouve progressivement en plein centre-ville.
Sa fermeture a été décidée en 2005, en réponse à la restructuration des Haras nationaux. À la suite de son acquisition en 2013 par la ville d'Annecy pour 7 millions d'euros, le lieu est peu à peu réhabilité jusqu'à la présentation d'un projet global de restauration en 2018. Après le changement de maire en 2020, le projet est maintenu mais connaît deux modifications par rapport au projet initial.
Ce nouveau projet de réhabilitation du Haras consiste en un lieu culturel et de vie de 2,5 hectares (dont environ de surface intérieure). Il abritera une Cité internationale du cinéma d’animation (avec musée, salle de projection, et résidence d’artistes), une halle gourmande, et un parc paysager.
En , le conseil municipal approuve un budget de 23 millions d’euros pour ce projet. Ce budget ne cessera d'augmenter au fil des années, notamment à cause de l'augmentation des coûts des matériaux, mais aussi du changement de municipalité. En effet, le nouveau mandat a souhaité « apporter une touche écologiste au projet », notamment concernant l'isolation des bâtiments. Le budget passe alors à 38 millions en 2022, puis à 50,5 millions en 2023, et devrait finalement avoisiner les 53,8 millions d'euros.
Une étude patrimoniale est d'abord menée sur les bâtiments classés du Haras (dont font partie les façades et toitures de certaines écuries du bâtiment d'honneur, du manège, des pavillons ainsi que les murs de clôture, le portail d'entrée et la grille d'honneur).
Fin 2020, la ville d’Annecy mène une consultation publique afin de préciser les futurs usages du Haras et de son parc. Un questionnaire en ligne, diffusé durant trois semaines, recueille réponses, dont sont retenues pour l’analyse après rééquilibrage de l’échantillon. Les résultats montrent un fort intérêt pour des usages culturels et conviviaux : 71 % des répondants se déclarent motivés par la présence de spectacles et d’événements culturels, tandis que 77 % le seraient par des espaces permettant de se restaurer ou prendre un verre. La consultation fait également ressortir une demande d’élargissement des horaires, 67 % des répondants souhaitant que le parc soit ouvert tous les jours, et non uniquement du mercredi au dimanche comme auparavant.
En , les travaux commencent avec des forages géothermiques pour installer un système de chauffage et de refroidissement durable, suivis d’une campagne archéologique, et d'importants travaux de désamiantage.
Le , la première pierre du projet est posée lors d'un événement officiel, et marque le lancement des grands travaux de réhabilitation. Les travaux durent environ 18 mois et une première partie du site (le parc paysager) est ouverte le . Le reste du complexe ouvre au public au printemps 2026.
Description
8 bâtiments du Haras d’Annecy accueillent aujourd'hui: :
Halle gourmande
Une halle gourmande d’environ accueille un bar central et 24 « corners » qui couvrent à la fois un espace marché (bouchers, primeurs, fromagers, etc.) et une partie restauration-traiteurs. Elle est exploitée par le réseau Biltoki, qui bénéficie d'une délégation de service public de la part de la ville d'Annecy pour une durée de 20 ans. Un jardin d’hiver de est aménagé dans le bâtiment juxtaposant la halle.
Cité internationale du cinéma d’animation
Elle regroupe un musée permanent de consacré à l’animation (environ ), avec des collections issues du musée-château d’Annecy. Une galerie d’exposition temporaire d’environ se situe dans l’ancien manège du Haras. La cité intègre aussi une salle de projection modulable, propriété du département de la Haute-Savoie. Il s'agit d'un amphithéâtre semi-enterré équipé d’un gradin rétractable de 332 places. Enfin, elle héberge des résidences d’artistes, des studios d'éducation à l'image, ainsi qu'une boutique-librairie.
Parc paysager
Souhaité comme un véritable espace de « respiration » et de « fraîcheur », le parc paysager occupe une superficie d’environ sur le domaine du Haras. Il comprend une place fontaine modulable de . En son centre, un miroir d'eau de peut être vidée partiellement ou entièrement pour libérer de l'espace et permettre des projections, spectacles, etc..
L’aménagement végétal du parc inclut des îlots d’ombre sous arbres, des haies champêtres, des clairières et des bosquets. Des plantes mellifères sont plantées pour favoriser la biodiversité des insectes, et des dispositifs pour les oiseaux sont intégrés dans le dessin paysager.
Café associatif & bar a thé Le Haras accueille également un café associatif, animé par le collectif LAC (Lieu d’accueil citoyen). Ce café vise à offrir un espace d’échanges pour les habitants et les associations.
Site éco-conçu
La réhabilitation du Haras intègre plusieurs dispositifs destinés à réduire son impact environnemental. Le système de chauffage et de refroidissement repose sur une géothermie sur nappe, alimentée par deux forages de 15 mètres, permettant de capter une eau à température constante (13°C) pour couvrir 98 % des besoins énergétiques du site. Les bâtiments rénovés bénéficient d’une isolation en matériaux bio-sourcés, dont du chanvre, et de l’installation de 244 panneaux photovoltaïques sur , pour une puissance d’environ . D'autres matériaux comme les pavés des anciennes écuries ont été réutilisés afin de limiter les apports neufs et de préserver la cohérence du patrimoine.
Dans le parc paysager, la gestion de l’eau s’appuie sur plusieurs dispositifs d’infiltration, notamment des jardins de pluie, un récupérateur d'eau de , et sur l'aménagement d’un miroir d'eau qui fonctionne en circuit fermé. Des toilettes sèches sont installées dans le parc, réduisant l’usage de l’eau potable pour les installations sanitaires. En plus des 49 arbres conservés dans le parc, 216 autres ont été plantés pour végétaliser les 1,8 hectares du parc paysager. L'éclairage dans le parc a aussi été étudié pour réduire son impact sur la faune. Il est cantonné à l'extérieur de l'îlot, et aux allées du parc.
Pour approfondir
Articles connexes Haras nationaux
Cité Internationale du Cinéma d'Animation (à venir)
Notes et références
Annecy Catégorie:Monument historique à Annecy Catégorie:Monument historique inscrit en 2007