Le Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec, connu sous l'acronyme SPCIQ, est le corps des sapeurs-pompiers professionnel de Québec responsable de la prévention d'incendie, de la lutte des incendies et de sauvetages sur le territoire de l'agglomération de Québec.

Histoire L’organisation de la lutte contre les incendies à Québec prend forme en 1769 avec la création de la Société du feu, première entité structurée destinée à la protection contre les incendies. À ses débuts, cette organisation privée repose sur un groupe restreint de pompiers volontaires équipés de moyens rudimentaires, dont des échelles, seaux, haches, piques et pompes à bras importées d’Angleterre. À une époque où les bâtiments sont principalement construits en bois, la stratégie consiste à faire tomber rapidement les structures en flammes afin de limiter la propagation du feu.

Au XIXᵉ siècle, la Société du feu obtient un statut public et est placée sous l’autorité de la Cité de Québec. Toutefois, ce service demeure limité dans ses capacités d’intervention, comme le démontrent les grands incendies de 1845, qui comptent parmi les pires catastrophes de l’histoire de la ville.

Les incendies de 1845 Le , un incendie majeur ravage le faubourg Saint-Roch, détruisant presque entièrement ce quartier densément peuplé. Ce sinistre, qui réduit en cendres près d’un tiers de la ville, met en évidence les lacunes du système de lutte contre les incendies de l’époque : l’absence d’un réseau d’aqueduc, la prédominance des bâtiments en bois et l’équipement limité des pompiers. À peine un mois plus tard, le , un second incendie éclate, cette fois dans les faubourgs Saint-Jean et Saint-Louis, causant des destructions encore plus importantes. L’ampleur du brasier est telle que les lueurs des flammes sont visibles jusqu’au lac Saint-Pierre, à plus de 160 km de Québec. En l’espace d’un mois, les deux tiers de la ville sont ravagés par le feu, et plus de 20 000 personnes se retrouvent sans abri.

À l’époque, les décisions administratives avaient déjà fragilisé la capacité d’intervention du service d’incendie. En , soit quelques semaines avant le premier incendie, le Conseil de Ville avait réduit le nombre de compagnies de pompiers volontaires, aggravant ainsi le manque d’effectifs face aux sinistres qui allaient suivre.

La tragédie de 1845 suscite une forte mobilisation et un élan de solidarité à Québec et à l’international. Des fonds sont collectés jusqu’aux États-Unis et au Royaume-Uni pour venir en aide aux sinistrés. Face à l’ampleur des pertes, des réformes majeures sont adoptées pour améliorer la prévention et la lutte contre les incendies. Le nombre de compagnies de pompiers est augmenté, et de nouveaux règlements de construction imposent l’utilisation de matériaux incombustibles comme la pierre et la brique pour limiter la propagation du feu. Des rues sont élargies afin d’améliorer l’accès aux secours, et des puits et citernes publics sont établis en attendant la construction d’un réseau d’aqueduc, qui sera mis en place dans les années 1850.

Structuration et modernisation du service Malgré ces améliorations, un nouvel incendie dévastateur en 1866 démontre encore les limites des moyens en place. En réponse, la Ville de Québec crée officiellement le Département du feu, marquant un tournant décisif dans la professionnalisation du service d’incendie. Cette réorganisation entraîne l’embauche des premiers pompiers à temps plein et la création des six premières casernes de la ville, assurant ainsi une présence permanente d’équipes d’intervention.

Dans la foulée des efforts visant à structurer la gestion des incendies, le , une loi est sanctionnée permettant au lieutenant-gouverneur du Québec de nommer deux commissaires aux incendies, l’un pour Québec et l’autre pour Montréal. Ces commissaires, appelés à l’époque prévôts, ont pour mission d’enquêter sur tous les incendies afin d’en déterminer les causes, qu’elles soient accidentelles ou criminelles.

Au début du XXᵉ siècle, le Conseil de la Cité de Québec approuve la création du Bureau de la prévention contre les incendies, répondant ainsi à une demande du Comité du Feu. Cette entité prend officiellement le nom de Bureau du commissaire des incendies en 1929, consolidant ainsi les efforts de prévention et d’enquête sur les incendies à Québec.

Parallèlement, le service connaît une modernisation avec l’introduction des premiers véhicules motorisés, remplaçant progressivement les pompes à bras et les attelages tirés par des chevaux. Les camions à échelle font leur apparition, de même que les premiers appareils radio embarqués, facilitant la coordination des interventions. En 1917, la Ville de Québec crée un Bureau de prévention des incendies, officialisant l’intégration d’une approche préventive à la mission du service.

L’évolution du Service de protection contre l’incendie se poursuit au fil des décennies, s’adaptant aux nouveaux défis urbains et technologiques. En 1992, les premières femmes intègrent officiellement les rangs du service, marquant une ouverture vers une plus grande diversité au sein du personnel. En plus des interventions d’urgence, la prévention et l’éducation du public deviennent des volets essentiels de la mission du service, visant à réduire les risques d’incendie et à sensibiliser la population aux bonnes pratiques en matière de sécurité.

Pompiers morts en service Capitaine Pierre Duval - Pompier Jérémie Fortin - Pompier Joseph Lamarre - Capitane Edmond Lamontagne - Pompier Charles L'Heureux - Pompier J.-B. Saint-Hilaire - Pompier Joseph Careau - Pompier Omer Reanud - Pompier Émile Lelièvre - Pompier Gérard McCallum - Pompier Alphonse Bertrand - Lieutenant Jérémie Fortin - Pompier Edmour Tremblay - Capitaine E. McAllister - Lieutenant Richard O'Brien - Lieutenant Paul Alain - Pompier Samuel Tardif - Pompier Roger Thivierge - Pompier Claude Thivierge - Pompier Gaston Dorval - Pompier Roland Drolet - Pompier Jacques Joncas - Pompier Wilfrid Magnan - Lieutenant Arthur Bisson - Pompier Roger Rochon - Lieutenant Rénald Trudel -

Directeurs du Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec 1866-1870 : John Fergusson 1870-1872 : Félix Saint-Michel 1872-1877 : T.-J. Lemieux 1877-1906 : Thomas Dorval 1906-1911 : William Fitzback 1911-1917 : Philippe Hamel 1917-1920 : Louis Talbot 1920-1931 : Lawrence Donnely 1931-1958 : Rosaire Beaulieu 1958-1962 : Albert Talbot 1962-1971 : J.-B. Voiselle 1971-1980 : Cyrille Mainguy 1980-1984 : Dominique Gonthier 1986-1990 : Raymond Chevalier 1991-1996 : Gaétan Boily 1996-2004 : Henri Labadie 2004-2007 : Richard Amnotte 2007-2014 : Richard Poitras 2014-2025 : Christian Paradis 2025- : Julie Fortin

Casernes vignette|Caserne Georges-Émile-Tanguay (caserne 3)Le SPCIQ compte 16 casernes sur le territoire de la Ville de Québec : Numéro Adresse Construction Arrondissement/Ville Caserne 1 140, Rue Saint-Jean, Québec 1972 La Cité-Limoilou Caserne 2 470, Boulevard des Capucins, Québec 2008 La Cité-Limoilou Caserne 3 600, Avenue des Oblats, Québec 1893 La Cité-Limoilou Caserne 4 70, Rue des Pins Ouest, Québec 1967 La Cité-Limoilou Caserne 5 2345, Rue de la Rivière-du-Berger, Québec 1967 Les Rivières Caserne 6 8005 Rue des Saulois, Québec 2019 Les Rivières Caserne 7 255, Rue Clemenceau, Québec 1978 Beauport Caserne 8 4252, Place Orsainville, Québec 1978 Charlesbourg Caserne 9 1130, Route de l'Église, Québec 1994 Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge Caserne 10 1808, Avenue Jules-Verne, Québec 2023 Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge Caserne 11 183, Route 138, Saint-Augustin-de-Desmaures 2011 Saint-Augustin-de-Desmaures Caserne 12 2056, Avenue Industrielle, Québec 2009 La Haute-Saint-Charles Caserne 13 770, Rue des Rocailles, Québec 2008 Les Rivières Caserne 15 1445, Avenue Maguire, Québec 1965 Sainte-Foy–Sillery–Cap-Rouge Caserne 16 2528, Avenue Lapierre, Québec 2016 La Haute-Saint-Charles Caserne 17 2681, Boulevard Louis-XIV, Québec 2008 Beauport

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Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Sécurité civile au Québec

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