Lucius Catilius Severus (Julianus Claudius Reginus) est un sénateur romain du début du , consul suffect en 110 et éponyme en 120 sous les règnes de Trajan et Hadrien. Il est préfet de Rome à la fin du règne de ce dernier et espère un temps succéder à Hadrien.

Biographie thumb|right|upright=0.8|L'empereur Trajan (98 à 117). Il est peut-être originaire d'Apamée, en SyrieAnnette Flobert, Lettres de Pline, Flammarion, 2002, 466. ou plus probablement de BithynieFrançoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ?, Casa de Velazquez, 2006, 241.Christophe Badel, Dialogues d'histoire ancienne, 2004, La spécialisation régionale des gouverneurs romains : le cas de l'Orient au Haut-Empire (27 av. J.-C.-235 ap. J.-C.), 92.. Son début de carrière semble montrer que c'est un homo novusMireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, 150..

Il commence sa carrière sénatoriale en tant que questeur en Asie puis est peut-être tribun de la plèbe avant de devenir préteur urbainMireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, 148., probablement en 99 ou 100.

Il est ensuite, dans un ordre ou dans un autre, praefectura frumenti dandiMireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, 149., c'est-à-dire chargé des distributions de blé, et légat du proconsul d'AsieChristophe Badel, Dialogues d'histoire ancienne, 2004, La spécialisation régionale des gouverneurs romains : le cas de l'Orient au Haut-Empire (27 av. J.-C.-235 ap. J.-C.), 78., vers 101/103. Il enchaîne par une curatelle des voies puis devient légat de la legio XXII Primigenia, vers 104. Il occupe ensuite deux préfectures financières, à l'ærarium militare pendant trois ans, probablement entre 105 et 107, puis à celui de Saturne, vers 108 à 110.

Il devient consul suffect en l’an 110. Il est membre du collège des Septemviri epulonum. et est sodales Augustales sous Trajan puis sous HadrienHans-Georg Pflaum, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1967, Les prêtres du culte impérial sous le règne d'Antonin le Pieux, 201..

À la suite de la conquête de Trajan et de l'annexion du royaume d'Arménie à la province de Cappadoce en 114, il est nommé procurateur chargé de l'administration fiscale du nouveau districtMaurice Sartre, Le Haut-Empire romain, les provinces de Méditerranée orientale d'Auguste aux Sévères, Seuil, 1997, 39.John Drinkwater et Timothy Venning, Chronology of the Roman Empire, Londres, Continuum International Publishing Group, 2011, 511.. L'Arménie est ensuite érigée en province en 114/115 et il en devient le premier et unique gouverneur, qu'il gouverne en commun avec la Cappadoce. Il reçoit des décorations militaires de l'empereur. Il est gouverneur des deux provinces jusqu'à ce que la situation devienne incontrôlable en 116/117Hans-Georg Pflaum, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1967, Les prêtres du culte impérial sous le règne d'Antonin le Pieux, 205.Michel Amandry, Revue numismatique, 1991, Kraay-Mørkholm Essays. Numismatic Studies in Memory of С. М. Kraay and O. Mørkholm, eds. G. Le Rider, K. Jenkins, N. Waggoner et U. Westermark, 285..

thumb|left|upright=0.8|L'empereur Hadrien (117 à 138).

En 117, Hadrien succède à Trajan, alors qu'il gouverne la Syrie et qu'il est à la tête de l’armée d'Orient. Le nouvel empereur quitte Antioche pour Rome et confie le gouvernement de la Syrie à Catilius SeverusHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 5.. Il est probablement l'un de ceux qui approuve la nouvelle politique pacifiste d'HadrienMireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, 152. et un des proches de l'empereur. Il est chargé de réorganiser la province à la suite de l'abandon des conquêtes orientales de Trajan. Il traite avec Vologèse et le confirme sur le trône d'ArménieAlbino Garzetti, From Tiberius to the Antonines, Methuen & Co, 1974., 370.. Il reste légat d'Auguste propréteur de la province jusqu'en 119.

Il est ensuite consul éponyme en l'an 120, aux côtés de Titus Aurelius Fulvus Antoninus, le futur empereur Antonin le PieuxHistoire Auguste, Vie d’Antonin le Pieux, 2.Mireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, 151.. Il est proconsul d'Afrique vers 125Hans-Georg Pflaum, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1967, Les prêtres du culte impérial sous le règne d'Antonin le Pieux, 204..

À la fin du règne d'Hadrien, en 137/138, il est préfet de Rome. À la suite du décès de l'héritier Lucius Aelius Caesar le janvier 138, Catilius Severus espère être adopté par Hadrien et lui succéderFrançoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ?, Casa de Velazquez, 2006, 310., mais l'empereur choisit le futur Antonin le Pieux. Catilius Severus désapprouve alors publiquement ce choix et il tombe en disgrâceHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 14., Hadrien lui retirant sa préfectureHistoire Auguste, Vie d'Hadrien, 22.. Catilius Severus espérait devenir l'héritier d'Hadrien pour préparer le terrain au jeune Marc Aurèle, son protégéHans-Georg Pflaum, Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1967, Les prêtres du culte impérial sous le règne d'Antonin le Pieux, 206., alors âgé de 16 ans. Lui-même a probablement près de 70 ans.

Famille et relations

C'est un ami et correspondant de Pline le JeuneAnnette Flobert, Lettres de Pline, Flammarion, 2002, 62-63, « Lettre I, 22 - À Catilius Severus ».Pline le Jeune, Lettres, I, 22., qu'il invite à un dînerPline le Jeune, Lettres, III, 12. vers 100/103Annette Flobert, Lettres de Pline, Flammarion, 2002, 131-132, « Lettre III, 12 - À Catilius Severus »..

thumb|upright=0.8|Marc Aurèle adolescent.

Il participe à l'éducation du futur Marc Aurèle, aux côtés de Marcus Annius Verus, triple consulaire, grand-père paternel puis père adoptif de Marc Aurèle. Severus est alors décrit comme le « bisaïeul maternelHistoire Auguste, Vie de Marc-Aurèle, 1. », il est donc probablement le beau-père de Domitia Lucilla MaiorAnthony R. Birley, Marcus Aurelius: A Biography, New York, Routledge, 1966, revue en 1987, 33., fille naturelle de Cnaeus Domitius Curvius Lucanus et adoptive de son frère Tullus. À sa naissance, Marc Aurèle porte le nom de Marcus Annius Catilius Severus, hérité de son « bisaïeul maternel », nom qui est modifié lors de sa première adoption.

Ainsi, Catilius Severus aurait épousé Curtilia Mancia, la veuve de Lucanus décédé dans les années 90. Elle est d'une famille sénatoriale italienne, fille du consulaire Titus Curtilius Mancia, suffect en 55Françoise Des Boscs-Plateaux, Un parti hispanique à Rome ?, Madrid, Casa de Velazquez, 2006, 153-154.Jo-Ann Shelton, The Women of Pliny's Letters, Routledge, 2012, 288-292, « Domitia Lucilla »..

Dans ses Pensées pour moi-même, Marc Aurèle remercie Catilius Severius pour ne pas l'avoir fait fréquenter les écoles publiques et d’avoir pu profiter ainsi des leçons d’excellents maîtres privésFrank McLynn, Marcus Aurelius: Warrior, Philosopher, Emperor, Londres, Bodley Head, 2009, 20.Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, livre I, 4..

Bibliographie PIR ² C 558 / PIR¹ C 453 (Antium) ; ILAfr, 43 (El-Jem) ; TAM, II, 668 (Cadyanda) Mireille Corbier, L'aerarium saturni et l'aerarium militare, Administration et prosopographie sénatoriale, Rome, École Française de Rome, 1974, , 144-152. Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même, éd. Flammarion, coll. GF, 1984, traduit et préfacé par Mario Meunier .

Notes et références

Catégorie:Gouverneur romain de Syrie au IIe siècle Catégorie:Consul de l'Empire romain Catégorie:Date de naissance non renseignée (Ier siècle) Catégorie:Date de décès non renseignée (IIe siècle) Catégorie:Personnalité religieuse du IIe siècle Catégorie:Gouverneur romain d'Afrique (province romaine) au IIe siècle