Hilduin (v. 810- † 860) fut abbé laïc de Saint-Martin de Tours à partir de 851, comme successeur de l'abbé Vivien.
Il est, en cette qualité d'abbé, le destinataire de deux lettres de Loup de Ferrières (n° 89 et 90, éd. Levillain). Selon la première il était un peu plus jeune que Loup et tous deux ont semble-t-il étudié ensemble à l'abbaye de Fulda en 829/830cf. « Recordans nostri convictus in vestra adulescentia et initio meæ juventutis consuetudinem [...] ». ; ils se sont perdus de vue depuis, mais Loup s'autorise de cette vieille relation pour lui recommander un abbé de Cormery qui est un de ses prochesL'abbaye de Cormery était une dépendance de Saint-Martin de Tours.. L'autre lettre date de 853, année d'une attaque des Normands sur Tours (prise et pillée le ) : les chanoines de Saint-Martin, avertis de l'approche des pirates, ont déplacé leurs reliques à Cormery, et l'abbé Hilduin a écrit à Loup pour lui demander de recevoir le trésor du sanctuaire dans son abbaye ; Loup refuse, car son établissement ne dispose d'aucune protection. L'abbé Hilduin est mentionné aussi dans un acte de la « Pancarte noire » relatif à un plaid qui eut lieu en juin 857Émile Mabille, La Pancarte noire de Saint-Martin de Tours, brûlée en 1793, restituée d'après les textes imprimés et manuscrits, Paris-Tours, 1866, n° CX. La Pancarte noire, la Pancarte rouge et la Pancarte blanche étaient trois cartulaires de Saint-Martin de Tours., et dans un autre daté du , renouvellement des privilèges de l'abbaye que fit approuver l'archevêque Hérard de Tours au concile de TuseyIbid., n° CXXXVI.. Pour l'année 860, les Annales de Saint-Bertin signalent que Charles le Chauve nomma son fils Louis nouvel abbé de Saint-MartinÉd. G. Waitz, Hanovre, 1883, 54..
Certains historiens identifient cet Hilduin à un archichapelain de ce nom de Charles le ChauveFerdinand Lot, « De quelques personnages qui ont porté le nom d'Hilduin », Le Moyen Âge, 1903, 259, 267 ; Léon Levillain, « L'archichapelain Ebroïn, évêque de Poitiers », Moyen Âge, t. XXXIV, 1923, 177-222 ; Id., « Wandalbert de Prüm et la date de la mort d'Hilduin de Saint-Denis », Bibliothèque de l'École des Chartes 108, 1950, 5-35, part. 9-10 ; Joseph Fleckenstein, Die Hofkapelle der deutschen Könige, I : Grundlegung. Die karolingische Hofkapelle, Stuttgart, 1959, 144-145.. D'autres font observer qu'Hilduin de Saint-Martin était sûrement un abbé laïc, comme il apparaît dans la lettre du concile de 860, qui mentionne à ses côtés un « antistes », chef spirituel de l'abbayeVoir Jacques Boussard, « L'origine des familles seigneuriales dans la région de la Loire moyenne », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 5, 1962, 303-322, part. 314, note 104. Il semble que le premier abbé laïc de Saint-Martin fut le comte Vivien, à qui Charles le Chauve donna l'abbaye en 844 : voir Ferdinand Lot et Louis Halphen, Le règne de Charles le Chauve (840-877). Première partie (840-851), Paris, 1909, 176..
Notes et références
Catégorie:Abbé franc Catégorie:Décès en 860 Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Abbé du IXe siècle