Frédéric de Chirac, né à Paris le et mort à Nemours le , est un dramaturge français qui organisa des spectacles qualifiés de pornographiques.
Biographie
Théodore-Auguste-Marie-Frédéric de Chirac naît le au de la rue de Passy. Il est le fils de Marie-Marguerite de Villeneuve et de Louis-Laurent-Frédéric de Chirac, employé au ministère de l'AgricultureActe de naissance à Paris , n° 874, vue 18/31..
Ancien employé de la Compagnie des chemins de fer départementaux, Frédéric de Chirac fut condamné le par le Tribunal correctionnel de Paris pour délit d'outrage public à la pudeur. Il avait monté en au Théâtre d'Art, alors dirigé par Paul Fort, une courte comédie mettant en scène un sujet scabreux et intitulée Prostituée !. Par la suite, Chirac exploita, galerie Vivienne, une salle de spectacle appelée « Théâtre-Réaliste » où se jouaient de courtes pièces de son cru intitulées La Morte violée, Paternité, La Crapule, La Rosse, et dont les textes ont à ce jour disparuLe catalogue de la Bibliothèque de l'Arsenal comprend une référence.. Les représentations étaient privées et, en principe, ne nécessitaient pas d'autorisation de la part du ministère public. Le , il poursuivit ses représentations dans la salle des Fantaisies-Parisiennes, boulevard de Rochechouart, dont les titres sont Le Gueux et L'Avortement. Il commit l'erreur d'en faire la publicité dans divers journaux et d'inviter des inconnus à voir ses spectacles où s'exprimait une forme de nudité (assimilé alors à du racolage).
Chirac, qui jouait également dans ses pièces, avait été entre-temps licencié de la Compagnie des chemins de fer à la suite du scandale qu'avaient provoqué les représentations galerie Vivienne. Le chroniqueur théâtral Adolphe Meyer, ami de Zola, en avait fait grand bruit dans un éditorial publié dans le quotidien parisien Le Soir. D'autres quotidiens suivirent sur le même ton, qualifiant Chirac de pornographe.
Chirac purgea une peine de quinze mois de prison et semble avoir réitéré ses expériences en d'autres lieux parisiens (La Nouvelle Ève ?). En 1905, il publie une pièce, L'Aube de la guillotine (1905), faisant écho aux exécutions publiques qui prenaient place alors rue de la Roquette.
En 1906, il est en tournée avec la troupe formée par Mme Denizot, de l'Ambigu, et continue à jouer dans des pièces à sensation représentant notamment une « hallucination terrifiante » dans une morgue et « un viol, étude passionnelle ». Le L’Écho nogentais, 18 mars 1906, ., alors qu'il interprète à Nemours le rôle d'un alcoolique en proie aux spasmes du delirium tremens, les spectateurs ne réalisent pas que la pâleur et les contractions de l'acteur ne font pas partie du spectacle : Chirac meurt d'un anévrisme cardiaque quelques heures après sa sortie de scèneGil Blas, 14 mars 1906, ..
Témoignages
Marcel SchwobIn Lettres parisiennes, éditoriaux envoyés au Phare de la Loire (1894-1904).
Yvan LeclercIn Les Dérèglements de l'art, op. cit.
Sources Maurice Garçon, Histoire de la justice sous la Troisième République, vol. II : Les grandes affaires, Paris, Fayard, 1957, pp. 282–286 « En marge du naturalisme... » par Yvan Leclerc, in Pierre Popovic, Érik Vigneault (s/dir.), Les Dérèglements de l'art, Presses de l'Université de Montréal, 2000, pp. 251–263 « Théâtre » par Philippe Di Folco in Dictionnaire de la pornographie, Paris, Presses universitaires de France, 2005, p. 484
Notes et références
Articles connexes Grand-Guignol
Liens externes
Catégorie:Naissance en octobre 1869 Catégorie:Naissance dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Dramaturge français du XIXe siècle Catégorie:Dramaturge français du XXe siècle Catégorie:Nom de plume Catégorie:Spectacle érotique Catégorie:Décès en mars 1906 Catégorie:Décès à Nemours Catégorie:Décès à 36 ans