La Sûreté du Québec (SQ) est le corps de police de la province de Québec. Elle est l’une des plus anciennes institutions québécoises encore existantes. C'est aussi la seule organisation policière à desservir tout le territoire québécois. Elle fut créée par l’Acte de police de Québec, adopté le . C’est le que l’organisation de la police provinciale de Québec est complétée.

La SQ est l'une des trois forces de police d'une province au Canada, les autres appartenant à l'Ontario et à Terre-Neuve-et-Labrador, alors que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) agit à titre de police fédérale dans toutes les provinces et territoires du Canada. La GRC est déléguée à des taches spécifiques dans cette province, comme en Ontario.

Description vignette|droite|Étages supérieurs du quartier général de Montréal. Son quartier général est situé au 1701, rue Parthenais à Montréal, au Québec.

Selon la Loi sur la police, sa mission est la suivante :

Afin d'assurer sa mission, la Sûreté du Québec peut compter sur plus de véhicules de toutes sortes et elle fait état de dépenses de fonctionnement et d'investissement de plus de 833 millions de dollars canadiens. La Sûreté du Québec compte 120 postes répartis dans neuf grandes régions, regroupées au sein de quatre districts délimités de la façon suivante : Le district Est comprend les régions de la Capitale-Nationale–Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine ; Le district Nord comprend les régions de la Côte-Nord-Saguenay-Lac-Saint-Jean et d'Abitibi-Témiscamingue–Nord-du-Québec ; Le district Sud comprend les régions de la Montérégie et de l'Estrie–Centre-du-Québec ; Le district Ouest comprend les régions de la Mauricie–Lanaudière, de l'Outaouais–Laurentides, ainsi que les autoroutes du grand Montréal.

Par ailleurs, la Sûreté du Québec est de plus en plus active au niveau international malgré son statut de corps policier provincial. En effet, elle entretient des rapports privilégiés avec plusieurs partenaires européens (France, Belgique, Suisse) en matière de coopération technique et participe aux missions de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies (MINUSTAH et ONUCI). Elle fait également partie du réseau international Francopol, voué à l'amélioration de la formation et des pratiques policières dans la Francophonie. Le quartier général de la Sûreté du Québec abrite le Secrétariat général de Francopol à Montréal.

Plusieurs controverses ont ébranlé la réputation de la Sûreté du Québec. C'est le cas au G8 de 2007.., où des agents provocateurs de la Sûreté du Québec auraient provoqué des policiers de la même unité, qui ont ensuite riposté. Des contradictions ont été rapportées par Radio-Canada à la suite des événements de Victoriaville en lors des contestations étudiantes..

Juridiction En 2014, 31 municipalités et 22 réserves autochtones possédaient leur propre service de police, la SQ assurant la desserte complète du reste du territoire québécois, y compris l'ensemble du réseau autoroutier.

Les municipalités qui ne possèdent pas de corps policier doivent retenir les services de la SQ en matière de patrouille-gendarmerie, moyennant un tarif déterminé selon leur richesse foncière. Ce sont principalement de petites villes peu peuplées et souvent rurales qui ont recours à cette méthode. Cependant, certaines villes moyennes ont également choisi de l’utiliser : Drummondville (75 000 hab.), Rouyn-Noranda (42 000), Saint-Hyacinthe (55 000), Shawinigan (48 000), Salaberry-de-Valleyfield (40 000), Rimouski (50 000), Victoriaville (47 796), etc.

Certaines petites villes maintiennent leur propre service de police, notamment Bromont et Mercier. Lorsque surviennent sur des territoires déjà couverts par une police municipale des crimes relativement graves (ex.: meurtre, infractions reliées au crime organisé, pornographie juvénile, etc.), c'est-à-dire dépassant le champ de compétence de leur corps policier — comme défini par la Loi sur la police et en fonction du palier de population servi, la SQ doit prendre la relève.. Par exemple, si un meurtre sans arrestation imminente survient dans une municipalité de moins de 250 000 habitants, c'est la SQ qui enquêtera, même dans des villes assez populeuses, telles que Lévis, Saguenay ou Sherbrooke.

Sa compétence est exclusive quant aux opérations suivantes : assurer la sécurité et l’intégrité de l’État québécois (y compris la protection du premier ministre et de l’Assemblée nationale), enquêter sur des transactions mobilières frauduleuses, le terrorisme (en collaboration avec la GRC), la cybersurveillance, coordonner le rétablissement de l’ordre lors d’évènements sociaux d’envergure provinciale, orchestrer des enquêtes sur des meurtriers en série ou encore des pyromanes opérant sur une base interrégionale, etc., mais aussi assurer la liaison avec Interpol et Francopol..

Le , le conseil municipal de la Ville de Mont-Tremblant annonce qu'il dissoudra son corps de police local et le remplacera par la Sûreté du Québec.

Le , le Service de police de la Ville de Thetford-Mines a été dissout, les policiers et les employés civils ont été intégrés à la Sûreté du Québec.

Historique Le , le juge Pierre-Antoine Doucet est nommé commissaire de la Police provinciale nouvellement formée. Le quartier général est établi à Québec dans la centrale de la Police municipale de Québec, qui fut dissoute le . De petits détachements sont établis, à la demande et aux frais des municipalités. Les villes de Lévis, Hull et Sherbrooke sont les premières à s'en prévaloir.

En 1877, la Ville de Québec met de nouveau sur pied son propre corps de police. La police provinciale maintient un service réduit à Québec dirigé par le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Amyot, mais de 1878 à 1883, les policiers provinciaux de la ville sont intégrés à ceux de Québec. En 1883, le gouvernement reprend la responsabilité de ses policiers, dirigés par un autre commissaire, le juge Alexandre Chauveau. Le corps de police reçoit le mandat de la garde de l'édifice du parlement complété en 1884.

Au cours de ces années, certaines municipalités en développement mettent sur pied leur propre corps de police pour assurer le maintien de l'ordre. En 1899, la Police provinciale passe sous l'autorité du Département du procureur général (ministère de la Justice) et de ses ministres, qui exerceront ce pouvoir durant plus de 90 ans. Elle est entièrement réorganisée, marquant une rupture avec le .

En parallèle, des corps policiers spécialisés sont créés. Ainsi l'augmentation constante des affaires criminelles dans la grande région montréalaise amène le procureur général à y établir un Bureau de détectives provinciaux à Montréal, distinct de la Police provinciale. Une autre police gouvernementale, la Police du revenu, veille à l'application des lois prévoyant la perception de certains droits et taxes. Les constables et rares détectives de Québec sont sporadiquement envoyés en mission en province.

vignette|Deux policiers de la Sûreté lors de la crise d'Oka en 1990.

En 1922, la loi établit deux quartiers généraux de la Police provinciale, l'un à Québec, dirigé par Augustin Mc Carthy et l'autre à Montréal, par Dieudonné Daniel Lorrain. La Police provinciale de Québec et le Bureau des détectives provinciaux de Montréal sont alors fusionnés. La division de Québec compte un effectif d'environ 35 policiers, dont deux détectives. Cette division englobe tout l'Est du Québec, ainsi que les régions de Trois-Rivières et de l'Abitibi. À partir de 1925, les policiers provinciaux séjournent à Rouyn-Noranda de façon régulière et amorcent la création d'un premier poste permanent.

vignette|Hélicoptère survolant Victoriaville, lors du conflit étudiant de 2012. Vu l'expansion du réseau routier et l'accroissement du nombre de véhicules au Québec, une Police de la circulation voit le jour et patrouille à motocyclette durant la saison estivale. Ce groupe relève à partir de 1924 du département de la Voirie, mais sera éventuellement intégré à la Police provinciale. En 1929, l'augmentation constante des affaires policières force le gouvernement à modifier la structure de la Sûreté provinciale pour une plus grande efficacité.

Le , avec l'embauche de Nicole Juteau, elle devient le premier corps policier au Québec à embaucher une femme comme policière. Elle est assermentée le après une modification au règlement numéro 7 pour permettre l'embauche des femmes.

Le le service de surveillance routière de l'Office des autoroutes est intégré à la Sûreté du Québec.

Le , elle lance, en collaboration avec d'autres forces policières agissant au Québec, un site Web répertoriant les dix criminels les plus recherchés par son serviceLes 10 criminels les plus recherchés du Québec.

L'état-major annonce en une modification dans l'apparence de l'uniforme de travail et des véhicules, afin de s'harmoniser avec les tendances en Amérique du Nord. L'uniforme arborait un vert olive distinctif depuis 1962, n'ayant été revu qu'en 1987 par le couturier Simon Chang, qui n'a toutefois pas modifié la couleur.. À partir de 2017, les chemises et manteaux seront désormais d'une teinte de vert un peu plus foncée, alors que le reste — képi, pantalon, veste pare-balle et casquette - sera noir. Les nouveaux véhicules marqués, où le vert olive était également dominant et qui remplaceront progressivement les anciens, seront principalement peints en noir et blanc, et le mot « police » sera mis plus en évidence..

Le , le directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud'Homme est suspendu de ses fonctions de manière immédiate en raison d'allégations de nature criminelle.. Il sera blanchi de toutes les accusations criminelles avant de prendre sa retraite dans le cadre d'un règlement hors cours le .

Organisation

Effectifs Policiers +GradeNombreDirection Générale6Inspecteurs-Chef17Inspecteurs38Capitaines84Lieutenants206Sergents2 294Agents3 486

Grandes fonctions

Emblème Description Administration.centré|110x110pxDirection générale Cabinet de la directrice générale Insp.-chef Stéphane Mailhot Direction de la vérification Mme Josée Corbeil Direction des services juridiques Me Elaine Raza (INTÉRIM)Direction générale : Directrice générale Mme Johanne Beausoleil (CIVILE)

Direction principale de la stratégie et des affaires institutionnelles DP Liette Abel-Normandin100px Grande fonction des enquêtes criminellesSa mission est de « prévenir, d'élucider et de réprimer les crimes d'envergure ou de nature exceptionnelle sur l'ensemble du territoire québécois ». Elle est notamment responsable des enquêtes sur les crimes majeurs et sur les organisations criminelles. Direction des services spécialisés en enquête Insp.-chef Simon Riverain Direction des enquêtes criminelles Insp.-chef Michel Patenaude Direction des Enquêtes sur les Crimes Financiers et la Cybercriminalité Insp.-chef Marie-Chantal Martin Direction nationale du renseignement de l'analyse Insp.-chef Michel Patenaude (INTÉRIM) Direction des Normes Professionnelles

Insp.-Chef Éric Stevens Grande fonction des enquêtes criminelles DGA Benoit Dubé100pxGrande fonction de la surveillance du territoireLa surveillance du territoire implique le maintien de l'ordre public partout au Québec et l'application des règlements municipaux dans les territoires ne possédant pas de service de police municipale. La Sûreté du Québec divise le territoire québécois en 4 districts. Direction des mesures d’urgence Insp.-chef Patrick Marchand Direction de la Sécurité des Réseaux de Transports Insp.-chef Sylvain Robitaille District Est Insp.-chef Pascal Joncas District Nord Insp.-chef Serge Thiffault District Ouest Insp.-chef Yannick Dussault District Sud Insp.-chef Charles Renaud Direction des Services de Proximité avec les Communautés Insp.-chef Jonathan Ménard Direction des Relations de Travail

Insp.-Chef Luc Belzile Grande fonction de la surveillance du territoire Insp.-Chef Éric Benoît100pxGrande fonction de l’administration