Le est un club de football anglais, actif entre 1859 et 1887. Principalement composée d’élèves des écoles privées de Londres, l’équipe des a dominé les premières années du football anglais, en remportant notamment les deux premières éditions de la .
Jusqu’à la première édition de la Coupe d’Angleterre, lancée fin 1871, le club ne joue que des rencontres amicales, les règles variant de match en match. Même après la formation de la Fédération anglaise de football en 1863, dont les sont un des membres fondateurs, le club continue à pratiquer le football avec des règles différentes de celles de la fédération. Il devient néanmoins une des équipes de pointe du football anglais : outre ses deux premières éditions, les remportent trois victoires successives en Coupe d’Angleterre en 1876, 1877 et 1878, un exploit qui n’a été répété qu’une seule fois depuis.
Parmi les joueurs qui ont porté ce maillot, deux ressortent tout particulièrement : Charles Alcock, souvent considéré comme le « père du football moderne », et Arthur Kinnaird, Lord Kinnaird, considéré comme le plus grand joueur des premières années du football. En accord avec leur nom qui signifie « les Vagabonds », les n’ont jamais eu de stade attitré et ont joué sur différents terrains de Londres et de ses environs.
Au milieu des années 1880, le club perd de sa superbe et commence à décliner. Les dernières années, il ne dispute plus qu’un seul match par an contre , l’école d’origine d’un grand nombre des membres du club. Les disparaissent complètement après … pour renaître 122 ans plus tard, en 2009. Le club participe depuis à des matchs caritatifs en faveur de l’UNICEF et dispute un championnat amateur régional.
Histoire Formation du club thumb|La seule photo connue de l’équipe, prise en 1863 alors que le club porte encore le nom de .|alt=Photo noir et blanc prise en 1863 de l’équipe du Forest Football Club Le club est créé sous le nom de en 1859 par quelques élèves des écoles privées de Londres, dont Charles Alcock, qui a terminé son cursus scolaire à la même année.. Les sources sur le club sont très rares. Les deux principales sont le journal et les écrits de Charles Alcock lui-même, par l’intermédiaire de son livre publié en 1906. Au cours de ses deux premières années d’existence, les footballeurs se réunissent à Snaresbrook, près d’Epping Forest, vraisemblablement sur un terrain appartenant au comte de Mornington. Les premiers temps du consistent en une série de rencontres informelles et amicales : les footballeurs inscrits au club forment des équipes qui s’affrontent entre elles. Grâce à ces matchs amicaux, le club édite en 1861 une série de règles sur le jeu pratiqué en son sein. Basées sur celles de Cambridge adoptées en 1848, elles sont très proches de celles de .
La première rencontre du contre une autre équipe a lieu le contre le Crystal PalaceIl ne s’agit pas du Crystal Palace Football Club qui existe toujours, mais d’un homonyme et prédécesseur, créé en 1861 et actif jusqu’en 1876 date à laquelle il disparaît. Le club n’a connu que très peu de succès lors des débuts du football en Angleterre. Sa meilleure performance est une demi-finale de la Coupe d’Angleterre en 1872. et se termine par une victoire de Forest. Ce match, ainsi que le match retour joué le mois suivant, sont disputés par des équipes de 15 joueursLes quinze joueurs de cette première partie sont J. F. Alcock et son frère Charles Alcock, H. Bigland, C. Bigland, C. Jackson, G. W. Mackenzie, J. Morgan, J. Pardoe, J. Robertson, C. Tebbut, A. Tebbut, M. Saville, J. E. White, F. W. Woodward et A. W. Mackenzie.. En effet, à cette époque, les règles en vigueur pour le football ne sont pas encore complètement stabilisées. Le football n’est pas encore codifié et plusieurs variantes cohabitent, notamment quant au nombre de joueurs présents dans les équipes, l’interdiction ou pas d’utiliser les mains ou la méthode utilisée pour marquer un but.
1863 est une année charnière pour le club. Deux de ses membres le représentent lors de la fondation de la fédération d'Angleterre de football. Le club adopte les règles mises en avant par cette dernière et occupe grâce à l’influence de ses dirigeants une position forte dans le football londonien. Il dispute sa première saison d’ampleur avec dix matchs ; le en remporte sept et fait trois fois match nul. Il n’encaisse que deux buts, les deux au cours du même match. Le , la toute nouvelle fédération anglaise organise le premier match officiel soumis à ses règles. Deux équipes créées pour l’occasion s’affrontent : l’une est sélectionnée par le président de la fédération, l’autre par le secrétaire. Parmi les joueurs choisis, plusieurs représentent le : A. Pember, C. Alcock et A. M. Tebbut dans l’équipe du président et J. F. Alcock et C. M. Tebbut dans celle du secrétaire. Charles Alcock marque les deux buts de la partie.
Le , le club joue son premier match sous le nom de Wanderers Football Club contre le Le No Name Club, basé dans le quartier londonien de Kilburn, est un des onze clubs fondateurs de la le . de Kilburn, un quartier de Londres. Alcock, qui vient de succéder à Mackenzie au poste de secrétaire des , a décidé, peut-être à cause du coût élevé de la maintenance d’un stade, de faire de son club un club « sans domicile fixe », c’est-à-dire sans terrain de référence pour ses matchs joués à domicile. De nombreux membres du club s’opposent à cette décision, en vain.. Des personnalités pourtant parmi les plus importantes de l’« ère Forest » disparaissent immédiatement des annales, comme F. Alcock, le frère de Charles Alcock, mais aussi J. Pardoe et le secrétaire du Forest A. W. Mackenzie. La transformation a donc occasionné une véritable scission dans le groupe qui existait depuis 1859. L’autre raison de la transformation du club pourrait être son « ouverture » aux footballeurs non directement issus de ou des grands établissements scolaires fréquentés par l’aristocratie londonienne. Toutefois, cette primauté donnée aux « Old Harrovians » ne semblait déjà plus la règle depuis 1863, car seuls sept membres de l’équipe sur les vingt-neuf qui ont joué la saison 1863–1864 étaient d’anciens élèves de cette école. Mais la transition entre les deux clubs ne se fait pas immédiatement. Lors de la saison suivante, l’équipe du club joue sous les deux noms, et . On retrouve même la trace d’un match joué entre les deux appellations. Après 1865, il n’existe plus de trace d’un match disputé sous le nom de . Les obtiennent de bons résultats : ils ne perdent qu’un seul match sur les seize joués lors de la saison 1865–1866. Les quatre années qui suivent sont beaucoup plus compliquées. Les résultats déclinent significativement et Alcock éprouve de plus en plus de difficultés à réunir onze joueurs pour disputer les rencontres du club. Il lui arrive même d’emprunter des joueurs aux équipes adverses. Pendant cette période, le club joue de nombreux matchs à Battersea Park et fait du Kennington Oval son terrain semi-officiel.
Cinq succès en Coupe d’Angleterre Lors de la saison 1870–1871, les mettent un terme à leur mauvaise période et retrouvent leur niveau des premières années : ils ne perdent que cinq de leurs trente-sept matchs disputés. Au début de la saison suivante, la fédération anglaise, sur une suggestion d’Alcock, organise la première Coupe d'Angleterre de football, alors appelée Football Association Challenge Cup. La compétition adopte la structure d’une épreuve par élimination directe et est ouverte à tous les membres de la fédération.
1871–1872
thumb|left|Morton Betts, seul buteur de la première finale.|alt=Photo noir et blanc de Morton Betts en tenue de cricket La toute première coupe d’Angleterre met aux prises quinze équipes, toutes originaires du sud de l’Angleterre. Les deux adversaires de la finale sont les et le . Grâce aux règles en vigueur pour cette première édition de la , les se qualifient pour la finale en ne remportant effectivement qu’un seul match lors des quatre tours de qualification. Au premier tour, leur adversaire, le , équipe constituée d’anciens élèves de , déclare forfait. Au deuxième tour, les battent le club de sur le score de 3 buts à 1.. En quart de finale, le club affronte . La rencontre se solde par un match nul et vierge 0–0, mais plutôt que de faire rejouer le match, le règlement de la compétition autorise les deux équipes à disputer automatiquement le tour suivant. En demi-finale, les sont opposés à un club écossais, le , qui s’est qualifié sans jouer le moindre match, ses adversaires ayant tous déclaré forfait et le déplacement en Écosse étant trop long et trop onéreux pour des joueurs officiellement amateurs. Le règlement de la compétition prévoit que toutes les demi-finales doivent se disputer au à Londres. Le match se termine sur le score de 0 à 0 et les deux équipes doivent jouer un match d’appoint. Les Écossais, dans l'impossibilité de faire une deuxième fois le déplacement de Glasgow vers la capitale anglaise, déclarent forfait, offrant ainsi la qualification pour la finale de la Cup à leurs adversaires..
En finale, les sont opposés au . Le match se dispute le au devant spectateurs et est arbitré par Alfred Stair, membre de l’, équipe éliminée au premier tour de la compétition.
Comme c’est le cas depuis les débuts du football, les deux équipes sont beaucoup plus préoccupées par l’attaque que par la défense : les alignent sept attaquants et les , huit. Dans les rangs des , Morton Betts joue la finale sous le pseudonyme de « A. H. Chequer ». Ce nom provient directement du nom du club que les ont éliminé au premier tour, , club dont faisait alors partie Betts. D’aucuns ont parlé ensuite de tentative de dissimulation arguant du fait que, faisant partie d’un club au début de la compétition, Betts ne pouvait jouer la finale sous le maillot d’un autre. Cependant il est fort probable que ce ne fut pas le cas. Le règlement des débuts du football, sport strictement amateur à l’époque, ne précisait aucunement qu’un joueur devait signer formellement un contrat avec un club. À la même époque, Cuthbert Ottaway, futur capitaine de l’équipe nationale anglaise, dispute la coupe d’Angleterre avec deux clubs différents lors de deux tours consécutifs, sans que cela provoque le moindre incident. thumb|Photo de l’équipe des en 1871. Huit de ces joueurs ont disputé la première finale de la Coupe d’Angleterre 1872.|alt=Photographie noir et blanc de l’équipe des Royal Engineers. Huit des 11 joueurs présents sur la photo ont disputé la finale de la Coupe d’Angleterre 1872 Charles Alcock, capitaine des , remporte le toss et choisit de positionner son équipe du côté de la tribune , plaçant ainsi les , qui sont considérés au début du match comme les favoris, face au vent et au soleil lors de la première mi-temps. Rapidement, Edmund Creswell, des , se casse la clavicule lors d’une mêlée. Il refuse de quitter le terrain et est contraint de tenir une place plus ou moins statique en se positionnant au milieu du terrain. Le style pratiqué par les deux équipes est complètement opposé. Les mettent toutes leurs forces sur le dribbling, technique de franchissement la plus répandue à l’époque. Les , de leur côté, développent une technique de passe appelée le « jeu de combinaison », alors très innovante.
Les prennent l’avantage après quinze minutes de jeu, quand Betts marque dans un angle fermé après une série de dribbles de Robert Vidal. Selon le règlement en vigueur à ce moment-là, les deux équipes changent de moitié de terrain après chaque but. Bien qu’ils aient à présent le soleil dans le dos, les n’arrivent pas à recoller au score. Après vingt minutes de jeu, Alcock marque un nouveau but, mais celui-ci est refusé parce que Charles Wollaston a touché la balle de la main. Les maintiennent la pression sur le but de leur adversaire ; il ne tient qu’à William Merriman, le gardien des , d’empêcher une déroute. Un journal qualifie d’ailleurs sa performance de .