La Ligue savoisienne (LS) est un parti politique indépendantiste savoisien fondé en 1995 par Jean de Pingon, ayant suspendu ses activités en , puis réactivé officiellement en sous l'impulsion de son fondateur.
Présentation La Ligue savoisienne est fondée en 1995 par Jean de Pingon. / La version initiale de cet article a été publiée dans la version papier de la Voix des Allobroges, été 2007. qui se donne alors dix ans pour désannexer la Savoie. Au terme de ce délai, en 2005, il se retire de son mouvement. L'activité de la Ligue est suspendue en . et le décès, en , de Patrice Abeille, son secrétaire général. et principal animateur précipite la fin du mouvement. Le , Jean de Pingon annonce la réactivation de la Ligue savoisienne afin de continuer la lutte : « Sombrer avec la France, ou renaître avec la Savoie ».. Cette réactivation est effective le , marquant le retour officiel du mouvement sur la scène politique savoisienne..
En 2012, le journaliste Laurent de Boissieu classe le parti à gauche de l'échiquier politique. D'après le journal L'Humanité, il s'agit d'un parti conservateur.. En 1998, dans Libération, Renaud Dély écrit : ..
Histoire L'histoire de la Ligue savoisienne débute avec la parution d'articles signés par Jean de Pingon dans l'hebdomadaire Le Faucigny et Présence savoisienne (organe édité par le Cercle de l'Annonciade), en 1992 puis 1993, . il est rejoint par Jean-François Péronnier (membre de la Confédération de défense des commerçants et artisans), Patrice Abeille et d'autres. Prenant le nom de Ligue des Droits savoisiens, puis Ligue de Savoie, elle devient rapidement Ligue savoisienne. Ses statuts sont celle d'une association enregistrée à GenèveArticle de A. Veyret, « Une Savoie à la sauce italienne », édition du 27 mars 1996 du Dauphiné libéré.. Patrice Abeille devient secrétaire du parti en 1995, puis secrétaire général en 1996, ., .. Le mouvement va se faire connaître lors de rencontres-débats dans les villages de Savoie. En 1995 et en 1996, la Ligue subit une tentative d’infiltration de la part du Front national. Les militants frontistes quittent le parti dès 1997, et plusieurs d'entre eux sont exclus.
La Ligue fait un coup d'éclat en créant un « Gouvernement provisoire de la Savoie » en exil à Genève en 1996Article de V. Duby, « Même provisoire le gouvernement existe », édition du 19 février 1996 de La Tribune de Genève.Article de A. Campioli, « Paris défié : un gouvernement de Savoie s'établit à Genève », Le Nouveau Quotidien, édition du 20 février 1996.Article « Savoia liberia : Governo in esilio sede a Gineva », La Stampa, édition du 21 février 1996.. Cette année 1996 voit l'émergence d'un débat au niveau local sur l'émergence de ce courant et un nouveau débat sur l'identité savoyarde. Lors de la célébration de la « fête nationale » du , le mouvement réunit pas moins de 950 personnes à AlbertvilleArticle de Ch. Vincent, « Les croisés de la Savoie », Le Monde, édition du 18-19 février 1996.. À l'automne de cette même année, la Ligue se fait connaître à travers des procès sur l'application de plaques savoisiennes marquées « État souverain de Savoie » à la place des plaques en vigueur en FranceArticle F. Rieu, « Procès publicitaire », L'Essor savoyard, édition du 13 septembre 1996.. Elle est aussi à l'origine de débat sur sa vision de l'histoire de la Savoie, qualifiée de « falsification » par des historiens dont André Palluel-Guillard ou Paul Guichonnet. Le professeur Palluel-Guillard est d'ailleurs assigné en justice par la Ligue en 1997 pour diffamation, à la suite d'une prise de position dans un article du Dauphiné libéré d'. Une pétition pour soutenir l'enseignant est lancéeArticle Ch. Moucaud, « Les historiens se mobilisent contre la Ligue savoisienne », La Vie Nouvelle, édition du 31 janvier 1997.. Le mouvement indépendantiste réussit d'ailleurs à ce que le gentilé « Savoisien » rime avec « indépendantiste ».
Si dans un premier temps la Ligue refuse de participer aux élections, elle demande à ses membres de glisser un bulletin « Je vote pour la Savoie » en 1997, elle envisage d'intégrer le jeu politique lors des échéances cantonales et régionales de 1998Article de J. Caron, « La Ligue savoisienne songe aux prochaines élections électorales », La Tribune de Genève, édition du 2 septembre 1997.. Présentant différents candidats aux cantonales, elle monte deux listes pour les régionales dans les deux départements savoyards avec à leur tête Patrice Abeille pour la Haute-Savoie et Joël Ducros pour la SavoieArticle de M. Egss, « La Ligue savoisienne choisit ses têtes de listes », La Tribune de Genève, édition du 22 novembre 1998.. Le lendemain des résultats, un article du Monde titre « La percée de la Ligue savoisienne »Article de F. Revil, « La percée de la Ligue savoisienne », Le Monde, édition du 31 mars 1998.. En effet, les deux listes Renaissance savoisienne obtiennent 5,39 % des suffrages exprimés en Savoie, et Patrice Abeille devient conseiller régional de Rhône-Alpes. Patrice Abeille contribue à la chute de Charles Millon à la présidence de la Région, apportant son soutien à Jean-Jack QueyrannePortrait de Patrice Abeille, « Le bourdonnement savoisien », Libération, édition du 12 avril 1998.. Cette percée électorale incite les élus locaux à réfléchir sur l'organisation et la coopération des deux départements savoyards. Ainsi, Michel Barnier, alors président du Conseil général de Savoie et sénateur RPR du département, fait le vœu d'une évolution de l'unité savoyarde voire de la fusion des départementsArticle et interview « Playdoyer pour l'unité savoyarde et une nouvelle organisation du territoire », édition du 10 avril 1998 de La Vie nouvelle.. L'idée d'une région Savoie, lancée par le MRS en son temps, est reprise afin de contrer le projet savoisienArticle de J. Carron, « L'idée d'une Région Savoie n'en finit pas de rebondir », édition du 29 octobre 1998 de La Tribune de Genève.. Ravi du débat suscité, lors d'une interview, le secrétaire général du mouvement refuse d'apporter sa voix à ce dernier débat préférant poursuivre le but souverainiste plutôt que régionalisteInterview de L. Chiuch, « Le savoisien Patrice Abeille ne mouillera pas sa chemise pour la région Savoie », édition du 11 mars 1999 de La Tribune de Genève..
Le , Le Monde publie un article de Luc Rosenzweig sur le « populisme alpin » où la Ligue est associée à d'autres mouvements comme le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) de Jörg Haider ou la Ligue du Nord d'Umberto Bossi, page Débats., accusations déjà portées par L'Humanité et Libération. Cette critique d'un mouvement « populiste et xénophobe » est souvent utilisée pour dénoncer le mouvement dès ses débuts. Dans un droit de réponse, Patrice Abeille rappelle que la Ligue se sent plus proche des mouvements membres du Parti démocratique des peuples d'Europe - Alliance libre européenne (PDPE-ALE) au sein du Parlement européen, dont la Ligue est un membre observateur. Par ailleurs, au niveau local, si l'entente avec le mouvement historique MRS avait été tendu, l'élection d'un nouveau président, Benoît Bro, marque une rupture et le rapprochement entre les deux mouvements, s'accompagnant de participations conjointes aux élections, .. Cette alliance permet ainsi au mouvement de se rapprocher de la fédération Régions et peuples solidairesArticle « La Ligue savoisienne devient membre observateur de R&PS », L'Écho de Savoie, , septembre 2003., dont le MRS était un membre fondateur, pour en devenir un membre observateur en 2003, malgré un discours rebutant par les différents membres de la fédération. Elle en est exclue deux ans plus tard.
La Ligue continue sa progression, après une centaine d'adhérents dans les premières années, ce sont un millier de participants qui se réunissent lors de la « fête nationale » organisée par le mouvementArticle de C Girod, « Près d'un millier de Savoisiens célèbres la fête nationale », édition du 21 février 2000 de La Tribune de Genève.. Lors du débat sur le statut de la Corse en 2000, la Ligue savoisienne rappelle qu'elle « refuse à traiter avec Matignon », considérant que le processus de Matignon est une « prime à la bombe »Dossier de Th. Desjardins, « La fatiguée de l'État », édition du 14 août 2000 du Figaro.« Vite dit », édition du 6 septembre 2000 du Canard enchainé.. Cependant le débat sur la région Savoie se poursuit et 41 % des Savoyards semblent favorables à sa création selon un sondageSondage paru dans l'édition du 21 août 2000 du Messager, .. La Ligue décide de s'impliquer dans les élections locales, en présentant 36 candidats lors des cantonales de 2001, et incitant ses adhérents à intégrer des listes pour les municipalesArticle de R. Bardelaye, « A la Ligue savoisienne : cantonales et municipales en vue », édition du 5 octobre 2000 du Messager.. Les scores électoraux avoisinent ceux réalisés en 1998 avec pas moins de 5 % des suffrages en moyennes pour les cantonales, mais ne permettent pas d'obtenir d'élusArticle N. Weil, « Les régionalistes n'ont pas percé aux municipales et aux cantonales », édition du 20 mars 2001, du Monde.. Seul Jean-Pierre Rambicur, membre du mouvement, devient maire de Margencel mais déclaré sans étiquetteArticle de C. Bellivier, « Le premier maire savoisien est en Chablais », édition du de La Tribune du Mont-Blanc.. Elle intervient désormais comme une force politique locale, notamment autour de la question du transport et la question de la liaison ferroviaire transalpine Lyon - TurinR. Bardelaye, « Un débat était organisé par la Ligue Savoisienne : comment traverser les Alpes ? », édition du 14 décembre 2001 du Messager..
L'année 2002 marque cependant la fin d'une dynamique. En effet, la participation aux législatives aux côtés de membres du MRS se solde par des résultats avoisinant les 2 %. En 2004, le nouveau mode de scrutin des élections régionales, avec des listes régionales et non plus départementales, favorise désormais les partis nationaux au détriment des partis locaux. Dans ces conditions, contrairement aux scores réalisés en 1998, la Ligue savoisienne ne recueille que 0,04 % des voix et n'obtient aucun siège. Patrick-Alain Bertoni, « Ligue savoisienne, congrès du Bois : "Le poison de la division" rendu responsable de sa soustraction du paysage politique », Le Faucigny, novembre 2012, .. Par ailleurs, le nombre de participants à ses manifestations décroît. Malgré la volonté de rester présente au niveau local, ses différentes participations aux scrutins ne connaissent plus la dynamique de la fin des années 1990.
Lors de son , le , la Ligue savoisienne décide de suspendre ses activités.
Le , à Menthonnex-en-Bornes, marque la renaissance de la Ligue savoisienne dite Canal Historique, impulsé par Louis de Pingon, fils de l'ancien fondateur de la Ligue, et membre du groupe en ligne Consulat de Savoie, p.2-3..
Le , Jean de Pingon annonce la réactivation de la Ligue savoisienne avec pour mot d'ordre : « Sombrer avec la France, ou renaître avec la Savoie ». Cette réactivation est effective en .
Le , la Ligue savoisienne tient sa première réunion publique à Aix-les-Bains depuis sa réactivation.
Ressources La Ligue savoisienne a diffusé plusieurs discours en vue de sensibiliser les Savoyards à leur thèse indépendantiste :
Discours historique, juridique et international reprochant le non-respect du traité de Turin de 1860, remise en cause de l'annexion de la Savoie considérant ce traité comme caduc. Deux arguments sont mis en avant : le non-respect de la grande zone franche, supprimé en 1919, effective en 1923, et l'absence de notification du traité auprès de l'Italie et des Nations unies au lendemain de la guerre, soit le . ; Discours économique, établissant l'autosuffisance de la Savoie ; Discours politique, participation aux élections françaises depuis 1998.