Thierry II d'Alsace, dit le Vaillant, né entre 1040 et 1050, mort le , fut duc de Lorraine de 1070 à 1115. Il était fils de Gérard d'Alsace, duc de Lorraine, et d'Hedwige de NamurGénéalogie d'Albert I de Namur sur Medieval Lands (voir son ascendance). Il est parfois numéroté Thierry I par des historiens du XVI siècle qui rattachaient les ducs de Lorraine à Charles de Lorraine et ne tenaient pas compte des ducs de la maison d'Ardennes.
Biographie
À la mort de son père, en 1070, une querelle de succession éclata entre Thierry et Louis, comte de Montbéliard et de Bar, dont les prétentions s'appuyait sur son épouse Sophie, fille et héritière de l'ancien duc . Pour confirmer ses droits, Thierry convoqua une assemblée de la noblesse lorraine et il s'assura du soutien de son frère Gérard en lui donnant en apanage le comté de Vaudémont. L'assemblée choisit comme duc Thierry et Louis mourut peu après, transmettant ses prétentions à son fils Thierry qui réclama à son tour le duché. L'arbitrage de l'empereur confirma finalement à Thierry d'Alsace la possession du duché.
Le duc de Lorraine fut un fidèle vassal du Saint-Empire. À ce titre, il participa à plusieurs campagnes contre les Saxons et prit le parti des empereurs dans le conflit qui les opposa aux papes et . En retour, Thierry se vit attribuer par le titre de marquis que ses successeurs utiliseront par la formule "duc de Lorraine et Marchis". Il refusa en revanche de prendre parti dans les conflits internes à la dynastie salienne, que ce soit dans celui opposant et son fils le futur ou celui, une décennie plus tard, entre ce même et Lothaire de Supplinbourg.
fut également le contemporain de l'Appel de Clermont prononcé par le pape en 1095,pour appeler les Chrétiens d'Occident à partir libérer Jérusalem. Le duc envisagea de se croiser, mais se fit relever de son vœu par le légat pontifical à cause de son état de santéMichel Henry, Les Ordres militaires en Lorraine. Éditions Serpenoise, 2006. Page 22 .. Il engagea les chevaliers lorrains à participer à l'expédition.
Le duc s'employa également à développer ses Etats en poursuivant la politique de son père. Désireux d'étendre et d'enrichir sa résidence de Nancy, il y fonda en 1080 le prieuré Notre-Dame. Situé près de l'actuelle place de l'Arsenal, cet établissement bénédictin dépendant de Molesme, fut le premier de la ville. Bien que le complexe monastique ait été détruit à la Révolution, le portail de l'église a été conservé et se trouve aujourd'hui au Musée lorrain où il constitue un des rares vestiges romans de la capitale ducaleHistorique de la place de l'Arsenal à Nancy.. fonda également le castrum de Neufchâteau vers 1080/1090. Ce château protégeait une ville neuve construite autour de l'église Saint-Nicolas. Plus tard furent construits un marché et un atelier monétaire qui contribuèrent à la prospérité économique de la ville..
Le duc mourut le . Son lieu de sépulture n'est pas connu avec certitude.. Les historiens lorrains mentionnent à la fois le prieuré Notre-Dame de Nancy, dont il était le fondateur, et le prieuré Saint-Pierre de Châtenois, que sa mère Hadwide de Namur avait fondé et où elle avait été inhumée. La seconde hypothèse a été privilégiée à partir du . On montrait ainsi dans le cloître du prieuré une sépulture anépigraphe portant une effigie que l'on disait être celle de . Le gisant, que d'autres ont interprété comme celui d'une princesse, portait un bonnet et une couronne dentelée. Il a été détruit à la Révolution et, pour cette raison, il n'en reste plus qu'une gravure du .
gauche|vignette|Gisant supposé de à Châtenois. En 1812 puis en 1818, l'empereur (descendant des ducs de Lorraine) fit procéder à des fouilles dans les ruines du prieuré pour retrouver les restes princiers et les ré-inhumer dans le caveau ducal de Nancy. Des ossements furent retrouvés et attribués, sans doute de manière trop hâtive, à et à son épouse. Cependant, le dépôt funéraire ne parvint jamais à la Chapelle ducale. La rumeur locale prétendait que les habitants de Châtenois, qui ne voulait pas être spoliés des reliques de leurs lointains bienfaiteurs, les avait enterrées à nouveau dans le cimetière ou l'église du village. Aujourd'hui, avec la disparition du monument et des ossements supposés être les siens, il ne reste guère d'éléments pour trancher la question. vignette|Gravure représentant la médaille de Ferdinand de Saint-Urbain à l'effigie de . Quels que soient les doutes concernant l'authenticité du tombeau, le gisant a une importance certaine dans l'iconographie du duc qu'il était censé représenter. Il a en effet servi de modèle à Ferdinand de Saint-Urbain pour le portrait de figurant dans le Médaillier de Lorraine..
Mariages et enfants Il épousa en premières noces vers 1075 Edwige de Formbach († 1085/90), fille de , comte de Formbach, et eutFoundation for Medieval Genealogy et Genealogy.eu. : Simon I de Lorraine (vers 1096-1139), duc de Lorraine ; Gertrude († 1144), qui changea son nom en Pétronille, dérivée de Pierre, pour montrer sa fidélité envers le Saint-Siège, et épousa Florent II de Hollande († 1122), comte de Hollande.
À la mort de son épouse, il épousa en secondes noces vers 1095 Gertrude de Flandre (1080-1117), fille de Robert I de Flandre, comte de Flandre, et de Gertrude de Saxe. Celle-ci était alors veuve d'Henri III de Louvain avec qui elle avait eu quatre filles dont Adélaïde de Louvain future épouse de Simon I de Lorraine. De cette seconde union naquirent : Thierry (1100-1168), seigneur de Bitche, puis comte de Flandre ; Henri I († 1165), 42 évêque de Toul; Ida, mariée à Sigefroy († 1104), comte de Burghausen ; Ermengarde, mariée à Bernard III de Brancion ; Gisèle, mariée à Frédéric, comte de Sarrebruck ; EuphronieNobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Nicolas Viton de Saint-Allais, Ange Jacques Marie Poisson de La Chabeaussière, Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Lespines, de Saint-Pons, Ducas, Johann Lanz, ed. bureau du Nobiliaire universel de France, 1843. ou Fronia abbesse de Remiremont en 1150.
alt=Les époux sont représentés côte à côte. Le duc, tourné vers la gauche, est en armure tandis que la duchesse porte un riche vêtement brodé d'hermine et est coiffée d'un hennin conique.|vignette|358x358px|Thierry II et son épouse Gertrude de Flandre ().
Ascendance Cette ascendance est aussi celle des frères et sœurs de Thierry II, soit : Gérard I de Vaudémont (1057 † 1108), comte de Vaudémont ; Béatrice, mariée à Étienne I de Bourgogne, comte de Bourgogne, de Mâcon et de Vienne ; Gisèle, abbesse de Remiremont.
Notes et références
Sources . Herzog von Lothringen (1070-1115). .
Liens externes
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