Hugh Alan Cornwell, né le à Tufnell Park, dans le nord de Londres, est un auteur-compositeur-interprète britannique. Icône du punk rock et de la new wave, il a fait partie du groupe The Stranglers de 1974 à 1990, en tant que guitariste et chanteur principal. Il poursuit depuis une carrière solo.
Biographie Enfance et jeunesse Hugh Cornwell a grandi à Tufnell Park et Kentish Town, dans le nord de Londres, dans une famille de quatre enfants dont il était le dernier. Son éducation musicale s'est faite en grande partie à la maison où son père l'a initié à la musique classique, son frère aîné, au jazz, à la musique country et au blues et son frère cadet, au rock (particulièrement Eddie Cochran, Jimi Hendrix et Cream). Il effectue ses études secondaires à la William Ellis School où il se lie d'amitié avec Richard Thompson, futur leader de Fairport Convention. Ensemble, en 1964, ils commencent un groupe de reprises appelé Emil and the Detectives où Richard Thompson tient la guitare et Hugh Cornwell, la basse. C'est d'ailleurs Richard qui lui apprend à en jouer. Parallèlement à cet apprentissage musical, Hugh commence à aller voir des concerts dans les clubs et les salles de Londres.
Richard Thompson ayant décidé d'interrompre ses études secondaires, Emil and the Detectives s'arrête. Hugh apprend alors à jouer de la guitare en autodidacte sur la guitare sèche que son frère cadet a laissée derrière lui en partant travailler à l'étranger. Muni de son A-level, il s'inscrit ensuite, en 1968, à l'université de Bristol pour étudier la biochimie. C'est là qu'il commence à gagner sa vie en tant que musicien en jouant dans les restaurants de Keith Floyd, un célèbre cuisinier britannique qui aura son émission à la BBC dans les années 1980. Son répertoire consiste alors en des reprises allant des Beatles à Dylan en passant par Hendrix.
À l'automne 1971, après avoir réussi ses examens en Angleterre, Hugh Cornwell commence une thèse à l'université de Lund en Suède. C'est là qu'il rencontre Hans Warmling, un musicien qui travaille alors comme infirmier dans l'hôpital de la ville. Hans Warmling, qui a eu un passé de musicien professionnel au sein du groupe suédois The Jackie FountainsL'histoire de ce groupe est raconté par le frère de Hans Warmling, Peter qui a servi de manager au groupe sur : , lui propose d'écrire des paroles en anglais sur les musiques qu'il compose. Avec deux déserteurs américains et un second suédois, ils forment le groupe Johnny Sox où Hugh tient la guitare rythmique et fait les chœurs .
La majorité des titres proviennent du duo formé par Hans Warmling et par le chanteur américain mais de temps en temps, Hugh commence à chanter ses propres textes ou à composer des musiques sur les textes du chanteur. Ils donnent leurs premiers concerts à l'été 1972 et commencent rapidement à tourner en Suède et à se bâtir un public. Mais, à la fin de l'année 73, Hugh décide d'abandonner sa thèse qui n'avance pas et de rentrer en Angleterre avec le groupe, moins Hans Warmling. En l'espace d'un an et demi, Johnny Sox évoluera vers les Stranglers avec un seul membre commun aux deux groupes : Hugh Cornwell.
Début de carrière : les Stranglers (1974-1990) thumb|gauche|Hugh Cornwell avec les Stranglers pendant l'enregistrement de l'émission L'Écho des bananes en 1983. Le groupe est signé par United Artists en et sort son premier album en . En quatorze ans de carrière discographique, il enregistre dix albums et sept singles inédits avant que Hugh Cornwell ne quitte les Stranglers à l'issue d'un concert donné à l'Alexandra Palace de Londres, le . Au cours de cette période avec les Stranglers, Hugh enregistre deux albums solos : Nosferatu en 1979 et Wolf en 1988 et deux singles inédits. Parallèlement, il commence une carrière d'acteur tout d'abord au théâtre, puis au cinéma et à la télévision.
Nosferatu est cosigné par Robert Williams, alors batteur de Captain Beefheart que Hugh a rencontré après un concert de celui-ci. Ils commencent à travailler sur l'album à la Noël 1978 mais, pris par leurs agendas personnels, ne le finiront pas avant le mois d'avril 79. Il est enregistré dans divers studios américains et anglais en vingt-deux jours et sort en . Hugh Cornwell y exprime son amour pour le cinéma : le titre et les paroles de la face A sont en effet un hommage au film muet de F. W. Murnau. De même, la vidéo tournée pour le single White Room évoque le cinéma expressionniste allemand.
Les critiques anglaises, plutôt mitigées, s'accordent à trouver l'album très différent de ceux des Stranglers, notamment de The Raven qui vient de sortir. Le magazine Record Mirror le qualifie de tandis que le Melody Maker le trouve et . Hugh expliquera en 1999 :
À la fin de l'année 1979, Hugh Cornwell est arrêté pour détention de drogue en Grande-Bretagne. Il est condamné en mars 80 à huit semaines de prison, il en effectuera cinq. Cette expérience lui inspire un court document sur les conditions de détention qui paraît, via le Stranglers Information Service, sous le titre Inside Information en .
Son deuxième album solo Wolf sort presque dix ans après le premier, en , cette fois-ci sous le seul nom de Hugh Cornwell. Le site web Trouser Press y qualifie la musique de . Des chansons comme Cherry Rare ou Clubland reflètent en effet l'intérêt que Hugh Cornwell a toujours porté aux musiques noires : il plaçait Sister Sledge, Chic ou Prince parmi ses coups de cœur du moment dans les années 1980 et une des chansons d'Aural Sculpture est dédiée à Marvin Gaye.
Chez les critiques, on retrouve la même différence de point de vue entre les journalistes anglo-saxons et francophones qu'avec les Stranglers. Trouser Press estime que le disque tandis que le magazine français Best juge que l'album . Wolf se classe à la des charts britanniques et l'un des singles extraits de l'album, Another Kind of Love, à la . Aux États-Unis, ce même single atteint la des charts alternatifs et il est alors question d'une tournée là-bas avec le groupe A Flock of Seagulls comme backing band. Mais, lâché par sa maison de disques, Virgin, le projet finit par tomber à l'eau.
Durant leurs quatorze ans de production discographique, Le succès des Stranglers ne s'est pas démenti au Royaume-Uni, avec vingt et un singles et quatorze albums classés dans le top 40, et dans le reste de l'Europe, à partir de l'album Feline (1983). Mais la nouvelle carrière entamée par Hugh va se révéler plus difficile, comme elle le sera aussi pour les Stranglers restants.
Carrière solo (depuis 1990) En quittant les Stranglers, Hugh Cornwell quitte un groupe avec lequel il vient de passer seize années mouvementées et a tissé des liens très fortsIl dit dans son autobiographie : . Il ira jusqu'à dire, en 2009, qu'il a dû se redécouvrir lui-même, après son départ dans : . Dans un premier temps, il cesse de jouer de la guitare et délaisse les chansons des Stranglers dans ses concerts. La rupture ne s'est pas faite sans ressentiment de part et d'autre, ce dont la biographie officielle du groupe sortie en 1997 et les deux livres écrits par Hugh en 2001 et 2004 et portent la trace.
Le premier album que Hugh enregistre après son départ, l'est en compagnie de deux autres auteurs-compositeurs anglais : Roger Cook et Andy West. Hugh Cornwell a rencontré Roger Cook par l'intermédiaire de la maison d'édition EMI Publishing et ils ont commencé à travailler ensemble sur des chansons, avant même la fin des Stranglers Mark I. À l'origine, les chansons composées par le duo sont destinées à d'autres chanteurs mais n'ayant réussi à intéresser personneseule Cerys Matthews ex-chanteuse de Catatonia reprendra l'un des titres inédits Chardonnay sur son album de 2003 Cockahoop, ils décident finalement de les enregistrer eux-mêmes.
L'album sort sous le nom et le titre de CCW en 1992, Hugh le décrivant comme très acoustique avec un travail sur l'harmonie des voix. Tiré à un petit nombre d'exemplaires (4000) par le label UFO records et publié seulement en Grande-Bretagne, sans effort de promotion, c'est logiquement un échec commercial.
Juste après la sortie du disque, Hugh Cornwell croise de nouveau la route de Ian Grant, le manager des Stranglers de 1978 à 1980. Celui-ci va devenir le sien jusqu'en 1994, avant d'abandonner à la suite des difficultés engendrées par la sortie de l'album suivant. Toutefois, Ian Grant continuera à collaborer ponctuellement par la suite, en publiant notamment cinq albums de Hugh sous son label, Track Records.
L'album suivant Wired sort en 1993 sous son propre nom. Hugh Cornwell y retrouve le batteur Robert Williams mais laisse le rôle de guitariste solo à Chris Goulstone. Le disque est l'objet d'un conflit entre maisons de disques qui va perturber sa sortie : en effet, Hugh a signé dans un premier temps avec le label Phoenix Records qui décide de se désengager avant la fin de l'enregistrement. Celui-ci ne peut reprendre qu'un an plus tard, grâce au label Transmission, mais Phoenix tentera ensuite d'empêcher la sortie sous le second label. À cause de ces problèmes juridiques, le single The Story of He and She ne pourra sortir qu'en France.
Dans une interview à Record Collector, Hugh explique qu'il a essayé, dans cet album, de marier à . Il en a confié la production à Gary Langan, ex-Art of Noise. Cela donne un résultat très différent de ce que les Stranglers ont enregistré du temps de Hugh et de ce qu'ils enregistrent sans lui (le premier album des Stranglers Mark II In the Night est sorti en 92). Mais celui-ci reste dans la lignée du deuxième album solo Wolf. Comme cela était le cas avec les Stranglers, les critiques ne sont pas bonnes en Angleterre et plus indulgentes en Francevoir par exemple : et .
Dans la foulée de la sortie du single, en 1994, Hugh et son groupe entament une vraie tournée de quinze dates en France et en Suisse. Par la suite, il n'y fera plus que des incursions ponctuelles, de même qu'en Belgique.
En 1995, Hugh Cornwell commence à travailler sur son deuxième album solo depuis son départ des Stranglers, dans son propre studio d'enregistrement. Un single est publié la même année : Everybody mais l'album ne sera pas fini avant l'année suivante et l'introduction d'un nouveau producteur au projet : Laurie Latham (le même qui a produit Aural Sculpture pour les Stranglers en 1984). Certaines chansons sont alors abandonnées et d'autres nouvelles introduites.
Le guitariste Chris Goulstone qui l'accompagnait sur scène jusque-là, quitte le groupe en 1995, obligeant Hugh à se remettre à la guitare à plein temps. C'est un mal pour un bien dans la mesure où certains fans regrettaient le style si particulier de Hugh. Progressivement, il ré-introduit des chansons des Stranglers dans ses concerts, notamment quand il joue en acoustique et en solo, ce qui lui permet de ré-arranger les titres.
Guilty, le deuxième album solo sous son nom, sort en 1997 en Europe, sous le label Snapper. Le site web AllMusic notera la proximité de cet album et du suivant Hi Fi avec le matériel enregistré par les Stranglers à la fin des années 1980 et . Pour ces deux albums, les critiques s'améliorent notablement en Grande-Bretagnevoir par exemple : et mais la presse spécialisée, en France et en Belgique, commence à le bouder.
En 1998, Hugh Cornwell signe chez Velvel pour les États-Unis. Le label américain va alors publier en 1999 les deux albums solos sortis à ce jour en Europe : Guilty sous une version légèrement différente et sous le titre de Black Hair Black Eyes Black Suit et ensuite, Wired sous le titre First Bus to Babylon. C'est l'occasion de tourner là-bas, ce que Hugh n'a jamais fait en solo et n'a plus fait avec les Stranglers depuis 1987. Une première tournée nord-américaine démarre en pour treize dates, la seconde aura lieu en novembre de la même année.