Les accords Darlan-Kato, signés le , régissent les relations entre l’empire du Japon et le gouvernement de Vichy sur le territoire de l’Indochine française à la suite de l’invasion japonaise de 1940.
Contexte À la suite de la défaite française de juin 1940, les Japonais exigent du gouverneur général Georges Catroux la fermeture de la frontière chinoise aux convois débarqués à Haï Phong, acheminant matériels et carburants en Chine. Catroux est contraint de céder aux Japonais le contrôle de la frontière nord. Les autorités de Vichy le révoquent pour avoir autorisé une intervention étrangère sur le territoire français et le remplacent par le vice-amiral d'escadre Jean Decoux.
Le , après quelques tergiversations, Decoux est contraint de signer avec les Japonais un accord de coopération territoriale et militaire, qui, en échange de la reconnaissance de la souveraineté française sur l’Indochine, met à la disposition des Japonais, au nord du fleuve Rouge, trois aérodromes permettant le stationnement de hommes.
Par ailleurs, l’armée japonaise peut librement traverser le Tonkin, au nord de la péninsule indochinoise, pour combattre les troupes chinoises du Yunnan. L’accord stipule en outre qu’en cas de difficultés face aux Chinois, les Japonais bénéficieraient de l’aide française en vue d’un éventuel rembarquement à Haï Phong. Toutefois, le nombre de soldats japonais en Indochine est théoriquement plafonné à hommes.
Ce premier accord est rapidement rompu par les Japonais lors de l'« Affaire de Lạng Sơn » en .
Accords Les accords Darlan-Kato, négociés par Jacques Benoist-Méchin, sont signés le à Vichy et stipulent que la France autorise le Japon à utiliser ses aérodromes dans le sud de l'Indochine et à stationner des troupes sur tout le territoire indochinoisPhilippe Franchini, Les mensonges de la guerre d'Indochine, op. cit. p. 22.
L'ambassadeur Kato dit au cours des négociations que et déclare que .
Les accords posent le principe d’une défense commune, disposition qui reste sans effet. La France affirme plus tard sa neutralité dans la Guerre du Pacifique et son refus de participer à toute action offensive. Le Japon obtient également des matières premières et du riz contre l'engagement à respecter la souveraineté française sur l'Indochine. Le gouvernement japonais est inquiet d'une coupure de l'approvisionnement dans ces denrées, vitales pour le Japon. Les Japonais s'installent au Cambodge.
Les négociations pour l’application des accords sont laissées à l’initiative de l’amiral Decoux, qui fait traîner les choses jusqu’en .
Phase ultime Au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor, les Japonais présentent encore un ultimatum à Decoux demandant l’application sans délai et sans restriction des accords Kato-Darlan, ou le Japon assurera lui-même le contrôle total du territoire indochinoisMichel Huguier, De Gaulle, Roosevelt et l'Indochine de 1940 et 1945, l'Harmattan, 2010, Chap. IX, p. 143.
Le vice amiral d'escadre Decoux obtient des Japonais la répartition des zones de défense. La surveillance de la frontière chinoise est confiée aux Français puisqu’on sait que la Chine n’a aucune intention d’envahir l’Indochine. Toutes les côtes sont confiées à la défense japonaise contre les possibles débarquements américains ou britanniques.
Le secrétaire général du gouvernement Georges Gautier justifie le comportement de Decoux au cours du mois de , qui croit que si Decoux avait adopté une attitude totalement négative et repoussé les exigences japonaises : .
De son côté, la France libre a déclaré la guerre au Japon dès le lendemain de l'attaque surprise de Pearl Harbor, le .
Bibliographie
. .
Notes et références
Articles connexes
Invasion japonaise de l'Indochine Histoire de l'Empire colonial français pendant la Seconde Guerre mondiale
Catégorie:Histoire de l'Indochine française pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Traité concernant l'Indochine française Catégorie:Relations entre la France et le Japon Catégorie:Traité signé par le régime de Vichy Catégorie:Traité signé par l'empire du Japon Catégorie:Traité signé en 1941 Catégorie:Traité signé à Vichy