L'abbaye Saint-Jacques-sur-Coudenberg, plus communément appelée abbaye du Coudenberg, est une ancienne abbaye tenue par les chanoines réguliers de saint Augustin, sur la colline du Coudenberg, à Bruxelles. Elle a existé entre 1731 et 1795, mais son origine remonte au . À cet endroit, en effet, en 1162, une chapelle est cédée à l'Ordre du Temple, cette chapelle ayant servi d'oratoire au château des comtes de Louvain et de Bruxelles, puis elle est devenue un prieuré au .
Pendant la révolte des Gueux au , les bâtiments sont dévastés par les iconoclastes calvinistes. En 1731, le monastère est élevé au rang d'abbaye. Lors de l'aménagement de la place Royale, entre 1776 et 1781, l'abbaye reconstruit son église (église Saint-Jacques-sur-Coudenberg), bâtit les deux hôtels particuliers attenants, bâtiments qui hébergent actuellement la Cour constitutionnelle et l'espace culturel ING.
Après l'annexion, en 1795, des Pays-Bas autrichiens par la Première République française, l'abbaye est définitivement dissoute, ses possessions sont vendues comme bien national. Puis l'établissement héberge, tour à tour, un temple de la Raison, l'état-major de l'École militaire fraîchement créée par le roi Léopold . L'église devient en 1986 la cathédrale du diocèse auprès des Forces armées belges.
Toponymie « Coudenberg », ou en néerlandais moderne , signifie « colline froide ». C'est la plus haute des collines du Bruxelles médiéval. Le lieu fut aussi connu sous les appellations de :« Frigidus mons », à l'ablatif « Frigido Monte »Coudenberg, dans : Dictionnaire d'Histoire de Bruxelles, Collection Dictionnaires, Éditions Prosopon Bruxelles, 2013, . ou de « Froidmont » (traduction française de ). Jusqu'au , on écrivait aussi Caudenberg.
Historique Diverses fondations jusqu'à la prévôté Au début du une chapelle et un hospice tous deux dédiés à saint Jacques le Majeur, car lieu d'étape sur les chemins de Compostelle venant du nord et du nord-est, jouxtent le château des comtes de Louvain et de Bruxelles construit sur la colline du Coudenberg. En 1162, la chapelle, qui sert d'oratoire au château, ainsi que l'hospice relevant tous les deux du chapitre de la collégiale Saint-Michel, sont cédés, par Godefroid III de Louvain, à l'ordre du Temple..
Selon Émile Poumon., ce n'est qu'après 1183 qu'un chapitre séculier s'est fondé près du château, les chanoines composant ce chapitre choisissant la règle de saint Augustin vers 1230. Selon Joseph Lemmens, ce n'est qu'avec la disparition de l'ordre du Temple en 1313 que les prêtres adoptent la règle des chanoines réguliers de saint Augustin et fondent la prévôté ecclésiastique du Coudenberg toujours dépendante du chapitre de la collégiale Saint-Michel.
On relève en outre que : les chanoines adoptent, pour leur communauté, le partage des revenus et non le vœu de pauvreté. ; le prévôt de la communauté n'a pu bénir les objets religieux et porter les ornements pontificaux qu'à partir de 1461.
Lors de la construction de la première enceinte de Bruxelles au , la prévôté et ses jardins, qui s'étendent jusqu'à l'actuelle rue Brederode, se retrouvent intra muros : .
Périodes transitoires pour le prieuré Pendant le et les périodes bourguignonne et autrichienne, les évènements religieux liés à la cour de la Maison de Bourgogne prennent place dans l'église priorale, tels le baptême de Marie de Bourgogne en 1457, les obsèques d'Isabelle de Bourbon en 1465, les funérailles et l'inhumation, en 1481, de François de Habsbourg fils de Maximilien de Habsbourg et de Marie de Bourgogne décédé à l'âge de quatre mois. À partir du et la construction, par Charles Quint, d'une chapelle dans le prolongement de lAula Magna du palais, les évènements religieux vont se dérouler dans cette chapelle palatine.
Pendant la révolte des Gueux, les bâtiments sont dévastés par les iconoclastes calvinistes en 1579.
En 1618, l'église du monastère devient paroissiale.
Naissance de l'abbaye du Coudenberg En 1731, la prévôté devient le bâtiment principal d'un ensemble monastique, élevé au rang d'abbaye. Adrien TouronUne estampe aux armes d'Adrien Touron, montrant un écu contenant un ouroboros (serpent se mangeant la queue) surmonté d'une mitre et de deux crosses posées "en sautoir", symbole d'une "double dignité", est présente dans le livre de Cafmeyer racontant l'histoire des hosties profannées de 1370. Le tableau représente un texte de la Genèse (18, 1-10a) : Abraham donne l'hospitalité au Seigneur et à deux autres hommes aux chênes de Mambré. Le Seigneur lui promet un fils dans l'année. Sous le tableau, on peut lire : reverendissimus ac amplissimus dominus Adrianus Touron abbas sancti Jacobi in Coudenbergh Bruxellis, ducum Brabantiae & burgundiae sacellarius hereditarius : per archidiaecefim Mecchlinienfem judex synodalis.devient père-abbé mais l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche lui reproche d'avoir marié clandestinement (à l'insu de ses parents) un prince avec sa lingère. Il en meurt de chagrin en 1743Comte Henri de Calenberg, Journal pour l'année 1743, Société des Bibliophiles de Belgique, Bruxelles, tome 1, 1913..
L'église abbatiale, qui est gravement endommagée par un incendie en 1743, soit douze ans après celui du palais du Coudenberg, ne sera jamais restaurée car, bien que l'abbaye de la Cambre ait, pour ce faire, prêté , le père-abbé du Coudenberg ne peut rembourser cette dette et se voit obligé de céder trente-cinq bonniers de terrain à la Cambre..
Il est rapporté qu'en 1774 l'abbé maltraite ses religieux mais consent des dépenses énormes pour la construction de bâtiments.. C'est ainsi que lors de l'aménagement de la place Royale, entre 1776 et 1781, l'abbaye fait démolir l'église incendiée, dont l'axe de la nef était perpendiculaire à l'actuelle rue de Namur et avec le parvis donnant sur celle-ciLe parvis se trouvait à l'endroit de l'actuel de la rue de Namur et faisait face à la rue des Aveugles (devenue plus tard rue de l'Arsenal) aujourd'hui disparue dans les bouleversements urbanistiques de la bruxellisation., et la fait reconstruire perpendiculairement à la nouvelle place. C'est l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg telle que nous la connaissons aujourd'hui, achevée en 1787. Elle fait également bâtir les deux hôtels particuliers attenants à l'église — les Hôtels de Coudenberg — qu'elle revend en 1784 à cause de la difficulté financière créée par tous ces financements.. Ces bâtiments sont, actuellement, ceux, aux , de la Cour constitutionnelle et, aux , de l'espace culturel ING.
Dissolution et réaffectation de l'abbaye Lors de la période française, après l'annexion, le , des Pays-Bas autrichiens par la Première République française, l'abbaye est définitivement dissoute.. Ses possessions sont vendues comme bien national et l'église devient, pendant un certain temps, un temple de la Raison. avant d'être rendue, par la signature du concordat de 1801, au culte catholique en 1802.
Lors de la période belge, entre 1834 et 1870, les bâtiments de l'ancienne abbaye sont occupés par l'état-major de l'École militaire fraichement créée par le roi Léopold .
Quant à l'église, si officieusement elle est considérée comme « paroisse royale », elle devient en 1986 la cathédrale du diocèse auprès des Forces armées belges.
Les abbés du Coudenberg
vignette|Moine de l'abbaye de Saint-Jacque-de-Caudenberg. Theodorus de Lombeek (+1397) Egidius de Lombeek Gerardus van der Straeten Henricus Spekaert Egidius Strael Joannes Evrard Zibert de Honsem Hermanus vander Tommen Egidius de Diest Nicolaus Marie Joannes de Coudenberg Judocus Custodis Joannes Rampelberch Joannes Bonecroy Henricus Meulemans Dionisius de Carnin Egidius van Linthout Carolus vander Baeren Franciscus Palpart (+1688) Andreas van Ophem (+1706) Thomas Bernaerts (+1720) Jacques t'Serstevens (+1732) Adrien de Touron (+1743) Félix De Grave-Hellin, Histoire du Très-Saint-Sacrement de miracle..., Victor Devaux & Cie, Bruxelles, 1871, . : juge synodal de l'archidiocèse de Malines, il est nommé chapelin héréditaire (sic) des ducs de Brabant et de Bourgogne car il a accepté pour son abbaye de s'occuper de la chapelle Saint-Hubert de la Vénerie à Watermael-Boitsfort, ayant d'ailleurs confié cette tâche à son neveu Michel Meeûs, prêtre de la communautéSander Pierron, Histoire de la forêt de Soignes.. Il rencontre là le jeune prince Maximilien de Rubempré, comte de Merode-Montfort, marquis de Trélon, et grand veneur du Brabant qu'il marie clandestinement en son abbaye avec l'''autorisation écrite du cardinal d'AlsaceJournal du comte de Calenberg, année 1743. Voir aussi Thomas-Philippe d'Alsace de Hénin-Liétard, surnommé le cardinal d'Alsace.. Ce fut le grand scandale bruxellois de 1743 avec le long internement du prince à la forteresse d'Anvers et le décès de l'abbé (mort de chagrin après avoir été destitué pour le motif qu'une fille est née un mois après le mariage). Nicolas Cloquet (+1769) Gilles Warnots est admis comme membre des États de Brabant en 1775. Le , les religieux décident de construire l'église de la place Royale en reconnaissance de cette admission, mais en fait, c'est Charles de Lorraine qui invita l'abbé à participer à l'édification de l'église, ce qui ruina le monastère. Grégoire Joseph Van der Heyden' est cité comme sous-diacre et prélat de l'abbaye parmi les autorités ecclésiastiques présentes lors d'une procession en souvenir du Saint-Sacrement de miracle en 1781Félix De Graeve-Hellin, Histoire du très saint sacrement de miracle, 1370 -1870, Victor Devaux, & Cie, Bruxelles 1871, .
Aspects architecturaux et culturels L'abbaye contenait autrefois des tableaux de Pierre Paul Rubens. On peut noter par contre qu'il subsiste. : l'église édifiée par l'architecte Guimard de 1776 à 1785, et desservant la paroisse royale en 1973 ; au 10, rue de Namur, un bâtiment de style Louis XVI qui servit successivement de lycée, de collège, d'athénée puis d'école militaire jusqu'en 1874. Dans ce bâtiment, Léopold II réunissait souvent les pionniers du Congo.
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Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
(KBR code A 2000 4.509)
(KBR code B 2003 1.022) (KBR code B 13.143) Guillaume Des Marez, Archiviste de la Ville de Bruxelles, Le quartier Isabelle et Terraken, Librairie d'art et d'histoire G. Van Oest, Paris et Bruxelles, 1927. Eugène Bacha et Hector De Backer, Le journal du comte Henri de Calenberg pour l'année 1743, tome 1, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique (3 volumes), Bruxelles, 1913. Pergameni, Inventaire (liasse 796, n°13, p 191) aux Archives de la Ville de Bruxelles. Acte du prélat Touron du 2 octobre 1737.
Articles connexes Liste des monastères en Belgique Liste des édifices augustins en Belgique Palais du Coudenberg Église Saint-Jacques-sur-Coudenberg École royale militaire (Belgique) Maison de Hénin-Liétard & Thomas-Philippe d'Alsace de Hénin-Liétard, archevêque de Malines, surnommé le cardinal d'Alsace
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