Avant l'époque moderne, les relations étrangères de la Chine impériale sont fondées sur la théorie voulant que l'Empire chinois est le Céleste Empire, le centre du monde civilisé et l’empereur de Chine le chef de ce monde civilisé. Tous les autres États sont censés verser un tribut à la Chine ou être ses vassaux. Théoriquement, les terres autour de la capitale impériale sont réparties en cinq zones circulaires qui bénéficient à différents degrés de l’influence bienveillante du fils du ciel et qui vont de la plus civilisée, le centre, à la plus « barbare », la plus externe,

Il y a plusieurs périodes pendant lesquelles la politique étrangère chinoise prend un ton isolationniste. En effet, la cour impériale est régulièrement déchirée par des luttes de factions, parmi lesquelles on trouve celle qui considère que le reste du monde est pauvre, arriéré et a peu à offrir et que la Chine ne doit s'occuper que d'elle-même.

Néanmoins, la Chine est une nation commerciale et ce, dès le début de son histoire. Bon nombre des interactions de la Chine avec le monde extérieur sont liées à la route de la soie, y compris les contacts avec des représentants de l’Empire romain au cours du et les visites du voyageur vénitien Marco Polo au cours du .

Un des fondements de la politique étrangère chinoise est de réussir à tenir à distance la menace de ce que les Chinois appellent les envahisseurs « barbares » venant du Nord comme les Xiongnu, les Mongols et les Jurchen. Pour arriver à leurs fins, les différentes dynasties chinoises utilisent des moyens militaires offensifs, comme les nombreuses campagnes dans le Nord lancées par différents empereurs, ou défensifs, comme en témoigne la grande muraille de Chine. La voie diplomatique est aussi régulièrement utilisée, les Chinois organisant des mariages appelés heqin, ou « mariages de paix », visant à sceller des alliances.

Lorsque la faction « isolationniste » n'est pas au pouvoir, la politique étrangère chinoise est particulièrement énergique; comme lorsque l'amiral Zheng He organise ses sept expéditions sous la dynastie Ming.

Dynastie Qin

Même si de nombreux rois des dynasties Shang et Zhou ont régné avant cette date, c'est l'an 221 qui marque réellement le début de la période impériale chinoise. En effet, Ying Zheng, le dirigeant de l’État de Qin et futur empereur Qin Shi Huang, est le premier à réussir à conquérir les différents royaumes qui étaient auparavant des vassaux de la dynastie Zhou. Sous sa direction et en s'appuyant sur une société modelée par l'application stricte de la philosophie légiste, ce qui était auparavant un État isolé sur la frontière occidentale réussit à conquérir tous ses rivaux de la période des Royaumes combattants.

Le royaume de Qin se lance également à la conquête de royaumes non sinisés. Ainsi, le domaine chinois s'étend également au nord en Mongolie intérieure et en Mandchourie, pendant que des expéditions navales partent vers le sud et réussissent à asservir les Baiyue, un peuple vivant dans la zone qui correspond actuellement au Guangdong et au nord du Vietnam. Après ces conquêtes, l' empereur Qin Shi Huang réussit à transformer ces différents États en un empire relativement unifié et uniforme, l’Empire Qin.

Cette frénésie de conquêtes représente l'essentiel des relations avec l'étranger de la brève dynastie Qin; qui s'effondre après 14 ans d'existence, sans avoir eu le temps de définir une politique étrangère digne de ce nom.

Dynastie Han

La période de la dynastie Han (202 av. J.-C.-220) représente une véritable révolution dans l’histoire de la politique étrangère de la Chine impériale. En effet, sous le long règne de l'empereur Han Wudi (r. 141-), les voyages du diplomate Zhang Qian permettent à la Chine de prendre contact pour la première fois avec de nombreux pays et royaumes asiatiques. Lorsqu'il commence son voyage dans les régions situées à l'ouest des frontières occidentales de la Chine, Zhang Qian cherche à nouer une alliance avec les Yuezhi contre les Xiongnu. Durant son périple, Qian est emprisonné par les Xiongnu pendant de nombreuses années. Lorsqu'il réussit à rentrer en Chine, il n'a noué aucune alliance mais il ramène des rapports détaillés sur les terres qu'il a traversées et qui étaient précédemment inconnues des Chinois. Les détails de ses voyages permettent aux Han d'apprendre l'existence des royaumes hellénisés de Fergana (Dayuan) et du royaume gréco-bactrien de Daxia, que Qian a traversé. Il rédige également des rapports sur des contrées qu'il n'a pas traversées, mais pour lesquelles il a eu des informations de seconde main. Ces rapports concernent l'Anxi (c.a.d l'Empire parthe), le Tiaozhi (c.a.d la Mésopotamie), le Shendu (c.a.d l'Inde), et les nomades Wusun d’Asie centrale. C'est à la suite de ces voyages que sont noués les contacts commerciaux qui permettent la création de la célèbre route de la soie, qui relie la Chine à l’Empire romain.

L'empereur Han Wudi est aussi connu pour ses nombreuses conquêtes. Il même des campagnes victorieuses contre les Xiongnu et attaque le royaume de Gojoseon, situé dans la péninsule de Corée. Cette campagne coréenne s’achève par l'établissement de quatre commanderies, dont la plus importante est la commanderie de Lelang, située dans le nord de la péninsule. L’empire Han s'agrandit également vers le sud de la Chine et le nord du Vietnam du Nord, puis annexe de nouveau le territoire des Baiyue, qui avaient profité de la chute des Qin pour reprendre leur indépendance. Toujours dans le sud, les Han détruisent et annexent les royaumes des peuples Minyue et Dian. En 111 av. J.-C., l'empereur Han Wudi annexe le Royaume de Nanyue, après une courte guerre. Ce royaume était gouverné par la dynastie des Yue du Sud (南越國), qui avait été fondée par le général chinois Zhao Tuo. Tuo avait conquis le royaume d'Âu Lạc, alors pays du peuple Viêt, pour le compte de la dynastie Qin. Après la chute de la dynastie Qin, Tuo avait proclamé son indépendance et fondé sa propre dynastie en 206 av. J.-C..

Les routes commerciales partant de la Chine ne se limitent pas aux voies terrestres. Au cours du , les Chinois naviguent au-delà de l’Asie du Sud-Est et pénètrent dans l’océan Indien. Ils atteignent l’Inde et le Sri Lanka par la voie maritime avant les Romains. Cette route maritime est par la suite utilisée, non seulement par les marchands et les diplomates mais aussi par des missionnaires religieux chinois, à la recherche de toujours plus de textes bouddhistes indiens à traduire du sanskrit au chinois. En l'an 148, le prince parthe connu sous le nom d'An Shigao est le premier à traduire des textes bouddhistes en chinois. En dehors de ce prince, bien d'autres missionnaires bouddhistes viennent en Chine à cette époque. Ainsi, ce sont des missionnaires d'origine Yuezhi et d'autres appartenant au peuple Kushan du Nord de l’Inde, qui introduisent le bouddhisme en Chine. D'après l’écrivain chinois Yang Xuanzhi du , c'est l'Empereur Han Mingdi qui établit officiellement le bouddhisme en Chine, en fondant le temple du Cheval blanc au de notre ère. C'est à la même époque que les Han établissent un contact maritime avec le Japon de la période Yayoi, habité par ceux que les Chinois appellent le peuple Wa. Toujours durant le , les Han établissent des relations avec le royaume du Fou-nan, un royaume qui recouvre le Cambodge actuel, ainsi qu'une partie de la Birmanie, du Laos, de la Thaïlande et du sud du Vietnam.

Le général Ban Chao (32-102) reconquiert les États situés dans les régions de l’Ouest de la Chine, ce qui correspond actuellement au bassin du Tarim dans le Xinjiang. En effet, durant le bref intermède de la courte dynastie Xin, les Xiongnu ont repris pied dans la région et détruit tous les réseaux d'influences de la Chine. Après avoir repoussé les Xiongnu en dehors de la région, Chao fait des royaumes de Kashgar, Loulan et Khotan les vassaux des Han. Après ces victoires, il envoie Gan Ying, un de ses hommes, comme ambassadeur vers l'ouest, afin d’arriver à Rome, que les Chinois appellent Da Qin. Ying arrive peut-être au bord de la mer Noire ou à la frontière de la Syrie de l’époque romaine. Il n'est pas certain qu'il soit allé aussi loin, mais dans tous les cas il rebrousse chemin avant d'arriver à Rome. Toutefois il ramène de son expédition des rapports détaillés sur l’Empire romain et les régions qu'il a traversées.

C'est après l'expédition de Ying qu'ont lieu les premiers contacts diplomatiques entre la Chine et l’Occident. Avec l’expansion de l’Empire romain au Moyen-Orient au , les Romains ont acquis les moyens nécessaires pour se lancer dans le transport maritime et le commerce dans l’océan Indien. En 166, soixante ans après les expéditions vers l’ouest de Ban Chao, arrive à la cour des Han le premier groupe de personnes prétendant être une ambassade de l'Empire Romain. Ils sont reçus par l’empereur Han Huandi de Han en Chine comme étant des "ambassadeurs d'Antun (l'empereur Antonin le Pieux), roi de Da Qin (Rome) ». Cette mention "Antun", soit "Antonin", pose un problème d'ordre chronologique. En effet, Antonin le pieux meurt en 161 en laissant l’empire à son fils adoptif Marcus Aurelius, ou plus exactement Caesar Marcus Aurelius Antoninus Augustus. Il est donc difficile de savoir qui du père ou du fils a vraiment envoyé cette mission, étant donné que les deux empereurs s’appellent « Antonin ». De plus, il faut noter que les deux historiens Charles Hucker et Rafe de Crespigny pensent que les « ambassadeurs » de 166 sont en fait des marchands romains assez audacieux pour tenter le voyage et non de vrais diplomates; .. Marchands ou diplomates, la mission de 166 reste dans tous les cas le premier contact direct entre Rome et la Chine.

Période dite des « Six Dynasties » (220-589)

Officiellement, cette période de chaos et de division commence avec la chute de la dynastie Han en l'an 220 et s’achève au début de la dynastie Sui en 589. En réalité, elle débute avec la guerre civile qui marque la fin de la dynastie Han entre 184 et 220. Cette période troublée est marquée par un épanouissement du bouddhisme et des voyages vers les pays étrangers inspirés des missionnaires bouddhistes. On voit arriver en Chine des moines indiens tels que Kumarajiva (344-413), originaire de Koutcha, alors capitale d’un petit royaume tokharien, qui voyage en Chine afin de traduire des textes du sanskrit vers le chinois. A contrario, il y a aussi beaucoup de Chinois qui voyagent à l’étranger afin d’obtenir des sutras bouddhistes pour les traduire en chinois. Parmi ces voyageurs, on trouve le moine chinois Faxian (337-422) qui, dans sa vieillesse, s’est rendu au Sri Lanka, en Inde et au Népal. De la Chine, le bouddhisme arrive en Corée en l'an 372. Il se répand d'abord au nord de la péninsule dans le royaume de Koguryo, à partir duquel se développe durant les siècles suivant un bouddhisme coréen distinct du bouddhisme chinois. D'après ce qui est écrit dans le Nihon Shoki, le bouddhisme japonais naît en l'an 552 avec l'arrivée d'une mission religieuse envoyée par Seong, le roi de Baekje, un des trois royaumes coréens.

Trois Royaumes La période des trois royaumes (220-280) est une période de l’histoire chinoise où le pays est déchiré par les guerres incessantes entre les dirigeants du Shu, du Wu et du Wei; qui cherchent tous à réunifier la Chine à leur profit. Les combats perpétuels pour le pouvoir absorbent toutes les forces de ces trois États, qui n'ont ni le temps ni les moyens de s’engager dans des expéditions ou des ambassades à l’étranger.

Il y eut toutefois quelques contacts avec l’extérieur. Ainsi, le Shu, situé à l’Ouest, soumet le peuple Hmong, connu alors sous le nom de Nanman. Sun Quan, le fondateur du royaume de Wu, rétablit la domination chinoise sur la zone correspondant à l'ancien royaume de Nanyue. Enfin, le Wei, après avoir annexé les quatre commanderies coréennes, inflige deux lourdes défaites au royaume de Koguryo et vassalise les autres royaumes de la péninsule.