La bataille de la Sambre est une série d'opérations militaires pendant la campagne de France au début de la Seconde Guerre mondiale. Elle oppose du 16 au les Alliés franco-britanniques aux troupes allemandes venant de Belgique. La défense de la rivière s'appuie notamment sur les ouvrages fortifiés (casemates) du secteur fortifié de Maubeuge de la ligne Maginot. Quelques contre-attaques françaises sont également menées dans la forêt de Mormal et à Landrecies, sans succès.
Contexte historique
Le , le Troisième Reich lance une grande offensive sur les Pays-Bas, le Luxembourg, la Belgique et la France dans ce qui sera appelé la bataille de France.
Les Allemands appliquent le plan jaune : leur groupe d'armées B attaque les Pays-Bas et avance dans la plaine belge, y attirant ainsi l'aile marchante des Franco-Britanniques qui suivent le plan Dyle-Bréda prévu dans le cas d'une telle offensive allemande dans les pays neutres. Dans le même temps, le groupe d'armées A allemand, avec en premier échelon ses formations de chars (la et la ), lance l'attaque principale au centre de la ligne de front, à travers les Ardennes, et atteint ainsi la Meuse le 12 au soir, la franchissant en force le lendemain. Les armées alliées sont encerclées dans le nord de la France et en Belgique.
La Sambre, qui avait déjà été le théâtre d'importants combats en 1918 pendant la Première Guerre mondiale, va être à nouveau convoitée entre les Français et les Allemands pour la possession des ponts. La Wehrmacht atteint la rivière le .
Déroulement de la bataille Dans le secteur de Charleroi (Belgique) : 16-17 mai
Le , hormis quelques bombardements et des patrouilles allemandes de reconnaissance, peu de combats sont rapportés à Charleroi défendue par la DINA.
Le , le de zouaves qui n’a pu utiliser le pont de Roux avant le lever du jour en raison de la retraite de la d'infanterie (DIM) est attaqué sur son flanc droit par les Allemands. Des mouvements ennemis (dont des motocyclistes et des blindés) sont rapportés au niveau de Temploux-Gosselies, prenant contact avec la tête de pont alliée à Charleroi. Dans la matinée, des éléments de reconnaissance motorisés allemands sont arrêtés au Vieux Campinaire, laissant plusieurs blessés et prisonniers17 mai 1940 canal de Charleroi, Le Bataillon de Mitrailleurs - DINA - Mai 1940. Le met par ailleurs deux voitures blindées allemandes hors de combat sur le pont de Motte.
La résistance menée par les Français permet de diminuer la pression ennemie sur Charleroi. Autour de Gosselies, de violents combats sont en revanche signalés. Les troupes françaises, soutenues par la couverture des tirs du d'artillerie et du d'artillerie colonial (RAC), battent en retraite après avoir détruit tous les ponts sur la Sambre. Le , la retraite est générale derrière le canal de Bruxelles-CharleroiLa bataille de France - 10 mai - 22 juin 1940 (vue du côté français), ECPAD. Les Allemands se lancent précipitamment en direction de la capitale, Bruxelles, qui est occupée dans la journée. Le lendemain, le , Anvers tombe aux mains de l'ennemi.
Les combats de Landrecies (17-18 mai) Le , l'avant-garde de la Panzerdivision de Rommel, arrivant d'Avesnes-sur-Helpe, pénètre dans Landrecies par le sud-est. La progression de la division est entravée par le flot de réfugiés et de troupes françaises qui se rendent sans combattre, les panzers devant par conséquent couper par les champs. La DLM lance des missions de reconnaissance en direction de la villeLes combats de Landrecies 17 mai 1940, consulté le 18 mai 2013. Dans l'après midi, des automitrailleuses du de dragons venant de Le Quesnoy tentent en effet de reprendre le pont du canal de la Sambre qui n'a pas encore sauté. Des détachements d’infanterie aident les chars, plusieurs blindés sont détruits des deux côtés, les Français ne parviennent pas à dépasser la ligne de chemin de ferLe 18 mai 1940, un avion britannique est abattu au-dessus de Preux au Bois, consulté le 18 mai 2013. Divers témoins affirment qu'une centaine de blindés allemands (dont des SdKfz 221/22/23, des camions de transports, véhicules de liaison et des Panzer I et II) sont détruits par les chars B1 Bis « Tunis » (Lieutenant Pompier) et « Mistral » (Lieutenant Gaudet) du BCC de la DCR en une vingtaine de minutesDominique Lormier, Comme des lions – mai juin 1940 – Le sacrifice héroïque de l'Armée française, éd. Calmann-Lévy, Paris, 2005. Les Allemands tentent alors de repousser les deux B1 bis avec des pièces d'artillerie, en particulier huit pièces PaK 36/37 dont 6 seront détruites par les deux chars français. Craignant que les Allemands ne se ressaisissent, le lieutenant Pompier décide de se replier sur ses positions de départ où il rejoint 4 autres B1 envoyés en renfort. La PzD envoie en effet en renfort des canons de et des Pak 36 dans la ville.
Le , une contre-attaque blindée française est planifiée afin d'arrêter la progression des Allemands sur la Sambre. Dans l'après-midi, le du de cuirassiers reçoit l'ordre d'établir une tête de pont à Landrecies. Vers 18h, un peloton motorisé de AMR 35 et 5 Somua S-35 pénètrent dans la ville et avancent sur l'avenue de la Marne, près de la ligne de chemin de fer1940 REGIMENT DE CUIRASSIERS - JMO, chars-français.net. Les Allemands qui avaient établi des positions défensives dans la ville parviennent à contenir la contre-attaque et reprennent leur offensive. Les Français se replient sur Le Quesnoy.
Le siège de Jolimetz (18 mai) vignette|Blindé français Somua S-35. Au matin du , les Allemands du XV. Armee Korps (Hoth) sont sur la rive est de la Sambre et l'ont traversée en plusieurs points, notamment des éléments -la Kampfgruppe Haarde- de la 5. Panzer-Division (von Hartlieb) à Berlaimont, lesquels investissent ensuite Locquignol au cours de la matinée. Les Allemands vont donc arriver depuis la forêt et la route de Berlaimont (Locquignol) mais sont également sur la chaussée Brunehaut au niveau du Cheval Blanc près de Gommegnies et poussent vers Villereau.
Jolimetz est défendue par le bataillon du Régiment de Tirailleurs Algériens (Négroni) (appartenant à la Division d'Infanterie Nord Africaine (Tarrit)) qui s'est installé dans le village le matin même et est renforcé par un escadron de chars (de la Division Légère Mécanisée) sous les ordres du capitaine Dunoyer De Segonzac, qui dispose entre autres de 10 chars Somua S-35, le (Albaut) du Régiment de Dragons Portés ainsi que quelques automitrailleuses du Cuirassier.
Les Français défendent le carrefour de l'Opéra afin de protéger la route Le Quesnoy - Berlaimont ainsi que la chaussée Brunehaut, et ont installé quelques points d'appuis avancés dans la forêt. Au village même, quelques barricades sommaires ont été établies et les tirailleurs se préparent à se battre dans les maisons et les vergers puisqu'il n'existe aucune fortification.
Si les Allemands testent la défense française dès 8h, les chars de De Segonzac contribuent à faire échouer les approches allemandes, mais subissent leurs premières pertes au carrefour de l'Opéra et dans la forêt. En début d'après midi la Kampfgruppe Haarde lance une véritable attaque en masquant son approche derrière les convois de réfugiés belges et français qui fuient l'envahisseur, des tirs d'artilleries s'abattent sur les défenseurs et les Allemands tentent de s'infiltrer dans leurs positions. Le choc est dur mais les défenseurs tiennent bon presque partout, et grâce à l'appui des chars, les Allemands sont refoulés dans la forêt. Mais les Allemands persévèrent et ramènent des chars lourds et des canons à la lisière de la forêt pour une attaque frontale, pendant que les chars légers tournent les positions françaises par le nord de Jolimetz. Cette fois les défenseurs cèdent, la bataille atteint son point culminant et une cinquantaine de Panzer envahissent peu à peu le village qu'ils remontent vers Le Quesnoy, plusieurs S-35 sont détruits dont celui du capitaine De Segonzac devant le monument aux morts, les défenseurs après avoir résisté avec bravoure tentent de décrocher peu à peu vers Le Quesnoy, dont les chars restants, mais les Allemands qui ont pris Villereau et débordé les positions à Jolimetz par le nord, coupent alors la retraite des défenseurs à Potelle et trois S-35 sont détruits devant la mairie de ce village. Jolimetz est quasiment aux mains des Allemands mais ceux-ci, qui avaient demandé un soutien aérien devant les difficultés rencontrées, doivent évacuer le village pendant le raid de leurs Stuka, puis le réinvestissent alors sans difficultés.
Le siège de Le Quesnoy (18-21 mai) Une fois battu le bataillon de Tirailleurs AlgériensLe II/ RTA. Le RTA appartenant à la DINA qui défendait Jolimetz avec quelques chars en appuiCeux de la DLM après la percée des Allemands à travers les défenses de la Sambre, la Panzerdivision se présente devant les remparts du Quesnoy le vers la fin de l'après-midi. Toutefois les trois portes d'accès à la citadelle ont été obstruées et sont défendues, stoppant l'attaque allemande dans son élan. La ville s'avère solidement tenue, principalement par un bataillon de tirailleurs marocainsLe III/ RTM. Le RTM dépendait lui aussi de la DINA.. Le siège de la ville débute alors, et bien que les Français n'avaient pas prévu à l'origine d'intégrer la forteresse de Vauban comme position défensive, puisque démodée, celle-ci, avec ses profonds remparts et ses portes étroites, va tenir les chars allemands en échec, plusieurs d'entre eux étant détruits au cours des quelques attaques qu'ils auront tentées.
L'après-midi du , alors que d'autres Panzer-Divisionen ont atteint depuis la veille les côtes de la Manche, les défenseurs sont dans une situation désespérée : comptant de très nombreux blessés et manquant aussi bien d'armes lourdes et de munitions que de vivres, ils sont désormais isolés loin derrière les lignes ennemies puisque la résistance des unités françaises dans le nord de la forêt de Mormal s'est effondrée avec l'arrivée de deux divisions Panzer venues de BelgiqueLes 3 et Panzerdivisions, incorporées au XVI. Armee-Korps (mot.).. Les Allemands de la Panzerdivision, qui préparent une nouvelle attaque avec chars et artillerie lourde, proposent aux défenseurs de donner leur reddition, que ceux-ci acceptent dans l'après-midi. Les Allemands leur rendent les honneurs.
L'action des défenseurs a contribué à ralentir la progression de la Panzerdivision pendant trois jours, et par ricochet, étirant la Panzerdivision qu'elle était censée flanc-garder, et qui s'est de fait trouvée exposée lors de la contre-attaque britannique à Arras le . Bombardée et incendiée par l'aviation et l'artillerie allemande, la ville a particulièrement souffert de ces quelques jours de siège, du beffroi ne restent que les murs.
Combats de la forêt de Mormal (19-20 mai) Le , le colonel Mesny commandant la DINA reçoit l'ordre de nettoyer la forêt de Mormal afin de protéger le repli du Corps d'armée sur la position fortifiée de la frontière nordSkirmishes around Mormal forest - May 1940, Axis History, consulté le 18 mai 2013. Des infiltrations ennemies sont signalées dans la forêt. À cet effet, elle dispose d'un escadron de Somua S-35 du de dragons et des fantassins du de zouaves. Le commandant de la DINA ne possède en revanche aucun élément d’infanterie motorisée pouvant accompagner les chars Somua pour participer aux missions de reconnaissance des lisières de la forêt de Mormal et des ponts de Berlaimont et de Landrecies19 mai 1940 forêt de Mormal, Le Bataillon de Mitrailleurs - DINA - Mai 1940. Les troupes parviennent à se déployer à la tombée de la nuit malgré les attaques aériennes allemandes.