Le château de Benauge est un ancien château fort situé sur la commune française de Porte-de-Benauge (et avant 2019 sur l'ancienne commune d'Arbis), dans le département français de la Gironde.

Localisation Le château est situé sur les hauteurs du territoire communal de Porte-de-Benauge, dans la région naturelle de l'Entre-deux-Mers, entre Cadillac et Targon.

Historique Dès le , Guillaume Amanieu, arrière petit-fils du Duc de Gascogne Sanche IV Garcia, fait ériger un donjon est érigé sur une motte castrale dominant la région de l'Entre-deux-Mers. Au siècle suivant, la vicomté de Benauge passe par alliance dans la famille de Gavarret.

Au , alors que l'Aquitaine est encore sous souveraineté anglaise, le château est la propriété de Bernard de Gavarret-BouvilleDavid Carpenter, 2020, : The Rise to Power and Personal Rule 1207-1258. New Haven : Yale University Press, 954.. Ce dernier se rebelle contre Simon de Montfort, représentant de l'autorité royale anglaise. En représailles, Henri III Plantagenêt, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, vient lui-même assiéger la forteresse du jusqu'à sa chute le . Le château est alors en grande partie détruit. gauche|vignette|La configuration du château après sa reconstruction, dessin de Léo Drouyn, 1865. Après la prise de la place forte, la vicomté de Benauges demeure pendant la propriété personnelle du roi d’Angleterre. Puis, en 1266, celle-ci est octroyée à Jean de Grailly qui fait reconstruire et agrandir le château. Nommé Sénéchal d’Aquitaine, c'est lui qui fonde la bastide de Cadillac. En 1300, la forteresse acquiert la configuration qu'elle a encore aujourd'hui. La famille de Grailly ne cesse ensuite d'accroître sa puissance par des alliances prestigieuses. Au début du , la seigneurie est érigée en comté. Lors de la guerre de Cent Ans, les Grailly prennent une part actives aux combats, du côté anglo-gascon. En 1453, Benauges est même le dernier bastion anglo-gascon conquis par le roi de France Charles VII, au lendemain de la bataille de Castillon.

En achetant la seigneurie au roi de France en 1462, Jean de Foix-Candalle empêche l’exécution de l'ordre royal de destruction du château.

Au début du , le château échoit par alliance à la famille du duc d'Épernon, toutefois, celle-ci préfère résider dans sa nouvelle demeure de Cadillac.

gauche|vignette|redresse|Le château remanié et modernisé par Étienne de Gombaud, dessin de Léo Drouyn, 1863.

En 1700, la seigneurie est achetée par Étienne de Gombaud (1661-1721), parlementaire bordelais. Il fait modifier et agrandir les bâtiments du château qu'il transforme en demeure d'apparat. Sa fille Jaquette-Angélique (1708 - 1775) épouse en 1726 Charles-François de Wavrans, marquis de Boursin, et reçoit Benauge en dotÉric Thiou, Dict. des Titres (2003) p 67 ; Jougla de Morenas, Grand Armorial, to 6-507. Les LP de mars 1762 furent enregistrées à Bordeaux (AD 33, 1B50, f° 131). Le "pays" comprenait Arbis, Omet, Escoussans, Donzac, St Germain du Gravoux, Montpezat, Mourens, St Martial, Gornac, Castelviel, Coirac, Martres, Cantoix, Ladaux, Montignac, Semens, Aubiac, St Genis, et St Pierre de Bat.. Celle-ci reconstitue le domaine qui avait été divisé en 1678, et réclame ses droits seigneuriaux, ce qui lui vaut une très mauvaise réputation et le surnom local de « la mauvaise comtesse ».

Le 9 juin 1793, à la demande du district de Cadillac, le Conseil municipal vote la démolition du château. Le domaine est alors divisé en deux. La partie seigneuriale appartenant au fils de Jaquette-Angélique, celui-ci ayant émigré, est vendue comme « bien national » à un tailleur de pierre qui s'en sert de carrière. L'autre revenant à sa sœur, Angélique Françoise de Wavrans, épouse de l'industriel alsacien Frédéric de Wendell. En 1824, cette dernière rachète la partie en ruines du château, puis la cède à M. Dumoulin, propriétaire de la partie restée habitable, réunissant ainsi le domaine.

En 1913, le château est acheté par Auguste Journu, et reste encore dans la famille Journu. centré|vignette|La façade nord sur une carte postale du début du .

Description Témoin majeur de la fortification médiévale en Aquitaine et l'une des forteresses les plus importantes de la Gironde, le château occupe le sommet d'une motte castrale combinant fossés, vallum, lices, terrasses, donjon, chapelle, deux enceintes renforcées de tours et bâtiments divers« Château de Benauge, à Arbis » dans Joseph François Rabanis, Léonce de Lamothe, Compte-rendu des travaux de la commission des monuments historiques du département de la Gironde pendant l'année 1846-1847, Paris, Victor Didron, 1847 (lire en ligne), pp.21-23.. On y accédait par une tour-porte équipés d'une herse et d'un assommoir..

Protection L'édifice est inscrit, avec son vallum, ses lices, terrasses, sol et sous-sol, au titre des monuments historiques par un arrêté d'inscription du , consulté le 30 août 2012.. Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liste des monuments historiques de la Gironde Arbis Pays de Benauges

Liens externes

Benauge Benauge Arbis Catégorie:Monument historique en Gironde Catégorie:Monument historique inscrit en 1995 Catégorie:Gironde au Moyen Âge Catégorie:Patrimoine architectural de l'Entre-deux-Mers

Catégorie:Architecture militaire du Moyen Âge central