La rafle du billet vert désigne la convocation et l'arrestation de Juifs étrangers par la police française le . Les autorités françaises arrêtent ainsi ., principalement de nationalités polonaise et tchécoslovaque, ou des apatrides. L'ensemble de l'opération est conjointement dirigée par Theodor Dannecker et l'amiral François Bard, préfet de police de Paris.
Bien que le terme de rafle soit impropre puisque les victimes ont répondu à une convocation (le « billet vert » éponyme), il a été consacré par l'usage puisqu'il s'agit de la première vague d'arrestations massives de Juifs sous le régime de Vichy, avant notamment la rafle du Vel d'Hiv de mi-.
Contexte et préparatifs vignette|gauche|Vue du camp de Pithiviers en 1941. À partir de , les autorités françaises recensent les Juifs étrangers sur ordre des Allemands. Le régime de Vichy prend ensuite l'initiative de promulguer une loi sur le statut des Juifs étrangers (loi du ). Theodor Dannecker, représentant d'Adolf Eichmann à Paris, souhaite cependant accélérer l'exclusion des Juifs, non seulement en les recensant et en les spoliant mais également en les internant. Il peut compter sur Carltheo Zeitschel, qui partage avec lui les mêmes objectifs, et qui est chargé à l'ambassade d'Allemagne à Paris des relations avec le Commissariat général aux questions juives, créé le .
Le , Dannecker informe le préfet Jean-Pierre Ingrand, représentant du ministère de l'Intérieur en zone occupée., de la transformation du camp de prisonniers de Pithiviers en camp d'internement, avec transfert de sa gestion aux autorités françaises. Les Allemands exigent dans le même temps l'application de la loi du qui permet l'internement des Juifs étrangers. Le seul camp de Pithiviers étant insuffisant, celui de Beaune-la-Rolande est également requis, pour une capacité totale de . Texte remanié de ..
Déroulement des opérations vignette|gauche|Le « billet vert » de convocation et la liste des objets demandés. Sur la base des recensements effectués, étrangers, Polonais pour la plupart, des hommes de habitant en région parisienne, reçoivent une convocation pour « examen de situation » (le billet vert). les sommant de se rendre, accompagnés d'un proche, dans divers lieux de rassemblement le , dont le gymnase Japy. Plus de la moitié () obéissent puisqu'ils pensent qu'il ne s'agit que d'une formalité administrative, et ils sont aussitôt arrêtés pendant que la personne qui les accompagne est invitée à aller leur chercher des affaires et des vivres. Ils sont transférés en autobus à la gare d'Austerlitz et déportés le jour même par quatre trains spéciaux vers les camps d'internement du Loiret (à peu près à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande)..
Destin des raflés Entre et , environ réussissent à s'échapper, mais ils sont souvent arrêtés à nouveau. Dans leur très grande majorité, les victimes de cette opération sont déportées lors des premiers convois de et et assassinées à Auschwitz-Birkenau.
Parmi les personnes raflées se trouvaient le grand-père de l'animateur de télévision Michel Cymes, mort à AuschwitzParis Match, , semaine du au , : , Abraham Reiman, père d'Arlette Testyler, mort lui aussi à Auschwitz, ainsi que Daniel Finkielkraut, père d'Alain Finkielkraut, qui survécut à la déportation.
La réaction de Je suis partout
Le journal collaborationniste et antisémite Je suis partout, dans son édition du , réagit à ces arrestations en masse en publiant cet article :
Photographies Au début des années , 200 planches-contacts traitant de Paris sous l'occupation réapparaissent lors d'une foire à Reims. Cinq d'entre elles, soit une centaine de clichés, concernent la rafle du billet vert et la vie des déportés aux camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers. Un brocanteur normand les achète et n'y pense guère jusqu'au visionnage d'un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale. Il prend alors contact avec des collectionneurs, qui finissent par les léguer au Mémorial de la Shoah. Leur photographe est Harry Croner, membre d'une Compagnie de propagande qui accompagnait ce jour-là Theodor Dannecker et quelques officiels allemands venus assister aux opérations.. Certaines photos furent publiées dans la presse collaborationniste, figurant par la suite dans des fonds d'archives ou des ouvrages historiques mais sans que le nom du photographe soit indiqué. L'un des clichés est célèbre pour avoir été repris dans le film Nuit et Brouillard (1956) d'Alain Resnais. Il était autrefois convenu qu'il avait été pris à Pithiviers, mais on sait de nos jours qu'il s'agit de Beaune-la-Rolande.
Hommage vignette|Plaque commémorative de la rue de Béarn. Une plaque commémorative rappelle cet épisode à la gare d'Austerlitz. Une autre existe également devant le gymnase Japy.
Depuis , plusieurs plaques commémoratives sont dévoilées par la Ville de Paris sur les lieux de convocation des Juifs étrangers., notamment aux adresses suivantes : à la caserne des Minimes, au 12 rue de Béarn () ; au 60 rue Notre-Dame-de-Nazareth (). : à la caserne Napoléon, au 4 rue de Lobau () ; au 12 rue Jean-Bart () ; au 33 rue de la Grange-aux-Belles () ; au 52 rue Édouard-Pailleron ().
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jean-Marc Dreyfus, Lior Lalieu, La rafle du billet vert : 14 mai 1941, les photos retrouvées , Calmann-Lévy, 2026, 174 p. . . . .
Articles connexes Rafle des notables Rafle du Vélodrome d'Hiver Chronologie de la collaboration du régime de Vichy dans le génocide des Juifs Shoah
Liens externes
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