Robert Underwood Ayres (né le et mort le à NemoursÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970) est un physicien et économiste américain. Ses travaux portent sur l'application de concepts physiques, en particulier les lois de la thermodynamique, à l'économie. Il s'est largement intéressé aux flux et transformations matériels (écologie industrielle ou métabolisme industriel) — un concept dont il est à l'origine. Ses travaux les plus récents portent sur la théorie économique de la croissance.
Carrière Formé comme physicien à l'Université de Chicago, à l'Université du Maryland et au King's College de Londres (PhD en physique mathématique), Ayres a dédié l'ensemble de sa carrière à travailler sur les questions de l'environnement, de la technique et de la finitude des ressources, qui sont au cœur de la question de la durabilité. Ses principaux thèmes de recherche comprennent le progrès technique, l'économie de l'environnement, le « métabolisme industriel » et « l'éco-restructuration ». Il a travaillé au sein de l'Hudson Institute (1962–1967), de Resources for the Future (1968) et de l'International Research and Technology Corp (1969–1976). De 1979 à 1992, il a été professeur en ingénierie et politiques publiques à l'Université Carnegie-Mellon, sauf pendant deux ans (et six étés), qu'il a passés à l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués (IIASA), en Autriche. En 1992, il a rejoint l'Institut européen d'administration des affaires, à Fontainebleau, en tant que professeur en gestion et environnement. À la retraite depuis 2000, il a été professeur invité du Jubilé (2000–2001), puis professeur du roi Gustav XVII en sciences de l'environnement (2004–2005) à l'École polytechnique Chalmers, à Göteborg en Suède.
Ayres a écrit ou coécrit dix-sept livres, édité ou coédité une douzaine d'autres, écrit ou coécrit plus de deux-cents articles et chapitres de livres, ainsi que de nombreux rapports non publiés, sur des sujets qui vont des effets d'une guerre nucléaire sur l'environnement à l'économie théorique. ses travaux sont, pour l'essentiel, interdisciplinaires. Il est l'un des pionniers du domaine appelé métabolisme industriel ou écologie industrielle. Il a contribué à l'étude de la prospective, de l'énergie des transports, des flux matériels (« dématérialisation »), des technologies de l'environnement, de l'économie de l'environnement, des liens entre thermodynamique et économie, et de la théorie économique de la croissance.
Extrait de l'un de ses livres, Turning Point: The End of the Growth Paradigm (Londres: Earthscan, 1998), les mots qui suivent donnent une idée de ses travaux :
Il peut y avoir confusion ici entre progrès technique et « progrès » dans un sens plus général, voire moins bien défini. Comme de nombreuses autres personnes, j'ai eu longtemps tendance, sans y faire attention, à assimiler croissance économique et ce type de progrès non défini. J'avais beau avoir conscience de la différence entre les deux, je supposais malgré tout, par facilité, que l'on pouvait virtuellement utiliser l'un pour désigner l'autre. Il est désormais temps d'éliminer cette confusion.
D'une certaine manière, assez simpliste, la différence entre croissance et progrès est tout à fait triviale : c'est la différence entre « plus » et « mieux ». En questionnant le paradigme de la croissance lui-même, je ne fais pas l'hypothèse que la croissance signifie nécessairement « plus » de biens physiques. Au contraire, j'insiste sur le fait que la véritable mesure de la production économique n'est pas la quantité de biens produite, mais la qualité et la valeur des services finaux fournies au consommateur. Ce qui ne va pas dans le « syndrome de la croissance », ce n'est pas sa tendance à consommer des ressources matérielles (comme Barry Commoner, par exemple, le suppose). C'est que la croissance de ce type, qui existe aujourd'hui en Europe et aux États-Unis, ne rend plus les gens plus heureux, ni n'augmente leur véritable niveau de vie.
Il est possible de continuer à avoir de la croissance économique — dans le sens où cela apporterait de meilleurs ou plus précieux services au consommateur final — sans nécessairement consommer plus de ressources physiques. Ceci découle du fait que les consommateurs n'ont pas d'intérêt pour les biens en soi, mais pour les services que ces biens fournissent. La possibilité de décorréler activité économique, d'une part, et énergie et matière d'autre part (« dématérialisation ») a été l'un des grands domaines de recherche de ma carrière professionnelle.
Publications
Voir aussi Ludwig von Bertalanffy Nouvelle économie Robert Solow Système complexe
Références
Liens externes
Curriculum Vitae au Energy Science Center, tiré d'une présentation du semestre d'automne de 2009.
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