L'addition aldolique de Mukaiyama est une réaction organique de type aldolisation entre un éther d'énol silylé et un aldéhyde, catalysé par un acide de Lewis.. Ce choix de réactifs permet de faire des aldolisations croisées entre un aldehyde et une cétone, ou un aldéhyde différent, sans risquer la condensation de l'aldéhyde sur lui-même, ce qui réduirait fortement le rendement. Pour cette raison, cette réaction est utilisée de façon extensive en synthèse organique. Dans son utilisation originelle, l'acide de Lewis (le chlorure de titane) était utilisé en quantité stœchiométrique, mais il existe aussi des utilisations avec de vraies quantités catalytiques également. Cette réaction est aussi optimisée pour les synthèses asymétriques.
Réaction originale
La description de la réaction originale publiée par Teruaki Mukaiyama en 1973 . est celle entre l'éther d'énol silylé de la cyclohexanone avec le benzaldéhyde, en présence d'un équivalent de tétrachlorure de titane dans le dichlorométhane. À température ambiante, elle produit un mélange de diastéréoisomères de thréo (63 %) et érythro (19 %) β-hydroxycétone ainsi que 6 % d'une énone exocyclique.
Autres réactions
Dans un second article en 1974., il s'agit d'une réaction entre l'acétate d'isopropényle (l'adduit de l'acétone et de l'acide acétique) et le benzaldéhyde avec divers acides de Lewis, tels que le chlorure d'aluminium, le tétrachlorure d'étain ou le trifluorure de bore, mais beaucoup de réactions secondaires entrent alors en compétition avec la formation de l'hydroxycétone. Dans un autre article de 1974., Mukaiyama revient cette fois à la réaction avec l'éther d'énol silylé, avec une température réduite à , ce qui permet d'obtenir la diastéréosélectivité désirée.
Le groupe triméthylsilyle active l'énol comme nucléophile, et le produit initial est un chélate de titane qui est brisé par hydrolyse. La capture de l'aldol initialement formé est un prérequis pour le succès de la réaction.
Une réaction typique entre deux cétones est celle entre l'acétophénone dans le rôle de l'énol, et l'acétone. :
Ce type de réactions entre cétones nécessite une plus haute température.
Pour ce travail, Mukaiyama s'est inspiré des travaux antérieurs de Georg Wittig de 1966 sur des aldolisations croisées avec des imines lithiées... Un travail concurrent avec des réactions aldoliques sur des énolates de lithium a également été publiée en 1973 par Herbert O. House..
Utilisation
Mukaiyama a utilisé dans sa synthèse totale du taxol (1999) deux aldolisations.TBS = t-butyldimethylsilyl, Bn = benzyl, PMB = p-methoxybenzyl ether, l'une avec un acétal de cétène silylé et du bromure de magnésium en excès :
et une seconde avec un ligand chiral amine et un sel de triflate comme catalyseur :
Notes et références
Catégorie:Réaction d'addition