L’ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, communément appelé ordre de Malte, est un ordre religieux catholique et une organisation caritative internationale dépendant du Saint-Siège. C'est l'une des organisations qui ont pris la suite de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Ses statuts actuels datent de 1961 et ont été revus en 1997 et en 2022.

C'est aujourd'hui une organisation à vocation caritative dont les actions humanitaires sont principalement tournées vers la lutte contre la pauvreté, mais également contre la lèpre et, de façon plus générale, contre la maladie, aidant les enfants, les sans-abri, les handicapés, les personnes âgées et les malades en phase terminale, les lépreux du monde entier sans distinction d'origine ethnique et/ou de religion. Par l'intermédiaire de son corps de secours mondial, Malteser International, l'Ordre vient en aide aux victimes de catastrophes naturelles, d'épidémies et de guerre et aussi ponctuellement par des missions de secourisme d’urgence lors de catastrophes naturelles, ou d’aide humanitaire envers les réfugiés lors de conflits armés. Il est actuellement présent dans plus de cent vingt pays à travers le monde.

Le siège de l’Ordre, le palais magistral, se trouve à Rome, , près de la place d’Espagne. Il bénéficie du droit d'extraterritorialité de la part de l'Italie, comme la villa magistrale. L'Ordre est considéré comme un sujet de droit international public, exerçant une souveraineté fonctionnelle, différente de la souveraineté étatique. L'Ordre est observateur à l'Assemblée générale des Nations unies depuis 1994, cela lui a été accordé en raison de son « dévouement de longue date […] à fournir une aide humanitaire » tout comme le Comité international de la Croix-Rouge.

Sa devise héraldique est, en latin, (« Défense de la foi et assistance aux pauvres »).

Dénomination Le nom de l'Ordre est « ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte ».

C'est dès sa présence à Saint-Pétersbourg que les chevaliers hospitaliers regroupés autour de commencent à utiliser et à généraliser le nom d'« ordre de Malte ». Mais c'est toujours sous le nom d'« ordre de Saint-Jean de Jérusalem »Charte constitutionnelle de l'ordre de Malte article 1 paragraphe 1 que l'Ordre est appelé dans le traité d'Amiens en 1802Texte du traité d'Amiens, titre X. C'est sous le nom d'« ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem » que deux mémoires sont remis en 1816 et 1817 à pour plaider la cause de l'OrdreVoir sur google.fr.Voir sur google.fr..

Lors de la réunion sur la Croix-Rouge qui se tient à Berlin en 1869, des délégués de l'Ordre sont présents pour représenter l'« ordre souverain de Malte » et dans la internationale de la Croix-Rouge à Toronto les délégués représentent l'Ordre comme organisation internationale sous le nom d'« ordre de Malte ». La décision cardinalice du le nomme « ordre souverain militaire jérosolymitain de Malte ».

Il faut attendre la constitution de 1961 pour que l'Ordre prenne son nom actuel d'« ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte » souvent abrégé en « ordre souverain militaire de Malte », « ordre souverain de Malte » ou « ordre de Malte »Voir sur orderofmalta.int.. En italien, langue officielle de l'Ordre, son nom est : Sovrano Militare Ordine Ospedaliero di San Giovanni di Gerusalemme di Rodi e di Malta avec les abréviations Sovrano Militare Ordine di Malta, Sovrano Ordine di Malta ou Ordine di MaltaVoir sur orderofmalta.int..

Le nom « Ordre de Malte » a été déposé légalement dans différentes de nom ainsi que ses emblèmes dans plus de . L'Ordre a tenté sans succès d'interdire l'usage du nom « ordre de Saint-Jean de Jérusalem » à d'autres ordres prétendant également reprendre la tradition historique de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Par son arrêt du , la cour d'appel de Versailles confirme que l'usage de la croix de Malte et du nom d'« ordre souverain de Saint-Jean de Jérusalem » par une autre organisation constitue une usurpationCour d'appel de Versailles, 20 mai 1999, .. Les statuts actuels datent de 1961, ont été revus en 1997 et font, à partir de 2018, l’objet d’un projet de réforme qui aboutit en 2022..

Historiographie vignette|Armoiries des Hospitaliers montées à l'église San Giovannino dei Cavalieri de Florence. L'ordre souverain de Malte est issu des Ospitalarii, les premiers moines hospitaliers servant à l'hospice Saint-Jean à Jérusalem. L'article de la charte constitutionnelle actuelle de l'ordre souverain de Malte, intitulé De l'origine et de la nature de l'ordre observe au paragraphe 1 que Charte constitutionnelle de l'ordre de Malte, 1961, ..

Il existe un désaccord entre historiens sur le point de savoir si l'ordre souverain de Malte « est » ou « n'est pas » l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, s'il en « prend » la suite ou en « reprend » sa tradition et son histoire. Certains historiens, comme le Français Alain Blondy., pensent qu'il aurait éclaté en plusieurs ordres survivants, d'autres comme l'Anglais Henry J. A. Sire. ou le Maltais Victor Mallia-Milanes. prétendent qu'il aurait cessé d'exister en fondant cette affirmation sur des éléments factuels hors des conditions religieuses tels que la confiscation des biens en France par la Révolution française, l'expropriation de Malte de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem par Bonaparte en 1798, la confiscation des biens de certains des grands prieurés hors de France (le grand-prieuré de Bohème ayant conservé les siens), l'appropriation de l'Ordre par , l'abdication du grand maître Ferdinand de Hompesch en 1799, le refus de reconnaître l'élection de Fra' Caracciolo par le pape en 1809, la perte définitive de l'île de Malte par le traité de Paris en 1814 ou encore la multiplication d'ordres se réclamant de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à partir de la seconde moitié du .

Il n'en reste pas moins une profonde divergence entre la majorité des historiens et l'ordre souverain de Malte qui se réclame d'un millénaire d'engagement. .. . Les formulations sont suffisamment ambigüe pour ne pas mettre le doigt sur ce problème : .

Histoire contemporaine Période noire

En 1798, l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem est chassé de Malte par Bonaparte qui récupère la souveraineté de l'archipel. Le grand maître Ferdinand de Hompesch avait auparavant demandé à l'empereur de Russie de devenir le protecteur de l'Ordre. Après l'abdication de Hompesch, les de l'Ordre exilés en Russie au palais Vorontsov de Saint-Pétersbourg à la suite de Giulio Renato de Litta Visconti Arese, se réunirent en Russie proclament, le , « grand maître de l'ordre de Saint-Jean ». Mais cette élection soulève de nombreuses objections. En effet, le tsar est orthodoxe et marié. Cet événement sans précédent dans l'histoire de l'Ordre amène le pape à ne pas le reconnaître comme grand maître. L'empereur est aujourd'hui considéré par l'Ordre comme un grand maître de facto. C'est de l'abdication de Hompesch et de cette élection que certains historiens datent la fin de l'ordre maltais de Saint-Jean de Jérusalem.

Après la mort de , en 1801, son fils , conscient de cette irrégularité, décide de rétablir les anciens us et coutumes de l'ordre catholique des Hospitaliers, par un édit du par lequel il laisse les membres profès libres de choisir un nouveau chef. Néanmoins, étant donné l'impossibilité de réunir l'ensemble des électeurs, le comte Nicolas Soltykoff assure l'intérim de la charge. Finalement, en 1803 pour tenter de sauver l'Ordre, il est convenu que la nomination du grand maître incombera uniquement et exceptionnellement au pape . Le , celui-ci choisit le candidat élu du prieuré de Russie, le bailli Giovanni Battista Tommasi comme premier grand maître nommé et non élu par des Hospitaliers. Alexandre Ier reconnut également l'élection en lui envoyant les insignes de grand maître qui avaient été détenus par Paul IerMarcello Maria Marrocco Trischitta, Cavalieri di Malta, Roma, 1995.

L'Ordre cherche néanmoins à récupérer son territoire à Malte en vain (une des clauses du traité d'Amiens stipulait la restitution de Malte aux HospitaliersLe traité d'Amiens). Le grand maître Tommasi installe ce qui reste de l'Ordre en Sicile, à Messine puis à Catane. L'Ordre essaya d'avoir d'autres quartiers généraux au Levant et sur la mer et négocia en 1823 avec les insurgés grecs pour collaborer avec eux dans la lutte contre les Turcs et avoir en compensation les îles au sud de la Morée et éventuellement retrouver Rhodes. À cet « État sans territoire », le pape accorde en 1826 un couvent et une église à Ferrare. En 1834, l'Ordre réduit à un état-major s'installe définitivement à Rome.

En 1805, à la mort de Tommasi, aucun grand maître n'est élu à la tête de l'Ordre qui est alors gouverné par sept lieutenants qui se succèdent jusqu'en 1879. Après une « vacance » de 75 ans, c'est sur ces ruines que va se reconstruire l'ordre souverain de Malte avec l'élection d'un nouveau grand maître, Giovanni Battista Ceschi a Santa Croce, qui est approuvée par le pape en 1879.

Création des divisions régionales Pour remplacer l'organisation internationale traditionnelle en « langues » de l'Ordre qui a disparu de facto des « grands prieurés », dirigés par des membres subsistants., sont alors institués à partir de 1938 : 1916 - le grand prieuré de Rome ; 1938 - Le grand prieuré de Bohème ; 1938 - Le grand prieuré d'Autriche ; 1939 - le grand prieuré de Lombardie et de Venise ; 1939 - le grand prieuré de Sicile et de Naples ; 1993 - le grand prieuré d'Angleterre. Et aussi par ses six sous-prieurés : le sous-prieuré Saint-Michel à Cologne (Allemagne) ; le sous-prieuré Saint-Georges et Saint-Jacques à Madrid (Espagne) ; le sous-prieuré Notre-Dame de Philerme à San Francisco (États-Unis) ; le sous-prieuré Notre-Dame de Lourdes à New York (États-Unis) ; le sous-prieuré de L'Immaculée Conception à Melbourne (Australie) ; le sous-prieuré de St. Oliver Plunkett à Dublin (Irlande).

Création des fondations/associations Il existe des « associations nationales » qui sont dirigées par des membres volontaires : 1859 : fondation d'un hôpital à Naples. 1864 : fondation de l'Association de Rhénanie-Westphalie 1876 : fondation de l'Association britannique 1877 : installation des premiers trains hôpitaux

En 1879, le pape rétablit la dignité de grand maître qui était vacante. Le grand maître doit être obligatoirement noble et membre depuis au moins de l'Ordre. Le chapitre général de l'Ordre élit Giovanni Battista Ceschi a Santa Croce à cette charge. À partir de ce moment, l'ordre souverain de Malte crée à travers l'Europe (et plus largement le monde) des fondations locales (compétences territoriales) : 1881 : fondation de l'Association d'Espagne 1891 : fondation de l'association française des membres de l'ordre de Malte 1914 : création des trains-hospitaliers pour soigner, sans distinction, les blessés de la grande guerre 1927 : création des œuvres hospitalières françaises de l'ordre de Malte (OHFOM) 1929 : fondation de l'association belge des membres de l'ordre de Malte. 1934 : fondation de l'Institut de médecine missionnaire etc.

Un ordre historique religieux, régulier et militaire L'ordre souverain de Malte se dit . Si tout cela reste vérifiable, cela n'est pas suffisant pour en faire un état souverain, depuis la perte de Rhodes puis de Malte, il lui manque le principal, un territoire sur lequel il puisse étendre sa souveraineté (voir Ordre souverain - situation juridique internationale).

Depuis la seconde moitié du et la création des associations nationales, la composition des membres de l'ordre souverain de Malte diffère de ce qu'elle pouvait être à l'époque de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. En effet, à cette époque, les chevaliers de l'Ordre étaient : tous des religieux ayant prononcé les trois vœux de chasteté, obéissance et pauvreté et un quatrième vœu de soin aux malades ;