Saint-Bonnet-sur-Gironde est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). Ses habitants sont appelés les BonneatisLes gentilés de Charente-Maritime.

Cette modeste bourgade établie aux confins de la Haute Saintonge et de la Guyenne est marquée par la proximité de l'estuaire de la Gironde, qui conditionne pour une grande partie ses paysages. De fait, un tiers du territoire communal est couvert de vastes étendues palustres — parfois surnommées « Petite Camargue saintongeaise » — qui lui confèrent son caractère particulier. Pour autant, la commune ne dispose d'aucune façade sur le fleuve, même si un chenal fait la jonction entre la Gironde et le hameau de Vitrezay, où un petit port a été aménagé.

Commune rurale, en marge des centres urbains et des petites agglomérations de la région (Mirambeau, Jonzac, Saint-Ciers-sur-Gironde, Saint-Genis-de-Saintonge, Blaye), Saint-Bonnet joue de plus en plus la carte du tourisme, secteur favorisé par la proximité des stations balnéaires de la Côte de Beauté, ainsi que des vignobles de Cognac et du Blayais et du Bourgeais. La commune, qui est une étape de la Route verte (axe touristique reliant Royan à Bordeaux) est également le principal accès à un des pôles-natures du département, le pôle-nature de Vitrezay (situé sur la commune de Saint-Sorlin-de-Conac).

Saint-Bonnet-sur-Gironde appartient à la Communauté de communes de la Haute-Saintonge, structure intercommunale regroupant (2006). Géographie

Présentation

Établie dans la partie occidentale de la Haute Saintonge, à l'extrémité sud-ouest du département de la Charente-Maritime et au contact du département de la Gironde, sur la rive droite de l'estuaire du même nom, la commune de Saint-Bonnet occupe une situation privilégiée, étant proche de villes moyennes bien équipées (Royan, Saintes) et de petites villes jouant un rôle de relais (Mirambeau, Saint-Ciers-sur-Gironde, Jonzac, Saint-Genis-de-Saintonge…). Elle reste également proche de la grande métropole régionale qu'est Bordeaux, qui exerce son influence bien au-delà des limites du département de la Gironde. Appartenant au Midi de la France — on parle plus précisément de « Midi atlantique »Louis Papy, Le Midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français.

vignette|redresse|Position de Saint-Bonnet-sur-Gironde, au sud de la Charente-Maritime.

La commune appartient au canton de Pons depuis 2015 (au canton de Mirambeau avant cette date) et à l'arrondissement de Jonzac, petites villes situées à pour la première., pour la seconde.. Elle est en outre distante de de Blaye., de de Pons., de de Royan., de de Saintes., de de Bordeaux., de de Rochefort. et de de La Rochelle..

Présentant de nombreuses similitudes avec les communes estuariennes voisines, son territoire peut être décomposé en deux entités bien distinctes : au nord/nord-est, le plateau, constitué de croupes calcaires aux molles ondulations, couvertes de vignobles sur leurs versants les mieux exposés; leur produit donne cognac, pineau des Charentes (Saint-Bonnet est située dans les « Fins bois ») et vins de pays charentais. Au sud/sud-ouest, dans le prolongement du vaste estuaire girondin, s'étendent de grandes étendues humides, véritable sanctuaire ornithologique et conservatoire d'espèces animales et végétales rares.

Si elle constitue le prolongement naturel du plateau saintongeais, la partie « continentale » du territoire communal se rattache, d'un point de vue géologique, à la région du Blayais (terrains éocènes, par opposition aux terrains crétacés d'une grande partie de la Saintonge). Ses paysages sont vallonnés, présentant l'aspect de collines peu élevées mais, véritables « balcons » sur l'estuaire, présentant des points de vue parfois spectaculaires sur le fleuve et les deux rives girondines : Médoc, Blayais et jusqu'à la côte de Beauté par temps clair.

vignette|left|De vastes étendues palustres bordent l'estuaire de Saint-Seurin-d'Uzet à Blaye (ici, vue depuis Saint-Bonnet).

Le point culminant de la commune atteint 87 mètres, hauteur respectable pour la région, mais les autres collines sont plus modestes : elles atteignent 35 mètres à La Couture, 58 mètres Chez Dias, 59 mètres à La BercheCarte IGN de la commune sur Géoportail. Là où la vigne ne peut s'épanouir, sur les versants moins bien exposés, sont semées des céréales (maïs, blé). Ces hauteurs sont parfois couvertes de bois, comme aux Billaudries, principal massif de la commune. Le taux de boisement de Saint-Bonnet est cependant assez limité, et ne dépasse pas 12 %.

Le plateau est cisaillé par des combes, où coulent quelques modestes ruisseaux. Le riveau de Saint-Georges, qui serpente à travers le pré des Cadets, constitue la limite communale avec Saint-Georges-des-Agoûts et Saint-Sorlin-de-Conac; un peu plus à l'est, le Ferrat s'écoule tranquillement au pied des collines du Pérat et de Goizet.

La partie méridionale de la commune présente un aspect bien différent. En bord d'estuaire, façonnées par lui, de vastes étendues palustres forment ce que l'on appelle la « Petite Camargue saintongeaise » ou encore les « Marais de Gironde »On parle parfois aussi de « Camargue charentaise » ou de « Camargue girondine ». Ces zones humides, qui s'étendent de Saint-Seurin-d'Uzet et Mortagne à Blaye étaient autrefois couvertes par les eaux. Au moment de la transgression flandrienne, le niveau de la Gironde s'est élevé de plusieurs mètres, formant une grande lagune entre Saint-Thomas-de-Conac et Saint-Androny, séparée du fleuve par un chapelet d'îles et de bancs de sable (embryon du bourrelet alluvial toujours présent, au niveau du littoral actuel). Au fil du temps, les eaux se sont retirées, laissant place à des marais, où les paysans venaient faire paître leurs bêtes selon le principe de la vaine pâture. Assainis par l'homme à partir du , les marais sont sillonnés de canaux, parmi lesquels le canal de la comtesse (limite administrative avec la commune de Saint-Sorlin-de-Conac), le canal de ceinture et le canal du Boucaud.

En marge des grands axes routiers départementaux, Saint-Bonnet-sur-Gironde est cependant traversée par une route touristique, la route verte.

Communes limitrophes

Environnement

vignette|Le gorgebleue à miroir (luscinia svecica) est l'un des nombreux hôtes des marais girondins.

Une grande partie du territoire communal est intégré à une zone protégée en raison de la richesse de son écosystème (prairies semi-naturelles humides et mésophiles, tourbières, marais inondables du bord d'estuaire…). La préservation de la biodiversité a conduit à intégrer 41 % de la surface communale dans une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique de classe II (grands espaces naturels riches) baptisée « Estuaire, marais et coteaux de la Gironde ».. On retrouve, au sein de cet ensemble, la zone de protection spéciale (ZPS) des marais de la rive nord de l'estuaire de la Gironde. et le site d'importance communautaire (SIC) des Marais de Braud-et-Saint-Louis et de Saint-Ciers-sur-Gironde, dont 5 % de la superficie se trouve en Charente-Maritime, dans la commune de Saint-Bonnet.. Ces territoires sont protégés dans le cadre du réseau de protection des espaces naturels de grande valeur patrimoniale Natura 2000.

Outre une incontestable richesse botanique, les marais du bord d'estuaire sont un site d'hivernage pour de nombreuses espèces ornithologiques, justifiant une protection des oiseaux sauvages et de leur biotope par la directive oiseaux sur 40 % de la commune. Parmi les espèces répertoriées figurent l'avocette élégante (recurvirostra avosetta), le gorgebleue à miroir (luscinia svecica), la phragmite des joncs (acrocephalus schoenobaenus), l'hirondelle de rivage (riparia riparia) ou la rémiz penduline (remiz pendulinus). Outre ces espèces d'oiseaux, le site abrite également de petites communautés d'amphibiens, comme la cistude d'Europe.

Climat

Le climat dont bénéficie la Charente-Maritime est un climat océanique tempéré de type aquitain, marqué par un ensoleillement moyen assez important : avec par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéennePréfecture de Charente-Maritime : Météo France. La pluviosité y est modérée, les précipitations ne dépassant pas 1200 mm par an. Les températures, quant à elles, varient en moyenne de +5 °C en hiver à +20 °C en été.

vignette|L'estuaire de la Gironde à Saint-Bonnet. Au dernier plan, les côtes du Médoc.

Les îles et l'ensemble du littoral de la Charente-Maritime se caractérisent par un climat particulièrement doux en hiver, et rafraîchissant l'été, grâce aux influences océaniques perpétuellement en mouvement (brise marine). Ces conditions climatiques favorables, toujours soumises aux influences de l'océan Atlantique, ont favorisé un véritable microclimat de type sub-aquitain et l'existence d'une végétation déjà méridionale. Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier. Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent une forte présence de palmiers, figuiers, orangers et même oliviers. Il existe toutefois un contraste entre le littoral, assez sec et ensoleillé et l'intérieur des terres, davantage pluvieux. La pluviométrie passe ainsi de 750 mm sur le littoral à 950 mm dans l'intérieur de la Haute Saintonge.

Les relevés de la station météorologique de La Rochelle entre 1946 et 2000 permettent de déterminer quelques dates majeures au point de vue climatique en Charente-Maritime : ainsi, au cours de ce laps de temps, la température la plus froide est relevée le : -13,6 °C.

Un pic de température (dépassé seulement au cours de la canicule de 2003) est atteint le avec près de 39 °C à l'ombre.

Si 1953 est considérée comme l'année la plus sèche, 2000 est au contraire la plus pluvieuseRelevés Météo-France de 1946 à 2000, sur le site Bernezac.com.

vignette|left|Le pôle-nature de Vitrezay est un sanctuaire ornithologique et un conservatoire d'espèces animales rares.

À Bordeaux, géographiquement bien plus proche, les températures moyennes relevées sont de 6,4 °C en janvier et de 20,9 °C en août, avec une moyenne annuelle de 13,3 °C. Les records de chaleur enregistrés sont de le 16/8/1892 et les records de froid de le 16/1/1985. Le département de la Gironde connaît en moyenne 15 à 20 jours en été où les températures dépassent les . Des températures extrêmes peuvent aussi être observées comme lors de l'été 2003 où la température a atteint . Ce même été, il y a eu 12 jours consécutifs où les maximales ont atteint ou dépassé les .

Charente-Maritime et Gironde ont cependant connu des hivers très froids en 1956, 1985, 1987 et 2012.

La région a été durement affectée par la tempête Martin du . Les records nationaux de vents enregistrés sont atteints avec 198 km/h au nord de l'île d'Oléron (station de la pointe de Chassiron). Des pointes à 194 km/h sont relevées à Royan.

Un an après le passage de la tempête Klaus (), la commune est touchée par la tempête Xynthia (). Si de violentes bourrasques sont relevées sur la commune, le territoire est avant tout affecté par des inondations, ainsi que par quelques dégâts matériels (chutes d'arbres, de poteaux électriques, etc.).

Les tableaux suivants résument les principales données climatiques des stations de Météo-France de Bordeaux (environ 50 kilomètres au sud) et de La Rochelle (environ 100 kilomètres au nord-ouest).

Données météorologiques à Bordeaux

Données météorologiques à La Rochelle

Urbanisme Typologie Au , Saint-Bonnet-sur-Gironde est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022..