Le Forum social mondial (ou FSM) est un forum international, qui réunit les organisations du monde entier sensibles à la cause altermondialiste (« Un autre monde est possible »). Traitant des principaux sujets de préoccupation de la société civile en rapport avec la mondialisation, cet événement se présente comme une alternative sociale au Forum économique mondial qui se déroule chaque année en janvier à Davos en Suisse.
La première édition du FSM s'est tenue à Porto Alegre au Brésil du 25 au . Depuis les réunions de et , les forums sociaux à toutes les échelles sont régis par la Charte des principes du Forum social mondial, dont les principes les plus importants sont : l'opposition à l'ordre « néolibéral » qui caractériserait la mondialisation actuelle, l'ouverture à tous les courants idéologiques pour les projets alternatifs, l'absence des partis politiques en tant que tels.
Les forums sociaux ne délivrent pas de déclaration finale, mais sont des espaces ouverts de débat d'idées et d'élaboration de projets. Un manifeste a été élaboré en , sans valeur officielle toutefois : le Manifeste de Porto Alegre, support de propositions à débattre. L'organisation du Forum se fait par le « Conseil international », qui réunissait en une quarantaine d' et d'associations, et qui ne cesse de s'accroître.
Historique Forum de Porto Alegre en 2001 La première édition du FSM s'est tenue du 25 au à Porto Alegre, au Brésil, réunissant entre et participants et quelques centaines de journalistes. Ce premier forum, né d'une rencontre entre plusieurs associations altermondialistes séduites par l'idée de créer un forum parallèle au Forum économique mondial, a été organisé par huit associations brésiliennes : Attac, le Mouvement des sans-terre, ABONG (Association brésilienne d'organisations non gouvernementales), CIVES (Association brésilienne des hommes d'affaires pour la citoyenneté), CBJP (Commission brésilienne Justice et Paix), IBASE (Institut brésilien d'analyses socio-économiques), CUT (Centrale unique des travailleurs) ainsi que CJG (Centre de justice mondiale, justiça global).
Au cours du forum, des ateliers et des plénières ont réuni avec beaucoup d'autres ONG et associations, telles que le CADTM, le CETRI et la coordination paysanne Via Campesina (dont fait partie le Mouvement des sans-terre). Un dialogue télévisé a également relié par satellite quelques personnes importantes présentes au Forum économique mondial de Davos (bien qu'elles aient souligné qu'elles ne représentaient pas officiellement le FEM) et une douzaine d'ONG participant au FSM. Les propositions de taxe Tobin et d'annulation de la dette du Tiers-Monde, sur lesquelles les participants au dialogue ont semblé s'accorder, n'ont pas été relayéesVoir le documentaire Davos, Porto Alegre et autres batailles de Vincent Glenn, 2002.. Le « dialogue » Davos-Porto Alegre a également été marqué par l'incompréhension entre les deux parties, symbolisées par la mère de disparus Hebe de Bonafi et le « spéculateur philanthrope » George Soros.
La participation française était particulièrement intense, appuyée par l'ambassade, à cette première édition avec la participation remarquée de Danielle Mitterrand, veuve du président, et celle plus controversée de José Bové qui eut maille à partir avec la Police fédérale brésilienne. L'organisation Université de la Francophonie sous la conduite de Jean-Marie Grassin a organisé un séminaire intercontinental pour repenser autrement l'enseignement supérieur et la recherche ; étaient particulièrement étudiés les moyens à mettre en œuvre pour que les pays moins avancés économiquement puissent s'approprier les ressources scientifiques des pays riches sans devenir dépendants de leurs modèles. Cet atelier s'est poursuivi lors des FSM de 2002 et 2003 à Porto Alegre pour développer une philosophie des transferts de formation et des échanges asymétriques.
Forum de Porto Alegre en 2002 La deuxième édition du FSM s'est tenu du au . Elle a réuni participants provenant de 131 pays et parlant 186 langues. Ce forum marque le passage d'une qualification « antimondialiste » à une identification « alter-mondialiste » du FSM. Il est suivi de la rédaction de la Charte des principes du Forum social mondial.
Forum de Porto Alegre en 2003 En 2003, du 23 au , la du forum réunit à participants, associations ou mouvements, venant de 150 pays. Il s'est ouvert par une grande « marche contre le néolibéralisme », rassemblant entre et manifestants, et a consisté en 1760 ateliers, séminaires et conférences. Le , le président vénézuélien Hugo Chávez est ovationné.
Forum de Mumbai en 2004 En 2004, la du FSM se tient du 16 au à Bombay, en Inde, avec environ participants, de 132 pays différents et associations ou mouvementsDocument pdf : rapport FSM Mumbai 2004 Institut des études européennes et internationales du Luxembourg.. Plus exactement, le forum s'est déroulé à une quarantaine de kilomètres du centre de la ville, véritable mégapole.
Quelques invités importants ont animé des conférences et exposé leurs points de vue : la Prix Nobel de la paix iranienne Chirine Ebadi, le Prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz, et Juan Somavía, chilien et actuel directeur du Bureau international du travail.
Le forum s'est ouvert à de nouvelles formes culturelles, cette s'étant démarquée des précédentes par une grande participation des milieux populaires sud-asiatiques et une grande part d'expressions politiques sous forme théâtrale ou artistique, tandis que les salles de conférence étaient moins pleines.
Forum de Porto Alegre en 2005 En 2005, le FSM revient à Porto Alegre avec environ participants. Certains participants y rédigent le Manifeste de Porto Alegre, ensemble de propositions de réformes. Puis en 2006 il se revoit en Afrique.
Forum polycentrique de 2006 La rencontre de 2006 s'est déroulée dans plusieurs pays à la fois, ce qui lui a valu l'appellation de « forum polycentrique » (ou « polycentré ») : du 24 au à Caracas (Venezuela), du 19 au à Bamako (Mali), et en mars à Karâchi (Pakistan). Les événements de Caracas ont rassemblé personnes, tandis que ceux de Bamako ont inauguré la tenue d'un FSM en Afrique. Environ personnes ont participé au FSM de Bamako, qui a donné lieu à l'organisation à l'échelle continentale d'un . Parmi les nouveaux thèmes discutés figure la question des refoulés de l'émigration. Les questions agricoles et de l'eau prennent aussi une grande place.
Forum de Nairobi en 2007 Le Forum social mondial officiel s'est tenu du 20 au à Nairobi (Kenya), tandis qu'un important forum s'est également tenu aux États-Unis. L'année 2007 a marqué une étape dans l’internationalisation des forums sociaux, huit ans après les mobilisations de Seattle contre l’OMC et sept ans après la première rencontre de Porto Alegre. L’altermondialisme est dès lors jugé présent dans toutes les grandes régions du monde, après une expansion géographique remarquablement rapide, bien qu'il reste encore à intégrer à la dynamique internationale d'importants pays comme la Chine.
Plus de activités ont été organisées à Nairobi. Les plus grosses délégations sont venues d’Asie (dont environ 500 participants d’Inde), mais le forum connaît aussi une présence significative du Moyen-Orient et de l’Europe. En revanche, la distance et le coût des voyages ont limité la participation latino-américaine. Sur le plan africain, le forum de Nairobi a notamment eu pour objet, à la suite du forum de Bamako de 2006, d'organiser la coopération des organisations du continent. Pour les délégations venues d’Europe – en particulier de France –, la réunion a été l’occasion de poursuivre le travail engagé à Bamako avec les organisations syndicales et sociales africaines pour s’attaquer au rôle de l’Union européenne en Afrique et pour renforcer les campagnes en défense des émigrés.
C’est à Nairobi que la discussion a repris sur la tenue en d’une journée globale d’action. vignette|Belém - Les participants du Forum social mondial de 2009 montent leurs tentes au camp de jeunes.
Forum de Belém en 2009 Le neuvième Forum social mondial s'est déroulé entre le et le dans la ville brésilienne de Belém, située dans la forêt amazonienne. Environ 1 900 peuples autochtones, représentant 190 groupes ethniques, ont assisté à l’événement, afin de soulever la question des apatrides et des problèmes auxquels ils sont confrontés. Le Centre international d'Escarré pour les minorités ethniques et les nations a aidé à organiser la tente pour les droits collectifs des peuples apatrides, qui sont marginalisés dans un système international qui ne reconnaît que les états en tant qu'unités politiques. Les basques, les Kurdes, les Palestiniens, les Roms, les Tibétains, les Mapuches, les Sahraouis et les Australiens représentaient divers groupes ethniques apatrides.
D'autre pays étaient candidats, comme la Corée du Sud, l'Indonésie, et l'Afrique du Sud.
Forum de Dakar en 2011 Le Forum social mondial s'est tenu du 6 au à Dakar (Sénégal), sur le campus de l'université Université Cheikh-Anta-Diop. Nombre de personnalités du monde entier y ont débattu des manières de mettre en place des alternatives à un capitalisme « en crise ». C'est la troisième fois en onze ans que le FSM se tient, tout ou partie, sur le continent africain qui a connu depuis l'automne une série de soulèvements populaires en Tunisie, en Égypte, et en Algérie.
Parmi les présents : des dizaines de milliers de personnes et quelques personnalités politiques : les présidents bolivien Evo Morales, vénézuélien Hugo Chávez, béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, de l'Union africaine Jean Ping, l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Parmi les personnalités françaises : Martine Aubry (parti socialiste), Pierre Laurent (parti communiste), Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) et Olivier Besancenot (NPA)Le Monde.fr, Le 11e Forum social mondial débute à Dakar.
Selon le dossier de presse du FSM : « L'Afrique illustre l'un des plus grands échecs de trois décennies des politiques néolibérales [...] les mouvements sociaux et les citoyens du monde se joignent aux peuples africains qui refusent de payer le prix des crises actuelles dans lesquelles ils n'ont aucune responsabilité ». Lors de cette édition, des thèmes comme la souveraineté alimentaire, la charte des migrants, les biens communs et le rôle de la femme dans la société ont été largement discutés.
Forum de Tunis en 2013 Le Forum social mondial s'est tenu du 26 au à Tunis (Tunisie), sur le campus de université de Tunis - El Manar. Plus de 60000 représentant-es de 4500 organisations progressistes de 128 pays s’y étaient donnés rendez-vous en soutien à la révolution du , à la lutte persistante des Tunisiens et des Tunisiennes pour la dignité et les droits, et à celles aussi de toute une région en pleine ébullition.
Forum de Tunis en 2015 Le Forum social mondial 2015 a eu lieu à Tunis du 24 au , toujours sur le campus de l'université de Tunis El Manar. Une réunion du comité international du FSM avec le comité d'organisation tunisien s'est tenue à Tunis les et .
Forum de Montréal en 2016 gauche|vignette|291x291px|Forum social mondial de Montréal en août 2016 En , le conseil international des FSM réuni à Tunis valide la proposition du collectif FSM 2016 Montréal l'idée de tenir un Forum social mondial la même année à Montréal, au Québec.
Le FSM qui se déroule du au , est le premier à se tenir dans un pays du Nord sur le site officiel du FSM 2016.. Ce forum a connu une diminution significative du nombre de participants, en rassemblant près de seulement.
En organisant cette 12e édition dans un pays du nord, le comité organisateur se donne pour moyen de dépasser la « fracture entre le Nord et le Sud car les inégalités sociales s'accroissent partout » selon Raphaël Canet, coordonnateur de l'événement.
Forum de Salvador en 2018 En , le forum a eu lieu à Salvador (Bahia) au Brésil du au .
Forum en ligne en 2021