Saint-Sornin (prononcé ) est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).
Ses habitants sont appelés les Saint-Sorninois et les Saint-SorninoisesLes gentilés de Charente-Maritime.
Ce village médiéval longtemps méconnu connaît depuis plusieurs années un fort développement de ses activités touristiques, ce qu'illustrent la création de la maison de Broue, musée consacré à l'ancien donjon de Broue, ainsi que le développement des sentiers de promenade et de pistes cyclables à travers les marais.
Géographie
Le village de Saint-Sornin est situé dans le sud-ouest du département de la Charente-Maritime, dans l'ancienne province de la Saintonge. Il est édifié sur une sorte de promontoire calcaire délimité par l'estuaire de la Seudre, au sud, et par les marais de Brouage, au nord.
Communes limitrophes
Hydrographie vignette|Les marais de Brouage, vers Broue.
La commune est bordée par les marais desséchés de Brouage et les marais de la vallée de la Seudre.
Jusque vers la fin de l'Antiquité gallo-romaine, le territoire communal était entièrement baigné par l'océan, qui formait un golfe, l'antique golfe des Santons, s'avançant profondément vers le plateau de la Saintonge. Les flots atteignaient alors Broue, qui était un port de mer, établi au pied d'un promontoire dominant l'océan. Ce golfe recouvrait également l'actuelle commune de La Gripperie-Saint-Symphorien.
Pendant le Moyen Âge, le golfe des Santons se combla peu à peu, ne laissant subsister qu'un bras de mer, qui était dénommé la Brouage.
Au , celui-ci disparut à son tour, laissant place aux vastes étendues marécageuses qui sont visibles aujourd'hui depuis le site médiéval de Broue.
De nombreux chenaux et ruisseaux les parcourent de part en part. Parmi ceux-ci, se trouve le canal de Broue qui est un des collecteurs les plus importants du marais de Brouage et conflue avec le Canal de la Bridoire, également dénommé Canal de la Charente à la Seudre, au sud des communes de Beaugeay et de Saint-Agnant, face au canal de Brouage.
Géologie
Le sol de la commune est composé pour partie de roches calcaires et des grès datant de la période du Crétacé. Celles-ci furent exploitées durant des siècles dans des carrières, dont le nom peu engageant s'expliquerait par les conditions de travail des ouvriers qui y œuvraient : elles se nomment les carrières de l'enferCarrières de Saint-Sornin. De ces carrières sont sorties une partie des pierres ayant servi à l'édification de la cité de Brouage.
Sur la limite septentrionale de la commune, le sol est de nature sablonneuse et argileuse. L'exploitation de l'argile est attestée depuis l'époque gallo-romaine, et aujourd'hui encore, le site de Cadeuil, situé non loin du village éponyme, est renommé pour ses tuiles et ses terres cuites.
Lieux-dits et hameaux Les principaux hameaux de la commune sont par ordre alphabétique : Broue, où se trouvent les ruines d'un ancien château fort, Cadeuil, Leuze, la Mauvinière, la Prée, Saint-Nadeau, dont le nom est une corruption du terme occitan « nadau » signifiant Noël, le Talus et Thoriat. Tous ces villages ont été les sièges de seigneuries indépendantes jusqu'à l'Ancien Régime.
Le village de Nieulle, ancienne dépendance de la commune, est devenu une commune à part entière en 1902.
Axes de communication vignette|Carrefour de Cadeuil.
Le territoire communal est traversé par deux axes routiers importants :
La D 728, qui relie la ville de Saintes, deuxième ville du département par sa population, à la ville de Marennes, chef-lieu du canton et célèbre centre de production ostréicole.
La partie orientale de la commune est bordée par un autre axe important, la D733, reliant la ville de Rochefort, chef-lieu de l'arrondissement, à la station balnéaire de Royan.
Ces deux routes se croisent au carrefour de Cadeuil. Une aire de repos pour les routiers, ainsi qu'un restaurant et un hôtel, constituent d'ailleurs les principaux commerces de ce hameau partagé entre trois communes : Saint-Sornin, Le Gua et Sainte-Gemme.
En dehors de ces deux routes départementales supportant un trafic routier important, deux autres routes secondaires parcourent la commune :
La D 131, partant du Gua, rejoint la D 728 un peu à l'ouest du village.
Enfin, la D 118 constitue une autre route secondaire reliant les communes de Nieulle-sur-Seudre à Pont-l'Abbé-d'Arnoult, via le centre-bourg de Saint-SorninSources :Via michelin.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Littoral charentais et aquitain, caractérisée par une pluviométrie élevée en automne et en hiver, un bon ensoleillement, des hivers doux (), soumis à la brise de mer. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Agnant à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Relief Le point le plus élevé de la commune est le Puy de Broue, qui culmine à .
Urbanisme Typologie Au , Saint-Sornin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (79,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (32,5 %), terres arables (32,2 %), forêts (16 %), zones agricoles hétérogènes (15,4 %), mines, décharges et chantiers (1,8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Sornin est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le chenal de Brouage, et par submersion marine. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999 et 2010, chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Saint-Sornin. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..
Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 72,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 122 sont en aléa moyen ou fort, soit 49 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2005 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie Saint-Sornin est une variante régionale du nom de saint Saturnin, qui fut un évêque de Toulouse, martyrisé en l'an 250 de notre ère. Le village portera longtemps le nom de Saint-Saturnin de Marennes, avant d'être débaptisé à la Révolution pour devenir successivement, La Bretèche, Sornin-sur-Marennes et Fleurus-sous-Broue. Entre 1889 et 1902, la commune sera connue comme Nieulle-et-Saint-Sornin, avant de devenir Saint-Sornin après l'émancipation de Nieulle, survenue en 1902Étymologie de Saint-Sornin.
Histoire
Des origines gallo-romaines Tout comme dans une large partie de la région de Marennes, des traces éparses d'occupation gallo-romaines ont été retrouvées dans les communes avoisinantes, telles celle de Saint-Just-Luzac, et attestent que cette partie de l'ancienne presqu'île de Marennes fut occupée à cette époque.