vignette|L'égalité des droits est une revendication des militants LGBT.
Les droits LGBT sont une déclinaison particulière des droits de l'homme qui concernent des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, et plus largement queers (LGBT+) « About LGBT Human Rights », Amnesty International (lire en ligne) ; « Les textes qui protègent » (lire en ligne)Conférence sur les droits des personnes LGBT en Europe (Paris, 26 mars 2013), Ministère des Affaires étrangères français, 2013. Ils font plus spécifiquement référence aux droits civiques que revendiquent les mouvements LGBT+ et que de nombreuses législations nationales refusent de reconnaître.
L'homosexualité, la bisexualité et la transidentité étant réprimées dans un grand nombre de pays. Le premier des droits revendiqués par les LGBT est celui de ne pas être discriminés et de pouvoir vivre ouvertement leur genre et leur sexualité et d'être traités de la même façon que les hétérosexuels (lors d'un don de sang, du service militaire, d'un processus d'immigration). La reconnaissance juridique des couples de même sexe (via le concubinage, les partenariats enregistrés ou le mariage), de la parentalité (via l'adoption, la PMA ou la GPA) et du changement légal de genre sont d'autres revendications importantes des personnes LGBT.
Le refus de la reconnaissance des droits LGBT est souvent d'origine religieuse ; certains groupes religieux condamnent et répriment les pratiques homosexuelles (dites contre nature) et nombre d'autorités religieuses s'opposent à toute évolution positive en faveur des droits des personnes LGBT.
Les droits LGBT sont soutenus par diverses organisations internationales, comme l’Organisation des Nations unies, des groupes religieux inclusifs, dont des confessions chrétiennes progressistes, des Églises inclusives et des organisations juives progressistes.
Historique
En , la Déclaration universelle des droits de l'homme ne fait aucune mention de l'orientation sexuelle : à l'époque, l'homosexualité est largement un sujet tabou dans la société civile..
Il faut attendre le début du pour que les droits LGBT soient pris en compte officiellement dans les droits humains, à travers la Déclaration de Montréal sur les droits humains des LGBT, en , et l'adoption des principes de Yogyakarta lors d'une rencontre de juristes du droit international, en .. Le comité IDAHO lance à la même période une pétition internationale adressée à l’Organisation des Nations unies.. En , une déclaration sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre est proposée à l'Assemblée générale des Nations unies par la France et les Pays-Bas et est approuvée par .. Cependant, une contre-déclaration proposée par la Syrie est adoptée par ..
En , à l'initiative de l'Afrique du Sud, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies adopte une résolution affirmant les droits LGBT.. C'est la première fois qu'un organe des Nations unies adopte formellement un texte sur les droits LGBT.
Revendications du droit à l'orientation sexuelle et à l'identité sexuelle Le mouvement LGBT revendique la reconnaissance du droit pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes à vivre librement leur orientation sexuelle et/ou leur genre. sans que cela soit l'objet de discriminations et/ou de persécutions omniprésentes dans de nombreux États..
En , 72 États ont une législation répressive à l'égard des personnes homosexuelles, condamnées à la prison (parfois à perpétuité) (dont Afghanistan, Arabie saoudite, Bénin, Iran, Mauritanie, Nigeria, Sénégal, Somalie, Soudan, Yémen). ou à la peine de mort.
Depuis le , l'Europe est le seul continent où l'homosexualité est entièrement dépénalisée. La majorité des États européens doivent au minimum respecter les standards du Conseil de l'Europe en matière de droits humains.
Interdiction des discriminations à l'encontre des LGBT Protection contre les discriminations Dans les sociétés où l'homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie restent importantes, les personnes LGBT, ou considérées comme telles, sont parfois victimes de discrimination à l'embauche, au logement et à l'accès aux services publics quand ils ne sont pas simplement victimes de violences. L'un des premiers droits revendiqués par le mouvement LGBT est donc celui d'être traité équitablement, quelle que soit son orientation sexuelle (lesbienne, gay, bi ou hétérosexuelle) ou son identité de genre (transgenre, cisgenre ou non-binaire).
Pour garantir cette égalité de traitement, les militants LGBT revendiquent parfois la mise en place d'une législation condamnant les discriminations et les actes homophobes.
En 1977, le Québec a été l'une des premières juridictions au monde à interdire la discrimination basée sur l'orientation sexuelle dans la Charte des droits et libertés de la personne. En 1995, l'Assemblée nationale du Québec vote une loi instituant l'union civile permettant à deux personnes (de même sexe ou de sexe opposé) de s'unir et de bénéficier des mêmes droits qu'un couple marié. À la suite du jugement dans l'affaire Ligue catholique pour les droits de l'homme c. Hendricks., le droit au mariage pour tous sans discrimination basé sur le sexe des partenaires ou leur orientation sexuelle est reconnu.
Le , la vice-présidente de la Commission européenne Věra Jourová présente un plan pour lutter contre les discriminations et la haine envers les personnes LGBT, et renforcer les droits des couples homoparentaux.. Un moyen d'atteindre ce but est d'inscrire ces droits dans les traités. Ce plan est notamment motivé par l'atteinte à ces droits dans certains pays d'Europe, par exemple en Pologne. De plus, les États membres ne s'investissent pas tous sur le sujet. Seulement une minorité donne la possibilité pour les couples homoparentaux d'adopter des enfants. La Commission va donc proposer une reconnaissance mutuelle entre ces pays sur ce sujet. Une législation européenne nécessiterait l'unanimité des États-membres. L'inscription des droits LGBT dans le code pénal d'un État pourrait conduire à punir ces infractions. Helena Dalli, commissaire européenne à l’Égalité, a pour sa part condamné les thérapies de conversion..
Protection contre les violences
Alignement de la majorité sexuelle des LGBT sur celle des hétérosexuels
Dans certains pays, une confusion est volontairement maintenue entre homosexualité et pédocriminalité, dans le but d'instaurer, sans aucun argument scientifique, une inégalité en droit, entre âge de la « majorité sexuelle hétérosexuelle » et âge de la « majorité sexuelle homosexuelle ». Les rapports sexuels entre individus de sexes différents sont ainsi souvent autorisés plus tôt que les rapports sexuels entre individus de même sexe. Dans ces pays, la notion de détournement de mineur reste donc effective plus tardivement chez les couples homosexuels que chez les couples hétérosexuels. Le mouvement LGBT réclame donc l'alignement de la majorité sexuelle des LGBT sur celle des hétérosexuels.
Traitement égalitaire en matière de politique migratoire Les liens amoureux existant entre un citoyen et un immigré hétérosexuels sont généralement pris en compte par les législations nationales au moment d'accorder des titres de séjour aux partenaires étrangers. Par contre, il n'en va pas toujours de même dans la reconnaissance des liens amoureux existants dans un couple de femmes ou dans un couple d'hommes. Par exemple la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la Suisse pour le renvoi d'un homosexuel en Gambie. Ce requérant avait déposé à trois reprises une demande d'asile qui a été refusée. Chaque fois il a été débouté par le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) et le recours rejeté par le Tribunal administratif fédéral (TAF). Le requérant et son partenaire ont aussi entrepris des démarches pour obtenir un regroupement familial qui a été refusé jusqu'au Tribunal fédéral (TF), en raison d'une peine de prison. Le TAF et le TF ont sous-estimé le risque de persécution, sous prétexte qu'il n'avait pas révélé son homosexualité à son entourage et qu'il n'était pas en contact avec des groupes de soutien aux personnes homosexuelles dans son pays. Par contre :
Le mouvement LGBT réclame donc un traitement équitable avec la prise en compte des liens affectifs unissant les partenaires de même sexe.
Intégration des personnes LGBT dans l'armée
Dans de nombreux pays, les personnes LGBT sont exclues des forces armées ou contraintes à cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre pour pouvoir servir leur pays. Le mouvement LGBT revendique donc l'égalité de traitement entre soldats hétérosexuels et LGBT.
Don de sang par les HSH vignette|redresse|Manifestation contre l'exclusion systématique des hommes bisexuels et homosexuels du don de sang.
Dans de nombreux pays, les hommes ayant, ou ayant eu, des rapports sexuels avec des hommes sont considérés comme appartenant à une « catégorie à risque » en matière de maladies sexuellement transmissibles. Dans ces pays, ces hommes ne peuvent pas faire don de leur sang ou de leurs organes, quelle que soit leur situation individuelle réelle : par exemple lorsqu'ils sont dans une relation strictement monogame ; ou par exemple, lorsqu'ils n'ont aucune activité sexuelle avec autrui depuis plusieurs mois.
Le mouvement LGBT revendique donc l'ouverture du don de sang et d'organes, aux gays, bisexuels et HSH, dans les mêmes conditions que celles imposées aux hétérosexuels et aux lesbiennes, c'est-à-dire en optant pour une approche scientifique prenant en compte les prises de risques de la « personne » et non celles de sa prétendue « catégorie ».
Avortements et stérilisations forcés D'après l'Organisation mondiale de la santé dans son rapport Sexual health, human rights and the law publié en 2015, de nombreuses personnes de la communauté LGBT sont victimes de maltraitances médicales, dont la stérilisation forcée et l'avortement forcéGay, lesbian, transgender and intersex people are often coerced and forced to undergo certain procedures, such as forced sterilization, forced abortion and/or forced anal examination. ..
Reconnaissance juridique des couples de même sexe Sans nécessairement interdire l'homosexualité, certains pays n'offrent aucune reconnaissance juridique aux couples de même sexe, ce qui peut avoir une grave incidence en matière de logement (droit au bail), de fiscalité (impôt, héritage) ou de protection sociale (pension de réversion, couverture sociale).
Reconnaissance du concubinage homosexuel vignette|redresse|Cérémonie de mariage entre deux hommes aux Pays-Bas, premier pays à reconnaître l'union maritale pour des personnes de même sexe.
De façon à profiter au moins d'une partie de ces droits et protections fondamentales, le mouvement LGBT réclame donc la reconnaissance, par l'État, du concubinage homosexuel.
Mise en place de partenariats enregistrés ouverts aux couples de même sexe
Dans certains pays où la notion de mariage reste intrinsèquement liée à celle d'hétérosexualité, le mouvement LGBT réclame la mise en place de partenariats enregistrés ou d'unions civiles conférant tout ou partie des droits accordés traditionnellement par le mariage aux couples de sexes différents.
Ouverture du mariage aux couples de même sexe
Dans quelques pays où l'ouverture des droits est déjà très avancée, le mouvement LGBT revendique la légalisation du mariage des couples de même sexe ainsi que l'obtention de tous les avantages sociaux que procure traditionnellement le mariage, y compris le droit à la parentalité et à la filiation.
Légalisation de l'homoparentalité vignette|redresse|Famille homoparentale.