La « plateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé animale » (ESA) est un outil français de veille éco-épidémiologique et de biosécurité. Il doit jouer quand cela est nécessaire un rôle dans la « chaîne de l'alerte précoce » concernant les

Cette plateforme doit, en partenariat avec l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et diverses organisations professionnelles mettre en œuvre des protocoles de surveillance de maladies et conjointement analyser les données sanitaires remontées par différents réseaux de veille sanitaire, en métropole et dans les Territoires d'outre-mer, en lien avec l'OIE, la FAO et l'OMS (via notamment la « plateforme FAO-OIE-OMS de veille et d'alerte », Global early warning system » (GLEWS).

Origine Elle a été créée par le ministère français de l'agricultureMinistère de l'agriculture (2016), La plateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé animale par et au service des acteurs de la santé animale ; 07 décembre 2016Ministère de l'agriculture Plaquette de présentation de la Plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale], PDF, après le Grenelle de l'environnement et après les « États Généraux du Sanitaire » conduits en 2010« États Généraux du Sanitaire » (2010), Groupe de travail « Santé animale : outils, méthode et stratégies », rapporteur : Jean-Christophe Tosi consulté 2015-05-23.

La création de cette plateforme était l'action du Plan d'action en intitulé « Une politique de sécurité sanitaire rénovée pour l’agriculture française »

Membres, membres associés, réseau Les premiers membres de la plateforme ont été : la DGAL ; l'Anses (Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ; INRAE (L’institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) Ministère de l'Agriculture (2018), https://agriculture.gouv.fr/epidemiosurveillance-renforcement-et-securisation-de-la-plate-forme-esa ; la SNGTV (Société nationale des groupements techniques vétérinaires) ; GDS France ; Coop de France (son pôle animal) ; L'Adilva (Association française des directeurs et cadres des laboratoires vétérinaires publics d’analyses). et ONCFS et Fédération nationale des chasseurs, comme membres associés (sur les zoonoses qui les concernent)Fédération nationale des chasseurs (2012), Communiqué : Epidémiosurveillance : convention DGAL/FNC signée, publié 2012-11-29 et consulté 2013-05-25.

De manière formelle ou informelle, divers acteurs pourront contribuer à alimenter la plate-forme et/ou en profiter, dont le Bureau de la Maîtrise d'ouvrage des systèmes d'information de l'alimentation (BMOSIA) de la DGAl, l'ONCFS, la FNC, l'AFSSA, l'ENVs, l'INRA, « réseau des vétérinaires praticiens » (RFVPFS) ; dont un réseau de vétérinaires référents, DSV (départementales), nombreuses ONG et Associations, Parcs nationaux, « laboratoires nationaux de référence », « laboratoires de diagnostic départementaux », DGAl laboratoires et les structures départementales et « Association Française des Laboratoires d’Analyses de Biologie Vétérinaire » (AFLABV), Fédération Française des Commerçants en Bestiaux (FFCB), Syndicat National des Accouveurs (SNA), Écoles Nationales Vétérinaires et autres membres du Réseau français de santé animale (RFSA), Inspecteurs en santé publique vétérinaire, Laboratoire national de contrôle des reproducteurs et Union nationale des coopératives agricoles d'élevage et d'Insémination Animale (LNCR-UNCEIA), divers experts universitaires, amateurs éclairés, citoyens…

Cadre (européen, international) Le cadre administratif et juridique général et international est aussi celui de l'OIE (ONU) et dans l'Union européenne, celui de la future Loi de Santé Animale Communautaire, en particulier pour ce qui concerne les futurs systèmes de surveillance, d’alerte précoce et de réaction immédiate à tout évènement sanitaire grave.

Ce cadre devrait donc à la fois prendre en compte ainsi que des éléments de contextes non-sanitaires (.

Objectifs La plate-forme doit Plateforme ESA présentation et objectifs, https://www.plateforme-esa.fr/fr/presentation: veiller à la bonne ; s'assurer de la qualité des protocoles et dispositifs de surveillance. ; coordonner les activités de veille épidémiologique ; produire des données sanitaires épidémiologiques, mais aussi les analyser (synthèse et suivi de situations épidémiologiques ; tableaux de bord).

Missions À partir de différentes sources de données (sources vétérinaires et en particulier « vétérinaires sanitaires », réseaux de surveillance de la faune sauvage, élevages, abattoirs, douane et postes-frontières...), cette plate forme d'épidémiosurveillance produit de la donnée sanitaire synthétisée et utile à l'alerte précoce, mais aussi aux évaluations.

Elle contribue aussi à l'analyse et diffusion de retours d’expérience, ainsi qu'à la planification et à la crédibilité d'éventuels exercices de simulation en santé.

Elle vise aussi à optimiser (par centralisation, téléprocédures, interopérabilité, etc.) l'effort écoépidémiologique (de surveillance événementielle et programmée) de la faune en France.

Elle doit aussi aider les acteurs de terrain à choisir les meilleurs réponses sanitaires à mettre en œuvre, des Arrêtés ministériels aux mesures de terrain proportionnelles au risque, en passant par les arrêtés préfectoraux de mesures sanitaires (APMS).

Premiers thèmes suivis Les premiers sujets de veille épidémiologique de la plate-forme française ont été

Tuberculose bovine, via un dispositif dit « Sylvatub » avortements chez les ruminants ; Grippe porcine (influenza) chez le porc ; pestes aviaires ; fièvre catarrhale ovine (ou FCO ou blue tongue) ; maladies des abeilles ; mortalité des mollusques

Adaptation au contexte… Selon les besoins qui apparaitront, par exemple en cas de maladie émergente, de recrudescence de pathogènes dangereux ou d'émergence de nouveaux foyers, d'autres maladies seront suivies, avec l'aide de divers partenaires (CIRAD, AFSSA, INRA, ENVs, DGA…), dont par exemple : les formes congénitales (dites « SBV congénital ») de la maladie de Schmallenberg chez les bovins, moutons et chèvres, dues à un orthobunyavirus identifié pour la première fois en en Allemagne, et supposée transmise par un culicoide ou un moustique. Le virus Schmallenberg s'est rapidement propagé aux Pays-Bas, en Belgique, au Royaume-Uni, puis en France où ce virus est suivi depuis le 2012-11-01, avec une coordination assurée par GDS France pour les cas avérés à partir du 2012-09-01GDS France (2013) SBV congénital : Situation épidémiologique Traitement 2 du 2 janvier 2013 .

Nouveau thème en 2013 : surmortalité bovine Le Copil ESA du a validé un nouveau thème pour la plate-forme : un Observatoire de la mortalité des animaux de rente (OMAR), à l'étude depuis plusieurs années et lancé en 2009, qui pourra détecter presque en temps réel des anomalies de mortalité par rapport à un "bruit de fond" (niveau de référence, défini à partir d'une enquête faite en 2010

Les autorités vétérinaires de plusieurs pays ont en effet récemment rétrospectivement constaté une mortalité anormale des bovins. L'Anses et l'INRAE notamment ont en France formalisé ce même constatPerrin J.-B, Calavas D, Vinard J.-L., Hendrix P, Ducrot C. (2011) Analyse descriptive de la mortalité bovine – Intérêt pour la surveillance épidémiologique du cheptel français (Descriptive analysis of cattle mortality – Interest of this indicator for the epidemiological surveillance of the French cattle population) ; Renc. Rech. Ruminants, 2011, 18 ; 263-267 (4pp), PDF :

Depuis le début des années 2000, le taux de mortalité des bovins (notamment de jeunes bovins et de manière générale dans le 1/3 nord de la France) a significativement augmenté.

Selon la seule enquête rétrospective disponible (en 2011), appuyée sur une enquête nationale (2010) sur la mortalité de 50000 bovins envoyés à l'équarrissage en France métropolitaine (sur une population bovine d'environ 20 millions d’animaux), lancée par l’AnsesLe Syndicat Agricole (2010) ; Lancement d’une enquête nationale sur la mortalité des bovins ; publié 2010-12-20, consulté 2015-05-25. Durant l'année 2009, les bovins français sont morts anormalement nombreux, et tout particulièrement les vaches laitières (elles présentaient deux fois plus de risques de mortalité que les vaches allaitantes ; Les laitières de la catégories 5-10 ans mourraient même 2,4 fois plus que les vaches allaitantes de la même catégorie). Ce constat est d'autant plus étonnant que durant cette période, la science vétérinaire, la zootechnie et le bien-être animal sont supposés s'être améliorés. De même que la génétique des populations est elle réputée mieux maîtrisée.

Le projet d'observatoire a aussi été préparé par une thèse universitaire sur la (récemment financée par la DGAL et codirigée par l'Anses-Lyon et l'Inra-Theix)J.-B. Perrin (2012) Modélisation de la mortalité bovine dans un objectif de surveillance épidémiologique ; thèse soutenue à l'Université Lyon I, 330 pp. (résumé)).

Cet observatoire est à construire avec notamment : la base de données nationale sur l'identification bovine (BDNI) qui en 2013 centralise toute notification de mouvements de bovins vers ou depuis les élevages (y compris les « sorties » déclarés comme ayant la mort pour cause). Dans un premier temps, cet observatoire ne concernera que le cheptel bovin français ; les données informatisé échangées sur les sous-produits animaux (EDI-SPAN) correspondant théoriquement à la totalité des données relatives aux demandes d'enlèvements reçus par les centres d'équarrissage, et aux données relatives aux enlèvements effectivement réalisés.

Une veille épidémiologique plus fine est donc nécessaire pour identifier le ou les facteur(s) de mortalité en cause (Alimentation trop riches en soja/maïs ? dérive génétique ? maladies émergentes, impacts de nouveaux polluants, médicaments ou biocides, dégradation des conditions de vêlages ? perturbateurs endocriniens ? effets d'aliments transgéniques ?).

Il s'agit aussi de remédier à ce problème pour des raisons éthiques (souffrance animale pouvant être évitée) et pour diminuer les conséquences économiques et sociopsychologiques pour les éleveurs. Cette surmortalité à ce jour inexpliquée pose aussi la question d'une éventuelle baisse de qualité de la viande.

Ce sera en France une première expérience de surveillance syndromique, concept également à l'étude pour l'épidémiologie humaine depuis le début des années 2000, dont aux États-Unis avec les CDCvoir par exemple : Buehler, et al. 2004 . MMWR Recommendations and reports, CDC, Atlanta, États-Unis, 53, 1-11Josseran, L., et al. 2006. Euro Surveill. 11 (12), 225-229. à partir des données pouvant être suivies en temps réel à partir des centres d’équarrissage.

Enjeux Une partie du monde animal (oiseaux et mammifères espèces-gibier, organismes marins comestibles, animaux d'élevage, mais aussi animaux domestiques ou dits d'agrément détenus par des non-éleveurs) fait l'objet d'une surveillance croissante dans le monde, par l'OIE et l'OMS notamment, car de nombreuses maladies infectieuses ou parasitaires ont un « réservoir animal » (l'Homme parfois).

Les enjeux de cette surveillance sont nombreux. Ce sont d'abord des enjeux de bonne gestion des risques sanitaires et de santé publique et vétérinaire aux échelles locales, nationales et internationales, qui implique parfois de mobiliser le précaution. Il existe aussi des enjeux d'efficacité de la veille. Ils sont liés à la mutualisation de moyens et de compétence. Enfin, existent aussi des enjeux de responsabilité sociale et environnementale partagée, des enjeux de biodiversité (sauvage et domestiquée) et encore des enjeux économiques importants pour les filières agroalimentaires et les échanges commerciaux internationaux (facilitation ou au contraire blocage du commerce des animaux d'élevage ou d'agrément).