La famille Pastur est une famille contemporaine de la noblesse belge originaire de Braine-l'Alleud, anoblie le avec le titre personnel de chevalier en faveur du lieutenant-colonel Jacques Pastur (1911-1969). Sa filiation remonte à Ferdinand Pastur (mort en 1666), fermier censier et cultivateur à Braine-l'Alleud.

D'abord censiers aisés, la famille connaît une ascension sociale au cours du . Au début du , une branche de la famille s'établit à Jodoigne, où elle acquiert le château Pastur et le château de Lathuy. Elle devient un grand propriétaire foncier et y donne cinq générations de notaires.

La branche subsistante est anoblie en 1967, par le roi Baudouin, en la personne du diplomate Jacques Pastur (1911-1969), lieutenant-colonel de la Force aérienne, avec le titre personnel de chevalier. Une branche cadette éteinte en 1759 fut illustrée par Jacques Pastur (1659-1723), militaire mercenaire au service du roi d'Espagne puis au service du roi de France qui le nomma chevalier de Saint-Lazare en mars 1706.

Histoire Origines à Braine-l’Alleud La famille Pastur est originaire de Braine-l’Alleud, où ses membres sont attestés dès le . Elle est également présente dans les paroisses d’Ohain et de Waterloo, où subsistent plusieurs branches familialesFrançois de Cacamp, La famille namuroise de Wasseige : histoire, biographie, généalogie, Bruxelles, Genealogicum Belgicum, 1970, page 151.. Sa filiation suivie remonte à Ferdinand Pastur (1605-1666), censier de la ferme du Chenois à Braine-l’Alleud, et à son épouse Isabelle Poets.

Les membres de la famille exercent principalement des activités agricoles et comptent parmi les censiers aisés du Brabant wallonJean R. Cayron, La véritable histoire de Jacques Pastur dit Jaco brigadier de cavalerie et de dragons au service de l'Espagne, Bruxelles, 1953, page 18 : « On a généralement supposé que Gérard Pastur appartenait à une famille de forestiers, mais le commerce du bois ne fut, semble-t-il, qu'une activité secondaire des nombreux Pastur de Braine l'Alleud; presque tous furent censiers ou cultivateurs aisés et parmi eux Ferdinand, grand-père de Jacques Pastur, posséda certes une fortune assez rondelette pour l'époque, puisque, en 1666, lors du partage de ses biens par ses héritiers, Marie Pastur, sa fille, reçut pour sa part la cense du Chenois, comprenant 14 à 15 bonniers et que Gérard put disposer d'une somme de ».. Gérard Pastur, fils de Ferdinand Pastur et baptisé à Braine-l’Alleud le 16 août 1631, acquiert la forge et la brasserie Saint-Éloy à Waterloo. Lors du partage des biens de Ferdinand Pastur en 1666, sa fille Marie reçoit la cense du Chenois, comprenant environ quinze bonniers de terres (21 ha), tandis que son fils Gérard dispose d’une somme de (± ).

Cette branche est issue de Charles Pastur (1657-1712), fils de Gérard Pastur et Marie Wits. Son fils, Guillaume Pastur (baptisé le 23 janvier 1689 à Braine-l'Alleud et mort le 14 novembre 1742 au même endroit)Registres en ligne des baptêmes (janvier 1689) et décès (novembre 1742) de Braine-L'Alleud, épouse le 25 avril 1717 à Braine-l'Alleud Marie Josephe RogheRegistres en ligne des mariages de Braine-L'Alleud (avril 1717) dont il a Philippe Pastur (baptisé le 8 octobre 1731 à Braine-L'AlleudRegistre des baptêmes de Braine-L'Alleud (1726-1761) 8 octobre 1731, folio 24. et mort le 6 décembre 1787 à Rhode-Saint-Genèse), qui épouse le 30 juin 1770 à Lillois-Witterzée Bernardine LejusteLillois (Braine-l'Alleud) : Sainte Gertrude 1723- 1794, acte de mariage 30 juin 1770..

Installation à Jodoigne

Au début du , la famille Pastur s’établit durablement à Jodoigne sous l’impulsion du notaire Philippe Pastur (1777-1861).. Originaire de Waterloo, celui-ci est nommé notaire à Roux-Miroir en 1802 avant d’obtenir le transfert de son étude à Jodoigne. Il acquiert successivement le château de Beaulieu en 1804 puis le château de Jodoigne en 1849, futur château Pastur. Sa descendance donne cinq générations de notaires à Jodoigne ainsi que plusieurs mandataires politiques locaux.

En février 1806, Philippe Pastur épouse Marie-Clémence Jenar (1786-1842), fille de Jean-Baptiste Jenar, maître des postes à Genappe, et de Marie-Marguerite Tordoir. Le couple a seize enfants, parmi lesquels Justinien Pastur (1806-1887), docteur en droit à l’Université de Louvain et notaire à Jodoigne, qui poursuit l’implantation de la famille dans la région.

Au cours du , la famille renforce progressivement son patrimoine foncier et son influence locale, notamment par des alliances avec les familles de Brouckère, Waucquez, Claes et Idiers. À la mort de Philippe Pastur en 1861, son patrimoine foncier est estimé à un million de francs belges (± 200 millions euros). Le journaliste Éric Meuwissen qualifie cette somme de « colossale pour l’époque ».

Issue de la bourgeoisie catholique brabançonne, la famille joue également un rôle dans la vie politique locale et parlementaire à partir de la seconde moitié du .

Léon Pastur (1845-1918)

Le notaire et sénateur Léon Pastur naît le 13 janvier 1845 au château Pastur à Jodoigne. Il est le fils du notaire Justinien Pastur (1806-1887) et de Victoire Deville (1814-1880), fille de Théodore Deville (1785-1850), bourgmestre de Loupoigne et membre du Congrès national belge. Il a deux sœurs, Laure (1843-1921) et Adèle Pastur (1851-1910).

Après des études au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, il obtient un doctorat en droit à l’Université de Louvain en 1868 ainsi qu’une candidature en notariat. Clerc de notaire entre 1865 et 1875, il reprend ensuite l’étude notariale familiale à Jodoigne. Son étude joue un rôle important dans la gestion foncière et successorale de plusieurs familles de notables de l’est du Brabant.

En janvier 1878, il épouse Virginie de Brouckère (1852-1914), fille du notaire Charles de Brouckère, bourgmestre de Roulers et président de la Chambre de commerce locale. Le couple a un fils unique, Maximilien Pastur (1878-1930), qui lui succède dans la vie politique locale.

Membre du Parti catholique, Léon Pastur se présente sans succès au poste de bourgmestre de Jodoigne avant d’être élu député de l’arrondissement de Nivelles en 1884. Il siège à la Chambre des représentants jusqu’en 1894 puis au Sénat jusqu’en 1912. Dans un contexte politique marqué par l’opposition entre catholiques et libéraux dans le Brabant, il contribue à renforcer l’implantation du courant catholique dans l’est du Brabant wallon. Il participe également à plusieurs œuvres et associations catholiques locales liées à l’enseignement et à la vie paroissiale.

Parallèlement à ses activités notariales et politiques, il développe plusieurs périodiques locaux à vocation publicitaire et notariale, parmi lesquels L'Utilité, L'Annonce Brabançonne, Le Petit Waterloo, Le Courrier de Genappe, L'Echo de la Hulpe. Il meurt le 21 mars 1918 à Jodoigne.

Maximilien Pastur (1878-1930)

Le sénateur Maximilien Pastur naît le 15 septembre 1878 au château Pastur à Jodoigne. Il est le fils unique du sénateur et notaire Léon Pastur (1845-1918) et de Virginie de Brouckère (1852-1914), fille du notaire Charles de Brouckère (1825-1889), bourgmestre et président de la Chambre de Commerce de Roulers.

En mars 1905, il épouse Germaine Waucquez (1884-1958), fille de l'industriel Charles Waucquez (1851-1920), qui fit fortune dans le commerce de textile, et de Maria Idiers (1863-1956), fille de Émile Idiers, échevin d'Auderghem. Le couple a trois enfants: Christiane, Claire et Jacques.

Après des étude Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, il obtient un doctorat en droit à l'Université de Louvain. En 1911, il est élu conseiller communal de Jodoigne. Député des arrondissement de Nivelles puis de Bruxelles entre 1912 et 1921, il devient ensuite sénateur de l’arrondissement de Nivelles de 1921 à 1925. À partir de 1913, il exprime des réserves à l’égard de la politique linguistique défendue par une partie du parti catholique et participe ensuite au mouvement wallon. Il s’oppose notamment à la généralisation du bilinguisme administratif et à la flamandisation de l’université de Gand.

Au début de la Première Guerre mondiale, il envoie sa famille au Royaume-Uni puis s’engage comme volontaire de guerre. Nommé auditeur militaire avec le grade de major, il est décoré après le conflit commandeur de l'Ordre de Léopold, member of the British Empire et officier de la Légion d'honneur.

Malade à partir de 1929, il met un terme à sa carrière politique et part se faire soigner à Prangins, en Suisse, où il meurt le . Il est inhumé dans le caveau familial à Jodoigne.

Jacques Pastur (1911-1969)

Le chevalier Jacques Pastur naît le au château Pastur à Jodoigne. Il est le fils unique du sénateur et notaire Maximilien Pastur (1878-1930) et de Germaine Waucquez (1884-1958), fille de l'industriel Charles Waucquez (1851-1920), propriétaire des magasins Waucquez.

Il effectue ses études secondaire au collège Saint-Benoît, où il se lie d'amitié avec le comte Rodolphe de Grunne et le baron Jean de Selys Longchamps. Après son service militaire à l'académie royale militaire de Brasschaat, il intègre le régiment de Guides (chargé de la protection du roi Albert ). Destiné à reprendre l'étude de son père, après son service militaire, il entreprend un doctorat en droit à l'Université de Louvain d'où il sort diplômé en 1937.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il quitte la Belgique pour rejoindre la Royal Air Force en Afrique du Sud comme pilote. En 1944, il épouse Lady Elizabeth Bowling (1925-1992)La famille Bowling (ou «Bolling»), issue de la gentry de Bradford, dans le Yorkshire, tire son nom du manoir Bolling Hall, propriété familiale., fille du Colonel Wilfred Bowling (1900-1971), CEO de Imperial Chemical Industries (ICI) et président de la Chambre de Commerce, et de Lady Gertrude Harvey (1901-2000), petite-nièce de Lady Kathleen Harvey, Vicomtesse Simon. Le couple a un fils et trois filles.

Après la guerre, Jacques Pastur s'installe au château Sainte-Anne à Auderghem, propriété de son grand-père Charles Waucquez (1851-1920). En 1952, devenu Major d'aviation, il est nommé attaché militaire à l'ambassade de Belgique à Londres, auprès du marquis Alain du Parc Locmaria (1892-1973), ambassadeur au Royaume-Uni. De retour en Belgique en 1959, il commande ensuite la base aérienne de Gossoncourt.

Le chevalier Jacques Pastur meurt le 16 juillet 1969, à l'âge de 58 ans, des suites d'une longue maladie. En décembre 1976, sa veuve, Lady Elizabeth Bowling, épouse en secondes noces le baron Gilbert Thibaut de Maisières, général-major et chef de la maison royale du Prince de Liège.

Branche de Jacques Pastur dit « Jaco » Jacques Pastur (1659-1723)

Jacques Pastur (1659-1723), dit « Jaco », naît le 12 juin 1659 à Roussart, hameau de Waterloo. Fils de Gérard Pastur et de Marie Wets, il entreprend une carrière militaire au service de l'Espagne vers 1681 avant de rejoindre les armées françaises en 1690. Il participe à la guerre de Succession d'Espagne et commande le régiment Royal des Dragons entre 1702 et 1705.

Le 17 août 1705, alors qu'il surveille les mouvements des troupes alliées commandées par John Churchill, duc de Marlborough, il dirige une opération militaire dans la forêt de Soignes, près du Vivier d'Oie. Cet engagement, parfois désigné dans l'historiographie comme la « première bataille de Waterloo », se solde par le repli des forces alliées.

En récompense de ses services, Jacques Pastur est reçu à Versailles le 18 mars 1706 par Louis XIV, qui lui accorde des lettres de noblesse avec le titre de chevalier. Il est également admis dans l'ordre de Saint-Lazare. Promu maréchal de camp en 1716, il poursuit sa carrière militaire jusqu'à sa mort survenue à Bruxelles le 3 mai 1723. Marié en premières noces à Anne-Marie Du Tomboy puis en secondes noces à Jacqueline Delle, il laisse six enfants. Son fils Philippe Pastur meurt lors de la bataille de Wagram en 1809, entraînant l'extinction de cette branche de la famille en ligne masculine.