thumb|Plaque sur l'ancienne maison familiale des frères Ruellan (aujourd'hui bibliothèque annexe).

Les frères Ruellan sont une fratrie de Paramé (aujourd'hui rattachée à Saint-Malo) en Bretagne qui combattit durant la Première Guerre mondiale. Sur dix-huit enfants, dix frères allèrent au front, six y tombèrent pour la France, ce qui en fait la fratrie française ayant eu le plus de morts pendant ce conflit.. Un septième mourra une dizaine d'années plus tard, victime du gazage qu'il avait subi pendant la guerre.

Histoire La famille Ruellan est une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Bretagne, issue d'Antoine Ruellan, bourgeois en 1666 de la paroisse de Saint-Michel de Moncontour, (Côtes-d'Armor).Henri de La Messelière, Filiations Bretonnes, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1924, T.V, . François-Laurent Ruellan, sieur des Basses (1747-1788), était avocat au parlement. *François-Julien (1836-1908), était maire de Saint-Quay-Portrieux.

Les parents des frères Ruellan Le père, Jules Ruellan, né le à Saint-Quay-Portrieux.., est armateur à Saint-Malo. En , il exploite le Berryer, un trois-mâts, (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2015)..

En , il crée, avec Ange Fontan, la Société anonyme des entreprises et des terrains de Paramé-Rothéneuf, (lire en ligne, consulté le 9 septembre 2015)., au capital de .. L'objet de la société anonyme est de développer le littoral de Rothéneuf en y créant une petite station balnéaire. En , cette activité rendra possible la prolongation jusqu'à Rothéneuf de la voie ferrée du tramway de Rothéneuf en provenance de Saint-Malo et Paramé.

Le , à Saint-Jean-de-la-Motte, il épouse Marguerite Marie Julie du Rivau, née le au Mans. Ensemble, ils auront dix-huit enfants. Marguerite et Jules meurent à Paramé : elle le , lui le .

Les enfants Le , date de la publication de l'ordre de mobilisation générale, treize des dix-huit enfants sont encore vivants : dix frères et trois sœurs.. Mais la fratrie est alors dispersée. André et Bernard se sont établis comme éleveurs, le premier à Montevideo en Uruguay, le second à Philippeville (aujourd'hui Skikda) en Algérie, alors colonie française.. Stanislas vit aux États-Unis où il était parti faire fortune, Julius est prêtre. Les dix frères soit sont mobilisés soit s'engagent et deux sœurs servent dans un hôpital militaire durant le conflit. Six frères seront tués et un grièvement gazé.

Les six frères morts au combat Les six morts au frontVoir le site : Mémoire des Hommes . sont : Jules Marie Ange Ruellan, dit l'abbé Julius., né le , capitaine au d'infanterie, mort le à Sainte-Marie-à-Py dans la Marne. ; Louis Alexandre Marie Aimé Ruellan, né le , capitaine au d'infanterie, mort le à Ablaincourt dans la Somme. ; André Marie Anne Ruellan, né le , sergent au d'infanterie coloniale, mort le à Ville-sur-Tourbe dans la Marne. ; Bernard Joseph Marie Anne Ruellan, né le , adjudant-chef au de zouaves de marche, mort le à l'hôpital de Frévent dans le Pas-de-Calais. ; Jean Berchmans Marie Ruellan, né le , lieutenant au de chasseurs à pied, mort le à Poperinge en Belgique. ; Henri Marie Anne Ruellan, né le , brigadier au d'artillerie, mort le près de Vauquois dans la Meuse..

Les deux frères morts des suites de la guerre

Xavier Vincent Marie Anne Ruellan, né en ., est lieutenant au régiment d'artillerie lorsque, le , au cours d’une violente attaque par les gaz, il est sérieusement atteint. Il meurt en des suites de son intoxication. Auguste Marie Anne Ruellan, né le ., est réformé en . Il meurt en , après une paralysie de plus de vingt ans.

Les deux autres frères Les deux autres frères sont Stanislas, sous-lieutenant au d’infanterie, et Charles Ruellan, capitaine au d’infanterie, détaché à la mission française près l'Armée hellénique. Après guerre, Charles est député d'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924..

Les trois sœurs Deux des trois sœurs, Yvonne, née le , et Madeleine, née en , servent, pendant la guerre, comme infirmières à l'hôpital installé à Notre-Dame-des-Chênes, (consulté le 9 septembre 2015)..

Hommages Le , le journal L'Illustration rend hommage aux frères Ruellan en leur consacrant un article titré « Les neuf frères Ruellan : une héroïque famille française » ..

Par délibération du ., le conseil municipal de Paramé décide d'honorer la mémoire des six frères morts pour la France en renommant « rue des Six-Frères-Ruellan », la rue de Cancale où se trouvait le manoir de Brouassin, la maison familiale des Ruellan. Sur cette maison, devenue depuis bibliothèque municipale annexe, une plaque rappelle leur souvenirLes frères Ruellan, martyrs de 14-18, honorés demain, ouest-france.fr, 9 novembre 2011..

Le , jour de commémoration du vingtième anniversaire de l'armistice, le ministère de l'Éducation nationale fait rappeler dans toutes les écoles de France le souvenir des frères Ruellan : .

La série documentaire Frères d'armes, réalisée par Rachid Bouchareb et coécrite avec Pascal Blanchard, consacre à Julius Ruellan un de ses cinquante portraits de deux minutes. Ce portrait, commenté par Lucien Jean-Baptiste, a été diffusé le sur France 3 à ..

Autres fratries Si la fratrie Ruellan fut la plus touchée avec six morts, six fratries françaises ont perdu cinq de leurs membres pendant la Première Guerre mondiale : les Jardot, d'Évette-Salbert (Territoire de Belfort) ; les De l'Estang du Rusquec de Tréflévénez (Finistère)Les fratries décimées pendant la Grande Guerre ; les Falcon de Longevialle aux Côtes-d'Arey (Isère) ; les Davril de Bassussarry (Pyrénées-Atlantique) ; les Tramaille de Saône et Loire ; les Guyomard de Plouguiel (Côtes d'Armor, anc. Côtes du Nord). Cette fratrie comprenait cinq frères et cinq sœurs. Après le décès de quatre de leurs frères, deux sœurs entreprirent à pied de se rendre à Lannion, 20 km, pour rencontrer le sous-préfet et lui demander de démobiliser leur unique frère survivant. Le préfet refusa et le dernier frère fut tué peu après1914-1918 : le triste sort des cinq frères Guyomard.

Dix fratries ont, quant à elles, perdu quatre membres dont les Doumer, les quatre fils de Paul Doumer, président de la République entre 1931 et 1932.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes

Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française Frères Jardot, cinq frères français, tous morts pour la France en 1914 et 1915. Un sixième frère a survécu après avoir été retiré du front, grâce à l'intervention de l'instituteur de son village qui a signalé ce drame aux autorités militaires. Frères Sullivan, cinq marins américains issus d'une même fratrie, morts lors du naufrage de l'USS Juneau en . Frères Niland, quatre frères américains, dont deux furent tués au combat et un porté un temps disparu lors de la Seconde Guerre mondiale, histoire qui inspira le film Il faut sauver le soldat Ryan. Frères von Blücher, trois soldats allemands issus d'une même fratrie, morts le même jour, lors de la Bataille de Crète.

Liens externes

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