Travolta et moi est un téléfilm de Patricia Mazuy réalisé pour la chaîne de télévision Arte dans la collection Tous les garçons et les filles de leur âge. Il reçoit le Léopard de bronze au Festival de Locarno en 1993 et est diffusé pour la première fois sur la chaîne franco-allemande le .
Synopsis Fin des années 1970. Christine est une adolescente fascinée par John Travolta. Sur un pari, Nicolas, un garçon amateur de Friedrich Nietzsche rencontré dans un bus, décide de la séduire. Ils doivent se retrouver le lendemain à la patinoire où a lieu une fête. Christine est immédiatement séduite par Nicolas, mais ses parents lui demandent de garder la boulangerie familiale, ce qui risque de l'empêcher de se rendre au rendez-vous.
Fiche technique Scénario : Yves Thomas et Patricia Mazuy Image : Eric Gautier Montage : Bénédicte Brunet Décors : Louis Soubrier Costumes : Thierry Delettre Producteurs : Yannick Casanova, Élisabeth Deviosse, Françoise Guglielmi Durée : Date de diffusion : sur Arte
Distribution Leslie Azzoulai : Christine Julien Gérin : Nicolas Hélène Eichers : Karine Thomas Klotz : Jérôme Igor Tchiniaev : Igor
Récompenses Festival de Locarno 1993 : Léopard de bronzeFiche de Travolta et moi sur le site du festival de Locarno Festival du film de Belfort 1993 : Grand Prix.
Production Genèse et scénario La collection Tous les garçons et les filles de leur âge, commanditée par la chaîne franco-allemande Arte, est une série de neuf téléfilms diffusée en 1994. Le cahier des charges de la série demande de réaliser un film sur l'adolescence, dans une période laissée au choix du réalisateur entre les années 1960 et les années 1990 en utilisant la musique rock de l'époque, en évoquant le contexte politique et en incluant au moins une scène de fête.. Chaque film doit durer environ une heure et dispose d'un budget d'environ 5 millions de francs, le tournage (en super 16) ne devant pas excéder . Tant que ces contraintes sont remplies, les réalisateurs ont une grande liberté pour leurs projets, Patricia Mazuy déclarant avoir eu pour son film. Elle est contactée pour participer à cette collection dès le début de l'année 1991 et elle accepte car elle trouve que Elle sera la première réalisatrice de la série à tourner son film, les autres étant pris par d'autres projets et ne pouvant commencer immédiatement.
Travolta et moi constitue le sixième téléfilm de la série, venant après Paix et Amour de Laurence Ferreira Barbosa qui se déroule au milieu des années 1970 et avant L'incruste d'Émilie Deleuze, qui se passe dans le début des années 1980.
La réalisatrice se considère comme la coauteure du scénario dont Yves Thomas est l'auteur, même si l'idée de la boulangerie vient de ce que les parents de Patricia Mazuy étaient boulangers. Le point de départ de l'histoire est pour elle le besoin qu'ont les adolescents d'avoir un modèle, en particulier leur adoration du Elle souhaite ainsi s'inspirer de La Fièvre du samedi soir qu'elle a vu deux ou trois ans après sa sortie et dont elle se souvient comme d'une , ainsi que d'un film social et tragique. Elle y a aussi été impressionnée par le talent d'acteur de John Travolta.
Casting Leslie Azzoulai est choisie par la réalisatrice pour et Patricia Mazuy l'a vue et appréciée dans Van Gogh de Maurice Pialat où elle interprétait Adeline Ravoux et où la réalisatrice l'a trouvée . L'acteur parisien choisi initialement pour jouer Nicolas n'est pas libre et doit abandonner le projet. Julien Gérin est alors rencontré à Chalons, où il venait faire de la figuration sur le tournage avec une « bande » dont il était censé être le chef. La réalisatrice le remarque car, caché derrière ses cheveux Assez mauvais acteur au départ, très réfléchi et peu intuitif, il s'est amélioré au fur et à mesure du casting.
Le personnage d'Igor, le danseur sur glace qui danse avec Christine, n'était pas russe dans le scénario. C'est en voyant Igor Tchiniaev donner des cours de patinage à des jeunes filles en adoration devant lui que Patricia Mazuy a décidé d'en faire son personnage.
Décors Les lieux principaux du film sont le bus, que la réalisatrice considère comme un où Nicolas et Christine se rencontrent, la boulangerie, lieu de l'autorité parentale, et la patinoire, métaphore du monde à investir par les adolescents.
Patricia Mazuy souhaitait tourner en province. La ville de tournage a été choisie en fonction de la possibilité d'utiliser une patinoire comme décor. Après que le décorateur en a visité un grand nombre, trois villes ont été retenues : Châlons-sur-Marne, Valenciennes et Dunkerque. Comme il était nécessaire d'avoir une aide de la ville (le film était selon la réalisatrice impossible à faire avec le budget prévu par la chaîne), Valenciennes a été éliminée (la ville sortait du tournage de Germinal de Claude Berri et ne pouvait aider un nouveau film) et Châlons-sur-Marne a été choisie car la Mairie soutenait très vivement le projet. La réalisatrice, lors de sa visite de la patinoire, est attirée par les passerelles et passages qu'elle voit comme des symboles de l'adolescence. Le lieu a une grande hauteur de plafond, ce qui convient parfaitement au scénario. Les volumes ont été restructurés par le décorateur Louis Soubrier, qui a aussi créé la buvette et le local à patins et refait tous les revêtements. Pour éviter que la fête se passe dans le noir, la patinoire a été repeinte afin que
La boulangerie a été construite dans une ancienne galerie marchande abandonnée,
La statue d'où Nicolas se jette a été créée par le décorateur du film, en s'inspirant du Réalisme socialiste soviétique (le maire de Châlons-sur-Marne est à l'époque communiste).
Tournage vignette|alt=Photo noir et blanc d’une jeune femme, sur fond noir, devant un micro, bouche ouverte dans un cri, cheveux hirsutes|Nina Hagen en 1980, dont une chanson est choisie pour donner dans le film. Le film n'a pas pu être tourné dans l'ordre chronologique et les scènes de patinoire, très lourdes en figuration, ont dû être faites en premier. Ces séquences ont demandé un gros travail de préparation afin que la figuration raccorde avec les actions des personnages principaux. Commencer ainsi a été ardu pour les acteurs principaux, aussi bien pour Leslie Azzoulai dont le personnage est dans un état à ce moment du film alors qu'il est beaucoup plus enfant dans le début, que pour Julien Gérin pour qui les scènes d'amour étaient très difficiles à tourner. Deux jours de tournage à la patinoire ont pu être mis en fin de plan de travail pour les scènes qui n'avaient pas besoin de trop de figuration et les séquences de bar.
Le film a été tourné très vite, parfois en improvisant, notamment pour certaines chorégraphies.
La scène où Christine danse sur la glace avec Igor sur une chanson de Joe Dassin a été répétée durant trois semaines pour obtenir un numéro parfait, qui a ensuite été retravaillé pour que la jeune fille paraisse plus maladroite.
Musique La séquence de fête contient de musique « non-stop. » Il n'y a pas de séquences en dehors de la patinoire qui pourraient permettre d'atténuer le niveau sonore. La bande musicale a été choisie pour correspondre à une , avec des morceaux connus, des moments calmes et d'autres plus intenses. Les morceaux musicaux correspondent à l'état d'esprit des personnages au moment où ils entendent la chanson : un morceau de Nina Hagen casse par exemple l'aspect réaliste et donne un sentiment étrange, et les Clash à la fin du film viennent évoquer une .
Accueil critique
Lors du festival de Locarno et de la première diffusion télévisée La critique de Télérama lors de la première diffusion du téléfilm est on ne peut plus négative. Considérant que le film souffre d'une , que les que vivent les personnages ne touchent pas le spectateur et qu'ils , le critique ne supporte pas la noirceur du film, où il ne voit Il sauve néanmoins l'interprétation d'Hélène Eichers dont le personnage à l'histoire.
Dans les autres guides des programmes, les jugements sont variés. Si Télé 7 jours donne au film la note de 7 (sa note maximale possible 777) sans ajouter de commentaire., Télé poche. comme Télé Star. mettent au téléfilm leur meilleure note possible (trois étoiles pour le premier, TT pour le second). C'est pour Télé poche l'un des meilleurs épisodes de la collection Tous les garçons et les filles de leur âge tandis que Télé Star vante aussi bien la qualité de l'œuvre que le jeu de Leslie Azzoulai.
En presse cinéma les Cahiers du cinéma se montrent enthousiastes, aussi bien sur l'ensemble de la collection que sur ce film particulier à qui ils consacrent plusieurs pages. Ils annoncent en couverture de leur numéro de Dans l'introduction au dossier que la revue consacre à Tous les garçons et les filles de leur âge, qualifiée , le film de Patricia Mazuy fait partie pour la revue de ceux . C'est le film qui est le plus mis en valeur dans ce numéro : la revue lui consacre plusieurs pages, avec un long entretien avec la réalisatrice, un article sur le travail de son décorateur, Louis Soubrier, et une critique de deux pleines pages.
Le critique du magazine s'enthousiasme sur la prestation de Leslie Azzoulai, la qualifiant Dès et son passage au festival de Locarno, la revue avait souligné le de la jeune actrice et la manière impressionnante qu'a la réalisatrice de suivre son personnage avec une proximité extrême. Elle note que
À partir de la première rediffusion Dans les années qui suivront sa première diffusion télévisée, les jugements publiés sur ce téléfilm seront très positifs. En 1997, le journal Libération écrit que ce film , aux est le meilleur moment de la rediffusion de cette série. Olivier Père, lors de la sortie de Sport de filles de Patricia Mazuy, rappelle sur son blog que Travolta et moi . En 2000, le critique Jean-Michel Frodon, dans Le Monde, considère que ce téléfilm comme l'ont fait Les Roseaux sauvages ou L'Eau froide aussi issus de Tous les garçons et les filles de leur âge. Il juge le film et souligne les qualités de directrice d'acteurs qu'y montre Patricia Mazuy.
Il faut noter que l'impact du film est tel qu'en 2000, lors d'une rencontre à propos de la présentation à Cannes de son film Saint-Cyr, à Libération qui évoque une nouvelle fois le , Patricia Mazuy répond
Analyse vignette|gauche|alt=3 hommes souriants aux cheveux longs de face, le menton de l’un posé sur le front de l’autre, 2 d’entre eux portent la barbe|Les Bee Gees en 1977, dont musique douce représente l'univers familial de Christine
Patricia Mazuy dit avoir choisi de filmer en gros plans principalement mais pour garder un aspect comédie musicale. Ainsi les séquences dans la boulangerie, assez répétitives (passages de clients...) ne pouvaient être réalisées, pour elle, qu'en considérant les pains ou les viennoiseries comme Elle dit s'être inspirée de films de Kung-fu pour les filmer, puisqu'au Kung-fu il s'agit aussi de la même action qui se répète (les personnages entrent dans le cadre, se battent...)
Elle considère que ce film décrit des espaces qui enferment les personnages pour qu'ils finissent par s'en libérer.
La scène de fête, de l'avis de la réalisatrice, est aussi irréaliste que , notamment lorsque les figurants se séparent en ronde. Igor y représente pour elle Pour Libération, la musique montre l'évolution du personnage de Christine : son amour pour Nicolas va la faire sortir de son univers familial où elle écoute les chansons douces des Bee Gees pour finir le film par le morceau White Riot des Clash qui annonce le début d'un monde nouveau.
Annexes Notes et références
Bibliographie .
Liens externes
Catégorie:Téléfilm français des années 1990 Catégorie:Téléfilm diffusé en 1994 Catégorie:Téléfilm dramatique Catégorie:Film réalisé par Patricia Mazuy Catégorie:Téléfilm d'Arte Catégorie:Film sur l'adolescence Catégorie:Châlons-en-Champagne