LOfficial Monster Raving Loony Party (Parti officiel fou-dingue monstrueux) est un parti politique reconnu Electoral Commission au Royaume-Uni, fondé en 1983 par le musicien et politicien David Sutch (1940–1999), aussi connu sous le nom de « Screaming Lord Sutch, troisième comte de Harrow » ou simplement Screaming Lord Sutch.. Il est connu pour ses idées politiques volontairement étranges, et sa vocation est en effet de faire une satire de la politique anglaise.
Histoire
Depuis 1963, David Sutch, à la tête du groupe de musique Screaming Lord Sutch and the Savages, s'est présenté aux élections législatives anglaises, sous différents noms de parti, principalement en tant que National Teenage Party (Parti national des adolescents). À cette époque, l'âge légal pour voter était de 21 ans. Le nom du parti visait à mettre en valeur ce que Sutch et d'autres percevaient comme une hypocrisie, étant donné que les adolescents n'étaient pas en mesure de voter en raison de leur immaturité supposée, alors que les adultes dirigeant le pays étaient en prise avec des scandales tels que l'affaire Profumo.
Après avoir reçu une balle lors d'une tentative d’agression alors qu'il habitait aux États-Unis, Sutch rentra en Angleterre pour y faire de la politique durant les années 1980. Le nom de « Raving Loony » est utilisé pour la première fois à l'élection partielle de Bermondsey de 1983.
Un concept similaire était apparu auparavant dans le sketch Election Night Special dans le Monty Python's Flying Circus, dans lequel les partis « Fou » (Silly), « Rationnel » (Sensible), et le « Légèrement fou » s'affrontent (avec le « Très fou » parti indépendant pour diviser les votes), et aussi dans une parodie similaire des Goodies (série comique diffusée par BBC 2 dans les années 1970, dans laquelle Graeme Garden était un « Timbré de la science »). Il y a aussi eu un candidat « Timbré de science-fiction » en course dans l'élection partielle de 1976 de Cambridge.
Deux autres hommes jouèrent un rôle important dans la création de l'OMRLP. John Desmond Dougrez-Lewis était en lice à l'élection partielle de Crosby de 1981 (remportée par la cofondatrice du Parti social-démocrate Shirley Williams). Dougrez-Lewis était en lice à l'élection partielle sous le nom de « Tarquin Fin-tim-lin-bin-whin-bim-lim-bus-stop-F'tang-F'tang-Olé-Biscuitbarrel », repris du sketch des Monty Python. Il avait officiellement changé son nom, John Desmond Lewis, en l'honneur de la Cambridge University Raving Loony Society (CURLS). CURLS était un « parti anti-politique » et une association caritative de levée de fonds, créée principalement pour être une contre-réponse comique à la vie politique de plus en plus marquée sur le campus, et ses membres étaient à l'origine de nombreuses farces. Leurs équivalents à l'Université d'Oxford étaient les « Oxford Raving Lunatics ». Dougrez-Lewis devint l'acolyte de Sutch à la célèbre élection partielle de Bermondsey de 1983, lors de laquelle la bannière de l'OMRLP fut officiellement déroulée pour la première fois. Retrouvant son nom original, Dougrez-Lewis se présenta comme candidat du nouveau parti à Cambridge aux élections générales de 1983..
Le deuxième important pionnier était le commander , un héros de la Seconde Guerre mondiale qui participa au sabotage du Bismarck. Boaks fit campagne et se présenta aux élections pendant plus de trente ans, avec des fonds limités, toujours sur le thème de la sécurité routière. Boaks influença la ligne de Sutch comme meneur anti-politique : « C'est ceux qui ne votent pas que vous voulez réellement, parce que ce sont ceux qui réfléchissent »« It's the ones who don't vote you really want, because they're the ones who think ». Comprenant que la hausse du trafic routier et du nombre de routes allait poser problème, Boaks se focalisa sur la question de la sécurité routière avec des campagnes osées et une variété de tactiques, tels la citation directe de personnalités qui échappaient aux jugements pour conduite en état d'ivresse. Il monta une campagne fructueuse avec Sutch et d'autres pour rendre piétonne la rue londonienne de Carnaby Street. Lors de sa convalescence après avoir été renversé par une moto, Boaks assista Sutch à Bermondsey en 1983 pour vérifier le décompte des votes (). Sa potentielle candidature, sous étiquette OMRLP, pour les élections générales de 1983, dans la circonscription d'origine de Sutch et Boarks à Streatham, fut évoquée, mais ne se réalisa jamais, probablement à cause de son infirmité croissante. Quand ses prévisions sur les décès infantiles inutiles, la pollution et les embouteillages furent avérées, Boaks était déjà décédé, ayant succombé à des douleurs à la tête à la sortie d'un bus.
Résultats électoraux
En 1987, l'OMRPL gagna son premier siège au conseil municipal d'Ashburton, dans le Devon, quand Alan "Howling Laud" Hope fut élu sans autre candidat. Il devint alors maire adjoint, puis maire d'Ashburton en 1998 (principalement opposé aux membres locaux du Parti conservateur, qui ne lui ont jamais pardonné d'être devenu membre de l'OMRLP), jusqu'à ce qu'il déménage dans le Hampshire après la mort de Sutch. Pendant plus de dix ans, son hôtel, « The Golden Lion » (Le Lion d'Or) à Ashburton (appelé par certains membres du parti le « Mucky Mog »), était le quartier général du parti et le centre de conférence.
Le premier membre du parti à être élu dans une élection avec opposition fut Stuart Hughes, qui prit le siège « assuré » du Parti conservateur à Sidmouth Woolbrook dans le conseil du district de East Devon en . Il prit ensuite un siège au parti Conservateur au conseil municipal de Sidmouth le jour suivant. Son succès fut amèrement accueilli par les Conservateurs locaux. La réaction de Hughes fut d'essayer de leur rendre la vie difficile les trois années suivantes, en refusant de payer ses Community Charge (aussi connues sous le nom de Poll tax), puis en déversant l'équivalent de ses impayés en ferraille au beau milieu de la chambre du conseil quand il était menacé de poursuites légales. Il forma aussi une alliance, connue sous le nom de « The Coastals » (Les Côtiers) (du fait des sièges qu'ils possédaient), avec les sans étiquettes et le seul conseiller du Parti vert, constituant la première réelle opposition aux Conservateurs de East Devon depuis des décennies (le LibDem et le Labour Party locaux étant négligeables).
Hughes maintint son siège avec une majorité croissante dans les élections suivantes, et l'humiliation finale pour les Conservateurs fut quand il prit le siège du conseil du comté du whip de la branche locale du parti. Hughes est encore membre de ces trois conseils actuellement, bien qu'il le fasse maintenant, ironiquement, en tant que Conservateur.
La meilleure organisation du (RLGGP) et son succès électoral fut une sonnette d'alarme pour le OMRLP. À une époque au début des années 1990 en Angleterre, il y avait seize conseillers élus portant la phrase « Raving Loony ». En Écosse, Mark Boyle remporta un siège au conseil communautaire (Community Council) de Johnstone, comme candidat lié à la fois à l'OMRLP et au RLGGP, car il n'acceptait pas la scission. (Hughes and Sutch trouvaient comique l'idée d'avoir un unique conseiller pour deux branches en désaccord, ce fut moins le cas pour Hope). À ce jour, deux conseillers sont devenus maires : Alan Hope à Ashburton, Devon et Chris "Screwy" Driver sur l'Île de Sheppey au Kent.
À l'élection partielle de Bootle en , le candidat Loony (Sutch) récolta plus de voix que le candidat du Social Democratic Party. La lettre d'information de l'OMRLP de , publiée par Alan Hope titrait « What's going on? » (Qu'est-ce qui se passe?) et Sutch était lui-même étonné par l'annonce des résultats, lorsqu'il fut interrogé par la BBC.
L'histoire fit la Une de nombreux journaux anglais, ironiquement, l'élection partielle n'avait quant à elle reçu qu'une mince couverture médiatique. Le peu d'intérêt des médias se concentra sur l'étrange querelle entre le Parti travailliste et le Loony. Les relations entre les membres des deux partis ne furent jamais bonnes, mais elles ont atteint leur plus bas niveau, quand un agent travailliste essaya de faire arrêter Sutch, pour violation d'une vieille loi électorale qui interdisait l'utilisation d'un Pub comme quartier général d'une campagne électorale. Cette loi fut retirée en 1987. Les tabloïds firent allusion au « Kinnock's Killjoys » (Les rabats-joie de Kinnock) pendant le reste de la campagne.
Le résultat sonna le glas pour les prolongations du Parti Social Démocrate (concentré autour de l'ancien secrétaire étranger du Parti travailliste et président du Parti Social Démocrate, David Owen), qui avait refusé la fusion du SDP avec les Libéraux pour former le LibDem. Tournant le couteau dans la plaie, Sutch proposa pour le geste de former une coalition avec eux, mais à la place, ils démantelèrent le parti, bien que, répétant à nouveau les événements de 1998 une semaine plus tard, des membres votèrent de maintenir le parti. Un an après la mort de Bootle, le SPD prétendument démantelé finit quatrième à Neath, reléguant l'OMRLP à la cinquième place, et existe toujours à ce jour.
Bien que le parti enregistrât de bien meilleurs scores, avant et après (notamment à Monmouth), Bootle est encore considéré par les Raving Lonies comme leur apogée, les moments bénis où ils étaient traités comme un parti politique sérieux, tout en étant un parti ridiculisant dans une large mesure le monde politique.
Sutch battit aussi un candidat unique du Plaid Cymru/Parti Vert lors de l'élection partielle acharnée de Monmouth en 1991, et battit presque le candidat en exercice du Parti Conservateur à l'élection partielle de 1995 à Islwyn par la suite, mais à ce stade, l'OMRLP était suffisamment organisé pour arriver fréquemment quatrième aux élections partielles en Angleterre et au pays de Galles.
Ce succès est certainement dû à John Tempest, un ancien attaché de presse du parti Libéral/Libéral Démocrate et agent de campagne (et cofondateur l'organisation caritative primée Bradford Soup Run charity pour les sans). Avec son ami activiste du OMRLP Willi Beckett (un des fondateurs du à Bradford), ils changèrent la façon dont le parti affronte les élections. Dès le début, ils voulaient que le parti récolte les fruits de son statut non officiel de « parti de vote contestataire » du Royaume-Uni : dès lors des affiches, des autocollants pour voitures, et une série intarissable de blagues qui faisaient la Une des journaux fit que le parti gagna plus facilement en audience, mais assura une juste couverture par les journaux (trois émissions télévisées pour les élections partielles furent annulés, quand l'OMRLP eut recours à la loi pour les empêcher de faire des débats entre candidats desquels les Loonies étaient bannis). Le parti parvint même à s'attirer le support d'entreprises telles le fabricant des chips « Monster Munch » et de nourriture pour chien « Spillers », bien que ce soit pour railler la façon dont le Parti travailliste était devenu particulièrement sous Blair une marionnette des grands groupes industriels.
Tempest et Beckett rencontrèrent les mêmes problèmes avec la faction « Fun-da-Mental-ist », mais à ce moment-là, le parti avait de nouveaux membres, tels le futur secrétaire général Peter "T.C." Owen, pour qui l'objectif était de vaincre les autres partis, et ne voyait rien de drôle à finir dernier avec seulement quelques voix. Tempest était ironiquement aussi connu pour ne pas vraiment supporter les comiques (il y eut de nombreuses querelles entre lui et Hope). Ce n'est pas par hasard qu'à l'époque de Tempest et Beckett, d'autres partis « alternatifs », tels les Verts, le Front national britannique, le Parti national britannique, le UKIP retirèrent régulièrement leurs candidats après qu'un membre de l'OMRLP ait annoncé sa candidature, du fait de l'impact négatif sur le moral du parti qu'un score moins bon que celui du « Raving Loony » pouvait avoir.