La famille de Châtillon, dite du Chablais ou encore Châtillon-Larringe, est une famille noble mentionnée vers la fin du , dans la région du Chablais. Certains membres de cette famille ont exercé des charges dans l'administration savoyarde. Elle s'est éteinte au cours du .

Histoire Origines L'origine de cette famille n'est pas connue. Le comte Amédée de Foras, héraldiste et généalogiste, dans la notice consacrée à la famille de Châtillon du premier volume de lArmorial et nobliliaire de l'ancien duché de Savoie (1863), indique que .. Il suppose un probable lien de parenté avec les Châtillon de la Tour en Valais, au vu de leur proximité géographique.

Le généalogiste français Gustave Chaix d'Est-Ange (1911). ou encore le généalogiste et paléographe suisse Germain Hausmann (2001) donnent la cité d'Évian et ses environs pour cadre géographique d'apparition de cette famille.

Les auteurs de lÉssai d'Histoire de la Vallée d'Illiez (1924), le curé Jean-Émile Tamini et le prieur Pierre Délèze, érudits locaux, dans leur présentation des seigneurs de la vallée présente un chapitre sur la famille des Châtillon-Larringes.. Forme que l'on retrouve comme entrée, « Châtillon-Larringe », dans le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS, 2001), doparnt l'auteur, Germain Hausmann, archiviste et paléographe, et qui distingue cette famille des homonymes régionaux, les Châtillon d'Aoste (vallée d'Aoste), les Châtillon-Michaille (Bugey) ou encore les Châtillon d'Estavayer (Pays de Vaud).

De plus, le généalogiste de Foras s'interroge aussi sur les origines, qu'il soupçonne être probablement communes, entre les différentes branches de cette famille, notamment celles des co-seigneur de Thollon et celle des seigneurs de Lugrin et de Larringe. Il note, par ailleurs, que certaines difficultés s'ajoutent, avec l'usage quasi-systématique du prénom Guillaume chez les seigneurs de Larringe et celui de Pierre chez les seigneurs de Lugrin au cours des . L'érudit conclut :

Les travaux récents de Pierre Blanc (2005), auteur d'un article publié dans les Mémoires de l'Académie chablaisienne, permettent d'actualiser les précédents. Ce dernier avance ainsi une origine genevoise et un lien de parenté avec la famille de Châtillon en Michaille. L'archéologue médiéviste Sidonie Bochaton, dans le Diagnostic du patrimoine du pays d'Evian (2018), reprend cette proximité des Chatillon avec la famille originaire Châtillon-en-Michaille, en Bugey, tout en reconnaissant l'impossibilité de la recherche actuelle d'expliquer leur implantation à Lugrin, en Chablais, si ce n'est par leur présence attestée dès la fin du Sidonie Bochaton, Diagnostic du patrimoine du pays d'Évian, 2 volumes, CCPEVA - Pays d'art et d'histoire, Publier, 2018 ( Présentation en ligne)..

Premières mentions vignette|gauche|La maison forte dite de Châtillon, à Lugrin. Selon Pierre Blanc, les Châtillon sont attestés à Lugrin par un acte de 1286., répertorié aux archives de l'abbaye de Saint-MauriceFondation des archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice, CHL 0/0/1/745 (Présentation en ligne).. Il permet également de pointer leur implantion, sinon leurs droits, dans le Val d'Illiez, en Valais. Il s'agit d'un acte d'affranchissement de deux hommes de Champéry (Valais), ordonné par (Pierre dit de Châtillon, de Lugrin, donzel (damoiseau), son frère Jean, clerc et ses fils Guillaume, Aymé ou Aymon et Raymond ou Reymond). Les auteurs de l'''Éssai d'Histoire de la Vallée d'Illiez (1924) donnent pour prénom du frère de Pierre, Jacques, précisant qu'il devient curé de Troistorrents, en Valais. Cet acte est, par ailleurs, Les Châtillon possèdent une première maison forte, à Lugrin, au lieu-dit « en Vivier ». Ils sont à l'origine d'une seconde maison forte dite de Châtillon.

Sidonie Bochaton s'interroge sur la proximité de cette famille avec le comte de Savoie, sachant qu'un certain Guillaume effectue une belle carrière dans l’administration. De Foras., tout comme Germain Hausmann, commencent d'ailleurs la présentation des personnalités de cette famille avec un Guillaume, coseigneur de Châtillon. De Foras, ainsi que l'érudit Donald Lindsay Galbreath (1944), le mentionnent comme bailli de Genevois et du Chablais pour le comte de Savoie, en 1303 et 1305..

Le généalogiste Chaix d'Est-Ange débute sa notice familiale avec Jean de Châtillon de Lugrin, époux d'Amjola, qui meurt avant 1344. Il observe qu'aucun acte ne le qualifie de noble.

Branches et rameaux des Châtillon La famille de Châtillon semble avoir formé plusieurs branches. De Foras commence ainsi une liste des membres avec la branche des Châtillon-Larringe ; puis des Châtillon-Corsinge ; des Châtillon du Colombier, au mandement de Monthey (Valais), il s'agit plus probablement de Collombey, et enfin une filiation suivie des Châtillon, coseigneurs de Thollon.

Les premiers seigneurs de Châtillon Au cours du , les premiers membres de la famille de Châtillon (Chatillon), installé à Lugrin (sont-ils seigneurs ?), sont au service de l'administration savoyarde, notamment dans le bailliage du Chablais. Ainsi, la charte de 1286 permet de donner une première généalogie, avec et ses trois fils. Les auteurs de lÉssai d'Histoire de la Vallée d'Illiez (1924) apportent quelques précisions sur leur parcours : Guillaume, l'aîné, est chevalier et serait châtelain pour le comte de Savoie en Valais, dans le bailliage du Chablais ; Aymon serait à l'origine de la branche installée à Lugrin et enfin Raymond serait devenu ecuyer du comte de Savoie.

Guillaume de Châtillon semble avoir une carrière remarquable et relativement bien connue. L'abbé Louis-Étienne Piccard le présente d'ailleurs comme .. Toutefois, comme l'a souligné Amédée de Foras, les auteurs confondent parfois les différents Guillaume de Châtillon dans leur présentation. Ainsi chez les auteurs de lÉssai d'Histoire de la Vallée d'Illiez (1924), le Guillaume de Châtillon, mentionné dans la charte de 1286, serait Guillaume III que l'on retrouve dans les travaux de De Foras ou encore de Piccard.

Ce Guillaume de Châtillon est dit fils de Guillaume et débuterait sa carrière comme châtelain de Versoix (Versoy) (seigneurie savoyarde en terre genevoise mais relevant du bailliage du Chablais), entre 1295 et 1306, avant d'obtenir la charge de la châtellenie comtale de Montmélian, entre 1306 et 1313. Puis il revient en Chablais, où il est châtelain d'Évian-Féternes, de 1313 à 1315. — .. Il est qualifié de damoiseau lorsqu'il est châtelain de Montmélian extrait de sa Thèse de doctorat d'Histoire dirigée par Etienne Hubert, Université Lumière-Lyon-II (lire en ligne).. À partir de 1307 et jusqu'en 1313, il est co-châtelain de Montmélian et cumule la charge de bailli de Savoie. Il est par la suite nommé bailli du Chablais (1312-1316)., et receveur des comptes (1318-1323), avant, semble-t-il, de retourner à Évian-Féternes jusqu'en 1324. Il termine sa carrière en tant que receveur général à Chambéry, pour les juifs et les lombards de Thonon. Il meurt en 1341.

vignette|Vue du château de Larringes. Au cours de la période, Guillaume de Châtillon augmente ses possessions, recevant en 1333-1334 du comte de Savoie la seigneurie de Larringes, qui appartenait autrefois à la famille d'Évian. et achète en 1340 des biens à Champanges, Larringes, Marninge (parfois Maringe, ancien nom du village de Saint-Martin situé à proximité du chef-lieu de Champanges), Vougron (hameau de Féternes), etc.. Le comte de Foras, l'abbé Piccard et l'historien Louis Blondel donnent la date du .. L'obtention de ce fief s'est fait en échange avec qu'il aurait obtenu , selon l'abbé Piccard, le , de l'ancienne comtesse de Savoie, Marie de Brabant. Voulant recupérer cette part d'héritage, le comte Aymon de Savoie aurait fait offrir au chevalier de Châtillon Guillaume de Châtillon semble acquérir par acte du , en considération de ses bons services, , du comte de Genève, Amédée III. Ces différents bien appartenaient à l'héritière de noble chevalier Girard de Compois.

Amédée de Châtillon (peut-être son oncle d'après le document de 1286) est quant à lui châtelain d'Évian-Féternes entre 1301 et 1304, puis de Chillon entre 1305 et 1309. Ce dernier, entre 1306-1307, achète aux héritiers l'office de sautier de Féternes , avec d'autres nobles.

Dom Hilaire Leyat, dans ses Notices manuscrites, indique que le chevalier Guillaume I de Châtillon, dit seigneur de Larringe, est marié à Margueritte de Neuvecelle avec qui il a deux fils : Guillaume (II) dit aussi "Mermet" (diminutif de Guillaume) et de Pierre ou Perrod. Il est repris par De Foras et Piccard. Pierre / Perrod épouse François de Blonay, fille de Rodolphe de Blonay. Son frère, Guillaume II, chevalier et seigneur de Larringe, épouse Rolette avec qui il a deux fils : Guillaume III dit Mermet et Perrod. Perrod épouse Péronnette de Montfort, puis Marie de Ternier. Guillaume III dit Mermet épouse Jordane de Neuvecelle avec qui il a Jean et Catherine.

Dans un testament rédigé le , Guillaume II de Châtillon divise ses biens entre sa femme, , son frère, Peronet, et ses deux fils : Guillaume dit Mermet, et Pierre dit "Perrod". Guillaume de Châtillon a demandé à être inhumé dans l'église Sainte-Catherine de la Touvière (démolie vers la fin du ). Ce testament permet aussi de mieux percevoir l'emprise de ce seigneur. Ainsi son fils Guillaume III / Mermet obtient le fief et le château de Larringes, Le second, Pierre / Perrod, obtient

Un Pierre ou Perronet de Châtillon est châtelain de Châtel-Saint-Denis en 1335, châtelain de Rolle en 1338., le même ou un homonyme est dit châtelain pour le comte de Genève, à Chaumont (1361- 1370), Cusy (1335- 1341), Duingt (1331- 1333), La Roche (1342- 1345), La Rochette (1336-1341), Rumilly (1346-1347, 1355- 1361), Soyrier (1332- 1333), Yvoire (1315-1322). Humbert de Châtillon est co-châtelain de 1326 à 1336 d'Arlod et la Tour du Châtel.

Les premiers seigneurs de Larringe Guillaume III / Mermet de Châtillon (1320-1387) reçoit le fief de Larringe le , prêtant hommage au comte de Savoie au mois de novembre de l'année suivante.. Il reçoit à cette seconde occasion une nouvelle investiture pour ce fief. En 1327, Guillaume III / Mermet avait épousé Jordane de Neuvecelle. Il se remarie le avec Jacquette, fille de Boson, dit duc, à Collombey. Il semble avoir eu un autre fils, Guillaume, de ce second mariage. Il achète en 1348 la tour de Collombey, où il s'installe avec sa famille. Le , il achète pour genevoises à noble François de Neuvecelle ses hommes, fiefs et revenus de Vacheresse. En août 1367, il est qualifié de noble dans un échange entre son fils Guillaume et l'abbaye d'Abondance.

Jean, fils de Guillaume III, obtient en 1387 le fief de Larringes et Guillaume, second fils, le fief de Collombey (de lui est issue la branche des Châtillon de Collombey)..

Pierre, qualifié de chevalier à diverses reprises, épouse Catherine de Saint-Jeoire qui lui donne un fils nommé Pierre, qui lui-même aura un fils appelé Pierre.

Le fief de Larringes est légué par Jean à Jeannette de Neuvecelle en 1438. Elle le revend l'année suivante à Rodolphe d'Allinges.. Le fief de Lugrin est légué par Pierre de Châtillon à ses neveux en 1441..

Il existe un rameau secondaire des Châtillon à Lugrin, dont les membres ont régulièrement exercé les professions de notaires. Leurs membres portent les mêmes prénoms que les membres de la branche principale, ce qui rend leur identification malaisée.

Les Châtillon de Collombey