L'Engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC) « Jaguar » est un véhicule militaire blindé de reconnaissance à six roues motrices de nouvelle génération ayant vocation à s'intégrer dans des combats en zone urbaine ou montagneuse.. Il est conçu et construit par les entreprises françaises Arquus, KNDS France (ex-Nexter) et Thales. Il est entré en service en 2022. L'Armée française a déjà reçu au et aura reçu un total de à l'horizon 2035. L'armée belge a commandé dans le cadre du programme CAMO (Capacité motorisée). Le Luxembourg annonce le la commande de pour renforcer son armée.

Développement et production Genèse En 2010, l'armée française souhaitait remplacer ses chars légers à roues AMX-10 RC et ERC-90 Sagaie, devant arriver en fin de vie à l'horizon 2025, par un nouveau char léger, plus performant et mieux protégé.

Alors que Panhard a imaginé le Sphinx, Nexter planche sur un véhicule à roues , sur lequel il sera possible d'ajouter des éléments en fonction des missions à effectuer. Développée en synergie avec le projet de véhicule blindé multi-rôles, la version de Nexter est choisie. Cela permet d'avoir 70 % de ses équipements en commun et ainsi de réduire les coûts..

Développement La Direction générale de l'Armement (DGA) a confié son développement en 2014 aux sociétés Nexter, Arquus et Thales, associées dans un Groupement momentané d'entreprises (GME). En 2016, la DGA prévoyait de commander . Une tranche de de présérie a été commandée en . La loi de programmation militaire 2019-2025 portait le nombre prévisionnel d'EBRC à à l'horizon 2030.

L'achat de ce véhicule entre dans le cadre du programme Scorpion destiné à moderniser l'arme blindée et cavalerie de l'armée de Terre, avec la modernisation des chars Leclerc et le remplacement des Véhicules de l'avant blindé (VAB) par le véhicule blindé multirôle (VBMR) Griffon.

Le Jaguar a été qualifié dans son standard 2 en 2024. Le développement du standard 3, intégrant le missile AKERON MP, est qualifié en avril 2026, en vue d’une appropriation par les forces en septembre.

Production

Châssis et moteurs sont produits par Arquus, notamment dans son usine de Limoges, puis les engins sont assemblés dans l'usine de Nexter à Roanne. Le système informatique Scorpion est fourni par Thales.

Vingt exemplaires de présérie ont été livrés en au 1er régiment de chasseurs d'Afrique (), à Canjuers, chargé de la formation de tous les régiments destinatairesJaguar : premières livraisons au .. Un premier lot de de série a été livré en au profit du 1er régiment étranger de cavalerie (). ont été livrés en 2023, notamment au profit du régiment d'infanterie chars de marine (RICM). L'Armée de terre a reçu en 2024..

Un total de avaient ainsi été livrés à l'Armée française au . Le parc de Jaguar atteindrait dans l'Armée française à l'horizon 2030. Le solde du programme doit être livré entre 2031 et 2035..

Caractéristiques

Disposition générale L'agencement du Jaguar est classique pour un véhicule de reconnaissance de conception française. Le pilote est à l’avant de la caisse au centre. La tourelle biplace CTA‑40M est au milieu, et le groupe motopropulseur implanté à l’arrière. Entre autres, l'équipage dispose d'un total de six extincteurs pour faire face aux différents types d'incendie capable de survenir.

Mobilité Motorisation Le groupe motopropulseur (GMP) est installé à l'arrière de la caisse, il est composé d'un moteur Diesel Volvo HDE 11 et d'une boîte de vitesses automatique ZF à sept rapportsSelon la vidéo [Moteur] L' EBRC Jaguar publiée sur Youtube le 18 octobre 2022 par l'Armée de terre.. Le moteur HDE 11 est un moteur Diesel à six cylindres en ligne d'une cylindrée de , suralimenté par turbocompresseur, il développe une puissance de et répond à la norme européenne d'émissions Euro 3.

La boîte de transfert est dotée d'un système d’inverseur permettant au Jaguar de reculer dans une côte de 10 % à une vitesse de ..

La capacité en carburant est de dont sont emportés dans un réservoir situé à l’avant droit, entre les premier et deuxième essieux, à l’extérieur de la cellule de survie de la caisse.

Train de roulement Le train de roulement du Jaguar est de type " crabotable " : les quatre roues arrière sont motrices et les deux roues avant peuvent le devenir sur demande du pilote. Les essieux avant et arrière sont directionnels, mais jusqu’à une vitesse d’environ pour l'arrière afin d’obtenir un rayon de braquage de . Les trois essieux sont équipés d’une suspension oléopneumatique indépendante à grand débattement. Produite par Quiri, elle permet une aisance en tout-terrain supérieure à celle de ses prédécesseurs, tout en procurant une grande stabilité lors du tir en marche.

Les suspensions sont équipées d’un système de variation de garde au sol. Les six pneumatiques Michelin 14.00 R20 sont équipés d'un dispositif de roulage à plat Hutchinson et leur pression peut être adaptée en fonction de la nature du terrain à partir du poste de pilotage grâce au système VPG (Variation de Pression de Gonflage). Environ 70 % des équipements sont communs avec ceux du VBMR Griffon, dont la suspension produite par Quiri à Strasbourg, les interphones Elips d'Elno à Argenteuil et le détecteur acoustique de tir Pilar V de Metravib Defence à Lyon..

Protection Passive Le Jaguar est conçu autour d’une architecture en « cellule de survie », focalisant la protection sur l'équipage, permettant de protéger ce dernier jusqu’à un haut niveau de menace.. Une attention particulière a été apportée à la mobilité résiduelle afin de garder la possibilité de se déplacer malgré un endommagement.

La caisse est plus haute de par rapport à celle de l’AMX‑10RC, car optimisée contre les explosions de mines et EEI contenant jusqu’à de TNT.. La caisse est faite d'un assemblage de tôles mécano-soudées en aluminium recouvert de plaques de surblindage en acier à très haute dureté, de céramique, ou de fibres d'aramide. Ce blindage répond au de la norme OTAN de protection STANAG 4569 correspondant à une protection contre les balles perforantes incendiaires de calibre ainsi que les éclats d’obus d'artillerie de calibre détonnant à .

Active De part et d’autre de la tourelle et à l'arrière de la caisse se trouvent des lanceurs de GALIX couplés au système de détection d’alerte laser implanté sur la tourelle. Il côtoie le détecteur de départ de missile, de même que le système de localisation acoustique terrestre (SLAT) Pilar V de Metravib Defence, le brouilleur radio BARAGE (Brouilleur Anti-IED Réactifs Actifs Goniométriques) de Thales et un brouilleur infrarouge.

Armement et équipement Armement principal Le Jaguar emporte trois types d’armement : un canon à tir rapide 40 CTC de calibre conçu par le consortium franco-britannique CTA International (CTAI).. Ce canon compact tirant des munitions télescopées dispose d'une capacité de pointage en site élevée de conférant au Jaguar la capacité de tirer sur des aéronefs lents ainsi que vers les étages supérieurs d'un immeuble en zone urbaine.. Sa cadence de tir maximale est de 200 obus par minute, trois modes de tir sont disponibles : coup par coup, par rafales de trois ou de cinq coups. L’éjection des douilles s’effectue sur le flanc gauche de la tourelle. Soixante-trois obus sont prêts au tir dans un convoyeur à munitions situé devant le chef d'engin. Quatre-vingt obus supplémentaires sont placés contre les parois de la caisse dont cinq directement à proximité du tireur, enfin quarante obus sont logés dans un compartiment blindé à l'avant de la caisse, à l'extérieur de la cellule de survie. Quatre types de munition peuvent être tirés, dont la munition-flèche OFLT capable de percer d'acier à blindage sous une incidence de à une distance de . Les obus explosifs traçants (OET) et OET CHR (CHRonométrie) sont capables de traverser de béton armé à .

Armement secondaire Sur le flanc gauche est implanté le lanceur haussable dans lequel se trouvent deux missiles antichars AKERON MP, superposés et prêts à l’emploi.. Deux autres missiles sont embarqués dans un coffre situé à l’arrière de la caisse, derrière le groupe motopropulseur. Le missile MMP autorise l’engagement d’objectifs jusqu’à une portée de , y compris au-delà de la vue directe en permettant de tirer derrière un obstacle, tout en ayant la possibilité de changer d’objectif en vol afin de traiter une menace inopinée grâce à une recopie de visée intégrée.

Un tourelleau téléopéré (TTOP) Arquus T3 est monté sur le toit, à l'avant gauche de la tourelle, il est armé d’une mitrailleuse MAG 58 de . Il diffère des TTOP T1 et T2 montés sur les Griffon et Serval de par son architecture intégrant un viseur panoramique PASEO de Safran monté sur une couronne indépendante qui peut être manœuvrée par le chef d’engin et le tireur. Le tourelleau T3 opère donc selon trois axes : l’un pour le viseur PASEO, le second pour la mitrailleuse et le troisième pour le canon de calibre .

Versions Jaguar Kiosque : véhicule école destiné à la formation des pilotes de l'EBRC Jaguar, la tourelle est remplacée par une cabine pouvant accueillir deux instructeurs. Jaguar-105 : Jaguar dont la tourelle T40 a été remplacée par une tourelle Cockerill 3105 armée du canon 105 HP de calibre et équipé d'un chargement automatique.

Utilisateurs

: environ livrés fin 2025, 238 prévus en 2030, et 300 en 2035. Ils sont destinés à remplacer l'ERC-90 Sagaie, l'AMX-10 RC et le VAB HOT au sein de l'Armée de terreLe futur EBRC (Engin Blindé Reconnaissance Combat) qui sera le successeur des AMX 10RC et des Sagaie.. Au , la DGA en avait réceptionné .

: commandés dans le cadre du programme CAMO (Capacité motorisée) pour la Composante terre et livrés entre 2025 et 2030.. La commande a été officialisée le par le Premier ministre de Belgique Charles Michel, après la signature d'une lettre d'intention le . Après avoir tenté d'imposer sa tourelle, le groupe CMI Defence de Seraing sera chargé de l'assemblage final de la tourelle de ainsi que de la maintenance et de la formation. Les tourelleaux téléopérés seront produits par FN Browning group tandis que Mecar (filiale belge du groupe Nexter) développera et fournira une partie des munitions.

: l'achat de 38 EBRC Jaguar a été voté en par le parlement luxembourgeois pour l'armée luxembourgeoise. La commande est validée par le ministère de la Défense en . Ils seront acquis par la Défense belge au profit du Luxembourg pour le futur bataillon de reconnaissance binational belgo-luxembourgeois [BnBinat] devant être pleinement opérationnel à l’horizon 2028-2030. Il engage 350 soldats de chaque pays ; le choix de véhicules identiques assurant l'interopérabilité des deux parties. Le contrat comprend des retours industriels pour le Luxembourg. La gestion de ces plateformes Scorpion est facilitée par la présence d’un officier de liaison luxembourgeois au sein de la Direction générale de l’armement [DGA].

Dans la culture Jeu vidéo : War thunder. L'EBRC Jaguar est jouable dans l'arbre de technologie français. Il est de rang VII et de BR 11.0, il est classé comme char léger. Il a été ajouté lors de la mise à jour 2.51 "Spearhead".

Notes et références

Voir aussi Articles connexes 7e brigade blindée (France) Bataillon de ligne Prince Léopold - de ligne

Liens externes Exclusive insight into French industry's review Jaguar 6x6 armored vehicle first prototype

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