Le mot « logos » dérive du grec . Il désigne en première approximation, depuis Platon et Aristote, la « parole », le « discours écrit »Françoise Dastur, Heidegger et la question du temps, PUF, 2007, 76. (textuel ou parlé) et, par extension, la « rationalité » (l’intelligence) puis la logique. S'agissant de la logique, conçue comme discipline de la pensée, certains attribuent sa première occurrence à Xénocrate. Ce mot apparaît aussi dans les fragments d’un penseur présocratique, Héraclite d'Éphèse. Plus tard, ce mot a eu une éclatante carrière philosophique, théologique et linguistique, comme logique, ratio, verbum, loi du monde et enfin comme nécessité de pensée, sens et rationalité. La transposition de ce terme grec au latin ratio, écrit Guillaume Badoual., .
Le terme de « logos » est traduit traditionnellement par le concept de « logique », qui a le sens de ., attribut que Heidegger tente de justifier en interrogeant son origine. Cependant, la « logique », l'ancienne épistémé logiké (), a un sens tout différent du nôtre dans la pensée des anciens Grecs.
Le Logos a fait l'objet de nombreuses interprétations : ratio, loi du monde, lois de ce qui est logique et auxquelles on ne peut contrevenir, sens ou raison, et même Verbe de Dieu. Philosophiquement le Logos exprimerait la cohérence sous-jacente des choses du monde, c'est la position de Kostas Axelos cité par Jean-Patrice Ake . : Le mot grec signifie ici, le discours d’Héraclite et le "sens" de l'Univers. Plus loin Axelos continue : .
Chez Heidegger et Husserl
Chez Martin Heidegger comme chez Edmund Husserl, le « Logos » est d’abord « discours », et en tant que discours, il est plus précisément un « faire voir », . Martin Heidegger, qui est celui des philosophes contemporains qui s'est le plus intéressé à ce concept antique, rassemble d'emblée pour les mettre en relation les trois notions qui dominent, dans les textes, la pensée des philosophes grecs, à savoir le logos (), la phusis () et la vérité (, alètheia)Heidegger consacre une conférence au logos, conférence reprise dans l'ouvrage Essais et conférences, préface de Jean Beaufret, et parue sous le titre allemand en 1954, traduite par André Préau ; une autre traduction de Jacques Lacan est parue dans la revue La psychanalyse 1/1956 (.. La thématique du Logos est présente dès le paragraphe 7 d’Être et Temps, où elle apparaît, à l'occasion d'une définition de la phénoménologie, par le biais d'une interrogation sur la signification du suffixe « -logie ». Guillaume Badoual note incidemment que dans toutes les disciplines faisant appel à ce même suffixe, . Comme le note Éliane Escoubas. : . Ces trois notionsCes trois notions font l’objet de trois articles séparés, phusis, logos, alètheia., dont il s’agirait de reconquérir un sens originaire perdu, appartiennent au groupe dit des « paroles fondamentales ».
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . .
Articles connexes Concept de Logos dans la philosophie de Martin Heidegger Phusis / Alètheia Héraclite / Héraclitéisme
Catégorie:Concept épistémologique Catégorie:Concept philosophique grec Catégorie:Expression grecque