thumb|upright=1.0|Statue de Notre-Dame du Mont-Carmel présentant au fidèle le Scapulaire carmélitain (Chili).
Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel (également appelé scapulaire carmélitain, ou scapulaire brun), est une pièce de vêtement porté par les membres de l'ordre du Carmel. Ce scapulaire existe également sous une forme très réduite, et porté par les laïcs. Cette dévotion apparait à la fin du chez les Carmes et se répand chez les laïcs autour du .
Dans sa forme plus réduite (porté par les laïcs), il a été largement diffusé par l'Église catholique comme sacramental (à partir du ) et il a certainement servi de modèle pour les dévotions aux autres scapulaires. La fête liturgique de Notre-Dame du Mont-Carmel fixée au , a été longtemps associée à celle du scapulaire carmélitainDepuis 1970 et Vatican II, la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel est dissociée de celle du scapulaire, qui lui n'est plus célébré liturgiquement du fait des doutes sur l'historicité de la vision de Simon Stock..
Selon la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements du Vatican, le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel est un
La dévotion à la Vierge du Carmel, liée au scapulaire, a été longtemps associée à l'intercession pour les âmes du purgatoire. Traditionnellement, dans les représentations de Notre-Dame du Mont-Carmel, la Vierge tend au fidèle un scapulaire de petite taille (destiné aux laïcs).
Historique L'ordre du Carmel vignette|left|Ruines de la première église () sur les pentes du mont Carmel.
Au , des chrétiens croisé occidentaux choisissent de vivre en ermites dans les grottes du mont Carmel, à la recherche de Dieu. Ils s'inspirent des prophètes Élie et Élisée, qui selon une tradition, auraient vécu dans les grottes du mont Carmel et y auraient fondé une ...Cette information est issue d'une tradition dans l'Ordre du Carmel, mais à ce jour, aucune trace archéologique ou bibliographique ne permet de la confirmer ou de l'infirmer. Voir La grotte d'Élie - École des Prophètes sur le site du Carmel d'Haïfa..
Les premiers ermites, menés par Berthold, construisent une chapelle en l'honneur de la Sainte Vierge, et lui portent une dévotion particulière sous le titre de . Ils la désignent rapidement comme sainte patronne de leur communauté. Ces ermites du mont Carmel élaborent, aux environs de 1209, une règle de vie approuvée par le patriarche Albert de Jérusalem. La prière est au centre de cette règle de vie. À la suite de la conquête de la Palestine par Saladin (de la chute de Jérusalem en 1187 par Saladin, jusqu'à la chute de Saint-Jean-d'Acre en 1291), les ermites se réfugient progressivement en Europe (au cours du ) car leur sécurité ne peut plus être assurée dans leurs ermitages.
Lors du concile de Latran de 1215, la papauté voulant réorganiser les ordres mendiants supprime un grand nombre de ces communautés nouvelles, rattachant leurs membres aux deux ordres mendiants officiels (ordre de saint François et ordre de saint Dominique). Elle menace ainsi de supprimer l'ordre des Carmes tout juste créé. Honorius III, en 1226, admet que l’ordre des Carmes puisse être préservé. Le concile de Lyon de 1274 entérine la suppression de nés après 1215, mais sursoit à la suppression des Carmes et des Ermites de saint AugustinComme pour les Carmes, l'Ordre de Saint Augustin sera lui aussi conservé, car fondés tous deux, officiellement, avant la date butoir de 1215.. Le Pape Urbain VI, en 1379, confirme le titre, pour le Carmel, d'Ordre de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont-Carmel...
Origine et historique de la dévotion
thumb|La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock, seconde moitié du .
À l'origine, le scapulaire était un vêtement utilitaire, du type tablier de travail, fréquemment utilisé par les moines, composé d'un grand morceau de tissu à l'avant et à l'arrière, joint sur les épaules par deux bandes de tissu. Il fait partie de la tenue de certains ordres religieux, y compris les Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel : les Carmes. Les écrits datés de la fin du indiquent que les premiers ermites carmes qui ont vécu sur le mont Carmel en Terre sainte au portaient une tunique brune (ou fauve, grise, ou noire) ceinturée et d'un manteau rayé blanc et brun (parfois blanc et noir)Le manteau avait 4 rayures blanches représentant les vertus cardinales (force, justice, prudence et tempérance) et trois bandes brunes représentant les vertus théologales (foi, espérance et charité).. Lorsque les Carmes quittent le mont Carmel et s'installent en Europe dans le milieu du , ils deviennent un ordre mendiant et adoptent une nouvelle tenueContrairement à la culture orientale, en Europe à cette époque, les tenues rayées étaient l’apanage des personnes en marge de la société (jongleurs, bouffons, prostituées, hérétiques...). Le pape Honorius III leur demande donc de changer de tenue, ce que les Carmes refuseront jusqu'en 1284 où ils adoptent la robe noire avec un capuce et un scapulaire de même couleur. qui comprend une tunique marron ceinturée, le scapulaire marron, un capot appelé capuche, et un manteau blanc. Selon la tradition et certains récits, la Vierge Marie serait apparue à Cambridge à Simon Stock, qui était alors Supérieur Général de l'Ordre du Carmel, au cours du milieu du .. Les écrits les plus anciens relatant cet événement et datés du , indiquent que Simon Stock, un Britannique, homme de grande sainteté et dévotion, a longtemps prié la Vierge de protéger son ordre et de lui donner un signe de cette protection. La Vierge lui apparut tenant le scapulaire à la main en disant : ..
thumb|Gravure représentant un frère carme avec son scapulaire (mais sans le manteau blanc). Au Moyen Âge, le vêtement était une part essentielle de l'identité des membres des ordres religieux. Retirer son vêtement équivalait à quitter l'Ordre. Si la règle de l'Ordinale de Dublin en 1263 établit que les Carmes à cette date ne portaient pas de scapulaire, le chapitre général de l'ordre en 1281 à Londres établit qu'à cette date le scapulaire fait partie de la tenue des Carmes. Les constitutions carmélitaines de 1369 stipulaient même l'excommunication automatique pour tout Carme qui dirait la messe sans scapulaire, tandis que les Constitutions de 1324 et 1294 considèrent comme une faute grave de dormir sans le scapulaire..
Selon Hugh Clarke (Carme), Il était de coutume pour les laïcs qui appartenaient à une confrérie, fraternité ou un tiers-ordre affilié à un ordre religieux de porter un signe d'appartenance, souvent une partie dérivée de l'habit religieux comme une corde, un manteau ou un scapulaire. Pendant une partie de leur histoire, les membres du Tiers-Ordre carmélite portaient le même manteau blanc que les frères Carmes, voire la tenue complète des Carmes. Le petit scapulaire carmélitain et la promesse de Marie de salut pour son porteur, ont commencé à être diffusés aux laïcs dans la forme actuellement connue par Giovanni Battista Rossi, prieur général des carmes 1564 à 1578.
Le scapulaire carmélitain était, semble-t-il, très largement répandu en Europe à la fin du .. En 1600, le carme Egidio Leoindelicato da Sciacca publie un livre intitulé Giardino Carmelitano, qui comprend les formules de bénédiction pour le Fratelli et Sorelle Compagnia della Madonna del Carmine (laïc qui reçut l'habit complet de l'ordre) et la formule de la bénédiction du scapulaire pour le Devoti della Compagnia Carmelitana. Il s'agit de la première forme apparente de bénédiction pour le petit scapulaire. Il est également intéressant de noter que la formule pour les religieuses (carmélites) ne contient aucune référence au scapulaire, contrairement à celle des carmes qui contient une bénédiction spéciale pour le scapulaire.
L'Église approuve cette dévotion à de nombreuses reprises. Jean-Paul II et de nombreux papes portent le scapulaire du Carmel.. À la place du scapulaire de toile, il est possible de le remplacer par la médaille du Sacré-cœur de Jésus et de la Sainte Vierge.. Le de la Congrégation pour le culte divin (, publié en ). comporte un paragraphe sur le scapulaire : on y insiste sur le sens symbolique de cet habitOn notera que dans le texte, il n'est fait mention nulle part de la médaille correspondante, ni dans ce paragraphe, ni dans le paragraphe suivant consacré aux médailles..
Difficultés historiques thumb|left|220px|Remise du scapulaire à saint Simon Stock, tableau baroque fin , église Sainte-Madeleine de Sainte-Marie-aux-Mines, Haut-Rhin. Avec les études modernes sur l'histoire des premiers siècles de l'ordre du Carmel, un doute a surgi concernant l'historicité de la vision de scapulaire de Notre-Dame à saint Simon Stock. Cette question avait déjà soulevé un vaste débat entre les carmes et les jésuites, à la fin du : les Jésuites contestant l'authenticité de la vision de Simon Stock concernant le don du scapulaire. Cette dispute théologique (sur plusieurs décennies) a été, à l'époque, stoppée par le pape Innocent XII en 1698. Il a imposé aux protagonistes de mettre fin aux débats, sans pour autant trancher la question sur le fond. Le pape a cependant confirmé la tradition de réception du scapulaire, et les indulgences qui y sont attachées....
La première mention de la vision apparaît à la fin du , soit près de 150 ans après la date de 1251 qui il est parfois cité pour la vision. Frère Gabriel of St. Mary Magdalene de' Pazzi est cité dans cet article.Se reporter à la petite étude critique des sources bibliographique sur le site du carmel anglais dans l'article SIMON STOCK (XIII cent.) Saint, priest, alors que cet épisode n'est pas cité dans les premiers récits relatant la vie et les miracles de saint Simon Stock. L'histoire de la tenue vestimentaire du Carmel, de la réglementation et des discussions qui s'y rapportent dans l'Ordre au cours de ce laps de temps, ne mentionne pas ni ne semblerait impliquer une tradition disant que la Sainte Vierge a donné le scapulaire aux carmes, pas plus que les chroniqueurs carmes du , comme John Baconthorp, ne mentionnent le scapulaire. L'histoire enregistre même un exemple en 1375 quand un carme anglais nommé Nicholas Hornby, engagé dans un débat public avec un frère dominicain, ridiculise le dominicain qui affirme avoir reçu son vêtement de la Bienheureuse Vierge Marie. Hornby n'a pas semblé être au courant d'une affirmation identique, qui aurait été faite par un collègue carme anglais au siècle précédent, pour son propre scapulaire.
Parmi les éléments ayant entrainé une confusion, il a été suggéré qu'un autre Carme que saint Simon Stock ait eu une vision mystique, l'histoire de cette vision ayant plus tard été associée à Simon Stock. Une histoire dominicaine compilée par Gérard de Frachet en 1259-1260 raconte la noyade 1237 et la mort d'un saint dominicain, le bienheureux Jourdain de Saxe, au large de la côte d'Acre, en Israël (près du mont Carmel). Elle mentionne qui a tenté d'abandonner sa vocation parce que Dieu avait permis que cela arrive à un si saint homme. Le bienheureux Jordan serait alors apparu au frère carme dans une vision, le rassurant que Gérard conclut : Cette histoire qui a une ressemblance remarquable à l'histoire traditionnelle de la vision du scapulaire et de la promesse de salut, bien qu'avec des différences évidentes, est l'une des très rares références connues de saint Simon Stock écrites de son vivant.
Il a également été souligné que, durant le Moyen Âge, l'étude minutieuse de l'histoire comme actuellement faite était une exception à la règle, et il était très commun, à l'époque, d'habiller les croyances spirituelles et théologiques sous la forme d'une histoire. Le frère Kieran Kavanaugh de l'ordre des Carmes déchaux, a écrit que L’Ordre du Carmel indique sur son site web que, même si l'apparition n'est pas historique,
Description du scapulaire Présentation thumb|droite|Le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, ou .