La bataille des Marais de Saint-Gond est une bataille de la Première Guerre mondiale se déroulant du 5 au au cours de la première bataille de la Marne. Elle oppose l'aile droite de la allemande du général von Bülow et l'aile gauche de la allemande du général von Hausen à la française dirigée par le général Foch. Lors de cette bataille, les troupes allemandes lancent des assauts frontaux répétés sur les lignes françaises afin de couper en deux masses les armées françaises. La française reçoit l'ordre de tenir et de repousser les tentatives allemandes de percées.
Durant quatre jours, des combats particulièrement violents vont se succéder de part et d'autre des marais de Saint-Gond jusqu'au où les troupes allemandes parviennent à repousser les lignes françaises, entraînant la perte de Fère-Champenoise. Les attaques allemandes se poursuivent le matin du et occupent le château de Mondement et le mont Août. Au cours de l'après-midi, les attaques allemandes cessent et les troupes allemandes entament leur repli, l'aile gauche de la allemande étant menacée d'être tournée par la française. Le résultat de cette bataille a un rôle décisif dans la victoire française de la Marne : la résistance de la française a évité la rupture du dispositif français et a fixé des troupes allemandes importantes, elle permet à la française et au Corps expéditionnaire britannique d'exploiter la brèche entre les et allemandes, entraînant leur repli.
Contexte stratégique Pendant la première moitié du mois d', l'armée française enregistre quelques succès locaux, se lançant à l'offensive en Alsace et en Lorraine avant d'être stoppée et refoulée sur ses lignes de départ (bataille de Morhange le ). L'armée allemande de son côté applique le plan Schlieffen et entreprend avec les , et d'envelopper l'aile gauche alliée en passant par la Belgique. Au cours des batailles de Charleroi (21 et ) et de Mons (), l'aile gauche alliée formée du BEF et de la française est repoussée et doit se replier en France. Sous-estimant les troupes déployées à droite et au centre du dispositif allemand, le général Joffre tente une attaque centrale effectuée par les et françaises dans l'Ardenne belge pour couper l'armée allemande en deux. L'utilisation des corps de réserve allemands dès le début de la guerre renforce considérablement les forces allemandes et les tentatives françaises échouent avec de lourdes pertes (bataille des Ardennes du 21 au ).
À partir du , les forces franco-britanniques battent toutes en retraite. L'aile droite française arrête ce mouvement dès le 26 en s'appuyant sur la place de Belfort, le sud des Vosges, la vallée de la Mortagne (bataille de la trouée de Charmes), le Grand Couronné de Nancy, les forts des Hauts de Meuse et de la place de Verdun. Pour l'aile gauche, la retraite se poursuit à travers le nord de la France, ponctuée par la bataille du Cateau () et celle de Guise (). Le général Joffre utilise ce temps pour modifier l'organisation de l'armée française, il fait déplacer des troupes d'Alsace et de Lorraine au nord de Paris pour créer une aux ordres de Maunoury dans l'optique de couvrir le camp retranché. Il crée également le un détachement d'armée aux ordres du général Foch qui devient le la française.. Cette nouvelle armée se place à la jonction des et françaises, dans l'axe de progression des et allemandes.
Le , les déplacements de troupes sont réalisés en grande partie. Joffre donne l'ordre aux différentes troupes d'arrêter la retraite. C'est le début de la bataille de la Marne.
Description du champ de bataille vignette|gauche|Emplacement du champ de bataille dans le cadre de la bataille de la Marne. Le champ de bataille des marais de Saint-Gond est composé de trois parties distinctes : la partie gauche est formée par le plateau de la Brie, coupé d'est en ouest par la rivière le petit Morin qui draine les eaux des marais de Saint-Gond par une vallée d'environ de profondeur par rapport au plateau. Le plateau de la Brie est couvert de plusieurs bois et bosquets, de buttes et des villages de la Villeneuve-lès-Charleville, Soizy-aux-Bois et Mondement pouvant servir de points d'appui défensifs.
Le centre du champ de bataille est formé par les marais de Saint-Gond. Ces marais forment une bande de de long sur 4 à de largeur. Ils sont délimités par la route reliant Champaubert à Soizy-aux-Bois et la route passant par Bergères-lès-Vertus et Fère-Champenoise. En été, les marais ne sont pas totalement recouverts par les eaux. Ils sont parsemés de mares d'eau stagnante, de faibles buttes et de tourbières. Ils représentent cependant un obstacle important pour des troupes désirant les franchir, elles doivent en effet se déplacer seulement sur les routes et les chemins existants. Derrière les marais, le mont Août domine la plaine et sera le lieu d'une lutte acharnée entre les Allemands et les Français.
La partie droite du champ de bataille est formée par la plaine de Champagne. Cette plaine ne présente aucun point dominant, elle est coupée par plusieurs cours d'eau s'écoulant d'est en ouest comme la Somme-Soude, la Vaure et la Maurienne. Des bois de résineux sont présents dans la plaine bloquant l'observation.
Forces en présence Dans la nuit du 4 au , le général Joffre envoie un ordre général indiquant l'arrêt de la retraite des , , et françaises et la préparation d'un retour offensif.
Organisation et objectifs français La d'infanterie du général Grossetti occupe la gauche du dispositif de la française. Elle doit se lier avec la d'infanterie du d'armée de la française. Il lui faut occuper un front entre la Villeneuve-lès-Charleville et Saint-Prix. Le gros des troupes est positionné sur Oyes et Mondement.
Le d'armée du général Dubois est composé de la division marocaine et de la d'infanterie, il occupe une position centrale dans le dispositif de la . La division marocaine est positionnée à la gauche du d'armée, elle doit se lier à la d'infanterie, déboucher de la partie gauche des marais de Saint-Gond pour atteindre Congy et placer un détachement à Bannes. Le gros de la division marocaine est stationné entre Broussy-le-Grand et Broussy-le-Petit. La d'infanterie positionne des avant-postes sur la rive nord des marais et occupe avec une forte avant-garde Toulon-la-Montagne et dispose de détachements dans les villages de Vert-la-Gravelle et Morains-le-petit tenant la route entre Fère-Champenoise et Vertus. Le gros de la d'infanterie est localisée entre Bannes et la Fère-Champenoise.
Le d'armée du général Eydoux a un rôle purement défensif, la d'infanterie renforcée par le d'infanterie doit occuper un front de Morains-le-Petit à Normée. Il est soutenu par l'artillerie du corps d'armée. La d'infanterie occupe un front de Normée exclu à Lenharrée, un détachement couvre l'aile droite du corps d'armée, il est positionné sur la route de Châlons. Un des régiments de la division forme la réserve du corps d'armée. L'artillerie de la d'infanterie ( d'artillerie) est renforcée par l'artillerie de la d'infanterie. La d'infanterie est transférée sur le champ de bataille le , elle est affectée à la réserve de la .
Organisation et objectifs allemands La allemande dispose de la partie gauche de son dispositif face à la française. Le d'armée du général von Emmich se trouve face au d'armée français et à la d'infanterie, la d'infanterie doit se diriger sur la Villeneuve-lès-Charleville, Les Essarts et Saint-Prix, la d'infanterie doit marcher sur Sézanne. Le corps de la garde est face à la d'infanterie et une partie du d'armée, la de la Garde doit se porter vers Vert-la-Gravelle et atteindre ensuite Broussy-le-Grand ; la de la Garde se dirige sur Bergères, et en passant par Morains-le-Petit doit ensuite atteindre Fère-Champenoise. Le , devant la résistance des troupes françaises, le général von Plettenberg, commandant du corps de la Garde, demande l'aide de la d'infanterie. Elle intervient à partir de midi sur le champ de bataille ; renforcée par l'artillerie et la cavalerie du d'armée, elle occupe un secteur entre Normée et Lenharrée. Le lendemain, la d'infanterie de réserve entre également en ligne, elle doit occuper les hauteurs au nord de Sommesous. Le , la d'infanterie de réserve renforce les troupes allemandes. Le général von Hausen, commandant de la allemande met l'intégralité des divisions de son armée combattant dans cette zone aux ordres du général von Kirchbach.
La bataille
La d'infanterie a pour ordre de rester liée au d'armée. Elle attaque dans la matinée et parvient à pousser ses troupes à au nord des villages de la Villeneuve-lès-Charleville et Soizy-aux-Bois, elle parvient à occuper Saint-Prix. Une attaque de la d'infanterie précédée par une forte préparation d'artillerie repousse les troupes françaises des villages de Saint-Prix et de La Villeneuve-lès-Charleville. Ce dernier est repris vers midi par le d'infanterie soutenu par l'intégralité de l'artillerie divisionnaire. Une nouvelle fois les Allemands parviennent à occuper le village de La Villeneuve-lès-Charleville dans l'après midi. Ce village est repris par la d'infanterie soutenue par la d'infanterie au cours d'une attaque nocturne.
d'armée La division marocaine du général Humbert ne peut s'emparer du village de Congy déjà aux mains des Allemands. La brigade du général Blondlat au nord des marais est repoussée par des tirs d'artillerie lourde et par une poussée de l'infanterie allemande vers . Elle doit se replier en milieu de journée sur une ligne formée des villages de Broussy-le-Petit, le Mesnil Broussy et Broussy-le-Grand. La seconde brigade, initialement en réserve de la division marocaine, est chargée de reprendre le village de Saint-Prix, elle est soutenue par trois compagnies du d'infanterie. La faiblesse de la préparation d'artillerie ne permet pas à l'attaque française de déboucher sur le village. La brigade se maintient au niveau de la ferme de Montalard et dans le bois de Botrait.
Le général Humbert stoppe les attaques inutiles sur Saint-Prix. À , il ordonne aux troupes de cantonner sur les positions occupées et de les fortifier.
La de la d'infanterie est en réserve du corps d'armée, la occupe des points fortifiés au nord des marais de Saint-Gond. La prise de Congy par les Allemands fragilise ces positions. Après un violent bombardement et plusieurs attaques d'infanterie, deux bataillons du d'infanterie sont contraints d'abandonner les villages de Toulon-la-Montagne et Vert-la-Gravelle à . Ces villages sont occupés par la division de la Garde. À , le d'infanterie attaque pour reprendre le village de Toulon-la-Montagne sous un fort bombardement allemand mais échoue. Les troupes françaises traversent les marais sous les tirs allemands et subissent de lourdes pertes, elles se replient sur le sud des marais vers Bannes et le bois du mont Août. La après son repli du matin, se reconstitue à l'est du mont Août. La occupe la première ligne dans l'après midi et remplace la . À , elle occupe Bannes et le Moulin détruit. Les unités de la de la Garde allemande tentent par quatre fois de franchir les marais mais sont systématiquement repoussées par les tirs des canons de 75.
Une brigade de la d'infanterie organise défensivement le mont Août et les bois à l'est. La seconde brigade est positionnée le long de la route reliant Bannes à Fère-Champenoise dans les bois jusqu'à proximité de Morains-le-Petit. L'artillerie divisionnaire sur le mont Août défend les débouchés du marais au nord de Broussy-le-Grand et de Bannes. Un régiment est placé en réserve en liaison avec le d'armée.
d'armée