Le Palais du gouvernement de Nancy, ou palais du Gouverneur, est un vaste hôtel particulier de la ville française de Nancy. Il s'agit d'une construction du de style classique possédant son propre jardin.

Histoire Projet de « Nouveau Louvre » Le duc trouvant le vieux palais ducal , chargea Germain Boffrand d'en construire un nouveau, dont la façade principale donnerait sur la place de la Carrière. Pour accéder aux souhaits du souverain, Boffrand n'hésita pas à faire détruire le chœur de la collégiale Saint-Georges et les communs de l'ancien Palais. En s'élevèrent ainsi les premières pierres du « Nouveau Louvre », en référence au palais du Louvre. À cause du décès prématuré, en , du duc héritier, le petit prince Léopold-Clément, son père le duc , profondément chagriné, ne quitta plus Lunéville et le projet, qui était grandiose et splendide, ne fut jamais achevé. À la mort de Léopold, en , son fils, , laissa la régence à sa mère Élisabeth-Charlotte d'Orléans. Celle-ci, qui se débattait avec des difficultés financières, ne reprit pas le chantier.

Stanislas et Héré Stanislas, roi de Pologne déchu placé à la tête des duchés par volonté de son gendre, , vécut, comme l'avait fait Léopold auparavant, à Lunéville. Le « Nouveau Louvre » tombait en ruine. En , l'édifice devint propriété communale par arrêté du Conseil des Finances. Le « Nouveau Louvre », ou du moins ce qui restait du chantier inachevé, fut détruit à l'exception de quelques fausses arcades, toujours visibles dans le jardin de l'actuel palais, le long du Musée lorrain. Ce qui restait de l'antique collégiale Saint-Georges fut également mis à bas. Cet espace ainsi créé s'inscrivait dans les nouveaux plans d'urbanisme de Stanislas.

Ce dernier, bien qu'en résidence à Lunéville, prit une part active dans le réaménagement de Nancy par la création des places Stanislas et d'Alliance, mais aussi par l'harmonisation de la place de la Carrière. Ce projet comprenait la construction d'un nouveau palais : la « Nouvelle Intendance », pour Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, chancelier de Lorraine.

Héré fut chargé de sa construction. Les travaux durèrent de à . De nombreux artistes travaillèrent à sa décoration. Parmi les sculpteurs, il y eut Guibal, Vallier, Lenoir, Walneffer ou Söntgen. La décoration intérieure du palais fut confiée à Gergonne, à Girardet et à Lamour.

gauche|vignette|Gravure de Dominique Collin représentant le Palais de l'Intendance au moment de sa construction.

Dominique Collin, graveur ordinaire du roi Stanislas, avait été chargé par ce dernier de documenter ses différentes constructions. L'Intendance est ainsi présentée dans une gravure de . Celle-ci présente certains éléments de décors retirés par la suite, comme six groupes d'enfants ornant un balcon avec une balustrade. Leur date de retrait demeure inconnue. Au contraire, les quatre femmes assises accompagnées par des enfants sculptées par Barthélémy Guibal, et placées dans un entablement séparant le premier et le deuxième étage, ne sont quant à elles pas encore existantes au moment de la représentation..

Passation à la France Conformément à ce qui avait été prévu, la Lorraine devint française à la mort de Stanislas en . Jacques Philippe de Choiseul-Stainville, nouveau gouverneur, réclame le palais, car c'est le plus important de la ville. Des réparations sont entreprises d'urgence pour accueillir le nouvel hôte. En , appelé au gouvernement de l'Alsace, Stainville laisse la place à Choiseul la Baume.

Période révolutionnaire Le Palais est loué à divers particuliers. Un café y fut même temporairement établi. La municipalité prononça ensuite la désaffectation du bâtiment.

Premiers militaires En , la Constituante en fit le siège de la toute récente militaire. Le général de Victongoff est le premier à s'y établir () ; il est suivi par le général Bernoville (), par le général Gilot (), puis par le général Lacoste de à . En , le général d'Escars est le dernier à ce poste, car c'est la date de la fusion de la avec la et du choix de Metz comme nouveau siège.

Préfecture À la fin du règne de , la ville prêta le palais au département de la Meurthe pour y installer ses services, charge à ce dernier de l'entretenir. Le premier préfet, le marquis de Foresta, s'y installa en .

En fonction des changements de régimes, les commissaires de la République succèdent aux préfets royaux avant de laisser la place aux préfets du Second Empire.

Le palais reçoit des visiteurs prestigieux, accueillant notamment : , , l'empereur François-Joseph d'Autriche, et l'impératrice Eugénie.

Premier retour de l'armée française L'une des conséquences de l'attentat d'Orsini est la réorganisation militaire en de la France en cinq grands commandements militaires. Chaque commandement était confié à un maréchal. Le préfet Lengle dut céder le palais à Canrobert, fraîchement nommé commandant supérieur des Divisions de l'Est. Mac Mahon, Forey, Bazaine et le général de Failly suivirent.

Guerre de Pendant la Guerre de , l'armée allemande, qui occupe la ville, installe son commandement dans le palais. Les généraux Adolf von Bonin, Heinrich von Zastrow et Albrecht von Stosch s'y succèdent jusqu'en .

Second retour de l'armée française vignette|Au premier étage, bureau de Foch, commandé en et à Louis Majorelle. vignette|redresse|Buste de Foch avec plaque : ..

La perte de l'Alsace et de la Moselle fait de Nancy la nouvelle capitale de l'Est et renforce son rôle hautement stratégique. À partir de , Nancy devient le siège de la célèbre d'infanterie dite « Division de Fer ». Le d'armée lui succède de à . Parmi les nombreux généraux qui le commandèrent, on peut citer Paul Pau, Ferdinand Foch, Hippolyte Pénet, Maurice Gamelin. En , Nancy devient le siège de la militaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le palais est occupé par les Allemands de à .

Après la Libération, l'édifice abrite le siège de : : la d'infanterie : général Gonzales de Linares : général Pierre Brisac : général Baillif : général Beaufre : la Subdivision de Meurthe-et-Moselle : général Pons : général Vennin : le d'armée : général Simon : général Hublot : général de Galbert : général Lefort : général Pichon : le Commandement d'armes de Nancy : général Cussac : la blindée et la militaire territoriale : général de Barry : général : général Duhesme : général de la Roche de Rochegonde : général Simon : la aéromobile et la militaire territoriale : général Préaud : général : la aéromobile : général Décret du , JORF, , , , NOR DEFM9100040D. : général Décret du , JORF, , , , NOR DEFM9200017D. : général Décret du , JORF, , , , NOR DEFM9500015D. : général d'Avout d'AuerstaedtDécret du , JORF, , , , NOR DEFM9700015D. : la aéromobile : général Décret du , JORF, , , , NOR DEFM9900012D. : général Jean-Luc HotierDécret du , JORF, , , , NOR DEFM0100010D. : général Robert Augier de CremiersDécret du , JORF, , , texte , , NOR DEFM0300012D. : général Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFX0508497D. : général Olivier JumeletDécret du , JORF, , , texte , NOR DEFB0756732D.

Depuis que l'armée a quitté le palais du gouvernement, les gouverneurs militaires de Nancy sont : Direction de l'exploitation et de la logistique pétrolière interarmées (DELPIA), à la caserne Thiry : : Dominique ClauzonDécret du , JORF, , , texte , NOR DEFB1105758D. : Jean-Luc VolpiDécret du , JORF, , , texte , NOR DEFB1132999D. : Rémi WeberDécret du , JORF, , , texte , NOR DEFB1312484D. : Jean-Charles FerréDécret du , JORF, , , texte , NOR DEFB1616518D. : Décret du , JORF, , , texte , NOR ARMB1814086D. Commandement de la logistique de l'énergie opérationnelle (CLEO), à la caserne Thiry : : Sylvain HilairetDécret du , JORF, , , texte , NOR ARMB2318022D. Brigade aérienne de l'aviation de chasse (BAAC), à la caserne Blandan : : général Décret du , JORF, , , texte , NOR ARMB2314052D. depuis : général Pierre GaudillièreDécret du , JORF, , , texte , NOR ARMB2416023D.

Départ de l'armée En , l'armée quitte le palais, cédé à la Ville de Nancy... Cette dernière décide d'incorporer le palais dans le vaste programme de rénovation et d'extension du Musée lorrain. Depuis , il est ouvert au public lors d'expositions thématiques. Les derniers étages sont occupés par le pôle Culture et Attractivité de la Ville de Nancy, ainsi que par la mission du Livre sur la place.

En , le restaurant Le Louis et le bar Le , qui se trouvaient jusqu'alors au Grand Hôtel de la Reine, également propriété de la Ville de Nancy, déménagent dans le palais du gouvernement pour y rester jusqu'à la fin des travaux de rénovation de l'hôtel...

Architecture et jardin En hémicycle, pourvu d'une balustrade, il ferme la place de la Carrière ; il marque aussi la limite ouest du parc de la Pépinière.

Il possède son propre jardin de , dans lequel se trouvent des plantations d'érables et deux platanes monumentaux ( de haut et de circonférence) labellisés arbres remarquables de France en . Plantés sous Stanislas, ils sont aujourd'hui âgés de plus de .. Fermé à partir du dans le cadre des travaux du Musée lorrain, le jardin est rouvert le au public. Il est accessible depuis la rue Jacquot ou par le Parc de la Pépinière..

Classement

Le palais du Gouverneur a été classé monument historique en , puis classé en . pour ce qui est du mobilier et de la face nord. Il a été classé en . pour la façade sur la place du Général-de-Gaulle.

Depuis , comme la place de la Carrière dont il ferme la perspective, le palais du Gouverneur fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Références

Décrets de nomination des gouverneurs, dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance :

Annexes

Bibliographie . . .

Articles connexes Liste des hôtels particuliers de Nancy Liste des monuments historiques de Nancy

Liens externes

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