La Relativité est un ouvrage de vulgarisation scientifique écrit par Albert Einstein et publié en 1916 en allemand. Il a été publié en anglais et en français en 1920 puis réédité plusieurs fois. Il est ici question de la version de 1956.

Pour Albert Einstein, ce . Selon l'auteur, une telle tâche de simplification était ardue.

Einstein a mis un certain nombre d'années à réaliser ce travail pédagogique s'articulant en quatre parties :

la relativité restreinte ; la relativité générale ; réflexions sur l'Univers considéré comme un tout ; « La relativité et le problème de l'espace ».

En ce qui concerne les trois premières, Einstein s'inspire des mémoires originaux de lui-même, Hendrik Lorentz et Hermann Minkowski publiés sous le titre dans la collection et du livre détaillé de Max von Laue, . Pour la rédaction de ce livre de vulgarisation, Einstein utilise également son mémoire , paru en 1916.

La quatrième partie comprend des considérations théoriques dont Einstein a fait parvenir le manuscrit à ses traducteurs en . Ce sont principalement les postulats de la physique newtonienne qui y sont discutés à la lumière de la théorie de la relativité générale.

Genèse

La notion de « relativité » est historiquement due à GaliléeDialogue sur les deux grands systèmes du monde de Galilée. en 1632.

Par la suite, différents constats scientifiques sont apparus pour aboutir à la théorie de la relativité restreinte puis générale ; celles-ci ont été inventées par Einstein (qui les résume dans l'ouvrage de vulgarisation dont il est question ici) soutenu, à l'époque, par Max Planck. Parmi les nombreux enjeux, l'un des plus importants concerne la notion d'éther.

Effectivement, dès les années 1890, les scientifiques se résolvent à un constat d’échec quant à l'hypothèse d'un « éther mécanique » (concept élaboré par James Clerk Maxwell comme matrice vectorielle des ondes électromagnétiques) ; et la constance de la vitesse de la lumière, indépendamment de la vitesse de sa source, demeure incompatible avec la loi d'addition des vitesses. Il devient donc impossible de trouver une « théorie de l'éther » correcte, ce qui donne à Einstein les éléments pour produire la théorie de la relativité restreinte en 1905 puis générale en 1915Einstein : His Life and Universe (Isaacson, Walter – 2007). thumb|Einstein avait prédit que les rayons de la lumière des étoiles seraient déviés par la gravitation du Soleil. L'éclipse solaire du 29 mai 1919 lui donna raison.

C'est l'éclipse solaire du 29 mai 1919 qui rend Einstein célèbre car elle permet au savant de démontrer l'influence de la gravitation sur la lumière. Mais avant Einstein, c'est en vérité le révérend John Michell, en 1763, qui a été le premier à étudier l'influence de la gravitation sur la lumière, et à sa manière aura même découvert la notion de trou noirComment Einstein a changé le monde (Jean-Claude Boudenot).

En 1921, Einstein participe à un premier ouvrage (collectif, celui-ci) édité dans l'idée d'une vulgarisation de la théorie de la relativitéLa théorie de la relativité restreinte et généralisée : mise à la portée de tout le monde (Albert Einstein, J. Rouvière, Emile Borel Gauthier-Villars, 1921) ; qu'entre autres Louis Warnant tente de réfuter en cherchant à introduire un éther fixe par rapport à un système et à un seul (alors que des expériences semblent indiquer l'invalidité de l'éther) mais cet auteur semble n'avoir étudié que les vulgarisateurs des théories de la relativité, et Einstein lui-même en tant que vulgarisateur de son propre systèmeLes théories d'Einstein, essai de réfutation - examen critique : les interprétations généralement admises de la théorie de la relativité seraient inexactes. Ouvrage de vulgarisation à la portée de tout le monde (Louis Warnant). À un différent niveau dans le débat, la critique bergsonienneDurée et Simultanéité : à propos de la théorie d'Einstein (Henri Bergson 1923) de cet ouvrage sur la relativité inaugure le commentaire philosophique des problèmes de scienceLa raison politique : Alain et la démocratie (Thierry Leterre, 2000).

Quoi qu'il en soit, Einstein reprend donc trois décennies plus tard l'idée d'une vulgarisation dans son livre intitulé tout simplement La Relativité qu'il signe en son propre nom. Pour autant, il n'est pas seul à le rédiger car il entretient une correspondance régulière avec ses traducteurs, notamment, Maurice SolovineLettres à Maurice Solovine, Albert Einstein, Maurice Solovine, traducteur pour la langue française avec qui Einstein noue des liens d'amitié solides plusieurs années auparavant.

Éditions Il est édité en France aux éditions Gauthier-Villars dès sa sortie, en 1956, et est disponible en 2014 aux éditions Payot-Rivages dans la collection « Petite Bibliothèque Payot » et en langue anglaise sous le titre aux éditions Routledge, collection « Routledge Great Minds » sous l', réédité depuis le .

Contenu

L'idée est d'apporter une synthèse claire et pas trop technique des théories relativistes einsteiniennes au grand public. Pour parvenir à ce résultat, l'auteur utilise, entre autres, un procédé qui est le suivant :

Il remplace le système de coordonnées cartésiennes par un ensemble de bâtonnets d'une même longueur sur une table en formant des carrés jusqu'à ce que ladite table en soit intégralement couverte.

Einstein dénommera ceci le « continuum euclidien ». C'est une surface indéfiniment élastique. Mais pour autant, si ce continuum est « euclidien », cela suppose qu'aucune déformation ne l'altère…

En fait : c'est une surface ; c'est-à-dire un ensemble vectoriel de dimension deux. Dessus est retranscrit un univers à trois dimensions. Il s'agit de prendre en compte une transformation des dimensions par l'éloignement ainsi que la position de l'observateurDans son ouvrage Esthétiques non-philosophiques, Gilbert Kieffer analyse ce point précis qui est issu du chapitre 24 d'un précédent ouvrage d'Einstein : Théorie de la relativité restreinte et générale..

Pourtant, en physique classique, dans les systèmes de référence il y a des lignes bien droites et des corps bien solides. Or, en suivant la logique, plus rien de tout cela ne continue d'exister théoriquement. Alors dans cet ouvrage, Einstein explique qu'il reprend tout à la base en utilisant une généralisation des coordonnées de GaussLa relativité: exposé sans formules des théories d'Einstein et réfutation des erreurs contenue dans les ouvrages les plus notoires (André Metz)pour ce que l'auteur décidera d'appeler, non sans un certain humour, le « mollusque de référence »Einstein philosophe (Michel Paty)La Relativité (Albert Einstein), chapitre « formulation exacte du principe de relativité générale ».

Ainsi, la relativité apporte une condition nécessaire à tout système d'équations exprimant des lois physiques. C'est le mathématicien Hermann Minkowski qui a indiqué le schéma mathématique auquel doivent alors se conformer les systèmes d'équations; et qu'utilise Einstein pour expliquer ses théoriesScientia ; rivista di scienza - Volume 114 (1979). Il s'agit d'un espace vectoriel de dimension 4Plus d'éléments sur ces notions sur le site Dimensions-maths.org. On parle alors d'espace-temps de Minkowski. « Espace-temps » car sont prises en compte les trois dimensions spatiales (classiques) et une dimension supplémentaire : le temps.

Einstein dans le paragraphe 9 de son ouvrage, apporte la même conclusion que ce qu'Henri Poincaré avait dénommé temps vrai et temps local (considérant, pour Poincaré, qu'il n'y avait pas de temps vrai dans le sens absolu) et il y a d'ailleurs une antériorité de Poincaré (dont Max von Laue a continué l'étude) et d'Hermann von Helmholtz qu'Einstein cite également. La synchronisation des horloges de Poincaré avec échange de signaux lumineux fut ouvertement récupérée par Einstein dans ce contexte.

Sur ce point, l'un des enjeux de son ouvrage est d'apporter la preuve que la base de l'électrodynamique des corps en mouvement de la théorie de Lorentz (à l'instar de la transformation de Galilée) est en accord avec le principe de la RelativitéLa Relativité, Poincaré et Einstein, Planck, Hilbert: Histoire, Jules Leveugle - 2004; pour ensuite démontrer que tout rayon lumineux mesuré dans le système en mouvement se propage avec une vitesse c, dès lors qu'il en est bien ainsi dans le système au repos "car nous n'avons pas encore apporté la preuve que le principe de la constance de la vitesse de la lumière est compatible avec le principe de relativité", selon l'auteurPoint d'analyse d'Yves Pierseaux dans son ouvrage La "structure fine" de la relativité restreinte (1999)..

En définitive, l'un des principaux apports de cet ouvrage est la proposition d'une théorie d'univers comme un tout : c'est l'objet de la troisième partie de La relativité (Réflexions sur l'univers considéré comme un tout) et s'il y a un concept qu'Einstein a inventé, c'est bien celui-ci puisque les scientifiques écartaient résolument de leurs études du temps de l'éther l'idée d'un « univers comme un tout »L'éviction de l'origine (Guy Le Gaufey).

Citations tirées de l'ouvrage

Einstein aimait faire de l'esprit, ce qui rend agréable la lecture de ses ouvrages.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

Article connexe De l'électrodynamique des corps en mouvement (article fondateur de la relativité restreinte)

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