Charles Chéneveau, né le à Paris où il est mort le , est un physicien français. Docteur ès sciences, ingénieur diplômé de l'École municipale de physique et de chimie industrielles (aujourd'hui ESPCI Paris) en 1892 (8e promotion), professeur à l’École d’électricité industrielle de Paris et à l’ESPCI de 1927 à 1934, il est connu pour ses travaux en optique, électricité, magnétisme et radioactivité. Il mit au point une balance magnétique utilisée dans les recherches sur le magnétisme de différents produits ou minéraux, en collaboration avec Pierre Curie. Cette balance magnétique est exposée au musée Curie.

Enfance et famille Charles Chéneveau fait ses études secondaires au collège Chaptal, créé par Prosper Goubaux, réputé pour son éducation laïque et ses principes morauxCollège Chaptal. Le Livre du Cinquantenaire, vi, (2), 120 et 11 pages de poésies mises en musique (avec partitions musicales) par Pierre Traut (ancien élève). Douze planches d'illustrations hors texte dont une photographie (de P. Goubaux, Directeur du collège de 1844 à 1859) par Nadar. Paris, Imprimerie A Hennuyer, 1895.

Veuf d’Alice Esbelin (1875 - Paris, 1929), fille d’un officier de santé, Charles Chéneveau épousa en secondes noces Thérèse Tschopp (Corcieux, 1885 - Paris, 1971), fille d’un notaire alsacien qui « choisit la France » à la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand en 1871.

Études et carrière académique Selon Soraya Boudia, ancienne directrice du musée Curie (1999-2003) à ParisSoraya Boudia, Centre Alexandre Koyré-CNRS., Charles Chéneveau s’est trouvé, très jeune, « au cœur d’un réseau de compétences exceptionnelles ». Il prépare son baccalauréat en sciences à l’école Jean-Baptiste-Say dans le de Paris ; Jules Frécaut Partie scolaire - INRP., son professeur de chimie, lui donne le goût des mathématiques. Âgé de , il est professeur bénévole à l’Association philotechnique de ParisCréée en 1848 par le mathématicien Eugène Lionnet, l’Association philotechnique a pour vocation de donner aux adultes un enseignement adapté à leurs besoins afin de les aider dans leur progression personnelle et professionnelle, dans un esprit laïque, apolitique, et dans un total respect mutuel. Voir : Association Philotechnique, Cours d'enseignement général.. Bachelier, il est admis en 1889 à l’École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (future ESPCI)Charles Chéneveau, ingénieur de la de l'ESPCI.. Il est diplômé ingénieur physicien en 1892. Licencié ès sciences physiques en 1893, il soutient sa thèse de doctorat ès sciences physiquesNote sur l’exemplaire de la bibliothèque de l’ESPCI. Envoi autographe de l’auteur sur l’exemplaire de la bibliothèque de l’ESPCI : « À mon ami P. Langevin. Souvenir affectueux. Charles Chéneveau »., Recherches sur les propriétés optiques des solutions et des corps dissousChéneveau, Charles. Recherches sur les propriétés optiques des solutions et des corps dissous. Paris, Gauthier-Villars 1907, 190 p. incl. Illust., tables, diagrs. Thèse de doctorat présentée à la faculté des sciences de Paris, série A., no. 542. Dédicace à Pierre Curie., dédiée à Pierre Curie, à la faculté des sciences de Paris (alors hébergée à la Sorbonne) en 1902, la même année que Paul Langevin.

Bilingue anglais-français, il est collaborateur-traducteur du Board of Trade à Londres en 1910 et 1911. Il travaille aussi pour la maison Adam Hilger & CoAdam Hilger - Grace's Guide., réputée pour sa fabrication de spectrographes à quartz, également à Londres en 1911. Durant ces années, il collabore aux Tables annuelles internationales de constantes physiques, chimiques et technologiques (absorption, réfraction et dispersion).

Il est attaché au Conservatoire national des arts et métiers en 1893. Dès 1895, il est attaché au cours de physique du PCN (certificat préparatoire aux études de médecine) de la faculté des sciences de Paris, où il fait toute sa carrière. Charles Chéneveau y est successivement préparateur du cours dans le laboratoire de Lucien Poincaré en 1896, préparateur de ceux de Pierre Curie en 1900 et de Georges Sagnac en 1904, chef de travaux pratiques de physique générale de 1907 à 1913, et chargé du cours de 1918 à 1922. En 1923, il est nommé Maître de Conférences-Adjoint à la Faculté des Sciences de Paris. Il est professeur à l’École d’électricité industrielle de Paris (créée en 1901Histoire des écoles d'ingénieurs – Cefi., aujourd'hui ESIGELEC) de 1901 à 1927. En 1927, il devient membre de son conseil d’administration. De 1927 à 1934, il est professeur d’optique et d’acoustique à l’École de physique et de chimie de Paris (l’ESPCI), succédant à Charles FéryCharles FERY - Raconte-moi la radio..

La retraite n’atténua pas son goût des recherches scientifiques et il continuait des travaux importants, notamment avec son élève et ami le géologue et préhistorien Georges CourtyGéologue, professeur à l’École spéciale des travaux publics, Paris ..

Il meurt le .

Paul Bunet écrit dans sa nécrologieinArchive.com.Nécrologie de Ch. Chéneveau par Paul Bunet, ESCPI :

Ses travaux ont été exposés lors de l’exposition des travaux des anciens élèves de l’ESPCI organisée du au Exposition des travaux des anciens élèves, 24-30 avril 1933 - ESPCI..

Examinateur d’admission à l’École supérieure d’électricité, maître de conférences à la faculté des sciences de Paris, dès 1927 professeur à l’ESPCI et administrateur de l’École d’électricité industrielle, Charles Chéneveau fit partie pendant plusieurs années du comité de l’Association des anciens élèves de l’ESPCIL’Association des anciens élèves de l’ESPCI a été créée en 1885 par les ingénieurs de la première promotion de l’École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, fondée en 1882. Cf. « Discours de M. Charles Chéneveau », Banquet à l’Hôtel Continental, le samedi 29 avril 1933, in Livre du cinquantenaire de l’École municipale de physique et chimie industrielles - Cinquante années de science appliquée à l’industrie (1882-1932), Ville de Paris, Paris dont il devint président en 1902. Il fut également membre du Comité de plusieurs sociétés savantes, dont la Société préhistorique de FranceComme son ami Georges Courty : Bulletin de la Société préhistorique de FranceBulletin de la Société préhistorique française (BSPF) et Société préhistorique française : Accueil..

Ses travaux, d’abord publiés dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, comptent une quarantaine de communications entre 1901 et 1932, quatorze articles entre 1903 et 1923 dans le Journal de physique, ainsi qu'une centaine de communications et d’articles dans des bulletins de sociétés savantes (Bulletins de la Société française des électriciens, de la Société d'encouragement pour l'industrie nationaleSociété d'encouragement pour l'industrie nationale., de la Société de biologieFull text of « Bulletin des séances » - Internet Archive., de la Société de chimie physique, de l’union des physiciensBupDoc., de l’Association française pour l’avancement des sciencesL’AFAS ou association française pour l’avancement de sciences a été fondée en 1872 : Association française pour l'avancement des sciences.) et de nombreux périodiques (Annales de chimie et de physique, Revue électrique, Le Radium, Revue scientifique, Revue générale de l’électricité, Génie civil, Revue générale du caoutchouc, Chimie et industrie, Science moderne).

Charles Chéneveau publia quelques livres et prit aussi quelques brevets (voir publications).

Œuvre scientifique Mécanique et caoutchouc

Appareil pour la mesure des épaisseurs (1912). Élasticimètre enregistreurÉlasticimètre enregistreur. — Application à l'étude de l'extensibilité. (avec M. Frédéric Heim de BalsacProfesseur au Conservatoire national des arts et métiers, Paris, chaire d’agriculture et productions agricoles.) permettant d’obtenir le tracé de la courbe d’une éprouvette à sa charge (1913). Étude sur les propriétés mécaniques du caoutchouc portant sur la loi de l’extensibilité à charge constante, sur la loi de variation de la charge pour un allongement constant, sur la loi de compressibilité, etc. (1911). Balance densimétrique à lecture directe permettant une mesure rapide de la densité des liquides et solides (1916). Micropalmer pour la mesure de faibles épaisseurs (avec L. Callame). Dynamomètre hydraulique (avec Louis-François DeffezFull text of « Catalogue général officiel. Commissariat général ».) utilisé principalement pour l’étude des caoutchoucs (1925). Sur l’absorption de l’anhydride carbonique par le caoutchouc (1931).

Fluides

Vibrations des nappes liquides de formes déterminés (avec Georges CartaudIngénieur de la de l'ESPCI., 1902), Sur la viscosité des solutions (1912), Mesure de la viscosité des huiles (1918). Viscosimètre universel (1921). Obtention et propriétés des milieux troubles (1925).

Chaleur

Détermination de la constante de la loi de Stefan BoltzmanLoi de Stefan-Boltzmann (1909). Température de fusion du platine (1909). Sur le pouvoir émissif du platine (1909).

Ces travaux furent faits en collaboration avec Charles Féry.

Électricité Dans ses recherches sur l’arc électrique portant sur l’ionisation dans l’arc à courant continu, Chéneveau a montré, sans doute le premier, l’existence de charges électriques dans les vapeurs produites, de signe opposé à celui des pôles, et la présence d’ions, sur la force contre-électromotrice après rupture du courant qui n’a pu être mise en évidence, sur les tourbillons, dans l’arc, sur les oscillations dans l’arc (1909).

Dans sa Théorie de l’accumulateur au plomb, Chéneveau essaie de trancher entre la théorie classique de la double sulfatation et celle du sulfate plombeux de Charles Féry (1926).

Magnétisme Dès 1903, Chéneveau mit au point, en collaboration avec Pierre Curie, un appareil pour la détermination des constantes magnétiques ou balance magnétique, qui s’est avérée très utile dans les recherches sur le magnétisme de différents produits ou minérauxLa balance Curie-Chéneveau s’utilise toujours et permet de mesurer, à la température ordinaire, les coefficients de susceptibilitéIUPAC.. Il la présenta à la Physical Society of London le .

Propriété magnétiques du chlorure de radium (avec Pierre Curie, 1903). Mise en évidence de l’action du champ magnétique sur les organismes vivants (1903). Dispositif simple pour la mesure d’un champ magnétique (1910). Propriétés magnétiques des alliages pour résistances (avec A. C. Jolley). Propriétés magnétiques du cuivre et de quelques sels de cuivre : le cuivre est diamagnétique : on peut déceler dans le cuivre une trace de fer de l’ordre d’un milligramme par tonne (1910). Propriétés magnétiques du manganèse et de quelques aciers au manganèse (avec Sir Robert HardfieldSir Robert Abbott Hadfield (1858-1940) découvrit l’acier au manganèse, amagnétique et Charles GeneauCharles Geneau, préparateur de physique P.C.N. à la Faculté des sciences, professeur à l'école Colbert, Paris., 1917). Sur la susceptibilité magnétique de l’aluminium (1928) : l’aluminium exempt de fer est paramagnétique. Sur la mesure directe des susceptibilités magnétiques des liquides par la balance Curie-Chéneveau (avec Georges CourtyGeorges Courty (1875- ?), ancien naturaliste du Museum d’histoire naturelle de Paris, chargé de missions scientifiques, notamment sur le radium en Amérique du Sud, puis professeur de géologie à l'École des Travaux publics de Paris, membre fondateur (1904) de la Société préhistorique française. Au Congrès de Montauban, en 1902, le géologue Georges Courty parvint à faire accepter l’antiquité des signes dénommés pétroglyphes ou graffitis, voir : Georges COURTY, « L’écriture préhistorique » [26 figures], in Bulletin de la Société Préhistorique Française (1920) : 387-400 et Notice sur les travaux scientifiques de M.G. Courty. Paris, Hermann, 1907, 55, 1931 et 1932).

Optique